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Orange Ambition 2016 : l’AASGO analyse l’offre et ses formules

Pour l’analyse en PDF : OrangeAmbition2016 CARACTERISTIQUES GENERALES DE l’ORP L’offre réservée au personnel d’Orange (ORP) CAP/Orange 2014 portera sur 11,5 millions[1] d’actions nouvelles Elle est accessible aux salariés en France et au total dans 29 pays, ainsi qu’aux retraités ayant conservé leur plan d’épargne d’entreprise. Ils pourront souscrire du 9…

Les chiffres-clés d’Orange en 2015

L’érosion des résultats est stoppée et une dynamique de redressement a commencé à se traduire dans les chiffres au 2ème semestre 2015.

Chiffre d’affaires : 40,236 milliards € (-0,1% par rapport à 2014, mais progression au 2ème semestre)

EBITDA : 12,426 milliards d’euros (+0,1%)

Taux de marge brute : 30,9%

Investissements : 6,486 milliards d’euros  (+9,3% à base comparable, avec un accroissement de 55% dans la fibre optique et une progression importante dans les réseaux mobiles 4G)

Résultat net : 2,958 milliards d’euros (+1,733 milliards d’euros par rapport à 2014)

Résultat net part du Groupe : 2,652 milliards d’euros (0,915 milliard d’euros en 2014)

Dette nette : 26,552 milliards d’euros (+0,462 milliard d’euros par rapport à 2014, suite à l’acquisition de Jazztel en Espagne et à la consolidation de la filiale marocaine Medi Telecom)

Ratio dette nette/EBITDA : 2,01

Parmi les résultats commerciaux, on notera 18 millions de clients mobiles 4G en Europe (x2,3 par rapport à 2014, avec une très forte progression en Espagne) et 1,882 millions de clients fibre optique (x2,7 par rapport à 2014).

Dividende proposé : 0,60€ par action, ce qui compte tenu de l’acompte déjà versé de 0,20 € se traduira par un solde de 0,40€ versé le 23 juin 2016.

Objectifs 2016 

Le groupe prévoit un EBITDA retraité supérieur à celui de 2015 à base comparable. Le ratio dette nette/EBITDA devrait rester aux alentours de 2 afin de conserver une situation financière stable.

Cela implique une politique d’acquisitions sélectives se concentrant sur les marchés sur lesquels le Groupe est déjà présent.

Le groupe prévoit de verser en décembre 2016 un acompte sur dividende inchangé de 0,20 € par action.

Concernant un possible rapprochement avec Bouygues Télécom, le Groupe précise que les discussions se poursuivent avec Bouygues. Il indique que « Orange n’agira que dans le seul intérêt de ses actionnaires, de ses salariés et de ses clients et sera particulièrement attentif à la création de valeur d’un tel projet ».

 

Comme chaque année, l’AASGO mettra prochainement à disposition de ses adhérents sur son site une analyse détaillée des résultats 2015 d’Orange.

 

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Les résultats du Groupe Orange au 1er semestre 2015

Par Bernard Castanier

 

Les responsables du Groupe Orange ont annoncé avec satisfaction, le 28 juillet dernier, les résultats du groupe pour le 1er semestre 2015  » marqués par un retour à la croissance de notre chiffre d’affaires hors régulation au 2 éme trimestre 2015 pour la première fois depuis 2011″, mettant en avant les « performances commerciales combinées à l’allègement continu de notre structure de coûts ».

Ces résultats ont donc été accueillis par les marchés sans enthousiasme particulier mais positivement. Compte tenu du contexte économique européen et français en particulier, des risques socio – politiques de certains marchés d’Afrique et du Moyen Orient, les résultats publiés qui devront être confirmés pour l’ensemble de l’exercice, sont sous l’aspect commercial prometteurs.

 

1) Le chiffre d’affaires

Le tableau ci-après traduit l’évolution du chiffre d’affaires du groupe au cours des années complètes, 2013 et 2014 et des premiers semestres 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013 , 2014 et 2015.

