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Les résultats du Groupe Orange au 1er semestre 2015

Par Bernard Castanier

 

Les responsables du Groupe Orange ont annoncé avec satisfaction, le 28 juillet dernier, les résultats du groupe pour le 1er semestre 2015  » marqués par un retour à la croissance de notre chiffre d’affaires hors régulation au 2 éme trimestre 2015 pour la première fois depuis 2011″, mettant en avant les « performances commerciales combinées à l’allègement continu de notre structure de coûts ».

Ces résultats ont donc été accueillis par les marchés sans enthousiasme particulier mais positivement. Compte tenu du contexte économique européen et français en particulier, des risques socio – politiques de certains marchés d’Afrique et du Moyen Orient, les résultats publiés qui devront être confirmés pour l’ensemble de l’exercice, sont sous l’aspect commercial prometteurs.

 

1) Le chiffre d’affaires

Le tableau ci-après traduit l’évolution du chiffre d’affaires du groupe au cours des années complètes, 2013 et 2014 et des premiers semestres 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013 , 2014 et 2015.

Il s’agit de données dites « publiées ou historiques » et non de données dites en « base comparable » qui intègrent les évènements exceptionnels de gestion, de périmètre ou autre.

Les données du tableau sont en millions d’euros

Année 2013 Année 2014 1 sem 2008 1 sem 2009 1 sem 2010 1 sem 2011 1 sem 2012 1 sem 2013 1 sem 2014 1 sem 2015
CA historique 40981 39445 26 304(23295) 25 458(22917) 22144 22 569 21843 20603 19592 19557
CA France 20018 19304 11840 11 694 11 590 11 305 10826 10084 9614 9485
CA Roy .Uni 3 009 2 541  
CA Espagne 4052 3876 2 017 1 921 1 867 1 943 1988 2021 1920 1847
CA Pologne 3079 2918 2 594 1 900 1 963 1 902 1694 1572 1456 1436
CA Reste du monde 7792 7374 3 927 4 112 3 663 4 281 4144 3877 3661  
CA Belgique 0,607
CA Autres pays Europe 0,805
CA Afrique et Moy. Orient 2283
CA Entreprises 6513 6299 3 635 3 836 3 576 3 548 3489 3297 3139 3171
CA Opér et services partagés. 1702 1814 612 688 780 774 817 830 864 956

(Les données entre parenthèses pour les CA des 1er semestres 2008 et 2009 sont les CA hors Royaume Uni, les chiffres d’affaires annuels par pays sont globaux et non strictement externes)

Le Groupe Orange a modifié sa présentation pour le 1er semestre 2015 en détaillant l’entité « reste du monde  » en  » Belgique et Lux »,  » Autres pays d’Europe » et  » Afrique et Moyen Orient ».

Ce tableau permet à nouveau de constater l’effet continu de la crise économique mondiale qui a un impact significatif dés le second semestre 2008 et surtout en 2009. On rappellera que la baisse des chiffres d’affaires enregistrée est la conséquence directe de la chute de la croissance économique et de la valeur du change (cas du Royaume Uni , de la Pologne, de la Roumanie notamment) , l’euro restant encore aujourd’hui une monnaie forte; elle est aussi la conséquence de mesures fiscales et de régulations qui se surajoutent à contre temps, mais sont dus aux besoins budgétaires des Etats, ainsi que de la politique déflationniste des autorités de régulation en Europe et en France en particulier, politiques qui trouvent leur justification par la volonté de maintenir un pouvoir d’achat des consommateurs au moins stable par une baisse des prix, notamment sur les services perçus comme très rémunérateurs pour les investisseurs . Il s’agit aussi selon l’ancien Commissaire européen chargé de la concurrence « d’aider les entreprises » en baissant leurs charges de communications!

On rappellera qu’à partir de 2010 la filiale anglaise n’est plus consolidée dans les résultats du groupe tels qu’indiqués ici. Les cessions d’actifs, notamment la filiale suisse en 2011 et la filiale Dominicaine en 2013, entrainent un effet négatif sur le CA semestriel de près de 800 millions d’euros.

