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Comment se portent les dividendes dans le monde ?

L’indice Janus Henderson Global Dividend (JHGDI) est une étude à long terme qui vise à dégager les tendances en matière de dividendes au niveau mondial. Il mesure l’évolution des dividendes versés par les multinationales à leurs investisseurs, en prenant 2009 comme année de référence (valeur de l’indice 100). Il ressort du rapport d’août 2022 les éléments suivants :

  • Les dividendes trimestriels ont atteint le montant record de 544,8 milliards de dollars au T2, en hausse de 11,3% sur une base globale ; En particulier, les dividendes européens et britanniques ont respectivement augmenté de 28,7% et 29,3%, grâce notamment aux sociétés financières et aux fabricants automobiles allemands.
  • La croissance sous-jacente est ressortie à 19,1%, après prise en compte de la faiblesse des taux de change et d’autres facteurs ;
  • 94% des sociétés de l’indice ont augmenté ou maintenu leurs dividendes ;
  • Les dividendes mondiaux ont plus que compensé les pertes enregistrées lors de la pandémie – notre JHGDI a rebondi pour atteindre le niveau record de 214,1 et retrouve ainsi la tendance prépandémique.

Dans un contexte de possible taxation exceptionnelle, les dividendes ne sont pas les seules à augmenter, c’est aussi le rachat d’action qui gagne en popularité. Les rachats d’actions en août ont été les plus élevés jamais enregistrés pour ce mois en France, confirmant une tendance à l’œuvre depuis le début de l’année, selon un rapport de Natixis cité par Le Figaro. Sur les huit premiers mois de 2022, 18,1 milliards d’euros ont été effectivement consacrés à ces opérations. Ce montant est déjà au moins 50% supérieur aux rachats d’actions annuels entre 2017 et 2020. En 2021, ils avaient atteint 28,7 milliards d’euros, portés en décembre par l’opération exceptionnelle de L’Oréal (8,9 milliards d’euros), qui avait racheté une partie de la participation de Nestlé. Les rachats d’actions constituant une alternative aux dividendes pour la redistribution des profits de l’entreprise, les plus importants contributeurs sont les entreprises dont les bénéfices en 2021 et 2022 sont les plus importants tels TotalEnergies (4 milliards en 2022 en deux fois), ou LVMH (1 milliard). Toujours selon le rapport de Natixis, les annonces de futurs nouveaux programmes de rachat d’actions intervenues depuis juillet laissent penser à ce stade que cette tendance est pérenne.

Cette croissance des rachats d’action, en particulier aux Etats-Unis, peut aussi être liée à une modification du régime fiscal. En effet, la réforme fiscale passée cet été au Congrès a introduit pour la première fois une taxe sur les programmes de rachat d’actions, à hauteur de 1 % de la valeur des actions acquises. Le taux appliqué peut sembler faible, mais ce nouvel impôt devrait tout de même permettre de lever 74 milliards de dollars sur dix ans, d’après le service de recherche du Congrès. Cette taxe sur les rachats d’actions s’appliquera à partir du 1er janvier prochain, ce qui laisse l’opportunité aux entreprises américaines d’avancer leurs opérations pour échapper à l’impôt, participant à la récente hausse.

L’augmentation des profits, dividendes et rachats d’actions signe le retour du débat sur l’épineuse question du dividende salarié, allant au-delà de politiques déjà existantes d’intéressement et d’actionnariat salarié.

Source : Cet article est issu de la veille hebdomadaire effectuée par la FAS, partagée avec les adhérents de l’AASGO. La FAS est membre de l’Observatoire des Actionnaires d’Avenir (OAA) et participe à son Comité d’orientation.