Il s’agit de données dites « publiées ou historiques » et non de données dites en « base comparable » qui intègrent les évènements exceptionnels de gestion, de périmètre ou autre.

Les données du tableau sont en millions d’euros

Année 2013 Année 2014 1 sem 2008 1 sem 2009 1 sem 2010 1 sem 2011 1 sem 2012 1 sem 2013 1 sem 2014 1 sem 2015
CA historique 40981 39445 26 304(23295) 25 458(22917) 22144 22 569 21843 20603 19592 19557
CA France 20018 19304 11840 11 694 11 590 11 305 10826 10084 9614 9485
CA Roy .Uni 3 009 2 541  
CA Espagne 4052 3876 2 017 1 921 1 867 1 943 1988 2021 1920 1847
CA Pologne 3079 2918 2 594 1 900 1 963 1 902 1694 1572 1456 1436
CA Reste du monde 7792 7374 3 927 4 112 3 663 4 281 4144 3877 3661  
CA Belgique 0,607
CA Autres pays Europe 0,805
CA Afrique et Moy. Orient 2283
CA Entreprises 6513 6299 3 635 3 836 3 576 3 548 3489 3297 3139 3171
CA Opér et services partagés. 1702 1814 612 688 780 774 817 830 864 956

(Les données entre parenthèses pour les CA des 1er semestres 2008 et 2009 sont les CA hors Royaume Uni, les chiffres d’affaires annuels par pays sont globaux et non strictement externes)

Le Groupe Orange a modifié sa présentation pour le 1er semestre 2015 en détaillant l’entité « reste du monde  » en  » Belgique et Lux »,  » Autres pays d’Europe » et  » Afrique et Moyen Orient ».

Ce tableau permet à nouveau de constater l’effet continu de la crise économique mondiale qui a un impact significatif dés le second semestre 2008 et surtout en 2009. On rappellera que la baisse des chiffres d’affaires enregistrée est la conséquence directe de la chute de la croissance économique et de la valeur du change (cas du Royaume Uni , de la Pologne, de la Roumanie notamment) , l’euro restant encore aujourd’hui une monnaie forte; elle est aussi la conséquence de mesures fiscales et de régulations qui se surajoutent à contre temps, mais sont dus aux besoins budgétaires des Etats, ainsi que de la politique déflationniste des autorités de régulation en Europe et en France en particulier, politiques qui trouvent leur justification par la volonté de maintenir un pouvoir d’achat des consommateurs au moins stable par une baisse des prix, notamment sur les services perçus comme très rémunérateurs pour les investisseurs . Il s’agit aussi selon l’ancien Commissaire européen chargé de la concurrence « d’aider les entreprises » en baissant leurs charges de communications!

On rappellera qu’à partir de 2010 la filiale anglaise n’est plus consolidée dans les résultats du groupe tels qu’indiqués ici. Les cessions d’actifs, notamment la filiale suisse en 2011 et la filiale Dominicaine en 2013, entrainent un effet négatif sur le CA semestriel de près de 800 millions d’euros.

Après prise en compte des effets des mesures de régulation et des changements de périmètre, le Groupe a annoncé une évolution légèrement négative (-0,6%) du chiffre d’affaires du 1er semestre 2015 par rapport au CA du 1er semestre 2014. Cela représente une nette amélioration. Il y a un an, le CA du 1er semestre 2014 était en baisse de – 3,6% comparé au 1er semestre 2013 (-2,6% hors mesures de régulation). Cette amélioration est due intégralement aux résultats du second trimestre 2015, en croissance de + 0,4%.

La situation (cf. tableau) reste difficile. Seules les filiales africaines et moyen-orientales restent en croissance. Mais en Europe la situation semble se stabiliser à un point bas pour peut être retrouver une croissance (sans doute faible) avec la restructuration du marché ici ou là et une moindre « guerre des prix » due aux besoins de trésorerie des opérateurs pour faire face aux investissements Haut débit , FTTH, VDSL, et 4G.