Après prise en compte des effets des mesures de régulation et des changements de périmètre, le Groupe a annoncé une évolution légèrement négative (-0,6%) du chiffre d’affaires du 1er semestre 2015 par rapport au CA du 1er semestre 2014. Cela représente une nette amélioration. Il y a un an, le CA du 1er semestre 2014 était en baisse de – 3,6% comparé au 1er semestre 2013 (-2,6% hors mesures de régulation). Cette amélioration est due intégralement aux résultats du second trimestre 2015, en croissance de + 0,4%.

La situation (cf. tableau) reste difficile. Seules les filiales africaines et moyen-orientales restent en croissance. Mais en Europe la situation semble se stabiliser à un point bas pour peut être retrouver une croissance (sans doute faible) avec la restructuration du marché ici ou là et une moindre « guerre des prix » due aux besoins de trésorerie des opérateurs pour faire face aux investissements Haut débit , FTTH, VDSL, et 4G.

En France le chiffre d’affaires du 1er semestre 2015 chute encore de plus de 100 millions d’euros par rapport au 1er semestre 2014. Depuis 2008 le CA semestriel a chuté en France de 2,355 milliards d’euros. Sur ce semestre le CA mobile est en recul de 3,8% mais le fixe résiste mieux avec une baisse limitée à -1,5%. Le CA annuel de l’entité France pour 2015 devrait se situer un peu au dessous de 19 Mds d’euros; il était de 23,7 Mds€ en 2008, soit une chute de près de 5 Mds€ en 7 ans.

Le tableau ci après indique l’évolution du nombre de clients du Groupe (données en millions de clients):

 

31/12/2010 31/12/2011 31/12/2012 31/12/2013 30/06/2014 31/12/2014 30/06/2015
Clients mobiles 123,1 167,4 172,4 178,5 178,7 185,32 189,8
Clients résidentiels 45,4 44,3 43,2 42,2 41,8 (1) 42 42,1
Clients Internet 13,6 14,7 14,9 15,6 15,7 16,01 16,2
Total 182 226,3 231 236,3 236,17 244,16 248,25

(1) chiffres estimés

Ce tableau reflète une reprise nettement positive du nombre global de clients du Groupe au 1er semestre 2015 mais on est loin des 300 millions de clients qui constituaient l’objectif fin 2015 annoncé il y a 5 ans… et qui n’est plus d’actualité.

 

Le nombre de clients des services mobiles évolue par entité comme indiqué ci-après (données en millions de clients):

31/12/2010 31/12/2011 31/12/2012 31/12/2013 31/06/2014 31/12/2014 30/06/2015
France 26,92 27,09 27,2 27 26,956 27,08 27,50
Roy.Uni 27,21 26,83 26,2 25,5 24,53   24,24
Espagne 11,94 12,47 11,8 12,4 12,42 12,61 12,85
Pologne 14,33 14,65 14,9 15,4 15,46 15,62 15,58
Reste du monde 83,62 99,74 105,4 111,3 111,59    
Belgique 3,96   3,95
Europe autres pays 47,69   48,236
Afrique et M oy.Or. 91,777   101,95

 

 

Il est intéressant de voir l’évolution du marché français fixe et mobile selon le tableau de bord de l’ARCEP :

1.1 Les chiffres de l’ARCEP pour le parc mobiles au 30/06/2015: (en millions)

Juin 2013 Décembre 2013 Juin 2014 Dec 2014 Juin 2015
Parc total (1) 64,279 65,970 66,916 71,67 71,11
Dont parc forfait 53,026 55,748 57,564 57,15 57,93
Croissance annuelle 7% 5% 4,1% 5,9%
Parc total Métropole 67,98 68,98 68,44
Parc MVNO 7,865 8,117 8,789 7,42 7,22
Croissance annuelle 1,8% 5,8% 11,8%
Part de marché MVNO 10,9% 11% 11,6% 10,6% 10,6%
carte SIM internet 3,524 3,587 3,676 3,69 3,48
Parc M to M 6,072 6,871 7,585 8,22 9,17

(1) parc total cartes SIM (hors M to M)

Le marché résidentiel mobiles en Métropole au 30/06/2014: (en millions)

Juin 2013 Décembre 2013 Juin 2014 Dec 2014 Juin 2015
Parc opérateurs 50,921 51,795 52,056 54,22 53,65
Croissance annuelle (1) 4,1% 1,9% 2,2% 4% 3,1%
Parc MVNO 7,682 7,872 8,432 7,04 6,96
Croissance (annuelle (1) 0,4% 3,7% 9,8% -14,6% -16,6%
Part de marché MVNO 13,1% 13,2% 13,9%

(1) Les évolutions indiquées pour 2014 et le 1er sem. 2015 ne sont pas significatives (fusion SFR-Numericable et rachat de Virgin.)

