Expression directe

Les Français, et les actions 

Lancée en 2008, l’étude SoFia suit un échantillon représentatif de la population nationale, constitué de 12 000 individus de 15 ans et plus. Réalisée en mars dernier, l’étude souligne une certaine stabilité de la proportion de personnes déclarant détenir des actions en direct (6.7%). Résultats complets ici : enquête SoFia réalisée par l’institut Kantar pour l’Autorité des marchés financiers (AMF).

Les principaux enseignements de l’enquête sont les suivants :

  1. Plus de 10% des détenteurs d’actions en direct ont désormais moins de 25 ans.

Entre 2019 et 2021, on observe un rajeunissement du profil des investisseurs en actions. La proportion des moins de 35 ans avait augmenté de 11 % à 18 % en deux ans et a légèrement diminué en 2022 à 17 %. Chez les 25-34 ans, ce taux est passé de 4 % en 2021 à 3,4 % en 2022. 

  • L’étude met également en évidence une baisse significative de la détention d’actions chez les plus de 55 ans.

S’ils sont 8.4% à déclarer détenir des actions en direct en 2022, ils étaient 9% en 2021. C’est sur la tranche d’âge 65-74 ans que la baisse est la plus importante. Le taux de détention déclarée d’actions en direct est passée de 10,8 % en 2020 à 8,5 % en mars 2022.

  • Enfin, les placements collectifs sont de plus en plus souvent détenus dans le cadre de l’assurance-vie.

Moins de 10 % des sondés ont déclaré posséder en direct des valeurs mobilières en 2022, contre plus de 18 % en 2009. Dans le même temps, la proportion de personnes déclarant détenir un contrat d’assurance vie en UC a augmenté, de 8 % en 2009 à 13,4 % en mars 2022.  

Concernant la nouvelle génération de boursicoteurs, l’AMF souligne que « cette nouvelle passion de la jeunesse pour le trading a coïncidé avec l’arrivée en France de néobrokers ciblant ces jeunes en leur proposant une nouvelle façon, plus ludique, d’investir » dans un article publié début juillet dans les Echos. Cependant, l’organisation s’interroge sur la durabilité de ce renouvellement de génération des actionnaires individuels et pose deux questions :

  • Ces jeunes néo-investisseurs, étudiants pour la plupart, plus investis que les générations précédentes au même âge, conserveront-ils leurs actions en cas de fortes baisses des marchés ?
  • Que feront-ils de leur portefeuille lorsqu’ils rentreront dans la vie active ?

Par ailleurs, l’AMF et l’ARPP (Autorité de la régulation professionnelle de la publicité) entendent renforcer leur collaboration en faveur d’une publicité claire et responsable dans le domaine des produits financiers pour notamment protéger cette jeune génération d’investisseurs. Les deux organisations souhaitent aujourd’hui s’adapter aux nouveaux enjeux liés à l’évolution des textes et des modes de publicité. Dans un avenant signé le 19 juillet, l’AMF pourra donc apporter son expertise les actifs numériques et services sur actifs numériques.

De plus, après élaboration d’un programme commun pour 2022-2023, plusieurs chantiers ont été définis tels que :

  • La création d’une recommandation de l’ARPP à ses membres sur les communications portant sur des actifs numériques et offres de jetons ;
  • La mise à jour de la recommandation générale l’ARPP sur les communications portant sur des produits et services financiers ou d’investissement ;
  • L’actualisation de la recommandation de l’ARPP sur les communications portant sur les contrats financiers à effet de levier et de la recommandation portant sur les investissements atypiques ;
  • La création d’un module spécifique au secteur financier du certificat de l’influence responsable lancé en 2021 par l’ARPP, avec l’objectif de présenter de façon pédagogique les bonnes pratiques et les règles s’appliquant dans ce domaine.

Sur ce dernier point, l’AMF déclare « fournir sa connaissance du secteur financier » – notamment dans « les actifs numériques » comme les cryptomonnaies.  L’ARPP devra de son côté « partager avec l’AMF les résultats de son analyse des communications ». Le partenariat évoque également « une présentation pédagogique » de l’AMF destinée aux influenceurs sur les réglementations financières auxquelles ils peuvent être soumis et les risques d’arnaques qui circulent en ligne.

Une première phase d’expérimentation sera menée d’ici la fin de l’année. La confirmation des orientations est prévue pour 2023.

Source : Cet article est issu de la veille hebdomadaire effectuée par la FAS, partagée avec les adhérents de l’AASGO. La FAS est membre de l’Observatoire des Actionnaires d’Avenir (OAA) et participe à son Comité d’orientation.