En France le chiffre d’affaires du 1er semestre 2015 chute encore de plus de 100 millions d’euros par rapport au 1er semestre 2014. Depuis 2008 le CA semestriel a chuté en France de 2,355 milliards d’euros. Sur ce semestre le CA mobile est en recul de 3,8% mais le fixe résiste mieux avec une baisse limitée à -1,5%. Le CA annuel de l’entité France pour 2015 devrait se situer un peu au dessous de 19 Mds d’euros; il était de 23,7 Mds€ en 2008, soit une chute de près de 5 Mds€ en 7 ans.

Le tableau ci après indique l’évolution du nombre de clients du Groupe (données en millions de clients):

 

31/12/2010 31/12/2011 31/12/2012 31/12/2013 30/06/2014 31/12/2014 30/06/2015
Clients mobiles 123,1 167,4 172,4 178,5 178,7 185,32 189,8
Clients résidentiels 45,4 44,3 43,2 42,2 41,8 (1) 42 42,1
Clients Internet 13,6 14,7 14,9 15,6 15,7 16,01 16,2
Total 182 226,3 231 236,3 236,17 244,16 248,25

(1) chiffres estimés

Ce tableau reflète une reprise nettement positive du nombre global de clients du Groupe au 1er semestre 2015 mais on est loin des 300 millions de clients qui constituaient l’objectif fin 2015 annoncé il y a 5 ans… et qui n’est plus d’actualité.

 

Le nombre de clients des services mobiles évolue par entité comme indiqué ci-après (données en millions de clients):

31/12/2010 31/12/2011 31/12/2012 31/12/2013 31/06/2014 31/12/2014 30/06/2015
France 26,92 27,09 27,2 27 26,956 27,08 27,50
Roy.Uni 27,21 26,83 26,2 25,5 24,53   24,24
Espagne 11,94 12,47 11,8 12,4 12,42 12,61 12,85
Pologne 14,33 14,65 14,9 15,4 15,46 15,62 15,58
Reste du monde 83,62 99,74 105,4 111,3 111,59    
Belgique 3,96   3,95
Europe autres pays 47,69   48,236
Afrique et M oy.Or. 91,777   101,95

 

 

Il est intéressant de voir l’évolution du marché français fixe et mobile selon le tableau de bord de l’ARCEP :

1.1 Les chiffres de l’ARCEP pour le parc mobiles au 30/06/2015: (en millions)

Juin 2013 Décembre 2013 Juin 2014 Dec 2014 Juin 2015
Parc total (1) 64,279 65,970 66,916 71,67 71,11
Dont parc forfait 53,026 55,748 57,564 57,15 57,93
Croissance annuelle 7% 5% 4,1% 5,9%
Parc total Métropole 67,98 68,98 68,44
Parc MVNO 7,865 8,117 8,789 7,42 7,22
Croissance annuelle 1,8% 5,8% 11,8%
Part de marché MVNO 10,9% 11% 11,6% 10,6% 10,6%
carte SIM internet 3,524 3,587 3,676 3,69 3,48
Parc M to M 6,072 6,871 7,585 8,22 9,17

(1) parc total cartes SIM (hors M to M)

Le marché résidentiel mobiles en Métropole au 30/06/2014: (en millions)

Juin 2013 Décembre 2013 Juin 2014 Dec 2014 Juin 2015
Parc opérateurs 50,921 51,795 52,056 54,22 53,65
Croissance annuelle (1) 4,1% 1,9% 2,2% 4% 3,1%
Parc MVNO 7,682 7,872 8,432 7,04 6,96
Croissance (annuelle (1) 0,4% 3,7% 9,8% -14,6% -16,6%
Part de marché MVNO 13,1% 13,2% 13,9%

(1) Les évolutions indiquées pour 2014 et le 1er sem. 2015 ne sont pas significatives (fusion SFR-Numericable et rachat de Virgin.)