Le marché des mobiles pour les DOM:

Juin 2013 Décembre 3013 Juin 2014 Dec 2014 Juin 2015
Parc total 2,666 2,747 2,732 2,684 2,675
Croissance annuelle -0,3% 3,7% -0,015% -1,6% -0,4% (1)

(1)la baisse se poursuit sur le 1er semestre 2015.

Le parc mobiles (cartes SIM) par opérateur au 30/06/2014: (en millions, source opérateurs)

Orange Bouygues Numéricable/SFR FREE MVNO
Juin 2014 26,95 11,024 21,379 (1) 9,095 8,789
Juin 2015 27,5 11,43 21,89 10,92 7,22

(1) SFR seul.

La fusion Numéricable SFR puis le rachat de Virgin rend l’évolution des MVNO non significative. A base comparable l’entité Numéricable /SFR/Virgin disposait de 23,09 millions de clients au 30/06/2014.

Ce nouvel opérateur a perdu 1,2 millions de clients à ses services mobiles. Il signale toutefois qu’au mois de Juin 2015 il a non seulement stabilisé ses pertes de clients mais a constaté une croissance significative.

Les trois autres opérateurs ont non seulement capté la croissance du marché mais aussi les clients perdus par Numéricable/SFR. Toutefois on relativisera cela pour Orange qui avait un nombre de clients à ses services mobiles de 26,92 millions au 31/12/2010. (L’effet FREE n’explique pas tout!).

1.2 Les données ARCEP pour le Haut débit et très haut débit >30Mbits/s:

Ces données couvrent la Métropole et les DOM pour les réseaux fixes, elles prennent en compte « la clientèle Grand Public et entreprises ». (chiffres en millions)

Juin 2013 Décembre 2013 Juin 2014 Dec 2014 Juin 2015
Abonnements Ht débit 22,623 22,870 23,055 22,85 22,42
Abonnements très ht débit >30Mbits/s 1,777 2,066 2,345 3,11 3,84
Dont abonnement fibre opt. bout en bout 0,426 0,558 0,715 0,933 1,14
Total des abts Haut et très Haut débit 24,400 24,936 25,400 25,96 26,26

On peut noter un basculement significatif de l’ADSL vers le très haut débit depuis le 1er semestre 2014. Ce basculement devrait s’amplifier.

Croissance globale du parc clients Haut et très Haut débit sur les réseaux fixes: chiffres en millions:

2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015(1)
2 1,7 1,5 1,3 1,1 1 1,02 0,3

(1) sur 6 mois.

Le parc Haut et très Haut débit des opérateurs au 30/06/2014: (en millions, source opérateurs)

Orange Bouygues Numéricable/SFR FREE Autres
Juin 2014 10,174 2,215 5,249 5,735 2,1 (1)
Juin 2015 10,497 2,6 6,40(2) 5,991 0,7
Clients FTTH Juin 2015 0,700 0,023 1,66

(1) il s’agissait essentiellement de Numéricable.

(2) il s’agit du nouvel opérateur qui à base comparable avait 6,624 clients internet haut débit au 30/06/2014.Il affiche donc une perte de 200 000 clients Ht débit.

 

On peut noter sur un an la bonne performance de Bouygues Telecom devant Orange et loin devant FREE. Les tarifs très compétitifs de Bouygues Telecom et la qualité de service offerte expliquent ce succès. Mais les conquêtes de clients aux services Haut et très Haut débit sont de plus en plus difficiles car la croissance annuelle du marché est nettement inférieure au million de clients. (806 000 clients sur les 12 derniers mois).

