Expression directe

Un baromètre sur l’actionnariat salarié dans les entreprises non cotées

Nous souhaitons attirer votre attention sur la publication par le cabinet Equalis Capital de son baromètre 2021 de l’actionnariat salarié dans les entreprises non cotées.

Le baromètre couvre 42 entreprises non cotées comprenant 20 000 salariés actionnaires, pour 11 milliards d’euros de chiffre d’affaires cumulé. Ses principales conclusions sont les suivantes :

  • La détention du capital dans les entreprises du baromètre est la suivante : en moyenne, 38% des actions sont détenues par le management, 29% par l’actionnariat familial, 12% par le corporate et 21% par les investisseurs financiers ;
  • Comparées à la typologie générale des entreprises françaises, les entreprises de l’étude présentent les caractéristiques suivantes :
  1. Une surreprésentation des secteurs de l’industrie (29%), des services B2B (21%) et des métiers de conseil et d’ingénierie (19%) ;
  2. Une surreprésentation des zones géographiques Ouest, Sud-Ouest et Ile de France qui comptent à elles trois 80% des entreprises du baromètre ;
  • 82% entreprises de l’étude ont mis en place des mesures concrètes pour développer l’actionnariat salarié : 67% des salariés bénéficient de l’abondement de leur entreprise, 6% à une décote du prix d’acquisition de l’action et 9% profitent d’une combinaison des deux mesures. Cela signifie qu’en moyenne, lorsqu’un salarié verse 72 euros de sa poche pour acquérir des actions de son entreprise, cette dernière ajoute 28 euros sous la forme d’abondement et/ou de décote ;
  • Parmi les entreprises pratiquant l’abondement, 32% procèdent à un abondement supérieur à 1000 euros, 51% abondent entre 500 et 1000 euros et 17% pour moins de 500 euros ;
  • En 2021, le taux de souscription des salariés aux opérations d’actionnariat salarié des entreprises du baromètre était de 49% ;
  • Sur une période de 6 ans, le montant médian d’investissement par les salariés dans leur entreprise était de 2 650 euros. Quant à l’origine des sommes investies, 28% provenait de l’abondement de l’entreprise, 39% de l’intéressement et de la participation et 26% d’un versement volontaire ;
  • La valeur moyenne des actions des du baromètre entreprises a progressé de 27% sur un an (177% depuis 2015) et 37 entreprises ont vu le prix de leur action augmenter en 2021. Pour une mise de 500 euros, le rendement global à 5 ans pour le salarié actionnaire est estimé à 610%, avec une valeur des actions détenues de 3 551 euros.

Au-delà du panel des 42 entreprises, l’étude réalise un panorama 2021 de l’actionnariat salarié dans les entreprises non cotées. Elle a identifié 214 sociétés non cotées ayant ouvert des FCPE pour leurs salariés dont 25 PME de plus de 50 salariés, 142 ETI et 23 grandes entreprises.

Il est également à noter que l’actionnariat salarié se répand dans les start-up, en tant qu’outil essentiel de fidélisation et d’attraction des talents. La modalité privilégiée est le bon de souscription de parts de créateur d’entreprise (BSPCE) mais certaines start-up n’hésitent pas à effectuer des distributions d’actions gratuites (comme chez Blablacar). Ces mécanismes d’actionnariat salarié leur permettent notamment de compenser des rémunérations salariales plus faibles que les niveaux de salaire proposés par les grands groupes.

Constater ce développement de l’actionnariat salarié dans tous les types d’entreprise donne du poids aux arguments figurant dans la tribune rédigée par un collectif de dirigeants d’entreprise du mouvement ETHIC, proposant de repenser le contrat social au sein de l’entreprise, fondé sur un partage plus juste de la richesse créée. Cette tribune encourage les chefs d’entreprise à développer des mécanismes d’intéressement et de participation, complétés dans un second temps par la mise en place d’une politique d’actionnariat salarié ouverte à l’ensemble des collaborateurs.

Les avantages de cette démarche seraient les suivants :

  • Amélioration globale des indicateurs RH (absentéisme, turnover…) et accroissement de la productivité au travail ;
  • Responsabilisation des salariés qui acquièrent une meilleure compréhension de l’entreprise et des enjeux de sa gestion ;
  • Renforcement de la culture de l’entreprise ;
  • Un alignement des intérêts de la direction et des salariés concernant la performance de l’entreprise dont l’objectif est recentré sur la création de valeur utilisée dans un partage plus équitable afin de réconcilier capital et travail.

Source : Cet article est issu de la veille hebdomadaire effectuée par la FAS, partagée avec les adhérents de l’AASGO. La FAS est membre de l’Observatoire des Actionnaires d’Avenir (OAA) et participe à son Comité d’orientation.