Le marché des mobiles pour les DOM:

Juin 2013 Décembre 3013 Juin 2014 Dec 2014 Juin 2015
Parc total 2,666 2,747 2,732 2,684 2,675
Croissance annuelle -0,3% 3,7% -0,015% -1,6% -0,4% (1)

(1)la baisse se poursuit sur le 1er semestre 2015.

Le parc mobiles (cartes SIM) par opérateur au 30/06/2014: (en millions, source opérateurs)

Orange Bouygues Numéricable/SFR FREE MVNO
Juin 2014 26,95 11,024 21,379 (1) 9,095 8,789
Juin 2015 27,5 11,43 21,89 10,92 7,22

(1) SFR seul.

La fusion Numéricable SFR puis le rachat de Virgin rend l’évolution des MVNO non significative. A base comparable l’entité Numéricable /SFR/Virgin disposait de 23,09 millions de clients au 30/06/2014.

Ce nouvel opérateur a perdu 1,2 millions de clients à ses services mobiles. Il signale toutefois qu’au mois de Juin 2015 il a non seulement stabilisé ses pertes de clients mais a constaté une croissance significative.

Les trois autres opérateurs ont non seulement capté la croissance du marché mais aussi les clients perdus par Numéricable/SFR. Toutefois on relativisera cela pour Orange qui avait un nombre de clients à ses services mobiles de 26,92 millions au 31/12/2010. (L’effet FREE n’explique pas tout!).

1.2 Les données ARCEP pour le Haut débit et très haut débit >30Mbits/s:

Ces données couvrent la Métropole et les DOM pour les réseaux fixes, elles prennent en compte « la clientèle Grand Public et entreprises ». (chiffres en millions)

Juin 2013 Décembre 2013 Juin 2014 Dec 2014 Juin 2015
Abonnements Ht débit 22,623 22,870 23,055 22,85 22,42
Abonnements très ht débit >30Mbits/s 1,777 2,066 2,345 3,11 3,84
Dont abonnement fibre opt. bout en bout 0,426 0,558 0,715 0,933 1,14
Total des abts Haut et très Haut débit 24,400 24,936 25,400 25,96 26,26

On peut noter un basculement significatif de l’ADSL vers le très haut débit depuis le 1er semestre 2014. Ce basculement devrait s’amplifier.

Croissance globale du parc clients Haut et très Haut débit sur les réseaux fixes: chiffres en millions:

2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015(1)
2 1,7 1,5 1,3 1,1 1 1,02 0,3

(1) sur 6 mois.

Le parc Haut et très Haut débit des opérateurs au 30/06/2014: (en millions, source opérateurs)

Orange Bouygues Numéricable/SFR FREE Autres
Juin 2014 10,174 2,215 5,249 5,735 2,1 (1)
Juin 2015 10,497 2,6 6,40(2) 5,991 0,7
Clients FTTH Juin 2015 0,700 0,023 1,66

(1) il s’agissait essentiellement de Numéricable.

(2) il s’agit du nouvel opérateur qui à base comparable avait 6,624 clients internet haut débit au 30/06/2014.Il affiche donc une perte de 200 000 clients Ht débit.

 

On peut noter sur un an la bonne performance de Bouygues Telecom devant Orange et loin devant FREE. Les tarifs très compétitifs de Bouygues Telecom et la qualité de service offerte expliquent ce succès. Mais les conquêtes de clients aux services Haut et très Haut débit sont de plus en plus difficiles car la croissance annuelle du marché est nettement inférieure au million de clients. (806 000 clients sur les 12 derniers mois).

