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Les résultats du groupe Orange pour 2014

Le 17 février 2015, lors de la publication des résultats consolidés 2014, le groupe a comme à son habitude essayé de positiver en affichant des objectifs 2014 globalement réalisés grâce à des économies compensant 69% de la perte de chiffre d’affaires et à de meilleurs résultats commerciaux. Il a confirmé le dividende pour l’exercice 2014 de 0,60€ par action et a annoncé un dividende prévisionnel de 0,60€ pour l’exercice 2015 en cours, avec une possibilité de hausse ultérieure…

Le marché a mal réagi immédiatement en constatant, d’une part qu’au cours du 4ème trimestre 2014 les coûts directs du Groupe étaient repartis en nette hausse, annulant la moitié des gains réalisés sur les 3 premiers trimestres et  d’autre part, que contrairement aux annonces précédentes du Groupe, sa rentabilité serait encore en baisse en 2015 donc non encore  stabilisée…

La dynamique portant le cours de l’action a ainsi été cassée, même si elle devait reprendre quelques jours plus tard.

On reviendra longuement sur le contexte français des Télécommunications  profondément perturbé depuis l’arrivée d’un 4ème opérateur mobile… perturbation qui pourrait se poursuivre voire s’amplifier par la potentielle restructuration du secteur, le rachat de SFR par Numéricable n’étant que la première étape.

Les principaux points marquants en 2014  sont les suivants, sachant que le Groupe a fait part de chiffres  restreints au moment où sont écrites ces lignes, le document de référence étant prévu courant mai 2015. On suivra néanmoins le plan habituel.

 

 

1- Le Chiffre d’affaires (CA)

 

Le tableau ci-après traduit l’évolution du chiffre d’affaires consolidé du groupe  selon son nouveau périmètre de consolidation, sans les activités du Royaume Uni qui sont depuis 2010 au sein de la coentreprise avec la filiale anglaise de Deutsche Telekom  Everything Everywhere (EE):

Les chiffres de cette analyse n’incluent donc  plus les activités au RoyaumeUni.

 

Tab 1 Chiffres en millions d’euros

2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014
CA Groupe historique 46568 47699 45944 45503 45277 43515 40981 39445

 

Ce second tableau  permet de constater la répartition du chiffre d’affaires selon les entités les plus importantes ou le regroupement  d’activités:

 

Tab 2 Chiffres en millions d’euros

2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014
France 23267 23726 23639 23308 22534 21431 20018 19304
Espagne 3963 4067 3887 3821 3993 4027 4052 3876
Pologne 4825 5184 3831 3934 3625 3381 3079 2918
Reste du Monde 8287 8322 8308 8248 8795 8281 7792 7374
Entreprises 7723 7785 7559 7216 7101 7001 6513 6299
Opérateurs int. et services partagés(OISP) 1240 1349 1388 1600 1610 1623 1702 1814
Eliminations inter secteur (2737) (2734) (2668) (2624) (2381) (2229) (2175) (2140)
Total Groupe 46568 47699 45944 45503 45277 43515 40981 39445

 

Les chiffres indiqués dans les tableaux ci dessus  sont les chiffres historiques ; ils nécessitent un rappel de l’évolution constatée :

– La crise économique mondiale a eu des effets négatifs sur le secteur d’activité des Télécommunications essentiellement à compter du second semestre 2008, et plus particulièrement  du 4ème trimestre 2008. L’impact de cette crise est plus ou moins fort selon les pays. Cette crise s’éternise en Europe, en France notamment ; elle s’est accompagnée de fluctuations des monnaies, l’euro restant encore en 2014, avec le franc suisse et le yen, une devise forte. L’impact du change est important en 2009, en Pologne notamment (-973 millions d’euros). L’euro restant une devise forte, les écarts constatés en 2009 n’ont pas été comblés depuis.

– Des mesures règlementaires, tant européennes que nationales, ont pesé fortement sur le secteur d’activité; ainsi pour le Groupe Orange elles représentent à partir de 2009 un manque à gagner de près d’un milliard d’euros par an. Ces mesures, insuffisamment lissées dans le temps, qui pèsent sur tous les acteurs européens du secteur ont ainsi été prises au plus mauvais moment puisqu’elles ajoutent leurs effets très négatifs à celui de la crise économique. Certains opérateurs ont su malgré tout,  maintenir leur marge brute. L’effet de ces mesures est maintenant limité.

– Des crises politiques et sociales qui touchent certains pays d’Afrique et du Moyen Orient.

– L’impact de la concurrence est partout présent, plus particulièrement sur les marchés matures, ce qui est le cas des marchés  européens ; cet impact est accentué en France avec l’arrivée en 2012 d’un 4ème opérateur de mobiles qui a obligé Orange France à revoir à la baisse son offre mobiles ; la concurrence se développe très fortement en Europe, Afrique, Moyen Orient etc.

– L’impact du dégroupage qui touche près de 45%  des clients résidentiels en France (12 300 000 lignes dont 11556 000 en dégroupage total  au 31/12/2014).

– Le changement de périmètre (la cession d’Orange Suisse en 2012 par exemple induit une perte de CA de plus d’un milliard d’euros par exemple, celle d’Orange Dominicana en avril 2014 près de 500 millions d’euros).

 

 

En données à base comparable, le chiffre d’affaires du Groupe baisse de 2,5% en 2014 après  5,1% en 2013  et  2,7% en 2012. Il avait déjà baissé de 1,6% en 2011, de 1,4% en 2010,  de 1,8% en 2009, et était en croissance  de 2,9% en 2008 par rapport à 2007.

 

Un espoir toutefois, la baisse du CA consolidé du Groupe au 4ème trimestre 2014 a été ramenée  à 0,6% en base comparable.

 

Par pays  ou entités, l’évolution du CA du Groupe sur  une base comparable, 2014  par rapport à 2013, est plus contrastée. On observe une baisse réduite de 3,5% en France après  -6,6% en 2013,  -5% en 2012, -3,3% en 2011 et  – 1,4% en 2010; on constate ainsi en France  une  perte de CA  de 4,4 milliards d’euros  en 7 exercices , perte qui serait aggravée d’environ 500 millions d’euros supplémentaires , sans l’accord d’itinérance avec ILIAD.

La baisse du CA en France a été réduite à – 1,5% au 4ème trimestre 2014 (-4,5% sur les mobiles).

 

En Espagne, on constate   une baisse de 4,4% , après  une  petite hausse de 0,6% en 2013 , +0,9% en 2012 et une  hausse surprenante de 4,5% en 2011 qui faisait suite à une baisse de 1,5% en 2010 et de 4,5% en 2009.

 

En Pologne la baisse reste forte à – 4,5%, après la  chute de 2013  – 8,6% , – 4,1% en 2012 , – 7,8% en 2011  et  – 5,1% en 2010, soit une perte de plus du quart du CA en 4 ans  imputable en grande partie à la régulation et au cours du change mais aussi à la concurrence très forte sur tous les marchés (en fait aussi forte que sur le marché français).