1.3 Le secteur Entreprises:

Le secteur Entreprises affiche une baisse récurrente du chiffre d’affaires mais la réduit notamment au second trimestre 2015. Au total sur le semestre le CA de cette entité est en baisse de 1,9%. Le CA du secteur Entreprises est en baisse permanente depuis plus de 10 ans. La partie française de cette entité fait par ailleurs porter un risque contentieux, généré depuis 2003 par certaines de ses pratiques commerciales , qui pourrait coûter plusieurs centaines de millions d’euros en amendes et dédommagement de concurrents. Le Groupe a doublé sa provision pour risques à 833 millions d’euros …

 

2) L’évolution de la marge d’EBITDA au 1er semestre 2015

Pour le 1er semestre 2015 la marge d’EBITDA publiée est de 5,309 milliards d’euros soit 27,14 % par rapport au CA. Cette marge est très faible (la plus faible réalisée par des opérateurs historiques européens) avec une perte de 4 points en deux ans et demi (31% au 1er semestre 2013). Ce résultat s’explique notamment par une hausse des coûts directs non compensée par la baisse des coûts indirects. Il est affecté par une « charge nette sur divers litiges en cours » de 413 millions d’euros (cf. 1.3) , une baisse d’environ 100 millions d’euros des charges globales de personnels (diminution d’effectifs d’environ 6000), charges qui augmentent sur l’entité France avec un coût supplémentaire pour « temps partiel sénior (- 111M€ ) et le coût de Cap Orange (-72M€) , une charge de restructuration de 34 millions d’euros…Et il inclut le résultat de cession de DailyMotion (+169M€).

On rappellera qu’au 1er semestre 2014 une charge de 300 millions d’euros était due aussi au règlement de litiges principalement avec Bouygue Telecom…

La répartition des performances des entités sont précisées dans le tableau ci-après:

1er semestre 2015 (en millionsd’euros)

France Espagne Pologne Belgique Europe autres pays Afrique et Moy. Orient Entreprises
Chiffre d’affaires 9 485 1 847 1 436 607 805 2 283 3 171
EBITDA retraité 3 315 420 463 142 286 777 461
% EBITDA/CA 34,9 22,7 32,24 23,4 35,5 34,03 14,53

 

 

On peut aisément déduire de ce tableau l’atypisme du secteur Entreprises dont les achats externes, incluant la sous -traitance, sont très élevés alors que les charges de personnels restent également à un très haut niveau.

 

3) Les autres soldes intermédiaires de gestion

3-1 Le résultat d’exploitation (RE):

Le résultat d’exploitation (2,26 Mds€) est en baisse de 9,1% par rapport au 1er semestre 2014 qui affichait déjà un RE de 2,64 Mds€, en baisse de 16% sur le 1er semestre 2013…

Conséquence directe de la baisse de l’EBITDA, ce résultat traduit la perte de compétitivité du Groupe et sa capacité moindre à générer de la trésorerie pour croître et se désendetter.

3-2) Le résultat financier:

Il dépend essentiellement du coût de l’endettement. Il est donc relativement stable à -839 millions d’euros environ. Ceci traduit l’excellente maîtrise du coût de la dette qui reste toutefois assez élevé à 4,78%.

3-3) Le résultat net :

Le résultat net correspond au résultat d’exploitation diminué (ou augmenté) du résultat financier et de l’impôt sur les sociétés. Le résultat net du 1er semestre 2015 est de 1,273 milliards d’euros en nette hausse par rapport à celui du 1er semestre 2014 (0,891 milliard d’euros) Cette hausse est due au dividende de 364 M€ reçu de la filiale britannique en cours de cession. On rappellera que le résultat net semestriel dépassait 2 Mds€ en 2012.

 

4) L’activité du Groupe au 1er semestre 2015

4-1) Les Investissements

Au 1er semestre 2015 le groupe a investi 2,672 milliards d’euros, soit 13,7% du CA. On note une augmentation assez significative par rapport aux 1ers semestres 2014, 2013 et 2012 (2,5Mds€).Les investissements dans la fibre en Europe et en France sont en forte croissance (+74%).

L’achat de licence a représenté un montant de 234 M€.

Les investissements financiers du 1er semestre sont dus au rachat le 22/2/2015, du solde du capital ECMS (EGYPTE) non détenu par ORANGE, pour 210 millions d’euros. Le bouclage de l’offre d’achat de JAZZTEL le 24/06/2015 a donné lieu à un décaissement de 3,179 Mds€ (déjà financés par emprunts hybrides) et l’offre de retrait obligatoire en cours devrait donner lieu à un décaissement supplémentaire de 0,176Mds€. Enfin l’achat de 9% du capital de Meditel au Maroc a été finalisé cet été.