1.3 Le secteur Entreprises:

Le secteur Entreprises affiche une baisse récurrente du chiffre d’affaires mais la réduit notamment au second trimestre 2015. Au total sur le semestre le CA de cette entité est en baisse de 1,9%. Le CA du secteur Entreprises est en baisse permanente depuis plus de 10 ans. La partie française de cette entité fait par ailleurs porter un risque contentieux, généré depuis 2003 par certaines de ses pratiques commerciales , qui pourrait coûter plusieurs centaines de millions d’euros en amendes et dédommagement de concurrents. Le Groupe a doublé sa provision pour risques à 833 millions d’euros …

 

2) L’évolution de la marge d’EBITDA au 1er semestre 2015

Pour le 1er semestre 2015 la marge d’EBITDA publiée est de 5,309 milliards d’euros soit 27,14 % par rapport au CA. Cette marge est très faible (la plus faible réalisée par des opérateurs historiques européens) avec une perte de 4 points en deux ans et demi (31% au 1er semestre 2013). Ce résultat s’explique notamment par une hausse des coûts directs non compensée par la baisse des coûts indirects. Il est affecté par une « charge nette sur divers litiges en cours » de 413 millions d’euros (cf. 1.3) , une baisse d’environ 100 millions d’euros des charges globales de personnels (diminution d’effectifs d’environ 6000), charges qui augmentent sur l’entité France avec un coût supplémentaire pour « temps partiel sénior (- 111M€ ) et le coût de Cap Orange (-72M€) , une charge de restructuration de 34 millions d’euros…Et il inclut le résultat de cession de DailyMotion (+169M€).

On rappellera qu’au 1er semestre 2014 une charge de 300 millions d’euros était due aussi au règlement de litiges principalement avec Bouygue Telecom…

La répartition des performances des entités sont précisées dans le tableau ci-après:

1er semestre 2015 (en millionsd’euros)

France Espagne Pologne Belgique Europe autres pays Afrique et Moy. Orient Entreprises
Chiffre d’affaires 9 485 1 847 1 436 607 805 2 283 3 171
EBITDA retraité 3 315 420 463 142 286 777 461
% EBITDA/CA 34,9 22,7 32,24 23,4 35,5 34,03 14,53

 

 

On peut aisément déduire de ce tableau l’atypisme du secteur Entreprises dont les achats externes, incluant la sous -traitance, sont très élevés alors que les charges de personnels restent également à un très haut niveau.

 

3) Les autres soldes intermédiaires de gestion

3-1 Le résultat d’exploitation (RE):

Le résultat d’exploitation (2,26 Mds€) est en baisse de 9,1% par rapport au 1er semestre 2014 qui affichait déjà un RE de 2,64 Mds€, en baisse de 16% sur le 1er semestre 2013…

Conséquence directe de la baisse de l’EBITDA, ce résultat traduit la perte de compétitivité du Groupe et sa capacité moindre à générer de la trésorerie pour croître et se désendetter.

3-2) Le résultat financier:

Il dépend essentiellement du coût de l’endettement. Il est donc relativement stable à -839 millions d’euros environ. Ceci traduit l’excellente maîtrise du coût de la dette qui reste toutefois assez élevé à 4,78%.

3-3) Le résultat net :

Le résultat net correspond au résultat d’exploitation diminué (ou augmenté) du résultat financier et de l’impôt sur les sociétés. Le résultat net du 1er semestre 2015 est de 1,273 milliards d’euros en nette hausse par rapport à celui du 1er semestre 2014 (0,891 milliard d’euros) Cette hausse est due au dividende de 364 M€ reçu de la filiale britannique en cours de cession. On rappellera que le résultat net semestriel dépassait 2 Mds€ en 2012.

 

4) L’activité du Groupe au 1er semestre 2015

4-1) Les Investissements

Au 1er semestre 2015 le groupe a investi 2,672 milliards d’euros, soit 13,7% du CA. On note une augmentation assez significative par rapport aux 1ers semestres 2014, 2013 et 2012 (2,5Mds€).Les investissements dans la fibre en Europe et en France sont en forte croissance (+74%).

L’achat de licence a représenté un montant de 234 M€.

Les investissements financiers du 1er semestre sont dus au rachat le 22/2/2015, du solde du capital ECMS (EGYPTE) non détenu par ORANGE, pour 210 millions d’euros. Le bouclage de l’offre d’achat de JAZZTEL le 24/06/2015 a donné lieu à un décaissement de 3,179 Mds€ (déjà financés par emprunts hybrides) et l’offre de retrait obligatoire en cours devrait donner lieu à un décaissement supplémentaire de 0,176Mds€. Enfin l’achat de 9% du capital de Meditel au Maroc a été finalisé cet été.