 

Le CA du « Reste du Monde » est pratiquement stable en base comparable,  après une baisse de 0,5% en 2013,  une  hausse de 1,4% en  2012, mais il augmente de près de 7% en Afrique et Moyen Orient où on constate des évolutions fort disparates ; il  baisse  en Europe de -2,3%.

 

Le CA du secteur Entreprises est toujours en baisse à -2,3% après une chute de -5,3% en 2013, – 2,7% en 2012,  – 1,6% en 2011, – 4,8% en 2010 et – 3,2% en 2009. Ce secteur a aussi perdu le quart de son CA en 7 exercices!

 

La croissance externe pourrait,  si elle se réalise, apporter en 2015 environ 1,5 milliards d’euros de CA si la consolidation intégrale de MEDI Telecom (Maroc) et JAZZTEL en Espagne peut être réalisée.

 

 

 

La base clients continue de progresser à 244,161 millions de clients dans le monde dont 185,327 millions de clients des services mobiles et 16,014 millions de clients des services fixes haut débit. Le nombre de  clients est en hausse en Afrique et au Moyen Orient (97,49 millions) partout ailleurs il est pratiquement stable avec une légère augmentation en Espagne et en Pologne ; est ce le signe d’un retournement de conjoncture en Europe?

 

 

 

 

 

 

1.1 Le chiffre d’affaires 2014  par secteur opérationnel est précisé dans le tableau ci-après:

 

Tab 3

CA réalisé (milliards €) Variation à base comparable en % Nombre de clientsMobile (millions)
FranceMobileRésidentiel

CA hors éliminations

8,27611,029

19,304

-9%-1%-3,5% 27,087
EspagneMobileRésidentiel

CA

2,9360,94

3,876

-12%+10%+0,6% 12,613
PologneMobileRésidentiel

CA hors éliminations

1,4671,45

2,918

-3%-8%-4,5% 15,62
Reste du Monde (CA externe) 7,374 +0,1% 88
Entreprises 6,299 -2,3%

 

(A titre indicatif, au 31/12/2014,  on notera que le nombre de clients de la filiale au Royaume Uni, Everything EveryWhere était d’environ  24,47 millions, en baisse de 12% par rapport à 2013.

Cette  entreprise a réalisé un chiffres d’affaires  de 7,847 Mds€ en 2014 et un EBITDA de 1,277Mds€,  en nette baisse. Sur 3 ans elle a perdu 2 millions de clients mobiles et a à peine maintenu ses clients aux services fixes.)

 

 

2 – L’ EBITDA  (ex MBO : marge brute opérationnelle)

 

L’EBITDA  est un solde intermédiaire de gestion non défini par des normes comptables internationales ; il peut varier d’une entreprise à l’autre et d’un exercice à l’autre. L’EBITDA publié 2014 est de 11,112 Mds€, en baisse de près de 10% par rapport à 2013 (12,235 Mds€) et à 2012  (12,289 Mds€). Mais en terme comparable, la marge d’EBITDA 2013 était en baisse d’un milliard d’euros environ par rapport à 2012 (2012 comprenait en effet une charge pour  plan social de 1,28 Md€). Le tableau ci-dessous est révélateur d’un certain rétablissement en 2014 de la  compétitivité de la plupart des entités du Groupe ; on note toutefois que sa marge brute d’exploitation est tombée de 35,5% en 2009 à 29% en 2013, pour remonter à 30,9% en 2014! En France cette marge chute de 10,5 points en 7 exercices!!!

 

Après retraitement, l’EBITDA du Groupe affiche pour 2014 une baisse limitée à -2,5%.

L’ EBITDA 2014, présenté par entité, est indiqué dans le tableau ci-après ; il y est comparé aux l’EBITDA  2013,2012, 2011,2010, 2009,2008 et 2007:

 

Tab 4 EBITDA en milliards €; % par rapport au CA hors élimination.

FRANCE Royaume Uni Espagne Pologne Reste du monde Entreprises OISP
EBITDA 2014 6,510 0,958 0,994 2,519 0,910 0,004
EBITDA/CA 2014 33,72 24,71 34,06 34,16 14,44 Ns
EBITDA 2013 6760 1038 0,937 2,511 1,004 (-0,015)
EBITDA/CA2013 33,7% 25,6 30,43% 32,22% 15,4% Ns
EBITDA 2012 7,834   0,951 1,156 2,80 1,177  
EBITDA/CA2012 36,6%   23,6% 34,2% 33,8% 16,8% Ns
EBITDA 2011 8,569 839 1347 2,99 1,276 105
EBITDA/CA2011 38% 21% 37,2% 34% 18% 6%
EBITDA 2010 8,813   0,765 1,18 2,941 1,299 (-0,664)
EBITDA/CA2010 37,8%   20% 30% 35,7 18% Ns
EBITDA 2009 9,252 0,939 0,729 1,462 3,237 1,501 (-1,4)
EBITDA/CA2009 41,5% 18,52% 19% 38,53% 40,67% 21,21% Ns
EBITDA 2008 9,858 1,204 0,614 2,146 3,446 1,508 (-0,444)
EBITDA/CA2008 44,2% 20,46% 15,34% 41,77% 43,07% 20,63% Ns
EBITDA 2007 9,659 1,297 0,661 2,040 3,379 1,263 0,744
EBITDA/CAPour 2007 44,38% 20,02% 16,96% 42,63% 42,19% 17,32% ns

 

La variation du taux de marge d’EBITDA est la conséquence de plusieurs facteurs, notamment:

– la chute du chiffre d’affaires,

– le poids des charges et notamment des charges de personnels qui ne diminuent pas en proportion du CA,

– l’impact de charges exceptionnelles (plan social relatif au « Temps partiel sénior »), (voir tableau ci-après),

–des mesures fiscales, notamment une hausse de la TVA en France non répercutée sur les clients, et diverses taxes et impôts d’exploitation,

– les charges de dépréciations et restructuration d’actifs (438millions d’euros en 2014).

-les résultats de cessions d’actifs,

 

- le coût de règlements de litiges (avec Bouygues Telecom par exemple, l’accord signé en mars 2014, en règlement amiable de litiges, représente un coût d’environ 400 millions d’euros, cette somme a compensé intégralement les coûts de restructuration de cette société dans ses comptes 2014).

 

Sur 5 ans les principaux postes de charges ont évolués comme suit (en millions d’euros) :

 

Tab 5

  2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014
Chiffre d’affaires 46800 45944 45503 45277 43515 40981 39445
Achats externes 19444 19170 19375 19638 19100 17965 17251
%achat ext/CA 41,5% 41,7% 42,5% 43,37 43,8% 43,8% 43,73%
Charges de personnels 8468 9158(1)8525 9214(2)8722 8815(3))9336 10363(4)9076 9019 9066(5)8630
%charges de pers/CA 18,09% 18,55% 19,16% 19,46% 20,85% 22% 22,98
Impôts et taxes d’exploitations     1711 1772 1857 1717 1795
Amortissements     6461 6735 6329 6052 6038

 

(1) comprend une charge de 569 millions d’euros en rapport avec la mise en place du temps partiel sénior.

(2) comprend une provision complémentaire de 492 millions d’euros au titre du temps partiel sénior.

(3) diminué d’une reprise de provisions de 521 millions d’euros en rapport avec le temps partiel sénior.