4-2) Le cash flow

Le cash flow opérationnel (EBITDA- CAPEX) est de 2,637 Mds€, en chute par rapport aux 1ers semestres 2014 (3,14Mds€) et 2013 (3,96Mds€). Ceci est la conséquence de la baisse de l’EBITDA et de la hausse des CAPEX. Il y a trois ans l’objectif de cash flow organique était de 8 Mds€! Sur l’exercice en cours, il devrait être autour de 6 Mds€…

Le Groupe prévoit un dividende de 0,60 € par action pour l’exercice en cours, avec un acompte de 0,20 € payé le 9 décembre prochain.

4-3) La dette

La dette nette au 30/06/2015 est de 26,4 Mds€, en légère augmentation par rapport au 31/12/2014. Elle est en baisse de 4,1 Mds€ d’euros par rapport au 31/12/2013. La baisse de la dette s’explique aux 3/4 par la levée « d’emprunts hybrides » à hauteur de 2,7Mds€ en 2014 assimilés à des fonds propres et par la vente de l’actif dominicain pour 0,8Mds € net. Ces emprunts représentent un coût important pour le Groupe puisqu’ils sont rémunérés à un taux supérieur à 5% l’an. La maturité de la dette est supérieure à 9 ans.

 

5) Un point sur le marché français des Télécommunications

2014 a vu une certaine consolidation du marché français des Télécommunications avec le rachat de SFR puis de Virgin par Numéricable pour constituer le deuxième opérateur français.

Le tableau ci-après représente les résultats respectifs pour le 1er semestre 2015 des 4 opérateurs.

Chiffres en millions d’euros et de clients.

Bouygues FREE Numéricable/Sfr Orange France
CA Global 2156 2159 5522 9485
CA Fixe et HT débit 477 1285 (1) 5441
CA Mobiles 1679 880 (1) 4044
EBITDA 323 725 1985 3197
Marge EBITDA 15% 33,6% 35,94 33,7%
Clients mobiles 11,43 10,925 21,89 27,5
Clients Ht Débit 2,6 5,991 6,4 10,49
Effectifs 8817 7795 16500 67648
CAPEX 384 613 809 1400

(1) résultats publiés par marché et non par produit.

Les 4 opérateurs ont affiché un CA au 2ème trimestre 2015 en croissance ou pratiquement stabilisé.

Tous à l’exception notable d’Orange ont augmenté leur marge d’EBITDA.

Bouygues Telecom apparait fragilisé par ses marges opérationnelles très faibles qui le conduisent à limiter ses investissements ; il génère des pertes et une trésorerie négative, conséquence de ses offres très compétitives sur le haut débit mais maintient des objectifs commerciaux ambitieux avec la conquête de 1 million de clients sur chacun des marchés fixe et mobile d’ici à 2020.

FREE poursuit sa croissance dans le mobile, marché sur lequel il perd de l’argent, et dans des proportions bien plus faibles qu’en 2014, sur le fixe Haut Débit, marché sur lequel il génère des marges très confortables. Les coûts de personnel de FREE (110 millions d’euros sur le semestre) sont extrêmement bas. FREE, qui est maintenant le 3ème opérateur français, vise 25% des marchés fixe et mobile à long terme. Il doit toutefois faire face à de lourds investissements sur son réseau mobile pour améliorer la qualité fournie et à la sortie du contrat d’itinérance avec Orange en cours de discussions avec l’ARCEP. Par ailleurs sur le fixe, il capte moins d’un tiers des nouveaux clients haut débit et n’est guère présent sur la fibre.

Numéricable/SFR souffre de la restructuration en cours au sein de la nouvelle entité, ses résultats commerciaux et la qualité de ses réseaux sont médiocres, mais sa rentabilité a été rétablie en quelques mois, ce qui lui permet de maintenir un fort niveau d’investissement et de préparer la diminution de son endettement net de plus de 12Mds€ -soit 3 fois l’EBITDA annuel- tout en rassurant les investisseurs. Ce nouvel opérateur a l’ambition de devenir le numéro 1 français grâce à son avance dans le très haut débit et à son implantation déjà conséquente sur le marché entreprises.

