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L’inflation, quel impact sur votre épargne ?

Bien au-delà des attentes en décembre 2021, l’inflation a atteint un taux record de 6,1% cet été, le plus élevé jamais atteint depuis juillet 1985. A cela, plusieurs causes :

  • Une hausse généralisée des prix dû à la forte reprise économique suite au crise COVID.
  • Une hausse du prix des matières premières – notamment celles concernant l’alimentation et l’énergie – suite au conflit russo-ukrainien et aux sanctions qui ont suivi (le coût du baril de Brent est passé de 77$ à 120$ quelques jours après le début du conflit).
  • Le confinement et la politique « Zero-Covid » en Chine depuis le mois de mars, qui a eu des répercussions sur la production industrielle et la logistique mondiale. L’Europe est particulièrement impactée car la Chine est son premier partenaire commercial depuis 2020. Beaucoup d’industriels européens dépendent notamment de pièces détachées et d’éléments de base provenant du pays.
  • Une hausse de prix engendrée par la relocalisation de certaines chaines de productions européennes, suite à la crise du Covid et dans l’optique de maîtriser les impacts environnementaux.


Bien que l’inflation ai décéléré à 5,8 en France au mois d’août, la Banque Centrale Européenne reste inquiète et a pour projet de relever ses taux en septembre afin de la maitriser. Ce rapport de Mckinsey note que d’autres banques suivront cette tendance en réaction à l’inflation, et prévoit une réduction du PIB Français de -5.4% entre 2021 et 2023.

Un impact pas si évident sur les comportements d’épargne…

D’après cet article de Capital, l’inflation ne devrait pas refroidir les investisseurs. Selon Ombretta Signori, stratégiste senior chez Aviva Investors France, « En principe, les obligations indexées sur l’inflation (OII) constituent un actif offrant une forme de protection contre l’inflation, pour les investisseurs qui les détiennent jusqu’à maturité, puisque les coupons et le remboursement final du capital sont indexés sur l’inflation observée ». L’article cite que certaines catégories d’actifs sont particulièrement protégées de l’inflation, dont l’immobilier.

Un article de L’Echo vient contredire ce constat. Il note l’angoisse des investisseurs européens, illustrée par le Stoxx 600 qui a chuté de 2,58% la semaine dernière. Les secteurs les plus impactés sont le commerce de détail (-9,14%), et l’immobilier (-5,8%) : les investisseurs parient en effet que les consommateurs vont couper leurs dépenses discrétionnaires afin de compenser les effets des prix élevés de l’énergie et de l’alimentation.

Concernant l’épargne des particuliers – à rebours des présuppositions intuitives et des suggestions de l’article de Capital – l’inflation serait justement une incitation pour les consommateurs à mettre de côté. Selon le dernier rapport Epargne et placements de l’Observatoire BPCE, malgré une réduction dans la consommation, la hausse des prix est devenue l’un des principaux motifs d’épargne chez les Français.

Alors qu’on attendait un retour au taux d’épargne pré-Covid de 15%, elle se maintient à 16,2%. En effet, l’inflation a amené les Français à réviser leurs anticipations de niveau de vie futur et a réactivé leurs comportements d’épargne. Les Echos note que ce comportement est illustratif de l’Effet Pigou, un principe économique prévoyant l’épargne comme un moyen de protéger son pouvoir d’achat. Le rapport estime que face à cette inflation, en plus d’un contexte d’incertitude et de lassitude face à la permanence des crises à répétition rapide, la sur-épargne accumulée en 2020 et 2021, non seulement ne serait pas consommée en 2022 et 2023 mais se prolongerait, certes à un rythme moindre, en 2022.

Un autre rapport  du BPCE publié en avril souligne cependant que même si la volonté d’épargne s’est renforcée chez les Français, tous n’ont pas une situation financière leur permettant de le faire. D’après leur étude, 16% des Français se disent incapables d’épargner.

Pour les populations aux revenus moyens et les populations plus aisées, cet article de l’Agefi note une recherche de valorisation patrimoniale face à l’inflation. Cette tendance s’exprime par des choix d’actifs offrant des perspectives de rendement élevé. Il cite comme exemple l’assurance-vie en unités de compte et le phénomène des « néo-investisseurs ».

Source : Cet article est issu de la veille hebdomadaire effectuée par la FAS, partagée avec les adhérents de l’AASGO. La FAS est membre de l’Observatoire des Actionnaires d’Avenir (OAA) et participe à son Comité d’orientation.