(4) comprend une provision de 1287 millions d’euros en rapport avec le nouveau temps partiel sénior.

(5) comprend une provision supplémentaire de 358 millions d’euros pour le « temps partiel sénior » et une charge de 78 millions d’euros relatif à l’ORP de juin 2014.

 

Pour les exercices 2013 et 2014 les charges de personnels intègrent la diminution induite par  le CICE, respectivement de 71 et 110 millions d’euros.

 

 

 

 

Globalement, depuis 2 ans  les charges semblent mieux maîtrisées grâce à deux dispositifs, l’un « Chrysalid » interne au Groupe, l’autre « Buying » résultant de la filiale commune avec DT pour les achats ; le Groupe préfère annoncer ses efforts en terme de baisse des coûts directs (-204Ms€) et baisse des coûts indirects (-503Ms€). La baisse des coûts 2014  (-707Ms€) reste nettement inférieure à l’effort réalisé en 2013 (-929Ms€). Il n’en demeure pas moins qu’en pourcentage du CA, ces charges externes augmentent de 2,23 points en 7 ans et expliquent en partie la destruction de marge opérationnelle.

 

Le coût total du dispositif « Temps partiel sénior » est extrêmement pénalisant (supérieur sur sa durée à 1,9 milliards d’euros) car il est accompagné du recrutement de 13500 emplois de 2010 à fin 2015.  A cela il faudrait vraisemblablement ajouter le coût « immatériel » induit par la perte des compétences des employés concernés par le plan.

Les charges de personnel augmentent encore en 2014 pour représenter  23% du CA (mais 21,87% hors exceptionnel),  ce qui fait du Groupe le moins compétitif des grands opérateurs,  qui eux ont des charges de personnels inférieures (voire nettement inférieures) en moyenne à 15% de leur CA respectif. Il s’agit d’une spécificité de la situation du Groupe en France comme l’indique le tableau ci-après:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tab 6

France Espagne Pologne Reste du M. Entreprise OISP EE
CA 2014 19,304 3,876 2,918 7,374 6,299 1,814 7,847
Chges pers 4,765 0,205 0,448 0,734 1,610 1,304 0,536
Chges pers/CA 24,68% 5,28% 15,35% 9,95% 25,55% 71,88% 6,83%
CA 2013 20,018 4,052 3,079 7,792 6,513 1,702 7,632
Chges pers 4,86 0,21 0,46 0,74 1,57 1,14 0,54
Charges pers/CA 24,27% 5,18% 14,9% 9,49% 24,1% 67,05% 7,07%
CA 2012 21,43 4,02 3,38 8,28 7,001 1,623 8,20
Charges de personnels 5,85 0,195 0,486 0,764 1,674 1,394 0,570
Charges per/ CA 27,29% 4,85% 14,37% 9,22% 23,91% 85,89% 6,94%
Ca2011 22,53 3,99 3,62 8,79 7,101 1,61 7,81
Charges de personnels 4,81 0,18 0,49 0,81 1,54 0,96 0,55
Charges pers/CA 21,34% 4,51% 13,6% 9,2% 21,69% 60% 7,04%
CA 2010 23,30 3,82 3,93 8,24 7,21 1,6 6,24
Charges de personnels 4,95 0,17 0,55 0,72 1,48 1,32 0,45
Charges pers/CA 21,24% 4,45 13,99 8,73% 20,52% 82,5% 7,21%

 

 

 

Le tableau ci-après traduit l’évolution du CA par secteur d’activité et par « effectif moyen d’employé »:

 

Tab 7-Le CA (pris hors éliminations) est exprimé en millions d’euros.

France Espagne Pologne Reste du monde Entreprises OISP
CA 2014 19304 3876 2918 7374 6299 1814
Eff.  2014 (1) 71000 3900 18900 27000 20500 12500
CA par empl. 0,271 0,993 0,154 0,273 0,307 0,145
CA 2013 20018 4052 3079 7792 6513 1702
Eff 2013 74267 3842 21214 26147 20859 13186
CA par empl. 0,269 1,054 0,145 0,298 0,312 0,129
CA 2012 21431 4027 3381 8281 7001 1623
Eff 2012 76753 3406 22700 26013 21387 13286
CA par empl. 0,279 1,182 0,148 0,318 0,327 0,122
CA 2011 22534 3993 3625 8795 7101 1610
Eff 2011 77611 3089 24119 26650 21114 12950
CA par empl. 0,290 1,292 0,150 0,330 0,336 0,124

(1) chiffres  non publiés au 12/3/2014 ; ils sont donc estimés.

 

Les données 2014  ne sont pas publiées au 12/3/2014 ; le nombre « d’effectifs  moyens  employés » est donc estimé sur la base des indications globales du Groupe lors de la présentation des résultats.

 

Le ratio CA/emploi peut être contesté comme tout ratio, mais c’est surtout l’évolution de ce ratio qu’il faut prendre en considération. On constate donc selon les secteurs d’activités, soit un maintien à bon niveau, soit une légère amélioration.

 

 

 

 

Il est intéressant aussi d’étudier l’évolution des effectifs  et de la main d’oeuvre extérieure en France:

Tab 8

2009 2010 2011 2012 2013 2014
Eff . actifs 31/12 OrangeSA 92 570 94 259 95 642 95 647 95359 91900
Fil. France 7 484 7 828 9 608 9 392 6713 (1)
Intérim en ETP 781 854 785 546 687 (1)
Sous- traitance en ETP 26 040 25 975 26 313 25 880 24055 (1)
Coût Sous- traitance  (Mds€) 1,827 1,770 1,802 1,813 1,724 (1)

ETP = équivalent emploi temps plein.

 

(1) Les données pour 2014 ne sont pas publiées au 12/3/2014.

Il est vraisemblable que les données non publiées à ce jour pour 2014 soient assez semblables aux données 2013. On rappellera que le CA est passé sur la  période 2009/2014,  de 23,26Mds€ à 19,3Mds€!

Ces chiffres démontrent à eux seuls la perte très grave de productivité de l’entité France où il est vrai que, selon le PDG du Groupe, la gestion a été ignorée de 2010 à 2012….

 

 Le Groupe semble avoir pris conscience depuis 2 ans  que la maîtrise des coûts s’imposait dans tous les domaines et notamment dans les entités France et Entreprises. Ainsi en 2013 le Groupe affiche des économies de 929 millions d’euros sur l’ensemble de ses coûts opérationnels (28,5 Md€) ; or ces baisses sont attribuables pour 449 millions d’euros aux baisses des coûts d’interconnexion, l’effort propre  du groupe est resté bien modeste. Il a porté sur les coûts commerciaux -232 M€, les frais généraux et les charges réseaux -140 M€ et enfin sur les charges de personnels -140M€, avec une baisse en nombre des emplois de 2700 en France et de 2400 en Pologne.

Pour 2014 la réduction des coûts directs (-204Ms€) et des coûts indirects (-503Ms€) est inférieure à celle réalisée en 2013et, on l’a vu,  au cours du 4ème trimestre la hausse des coûts directs a annulé la moitié de l’effort des 3 trimestres précédents.