4-2) Le cash flow

Le cash flow opérationnel (EBITDA- CAPEX) est de 2,637 Mds€, en chute par rapport aux 1ers semestres 2014 (3,14Mds€) et 2013 (3,96Mds€). Ceci est la conséquence de la baisse de l’EBITDA et de la hausse des CAPEX. Il y a trois ans l’objectif de cash flow organique était de 8 Mds€! Sur l’exercice en cours, il devrait être autour de 6 Mds€…

Le Groupe prévoit un dividende de 0,60 € par action pour l’exercice en cours, avec un acompte de 0,20 € payé le 9 décembre prochain.

4-3) La dette

La dette nette au 30/06/2015 est de 26,4 Mds€, en légère augmentation par rapport au 31/12/2014. Elle est en baisse de 4,1 Mds€ d’euros par rapport au 31/12/2013. La baisse de la dette s’explique aux 3/4 par la levée « d’emprunts hybrides » à hauteur de 2,7Mds€ en 2014 assimilés à des fonds propres et par la vente de l’actif dominicain pour 0,8Mds € net. Ces emprunts représentent un coût important pour le Groupe puisqu’ils sont rémunérés à un taux supérieur à 5% l’an. La maturité de la dette est supérieure à 9 ans.

 

5) Un point sur le marché français des Télécommunications

2014 a vu une certaine consolidation du marché français des Télécommunications avec le rachat de SFR puis de Virgin par Numéricable pour constituer le deuxième opérateur français.

Le tableau ci-après représente les résultats respectifs pour le 1er semestre 2015 des 4 opérateurs.

Chiffres en millions d’euros et de clients.

Bouygues FREE Numéricable/Sfr Orange France
CA Global 2156 2159 5522 9485
CA Fixe et HT débit 477 1285 (1) 5441
CA Mobiles 1679 880 (1) 4044
EBITDA 323 725 1985 3197
Marge EBITDA 15% 33,6% 35,94 33,7%
Clients mobiles 11,43 10,925 21,89 27,5
Clients Ht Débit 2,6 5,991 6,4 10,49
Effectifs 8817 7795 16500 67648
CAPEX 384 613 809 1400

(1) résultats publiés par marché et non par produit.

Les 4 opérateurs ont affiché un CA au 2ème trimestre 2015 en croissance ou pratiquement stabilisé.

Tous à l’exception notable d’Orange ont augmenté leur marge d’EBITDA.

Bouygues Telecom apparait fragilisé par ses marges opérationnelles très faibles qui le conduisent à limiter ses investissements ; il génère des pertes et une trésorerie négative, conséquence de ses offres très compétitives sur le haut débit mais maintient des objectifs commerciaux ambitieux avec la conquête de 1 million de clients sur chacun des marchés fixe et mobile d’ici à 2020.

FREE poursuit sa croissance dans le mobile, marché sur lequel il perd de l’argent, et dans des proportions bien plus faibles qu’en 2014, sur le fixe Haut Débit, marché sur lequel il génère des marges très confortables. Les coûts de personnel de FREE (110 millions d’euros sur le semestre) sont extrêmement bas. FREE, qui est maintenant le 3ème opérateur français, vise 25% des marchés fixe et mobile à long terme. Il doit toutefois faire face à de lourds investissements sur son réseau mobile pour améliorer la qualité fournie et à la sortie du contrat d’itinérance avec Orange en cours de discussions avec l’ARCEP. Par ailleurs sur le fixe, il capte moins d’un tiers des nouveaux clients haut débit et n’est guère présent sur la fibre.

