Marc Maouche, Président

EDITO DE MARC MAOUCHE, PRÉSIDENT DE L’AASGO

 L’Etat, comme actionnaire ?

La Cour des comptes vient à nouveau de fustiger la confusion trop fréquente de l’Etat entre son rôle de tuteur et celui d’actionnaire, avec des effets qui peuvent être désastreux dans le cas d’entreprises soumises à la concurrence internationale. Ce constat la conduit nécessairement à s’interroger sur la justification de la présence étatique au capital de certaines entreprises.

Comme actionnaire, il appartient à l’Etat de gérer son portefeuille au mieux de ses intérêts patrimoniaux ; des arbitrages au sein de ses participations sont tout à fait logiques.

Au-delà des motifs patrimoniaux, sa présence au capital d’entreprises paraît pleinement se justifier lorsque sont en jeu des intérêts vitaux pour la Nation : préservation de filières industrielles stratégiques ou vitales pour la sécurité du pays, voire soutien à des filières émergentes et porteuses d’avenir pour l’activité et l’emploi.

Ceci peut donc être un facteur clé de la rotation de ses actifs patrimoniaux.

Pour autant, il est malsain que l’Etat s’immisce dans le fonctionnement des entreprises dont il est actionnaire, ce qu’il a fait trop souvent dans le passé avec des conséquences préjudiciables pour les entreprises concernées, leurs personnels et lorsqu’il y en avait, les autres actionnaires.

Lorsqu’il est représenté au conseil d’administration, ses représentants ont comme les autres administrateurs, ainsi que l’a souligné la Cour des comptes, le devoir de veiller à l’opportunité et à la rationalité des choix stratégiques, pour la pérennité de l’entreprise et la protection des intérêts légitimes de tous ses actionnaires.

Dès lors, l’éventuelle baisse, voire la disparition totale, de la présence directe ou indirecte de l’Etat dans le capital d’Orange ne saurait être en elle-même un sujet de préoccupation; mais en revanche, elle poserait le problème de l’éventuelle montée au capital d’investisseurs ou d’autres acteurs du secteur de la communication, avec les enjeux associés pour la stratégie, le développement de l’entreprise et l’évolution de l’emploi.

Pour cette raison, le renforcement du poids de l’actionnariat salarié est aux yeux de l’AASGO un objectif majeur, afin de pouvoir soit contribuer à la défense de l’entreprise contre des prédateurs, soit peser sur les choix stratégiques. Ce poids peut devenir déterminant en assemblée générale et au sein du conseil d’administration où siège un administrateur actionnaire salarié.

Le prochain administrateur actionnaire salarié élu en 2018 sera vraisemblablement issu du conseil de surveillance du fonds Cap’Orange: d’où l’importance du choix des porteurs de parts lors de l’élection du mois prochain et l’engagement de l’AASGO à travers la liste qu’elle présente.