A noter que l’entité OISP comprend des activités non comparables aux autres entités, filiale Marine, activités de cinéma et vidéo etc.

 

 

3- Le résultat d’exploitation (RE)

 

Ce deuxième solde de gestion  est également présenté par pays comme indiqué dans le tableau ci-après:

 

Tab 9-  chiffres en milliards d’euros

France Roy.Uni Espagne Pologne Reste du monde Entreprises OISP Total hors RU
RE 2014 3,870 0,374 0,259 0,733 0,552 4571
RE 2013 4,201 -0,001 0,460 0,201 0,351 0,642 -0,567 5,288
RE 2012 4,306 -0,207 0,169 -0,505 0,332 0,763 -1,002 4,063
RE 2011 6,241 -0,168 0,443 0,595 0,940 -0,103 7,948
RE 2010 6,567 -0,218 0,229 1,380 0,958 -1,354 7,562
RE 2009 7,06 0,251 -0,274 0,095 1,91 1,12 -2,068 7,859
RE 2008 7,43 0,286 -0,630 0,943 2,134 1,115 -1,007 9,945
RE 2007 7,002 0,263 -0,469 0,869 2,214 0,749 0,171 10,540

 

Le résultat d’exploitation  2014 est en baisse de près de 15% par rapport à 2013 ; cette baisse s’explique par la baisse de l’EBITDA (cf. ci-dessus). Par rapport à 2011, la baisse atteint près de 45%! Le résultat d’exploitation 2013 est en amélioration apparente par rapport à 2012, en fait en base comparable il est à peu près équivalent. Il reste en chute marquée par rapport à 2011, conséquence directe de la baisse de l’EBITDA. L’évolution historique s’explique comme suit:

Le résultat d’exploitation  2012 est marqué par la baisse de L’EBITDA, et des provisions pour dépréciation d’actifs en Pologne (-0,889Md€) et dans le reste du monde (Roumanie) pour (-0,839Md€), mais sans ces éléments exceptionnels et la provision pour Temps partiel sénior, il recule de plus d’un milliard d’euros par rapport à 2011,  année où on constatait un redressement  par rapport à 2010. En 2011, il diminue fortement pour l’entité « Reste du Monde » suite à une hausse des amortissements et à l’augmentation des pertes de valeur des immobilisations. Il diminue aussi en France, conséquence directe des baisses du CA et de l’EBITDA. On rappellera que le RE 2009  intégrait déjà une provision de 569 millions d’euros pour le plan  « TPS », une dépréciation d’actifs de TPSA pour 400 millions d’euros et la charge fiscale de 964 millions d’euros relative au litige sur la taxe professionnelle. Le RE 2010 comprenait les effets directs du supplément de provisions pour le plan « TPS » 492 millions d’euros, du supplément de provisions pour le litige de TPSA 266 millions d’euros, d’une provision de restructuration des activités Orange Sport et Orange Cinéma Séries 547 millions d’euros, mais aussi d’une réévaluation de juste valeur 336 millions d’euros après la prise de contrôle de Mobinil. Pour établir un comparatif objectif 2010/2009 il faut réintégrer dans le RE 2009 la charge fiscale de 964 millions d’euros qui est sans rapport avec la gestion de l’entreprise. On obtient donc un RE 2009 de  8,82 milliards d’euros à comparer à 7,56 milliards d’euros pour 2010 , soit une chute de plus de 15%.(la charge fiscale est consécutive à la décision d’appel de la Cours de Justice Européenne sur la taxe professionnelle).

La chute du résultat d’exploitation depuis 2010  traduit directement une gestion inadaptée du Groupe à son environnement économique, notamment sur les entités France et Entreprises.

 

4 –  Le résultat financier

 

Le résultat financier est en amélioration à -1,638 Mds€ par rapport à  2013 (-1,75Mds€) et  2012  (- 1,72Mds€). Pour  2011 il était  de  -2,033 milliards d’euros comparable à celui de 2010. Le montant de la dette a peu évolué et son coût est en baisse à 4,82%, contre  5,25% en 2013. En  2009  le résultat financier était de  -2,299Mds€),  et en 2008 de  -2,98Mds€,  mais comprenait   -381 millions d’euros représentant la garantie de juste valeur donnée aux actionnaires minoritaires d’Amen .

 

5-  Le résultat net

 

Le résultat net du Groupe 2014 est de 1,225Mds€, dont 0,925Md€ pour les actionnaires d’Orange, en baisse de plus de 1Md€ par rapport à 2013. Cette baisse s’explique comme pour les autres soldes intermédiaires de gestion par la baisse du CA compensée à seulement 69% par la baisse des charges et par des éléments en principe non récurrents (cf. point 2). L’historique du résultat est précisé ci-après:

Le résultat net du Groupe 2013 à + 2,133 Mds€  est presque similaire au résultat net 2012 grevé par la provision de 1,2Mds€ pour le plan social « temps partiel sénior ». A l’image du résultat d’exploitation, il reste  en chute marquée par rapport à 2010 et 201 ; ceci bien sûr est la conséquence de la chute de l’EBITDA et du RE, non compensée par l’amélioration du résultat financier. L’impôt sur les sociétés est en hausse également.

Pour 2011, il était  de 3,82 milliards d’euros en baisse d’environ 5% par rapport au résultat 2010. En effet, le résultat net 2010 de l’ensemble consolidé était de 4,877 Mds€, intégralement attribuable aux propriétaires de la société mère, à comparer à 3,465 milliards d’euros pour 2009, dont 2,997 Mds€ attribuable aux actionnaires de FTSA, et à  4,49Mds€ pour 2008, dont 4,069Mds€ attribuable aux actionnaires de  FTSA. Mais, si l’on ajoute les 964 millions d’euros de charge fiscale au résultat net de 2009 (charge sans lien avec la gestion de la société), on obtient  pour 2009 un résultat net de 4,36Mds€. En outre le résultat 2010 comprend  un différentiel de « résultat net des activités cédées » de +870 millions d’euros relatif à Orange RU; c’est donc un résultat net 2010 de 4Mds€ qu’il faut comparer à 4,36 Mds€ en 2009, soit une baisse d’environ 10% pour 2010.

 

 

6 – Les fonds propres ou Capitaux propres.

 

Le 30 juin 2009, le Groupe a émis 33 600 122 actions nouvelles au prix de 16,10 € par action, en paiement partiel d’une partie du solde du dividende 2008 pour les actionnaires (dont l’Etat) qui avaient retenu cette option. Le versement de ce solde a donné lieu à un décaissement de 1,553 milliard € et à un paiement en actions de 538 millions d’euros.

En 2010 le solde du dividende de l’exercice 2009 (0,80€ par action) et l’acompte sur dividende de l’exercice 2010 (0,60€ par action) ont été payés en numéraire pour un montant global de 3,706 Mds€.

Au 31/12/2010 les fonds propres du Groupe étaient de 31,549 Mds€, en amélioration de 2 Mds€ sur l’exercice.

Au 31/12/2011 les fonds propres consolidés du Groupe sont de 29,592 milliards d’euros, après une baisse des réserves de conversion.

