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La finance responsable, état des lieux

Pour la 2ème année consécutive, le Baromètre de l’épargne responsable, mené par Opinion Way, a établi un état des lieux de la relation des Français avec la finance responsable. Cette année encore, les dimensions ESG n’apparaissent pas comme étant prioritaires pour les Français. Le baromètre souligne que la constitution d’une épargne de précaution constitue toujours un objectif primordial pour 82% des épargnants, en augmentation de +6% par rapport à l’année dernière.

Les principaux enseignements du baromètre sont les suivants :

  1. L’épargne responsable est un thème d’investissement encore mal perçu alors que la conscience de l’urgence climatique se généralise ;
  2. Il existe un réel besoin d’accompagnement des épargnants vers des placements responsables. Le manque d’information et de connaissance des produits ISR apparaît comme un frein important à une transition vers des placements plus responsables ;
  3. Un écart persiste entre les épargnants digitaux et les épargnants traditionnels.

En 2022, dans un contexte de marché incertain, les dimensions responsables sont moins prises en compte par les épargnants en matière de placements financiers par rapport à 2021 (-5%). Les quatre critères privilégiés (parmi les 5 premiers cités) par les Français sont : i) la sécurité (75%), ii) la rentabilité (61%), iii) la simplicité (49%) et enfin iv) la liquidité (41%). L’ISR n’est cité qu’à 23% dans le top 5 des critères retenus et seuls 3% des épargnants déclarent qu’il est prioritaire.

Pour Philippe Aurain, Directeur des Etudes Économiques de La Banque Postale, « la deuxième vague du baromètre de l’épargne responsable montre peu de progression en termes de détention de ces produits par les épargnants « grand public ». Il note également que « le contexte particulier post covid et inflationniste a sûrement joué un rôle dans la hiérarchisation des priorités et amplifié le souhait de sécurisation avant tout. » Enfin, Philippe Aurain considère qu’au regard des enjeux de société associés à ce type d’épargne, « les banques ont une responsabilité particulière dans l’effort de pédagogie et de simplification de l’offre qui pourrait faciliter à l’avenir une plus large détention de ces produits ».

Le baromètre souligne également que la transition vers des investissements plus responsables ne s’est pas opérée pour les motifs suivants :

  • Près de 2 Français sur 3 ne connaissent pas la notion d’épargne responsable. 63% des personnes interrogées déclarent n’en avoir jamais entendu parler (comme en 2021) ;
  • 84% des sondés affirment que la crise sanitaire n’a pas renforcé leur intérêt pour l’ISR ;
  • Plus des deux tiers des sondés n’ont jamais reçu de proposition de placement ISR de la part de leurs conseillers bancaires ou CGP ;
  • 1 Français sur 3 est d’avis que les produits ISR sont réservés aux gens fortunés ;
  • Enfin, 39% pensent qu’il est impossible de mesurer le véritable impact d’un placement ISR.

On constate que cependant que – malgré le manque de notoriété des placements ISR – le taux de détention d’un ou plusieurs produits ISR semble en légère hausse : près de 1 Français sur 5 détient un produit ISR contre 16% en 2021.

De plus, comme évoqué dans les principaux enseignements du baromètre, La Banque Postale et Cashbee notent qu’un écart est toujours bien présent entre les épargnants digitaux et les épargnants traditionnels.

  • 37% d’entre eux disent avoir déjà réalisé un investissement labellisé ISR contre 20% pour les épargnants traditionnels ;
  • 52% des épargnants digitaux déclarent être prêts à considérer ce type d’investissement à l’avenir, à condition de ne pas sacrifier le rendement ;
  • 29 % des épargnants digitaux considèrent aujourd’hui que placer une partie de son épargne sur des supports durables est une priorité (en hausse de 4% par rapport à 2021).

Source : Cet article est issu de la veille hebdomadaire effectuée par la FAS, partagée avec les adhérents de l’AASGO. La FAS est membre de l’Observatoire des Actionnaires d’Avenir (OAA) et participe à son Comité d’orientation.