Le CA et l’EBITDA d’Orange sont ceux de l’entité France et ne peuvent être comparés avec les chiffres globaux des 3 autres opérateurs. Pour Orange il faudrait ajouter une part des CA et EBITDA de l’entité Entreprises, ce qui conduirait à une marge d’EBITDA bien plus faible que celle affichée (sans doute inférieure à 30%)…

 

6) Perspectives 2015

Les résultats commerciaux du Groupe Orange pour le 1er semestre 2015 sont prometteurs avec un arrêt de la baisse des CA de la plupart de ses entités européennes au cours du 2ème trimestre 2015, bien que la croissance économique dans la zone euro ait ralenti sinon stoppé au cours de cette période.

Mais il est difficile de prévoir des « lendemains qui chantent » si l’on tient compte de l’environnement géopolitique mondial ou seulement de l’environnement socio-économique français, des dettes de l’Etat et des Collectivités territoriales qui ne cessent de s’alourdir avec leur cortège d’expédients faciles de taxes et impôts nouveaux ou augmentés. La vente de licences complémentaires en France entre dans ce cadre et devrait générer 3Mds € de dépenses pour les 4 opérateurs en fin d’année qui auront la disponibilité de ces fréquences au mieux dans 3 ans !

Le Groupe n’a pas maintenu ses efforts de baisse des coûts commencés en 2013. Sans doute son organisation de l’entité France ne le permet-elle pas. Il dégrade donc ses marges opérationnelles, sa capacité de désendettement et de croissance externe. Ses investissements conséquents ne génèrent toujours pas de valeur.

Il s’est exposé à de très lourdes sanctions pour ses pratiques commerciales sur certains secteurs d’activités en France et à l’International, qui pourraient atteindre des centaines de millions d’euros.

Il fait face partout à une concurrence très forte et d’autant plus forte (Europe) que les marchés ne sont plus en croissance. En France il devra faire face dès les prochains mois au nouvel opérateur Numéricable /SFR qui termine sa nouvelle organisation et qui a annoncé ses ambitions.

Le second semestre 2015 reste sur le plan macro-économique incertain .Pour Orange, il annoncera un changement important : celui de la consolidation des nouvelles filiales Meditel et Jazztel qui devraient augmenter le CA d’environ 1,5Mds € annuels et l’EBITDA de 0,4Mds €. Peut être aussi le CA en France et en Europe affichera t-il une légère progression si la dynamique commerciale est maintenue. Il devrait en fin d’année bénéficier de la vente de la filiale anglaise EE (4,6 Mds € de cash potentiel) si les autorités de la concurrence autorisent la cession…mais devra payer les licences complémentaires d’utilisation de fréquence 4G en France -sans doute entre 0,6 et 1 Mds€.

Le Groupe Orange a confirmé ses objectifs 2015 de marge d’EBITDA retraité 11,9/12,1 Mds€ hors nouvelles filiales, et une dette nette d’environ EBITDAx2 à moyen terme. Elle est de EBITDA x2,5 au 30/06/2015.

Le Groupe poursuit sa politique de croissance externe mesurée en discutant avec l’opérateur indien Bharti d’un rachat de ses filiales d’AIRTEL en Afrique, qui représentent un CA d’environ 600 millions d’euros et 9 millions de clients.

En Europe la consolidation du marché des Télécommunications dans divers pays poursuit son cours, mais la Commission européenne vient de refuser cette consolidation au Danemark au prétexte qu’il faut 4 opérateurs mobiles par pays! Cette seule décision a conduit en 24 heures à la perte de plus d’une dizaine de milliards d’euros de valeur de capitalisation des opérateurs!

Les gouvernements (français notamment) ne se montrent guère favorables à de telles restructurations car les opérateurs paient très cher les licences d’utilisation des fréquences et leur trésorerie abondante (pour l’instant) incite les Etats à y puiser en alourdissant taxes et impôts.

Le cours de l’action qui a commencé l’année sur une bonne dynamique a reflué après l’annonce des résultats de l’exercice 2014. Depuis il évolue autour de son niveau du 31/12/2014 et la plupart des analystes le situe entre 13 et 16 euros pour une valeur théorique[1] du Groupe Orange d’environ 65 Mds €, soit 5,5 à 6 fois l’EBITDA. L’environnement d’ensemble « juridico-socio- économique » du Groupe Orange ne conduit pas à un optimisme démesuré sur le cours de l’action.

 

[1] Capitalisation boursière + dette

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