Au 31/12/2012 les fonds propres consolidés du Groupe sont de 26,38 milliards d’euros ; la chute du résultat consolidé et le paiement de dividendes inchangé en 2012 (solde 2011 et acompte 2012) expliquent cette chute.

Au 31/12/2013 les fonds propres consolidés du Groupe sont de 26,334 Mds€, inchangés par rapport à 2012.

Au 31/12/2014 les fonds propres consolidés du Groupe sont de 31,701 Mds€ dont 29,559 Mds€ attribuables aux propriétaires d’Orange. Cette amélioration très nette n’est pas due à l’affectation de résultats net du Groupe, mais à l’émission d’obligations hybrides pour un montant de 2,74Mds€ en janvier 2013 et de 3Mds€ en Octobre 2014 compensée par le nantissement équivalent (2,9Mds€) constitué  dans le cadre de l’OPA sur Jazztel.  Ces titres conditionnés pouvant être remboursés en actions dans des délais pratiquement à la convenance du Groupe ; ils sont assimilés à des fonds propres (hors nantissement).

 

 

7- Le Free Cash Flow opérationnel

 

Jusqu’en 2010 le Free Cash Flow était un des objectifs majeur du Groupe qui s’était engagé sur une réalisation de cet objectif à hauteur de 8 milliards d’euros hors éléments exceptionnels et achat de spectre  pour les exercices 2009,2010 et 2011. Cet objectif a été réalisé  en  2010  avec 8,11Mds€  et en 2009 avec  8,35 Mds€,  après  8,016  Mds€ en 2008 et  7,81 milliards d’euros réalisés en 2007.

Cet objectif a été modifié pour les exercices 2011 à 2015  en objectif de Cash Flow Opérationnel (EBITDA- CAPEX) avec les indications suivantes: « le Groupe annonce un objectif cumulé de l’ordre de 27 Mds€ pour l’indicateur EBITDA – CAPEX, sur la période 2011-2013, hors éléments exceptionnels », objectif non réalisé. « Une ambition du Groupe en matière d’indicateur EBITDA – CAPEX avec un taux de croissance annuel moyen de +9% sur la période 2013/2015″ .Ces engagements font suite au « plan conquêtes 2015″ que le Groupe a présenté aux investisseurs le 31 mai 2011 et réaffirmé lors de la présentation des résultats du 1er semestre 2011 puis du 3éme trimestre 2011 avec la confirmation d’un versement de dividende 2012 de 1,4€ par action….Hélas rien de cela n’a été réalisé…

 

Pour 2011 le Cash Flow Opérationnel de 9,3 milliards d’euros est conforme aux objectifs de la période.  L’ancien objectif de Free Cash Flow n’aurait pas était tenu, puisqu’il a été de 7,38Mds € après retraitement.

Le  groupe s’était engagé  à distribuer des dividendes à hauteur de 40 à 45 % du FCF réalisé. Pour 2012 le Groupe s’est engagé à verser 40 à 45% de son nouvel indicateur de Free Cash Flow opérationnel.

Tout cela a été remis en question lors de la publication des résultats du 3ème trimestre 2012 (fin octobre 2012) avec les conséquences que l’on a constaté sur le cours de l’action, et sur lesquelles on reviendra.

L’objectif de free cash flow opérationnel pour 2012, d’environ 8 Mds€, a été atteint après retraitement de l’EBITDA c’est à dire sans la provision de 1,28Md€ pour Temps partiel sénior. S’agissant de l’ancien objectif de FCF il peut être estimé à 5,7/ 5,9 Mds€ en incluant la vente de la filiale suisse.

Pour 2013, le Free cash flow opérationnel, sur la base de l’EBITDA retraité est de 7,1Mds€ en baisse d’un milliard d’euros par rapport à 2012 mais le Free cash flow opérationnel réel est de 6,6Mds€ ou 6,2Mds€ après achat de licences…

Pour 2014, le Free cash flow opérationnel, sur la base de l’EBITDA retraité est de 6,554 Mds€, en nette baisse par rapport à 2013 ; le Free cash flow opérationnel réel est de 5,476Mds€.  Après paiement des frais financiers et de l’impôt sur les sociétés (-3,2Mds€) on peut estimer le Free cash flow disponible à environ 4 Mds€, utilisé pour payer le dividende (-2,2Mds€), l’achat de licences (-0,48Md€), et permettre le remboursement d’emprunts (1,8Mds€).

 

8 – La dette nette

 

8-1 Au 31 décembre 2011:

 

La dette nette du Groupe au 31/12/2011 a baissé d’un milliard d’euros à 30,89 milliards d’euros. Elle était de 31,840 Mds€ au 31/12/2010,  de  32,859 Mds€ au 31/12/2009 et  de 35,859Mds€ au 31/12/2008. Cette dette situait le Groupe parmi les grands opérateurs les moins endettés. Le montant de la dette nette est pratiquement  équivalent au montant des fonds propres consolidés.

Mais compte tenu des règlements intervenus les 13 et 19  janvier 2012 pour le règlement du litige opposant TPSA à un de ses fournisseurs (550 millions d’euros) et pour l’achat de la licence 4G  en France (891 millions d’euros) le montant de la dette était de 32,331 milliards d’euros.

L’utilisation du FCF en 2011 a servi en outre, au règlement des dividendes 4,4 Mds€, à l’achat de spectre en France et en Espagne 0,76Mds€,  à l’achat d’actions pour 0,275Mds€ et au paiement d’impôts résultant des nouvelles mesures en France 0,332Mds€, portant l’impôt sur les Sociétés décaissé à 1,02Md€.

 

8-2 Au 31 décembre 2012:

 

La dette nette du Groupe au 31/12/2012 était de 30,5 Mds€, à peu près sans changement sur l’exercice. Le FcF a servi notamment à régler le solde du dividende 2011 et l’acompte du dividende 2012, soit environ 4,2Mds€, à payer l’achat de licences (1,2Md€), dont 0, 891Md€ pour l’achat de la licence 4G en France,  à payer  le litige TPSA, à payer la montée au capital de Mobinil en Egypte, achat qui faisait suite à un engagement du Groupe qui générait une dette d’environ 1,9Md€ et qui a donc été éliminée.

 

8-3 Au 31 décembre 2013:

 

La dette nette du Groupe au 31/12/2013 était de 30,72 Mds€, pratiquement inchangée par rapport à 2012. Le Free cash Flow libre (qu’on peut estimer à environ 4Mds€ après charge de la dette et impôts sur les Sociétés) a couvert notamment  le versement du dividende 1,314Mds€, et l’amende fiscale de 2,1Mds€  relative au rejet d’un report de moins values portées par une filiale sur les comptes de la maison mère en 2005. Il s’est avéré insuffisant (comme en 2012) pour faire face aux remboursements d’emprunts arrivant à échéance…

 

8-4 Au 31 décembre 2014:

 

La dette nette du Groupe au 31/12/2014 est de 26,090Mds€. Cette baisse résulte du cash disponible (1,8Mds€) et de l’émission d’obligations hybrides (2,8Mds€).

