Expression directe

Assemblées générales, et si on parlait un peu des sociétés de gestion ?

L’AFG (Association Française de la Gestion financière) a publié sa 20ème édition de son enquête annuelle sur l’exercice des droits de vote par les sociétés de gestion.

Cette enquête annuelle interroge 71 Sociétés de Gestion de Portefeuille (SGP), gérant un portefeuille cumulé de 510 M€ d’actions cotées, sur leurs pratiques de vote lors des Assemblées Générales en France et à l’international.

Tout d’abord, l’enquête fait état d’une implication plus forte des SGP lors des Assemblées Générales :

  • En 2021, les SGP ont exercé leur droit de vote dans 80% des Assemblées Générales des entreprises où elles sont actionnaires (86% pour les AG des entreprises françaises). En cumulé, elles ont participé à 29 513 Assemblées Générales. Parmi les 75 SGP sondées, 12 ont participé à plus de 100 AG des d’émetteurs français ; 41 SGP ont participé de 20 à 99 Assemblées ;
  • La participation des SGP aux Assemblées Générales des entreprises dont elles sont actionnaires est en forte hausse en 2021, à + 12% par rapport à 2020. En France, cette participation est portée par une croissance forte de l’implication d’émetteurs non européens lors des Assemblées Générales (+ 30% pour les SGP d’Amérique du Nord, +16% pour les émetteurs japonais) ;
  • Parmi les facteurs permettant d’expliquer cette participation accrue, l’AFG cite : l’importance croissante de l’attention portée par les sociétés de gestion à la gouvernance d’entreprise, un recours accru aux services de proxy advisors par les SGP ainsi que la prise en compte accrue de critères ESG lors des votes.

Cette participation plus importante s’est traduite dans les votes des sociétés de gestion :

  • Dans le monde, les SGP se sont plus souvent opposées aux résolutions présentées par les entreprises : elles ont ainsi exprimé au moins un vote contre une ou plusieurs résolutions dans 66% des Assemblées Générales auxquelles elles ont participé. Cependant, une grande hétérogénéité est à constater : parmi les sociétés de gestion ayant participé à plus de 100 AG dans le monde, leur taux d’opposition à au moins une résolution varie de 27% à 93% ;
  • Dans le monde,les résolutions relatives aux rémunérations attribuées aux mandataires sociaux ont spécifiquement suscité une opposition plus forte des SGP : 38% d’entre elles ont été contestées (54% au Japon, 55% en Amérique du Nord, 40% en Europe). Parmi les autres résolutions qui suscitent le plus d’opposition des sociétés de gestion : les augmentations de capital sans droit préférentiel de souscription exagérément dilutives et les dispositifs anti-OPA permettant à l’entreprise d’émettre des bons de souscription d’actions pendant l’OPA ;
  • Dans le monde, les sociétés de gestion ont voté favorablement 75% des résolutions proposées par des actionnaires (84% aux Etats-Unis où la majorité de ces résolutions possède un caractère purement consultatif, ce qui limite les conséquences liées à l’approbation de ces résolutions). Ce taux est en revanche limité à 34% d’approbation pour les résolutions déposées par des actionnaires lors des Assemblées Générales françaises (ces résolutions ne représentant que 0,2% du total des résolutions déposées en AG en France pour 2021) ;
  • Enfin, un nombre record de 37% des SGP rendent public en totalité ou en partie, le détail de leurs votes, résolution par résolution, pour chaque Assemblée Générale (vs 26% en 2020) ;

Ensuite, l’AFG relève un renforcement des moyens d’analyse et de dialogue actionnarial déployés par les société de gestion :

  • Ainsi la moitié des société ont recours au programme d’alerte de l’AFG, qui attirent l’attention des gérant sur des résolutions non conformes aux recommandations sur le gouvernement d’entreprise de l’AFG. De plus, 95,5% des SGP ont recours aux services de prestataires d’analyse et de conseil pour analyser les résolutions des entreprises ;
  • En outre, les sociétés de gestion s’investissent davantage dans le dialogue actionnarial, avec des équipes ou personnes dédiées. Elles multiplient les rencontres avec les représentant des sociétés en amont des Assemblées Générales, pour exprimer leurs intention de s’opposer à certaines résolutions présentées par l’entreprise, ce qui peut conduire la société à apporter des modifications sur les projets de résolution en question, ou à apporter des informations supplémentaires aux investisseurs avant l’AG ;
  • En particulier, les société de gestion ont musclé leur dialogue actionnarial sur les enjeux ESG : 77% procèdent à un dialogue sur les enjeux environnementaux, 72% sur les thématiques sociales et 77% sur les thématiques de gouvernance ;
  • En appui de ces échanges, les SGP informent les actionnaires au sujet de leur politique de vote et des standards de bonne gouvernance qu’elles souhaitent voir les entreprises respecter. Pour les société de gestion participant à plus de 100 AG dans l’année, 52% d’entre elles communiquent ces règles au cas par cas aux entreprises, quand 36% les communiquent systématiquement.

Source : Cet article est issu de la veille hebdomadaire effectuée par la FAS, partagée avec les adhérents de l’AASGO. La FAS est membre de l’Observatoire des Actionnaires d’Avenir (OAA) et participe à son Comité d’orientation.