Autre engagement majeur du Groupe, le ratio dette nette / EBITDA inférieur à 2 a changé pour devenir un ratio aux environ de 2. Ce ratio au 31/12/2011 était de 2,09. Il était de 2,44 au 31/12/2012, ou de 2,21 sur la base de l’EBITDA retraité. En 2013 il était de 2,51. Il aurait été de 2,34 sans l’amende fiscale.

 Au 31/12/2014 le ratio reste élevé à 2,34,  ou 2,59 sans prise en compte des titres subordonnés…Il est affiché à 2,09 sur la base de l’EBITDA retraité… En l’absence de bons résultats du Groupe, l’émission d’obligations hybrides et la cession d’actifs  s’imposaient donc pour afficher un ratio plus respectable. Mais cela explique aussi la diminution des notations des 3 Agences de notation.

 

(La dette nette s’élevait  à un peu plus de 42 milliards d’euros au 31/12/2006. Elle était de 49,8 Mds€ au 31/12/2004 et de 47,8 Mds€ au 31/12/2005. On rappellera que l’acquisition d’Amena en novembre 2005, a augmenté la dette d’environ 5,8 milliards d’euros. La prise de participation majoritaire de Mobinil a augmenté la dette de 0,88 Mds€ en 2010. En 2006 la cession de PagesJaunes a eu un impact positif sur la dette de près de 3 Mds€ et a permis sur cet exercice de respecter un ratio inférieur à 2).

8-5 De bonnes liquidités:

 

 

Les liquidités et quasi-liquidités dont le Groupe dispose au 31/12/2014, à hauteur de 6,7 Mds€, qui incluent les titres subordonnés  non nantis, sont en hausse par rapport au 31/12/2014 (5,8 Mds€) et devraient le mettre à l’abri de toute crise de liquidités. Les remboursements d’obligations et emprunts sont relativement limités: 2,7Mds€ en 2015, 2,5Mds€ en 2016, 3,1Mds€ en 2017, 3,3Mds€ en 2018 et 19Mds€ au delà de 2018.

Suite à la cession de EE au Royaume Uni, il devrait recevoir en cash 3,4 Mds de Livres Sterling (4,6Mds€)et 4% du capital de l’entité BT/EE. Cette cession devrait se réaliser dans les 15 mois à venir après avis des autorités de régulation britanniques. Le montant des sommes nécessaires à l’OPA sur Jazztel (environ 3 Mds si elle est autorisée et si toutes les actions sont apportées) a déjà fait l’objet d’un nantissement.

Par ailleurs, la politique monétaire de la Banque Centrale Européenne annoncée jusqu’à la fin 2016 devrait permettre aux entreprises de trouver à très bon compte des liquidités dont elles pourraient avoir besoin.

 

Le Groupe reste toutefois engagé dans des procédures judiciaires très risquées et autres contrôles fiscaux (Pologne, France, etc…) qui pourraient avoir de lourdes conséquences sur sa trésorerie.

Lors de sa prise de participation  (en 2010) dans Medi Telecom au Maroc, le Groupe a signé des accords sur sa potentielle montée au capital de cette entreprise en deux étapes en 2014. Si une montée au capital était réalisée (elle est en cours à hauteur de +10% mais non encore finalisée au 12/03/2015)  le Groupe pourrait devoir faire une OPA sur le solde du capital de Medi Telecom, ce qui pourrait représenter plus d’un milliard d’euros d’investissement financier. Medi Telecom réalise environ 5,5 milliards de dirham  de CA et a près de 12 millions de clients mobiles.

 

 

 

9 –  Le marché des Télécommunications en France au 31/12/2014 en France.

 

9-1  Marché du Haut débit <30Mbit/s et très Haut débit >=30Mbit/s.

 

Selon l’ARCEP, au 31/12/2014, il y avait en France 13,3 millions de logements (+2,3 millions en 1 an) éligibles au très haut débit dont 4,1 millions via le FTTH (+1,1 million sur 1 an).

Il y avait 8,7 millions de logements avec terminaison en câble coaxial, dont 5,2 millions éligibles à des offres très Haut débit>=100Mbit/s.

Les abonnements au très Haut débit étaient de 3,1millions (+ 1 million), dont 935 000 via le FTTH (563000 pour Orange au FTTH).

Le nombre global de clients Haut et très Haut débit était de 25,970 millions de clients, à comparer à 24,905 millions de clients au 31/12/2013 et 23,975 au 31/12/2012. Le marché progresse d’environ +1 million de clients par an et pour la première fois en 2014, une baisse des clients haut débit à été constatée, induite par un transfert sur le très haut débit.

La croissance du nombre de clients à la fibre optique de bout en bout s’accélère même si les possibilités d’abonnements offertes par les réseaux FTTH croissent davantage.

 

 

 

9-2  Marché des Mobiles:

 

Les performances des divers opérateurs sont précisées dans les tableaux ci-après:

 

 

Tab 10  Parc clients mobiles (données ARCEP en millions)

 

 

31/12/2011

31/12/2012

31/12/2013

31/12/2014

Parc opérateurs

58,42

62,81

65,92

69,813

Parc MVNO

11,37

7,67

8,07

7,423

Parc total métropole

 

70,48

73,99

77,23

Croissance annuelle %

1

7,5

5

5,9

Parc Résidentiel Metropole

 

 

59,633

61,289

Post payé résidentiel

44,29

49,98

45,36

48,048

Pré payé

19,54

18,23

14,27

13,24

Parc DOM

2,65

2,64

2,74

2,70

Parc total

68,57

73,11

76,74

79,94

 

 

 

 

 

Parc total actif

66,33

70,46

73,907

76,83

Dont SIM internet

3,12

3,37

3,587

3,690

Dont SIM M to M

3,35

4,66

6,89

8,22

Part de marché MVNO %

11,37

10,86

10,9

7,4 (2)

Part de marché FREE % (1)

0

7,37

10,9

13,15

Part de marché Bouygues % (1)

18

15,9

15

14,47

Part de marché SFR % Numéricable (1)

31

29,2

28,8

29,85

Part de marché Orange % (1)

39,8

37,3

36,5

35,14

 

(1) les parts de marché sont calculées par rapport au « parc total actif ».

(2) le rachat d’opérateurs virtuels (Virgin par ex par SFR Numéricable) est la principale cause de la baisse constatée.

Les pertes de part de marché en métropole et de clients des trois principaux opérateurs ont été atténuées par la forte croissance du parc clients résidentiels en métropole de 2012 à 2014.

 

 

 

9.3 Les comptes des 4 opérateurs fixe et mobile sur le marché français.

Tab 11-

2014 FREE BOUYGUES SFR/ NUMERICABLE ORANGE
CA global (Mds€) 4,167 4,4 11,44 19,304
Ca fixe et Ht débit 2,564 0,893   11,028
Ca mobile 1,614 2,976   8,276
Evolution Ca +11% -6% -1% -3,5%
Clients Ht Débit 5868000 2420000 6580000 10354000
Clients mobiles 10105000 11121000 22940000 27087000
Charges personnel 0,2085 0,580   4,765
EBITDA global 1,283 0,694 3,1 6,510
Capex 0,9683 0,762 1,78 2,8
Dettes nettes 1,084 0,765 11,2 26
Effectifs Groupe 7164 8817 11800 71000
Part de marché Ht débit 22,59% 9,31% 25,33% 39,8%

SFR et Numéricable détaillent leur CA par marchés et non par produits. Des résultats surprenants sont constatés si l’on calcule les charges de personnel pour 1 emploi ! Les écarts de ratios CA par emploi  sont tout aussi surprenants…

Dans ces tableaux les montants indiqués sont en Mds€.

 

Tab 11-1

2013 FREE BOUYGUES SFR ORANGE NUMERICABLE
CA global 3,758 4,664 10,199 20,018 1,314
CA fixe et haut débit 2,497 0,820   11,132  
CA mobile 1,261 3,844   8,886  
Evolution CA +19,5% -11% -9,6% -7,6% =
Clients Ht débit 5640000 2013000 5257000 10108000 1709000
Clients mobiles 8040000 11143000 21354000 27000000 186000
Charges de personnel 0,197 0,592   4,868 0,154
EBITDA Global 1,204 0,880 2,766 7,130 0,616
Capex 0,905 0,752 1,610 2,833 0,3198
Dettes nettes 1,023 0,783   28,000 2,573
Effectifs Groupe 6876 9092 9990 74267 2077
Part de marché Ht débit 22,6% 8,08% 21,10% 40,1% 6,86%

Tab 11-2

2012 FREE BOUYGUES SFR ORANGE NUMERICABLE
CA total (Mds€) 3,153 5,226 11,288 21,431 1,302
CA fixe (Mds€) 2,30 0,627 3,96 12,37
CA mobile (Mds€) 0,844 4,59 7,51 10,686
Evolution CA +48,1% -9% -7,3% -5% =
Clients ADSL(millions) 5,364 1,8 5,075 9,88 1650000
EBITDA 0,92 0,90 3,29 7,834 0,619
CAPEX (hors licence) 0,703 0,869 1.67 2,72 0,286
Licence 4G 0,242 0,726 1,06 0,891
Effectifs Gr France 6258 9600 10039 76753 1990

 

Les tableaux ci-dessus démontrent la performance remarquable de FREE qui améliore tous ses résultats commerciaux et financiers tout en investissant près d’un milliard d’euros, soit plus que Bouygues Telecom mais nettement moins que SFR (1,76Mds€) et surtout qu’Orange France (2,8M€). FREE maintient des objectifs ambitieux avec une part de marché français global de 25% dans moins de 5ans, un CA pour 2015 en forte croissance … et une marge d’EBITDA de 40% en 2020!

 

Mais FREE doit investir fortement pour finaliser son réseau 2G et 3G et surtout développer son réseau 4G. Il doit aussi compter avec la baisse agressive par Bouygues du coût de l’abonnement Haut débit autour de 20€ par mois ; ce montant deviendra sans doute très rapidement la norme sur le marché résidentiel français. Bouygues a ainsi conquis près de la moitié des nouveaux clients du marché français du Haut Débit 2014, soit 2 fois plus que FREE et Orange. FREE risque de perdre une bonne part de cash sur ce marché en étant fortement ralenti dans sa conquête de clients….Il pourra compter aussi sur la baisse de ses coûts d’itinérance et sa gestion drastique dans tous les domaines en cohérence avec ses offres low cost. Ses coûts par emploi inférieurs à 30000 € restent surprenants même s’ils sont en partie dus à un taux d’encadrement bas  (13%). Par comparaison, ce taux est de 45% chez Orange! FREE impose sa stratégie en terme de prix et d’innovations.

Bouygues Telecom et FREE ont des soldes de trésorerie négative, ce qui se répercute sur leurs CAPEX nettement inférieurs à ceux de Numéricable/SFR et d’Orange. Bouygues Telecom vient d’annoncer la suppression de 1400 emplois. La fusion Numéricable /SFR génère également une restructuration, mais en principe avec la promesse du maintien des emplois sur une période de 3 ans. Orange devrait supprimer 20000 à 30000 emplois d’ici à 2020…et surtout devrait réfléchir à la rentabilité de ses investissements et de ses coûts très élevés de recherche et développement…

 

10 – Les perspectives pour l’exercice en cours 2015

 

10-1 Un bouleversement du secteur des Télécommunications en France et en Europe.

 

10-1-1 En France

 

La vente de l’opérateur SFR au Groupe Altice propriétaire de Numéricable a été réalisée au 4ème trimestre 2014. La fusion Numéricable/SFR crée un opérateur puissant sur tous les secteurs d’activités avec de fortes capacités d’investissements. Il dispose du réseau très haut débit le plus développé et le plus opérationnel mais doit gérer deux techniques, la fibre de bout en bout et la boucle locale en coaxial.  Ses objectifs sont ambitieux puisque Altice (maison mère) est en train de devenir très rapidement un opérateur international qui, si son offre sur Portugal Telecom se réalise, dépassera dès 2015 le CA d’Orange France.

Le marché français reste toutefois à 4 opérateurs pour l’instant

Quelles que soient les configurations futures on ne voit pas pourquoi le volume global des investissements augmenterait significativement, et même la bataille des prix pourrait être plus forte qu’actuellement car les marchés sont matures.

 

10- 1-2 En Europe

 

Des opérations de concentration ont déjà été réalisées en Allemagne et Espagne notamment, d’autres sont en cours en Angleterre avec la vente en cours d’EE et O2 qui, si elles se réalisent, ramèneront le marché anglais du mobile de 5 à 3 opérateurs. En Espagne, Orange a lancé une OPA sur Jazztel et Telia Sonera veut céder sa filiale mobile Yoigo, En Italie on parle d’opérations possibles autour de Telecom Italia et Wind.

Des freins existent toutefois pour la consolidation du secteur en Europe, le niveau de prix des services très bas  et une régulation trop présente et à plusieurs niveaux…

 

10-2 Les perspectives du Groupe ORANGE en 2015.

 

Le Groupe a prévu de stabiliser un EBITDA retraité entre 11,9 et 12,1 milliards d’euros (il y a un an le Groupe avait annoncé un EBITDA retraité de 12,1/12,6 Milliards d’euros et stabilisé pour le futur sur ces bases) et  le retour du ratio dette nette / EBITDA autour de x2. Il ne prévoit qu’une croissance externe sélective limitée aux pays sur lesquels il est déjà présent. Il a confirmé également pour 2014  un dividende de  0,60€ par action (avec un acompte de 0,20€ déjà payé  en décembre 2014, le solde 0,40 € sera payé le 10 juin prochain) et il prévoit un dividende identique pour 2015 avec « une possible hausse dans le futur ».

En fait, lors de la présentation des résultats 2014 le Groupe a annoncé une  » réunion investisseur » pour le 17 mars prochain au cours de laquelle il devrait présenter un plan stratégique 2015/2020, succédant au plan stratégique 2011/2015 loin d’avoir été réalisé pour 3 raisons essentielles, la crise économique (qui dure encore), l’arrivée en France d’un 4ème opérateur mobiles, la gestion des secteurs France et Entreprises  pour le moins  incohérente avec l’environnement économique…

 

Un point important a enfin été constaté en 2013, un vrai tournant : le Groupe semble avoir pris conscience de sa très faible productivité sur les entités France et Entreprises notamment et a réalisé de premières économies de gestion significatives, poursuivie en 2014. Pour 2015 il a simplement indiqué vouloir poursuivre ses efforts de réduction de coûts.

 Le volume de « main d’oeuvre extérieure » aggrave la sous compétitivité de l’entité France.

Les investissements réalisés sur cette entité, largement supérieurs à ses concurrents, ne permettent pourtant pas le simple maintien des parts de marché, sont ils justifiés et surtout appropriés?.

 Le Groupe étant conduit à vendre des actifs pour maintenir un ratio de dette nette acceptable, sa croissance externe semble paralysée tant qu’il n’aura pas résolu son problème majeur de compétitivité en France.

 

Il a par ailleurs, fait l’objet de très lourdes sanctions de la part des autorités fiscales et de la concurrence qui lui ont coûté plus de 4Mds€ sur les 7 derniers exercices (encore plus de 400 millions d’euros en 2014)…et les affaires en cours risquent d’aggraver ces sommes.

 

11 –  Le cours de l’action

 

Le cours de l’action en 2014 s’est redressé fortement, après un plus haut de 14,93 € et un plus bas de 8,70€ ;  l’action a terminé l’année sur un cours de 14,13€, ce qui a permis une revalorisation de la valeur théorique du Groupe à environ 68 milliards d’euros (dette nette incluse) .

Cette amélioration se poursuivra t- elle en 2015 ? Plusieurs facteurs externes au Groupe poussent à l’optimisme, le redémarrage de la croissance économique en Europe, l’abondance des liquidités due à la politique de la BCE,  le taux des obligations partout à la baisse, voire négatif, tout cela contrarié potentiellement par des problèmes socio politiques (sud de l’Europe) induits par le surendettement des Etats… D’autres facteurs internes au Groupe et notamment au secteur France rendent plus prudents. Parmi ceux ci,  comme on l ‘a noté, la croissance des coûts directs au 4ème trimestre 2014 , une reconfiguration du marché français au calendrier très incertain tout comme ses modalités, avec une possible relance de la « guerre des prix », les coûts d’achat de fréquences mises en vente par l’Etat avant la fin de l’année 2015 pour abonder le budget de la Défense Nationale sans creuser son déficit…

L’annonce des résultats 2014 a cassé la dynamique de hausse du cours, la prochaine réunion investisseurs mais surtout les résultats trimestriels seront bien sûr essentiels pour donner  la tendance.

 

12 Les onze derniers exercices en chiffres

 

Dans le tableau ci-après les chiffres indiqués sont exprimés en milliards d’euros et les ratio en %; ils sont extraits des rapports financiers annuels publiés par l’entreprise. Pour 2010 et après, les chiffres indiqués sont ceux du nouveau périmètre du Groupe (sans la filiale Everything Everywhere EE) ce sont des chiffres comptables et non des chiffres à base comparable et hors éléments exceptionnels.

Tab 12

2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014
Chiffre d’affaires 46,63 46,12 46,15 48,08 51,7 52,95 53,48 50,95 45,5 45,27 43,51 40,98 39,44
MBO 14,91 17,30 17,92 18,41 18,53 19,11 19,39 17,25 14,33 15,129 12,49 12,23 11,11
MBO/CA 31,9% 37,51% 38,82% 38,29% 35,84% 36,1% 36,3% 33,88 31,49 33,4 28,7 29,84 28,16
Résultat d’exploitation 6,80 9,55 9,3 11,28 6,98 10,79 10,27 8,11 7,56 7,94 4,06 5,28 4,57
Résultat financier -4,3 -4,2 -3,62 -3,35 -3,25 -2,65 -2,98 -2,3 -2 -2 -1,72 -1,75 -1,63
Résultat net global du groupe -20,9 3,72 3,21 6,36 4,76 6,81 4,49 3,46 4,87 3,82 1,10 2,13 1,22
Résultat net part des actionnaires de Orange sa -20,73 3,2 3,01 5,7 4,13 6,30 4,06 2,99 4,87 3,82 0,82 1,87 0,92
Capex (investissements) 7,44 5,08 5,13 6,04 6,73 7 6,86 5,65 5,88 5,77 5,81 5,63 5,63
Achat licences 0,134 - 0,004 0,097 0,283 0,085 0,027 0,05 0,51 0,94 0,94 0,48 0,48
Investissements financiers 2,22 0,23 4,93 7,60 0,25 1,11 0,6 1,52 1,06 0,42 1,5 0,061 0,048
Free Cash Flow (3) 0,32 7,58 7,68 7,48 7,1 7,8 8,01 8,35 6,7 6,28 5,7 4,5 4
Dette nette 68,01 44,16 49,82 47,84 42 37,98 35,85 32,9 31,84 32,33 30,5 30,7 26,1
Fonds propres consolidés -9,9 12,06 17,68 28,43 31,63 34,32 31,19 28,74 31,54 29,59 25,7 26,33 31
Cours de clôture de l’action au 31/12 (1) 14,5€ 22,66€ 24,36€ 20,99€ 20,95€ 24,43 19,96€ 17,41 15,59 12,13 8,40 9 14,13
Valeur théorique du groupe au 31/12 (2) 98 96 113 103 96 102 89 80 72 65 53 55 68

 

  1. cours de l’action en euro
  2. valeur théorique approximative en milliards d’euros, elle est égale à la dette nette ajoutée à la capitalisation en bourse. Elle est couramment exprimée en multiple d’EBITDA ou MBO. (x6 fin 2014)
  3. estimé à partir de 2012.

PS: Ce dossier sera repris et complété après publication par le Groupe du document de référence pour  2014. Il pourra être revu sur le site internet de l’AASGO.

Fait le 14/03/2015 par B.Castanier.

 

Les grandes lignes du plan stratégique 2015/2018/2022 présenté le 17 mars 2014 sont les suivantes:Les CAPEX: ils passeront de 14 à 16% du CA sur les 4 exercices 2015 à 2018, soit environ 6,4 Mds€ par an ou 25,6 Mds€ sur 4 ans. Sur cette période 15 Mds€ seront consacrés aux réseaux (fixe et mobile), dont 4,5Mds€ pour le FTTH en France et 5 Mds€ pour la 4G.

 

Sur cette même période les efforts de réduction des coûts sur annoncés à hauteur de 3 Mds€.

 

Sur le secteur France, l’EBITDA pour 2015 /  2018 serait supérieur à celui  réalisé en 2014,  le CA étant stabilisé pour l’exercice 2016. Sur la période est annoncé le départ de 25000 collaborateurs et une embauche de 1900 employés et cadres en 2015 et 2016.

Le développement du FTTH en France est prévu comme suit: Prises au 31/12/2014: 3,6 millions, Prises au 31/12/2018: 12 millions, Prises au 31/12/2022: 20 millions.

 

Sur le secteur Europe, l’EBITDA est annoncé en hausse par rapport à celui de 2014.

 

Sur le secteur AMEA, sur la période, chiffre d’affaires et EBITDA sont annoncés en hausse de 20%.

 

Sur le secteur OBS, le CA serait stabilisé en 2016 et l’EBITDA serait stabilisé en 2017.

 

 

 

 

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