Numéricable/SFR souffre de la restructuration en cours au sein de la nouvelle entité, ses résultats commerciaux et la qualité de ses réseaux sont médiocres, mais sa rentabilité a été rétablie en quelques mois, ce qui lui permet de maintenir un fort niveau d’investissement et de préparer la diminution de son endettement net de plus de 12Mds€ -soit 3 fois l’EBITDA annuel- tout en rassurant les investisseurs. Ce nouvel opérateur a l’ambition de devenir le numéro 1 français grâce à son avance dans le très haut débit et à son implantation déjà conséquente sur le marché entreprises.

Le CA et l’EBITDA d’Orange sont ceux de l’entité France et ne peuvent être comparés avec les chiffres globaux des 3 autres opérateurs. Pour Orange il faudrait ajouter une part des CA et EBITDA de l’entité Entreprises, ce qui conduirait à une marge d’EBITDA bien plus faible que celle affichée (sans doute inférieure à 30%)…

 

6) Perspectives 2015

Les résultats commerciaux du Groupe Orange pour le 1er semestre 2015 sont prometteurs avec un arrêt de la baisse des CA de la plupart de ses entités européennes au cours du 2ème trimestre 2015, bien que la croissance économique dans la zone euro ait ralenti sinon stoppé au cours de cette période.

Mais il est difficile de prévoir des « lendemains qui chantent » si l’on tient compte de l’environnement géopolitique mondial ou seulement de l’environnement socio-économique français, des dettes de l’Etat et des Collectivités territoriales qui ne cessent de s’alourdir avec leur cortège d’expédients faciles de taxes et impôts nouveaux ou augmentés. La vente de licences complémentaires en France entre dans ce cadre et devrait générer 3Mds € de dépenses pour les 4 opérateurs en fin d’année qui auront la disponibilité de ces fréquences au mieux dans 3 ans !

Le Groupe n’a pas maintenu ses efforts de baisse des coûts commencés en 2013. Sans doute son organisation de l’entité France ne le permet-elle pas. Il dégrade donc ses marges opérationnelles, sa capacité de désendettement et de croissance externe. Ses investissements conséquents ne génèrent toujours pas de valeur.

Il s’est exposé à de très lourdes sanctions pour ses pratiques commerciales sur certains secteurs d’activités en France et à l’International, qui pourraient atteindre des centaines de millions d’euros.

Il fait face partout à une concurrence très forte et d’autant plus forte (Europe) que les marchés ne sont plus en croissance. En France il devra faire face dès les prochains mois au nouvel opérateur Numéricable /SFR qui termine sa nouvelle organisation et qui a annoncé ses ambitions.

Le second semestre 2015 reste sur le plan macro-économique incertain .Pour Orange, il annoncera un changement important : celui de la consolidation des nouvelles filiales Meditel et Jazztel qui devraient augmenter le CA d’environ 1,5Mds € annuels et l’EBITDA de 0,4Mds €. Peut être aussi le CA en France et en Europe affichera t-il une légère progression si la dynamique commerciale est maintenue. Il devrait en fin d’année bénéficier de la vente de la filiale anglaise EE (4,6 Mds € de cash potentiel) si les autorités de la concurrence autorisent la cession…mais devra payer les licences complémentaires d’utilisation de fréquence 4G en France -sans doute entre 0,6 et 1 Mds€.

Le Groupe Orange a confirmé ses objectifs 2015 de marge d’EBITDA retraité 11,9/12,1 Mds€ hors nouvelles filiales, et une dette nette d’environ EBITDAx2 à moyen terme. Elle est de EBITDA x2,5 au 30/06/2015.

Le Groupe poursuit sa politique de croissance externe mesurée en discutant avec l’opérateur indien Bharti d’un rachat de ses filiales d’AIRTEL en Afrique, qui représentent un CA d’environ 600 millions d’euros et 9 millions de clients.

En Europe la consolidation du marché des Télécommunications dans divers pays poursuit son cours, mais la Commission européenne vient de refuser cette consolidation au Danemark au prétexte qu’il faut 4 opérateurs mobiles par pays! Cette seule décision a conduit en 24 heures à la perte de plus d’une dizaine de milliards d’euros de valeur de capitalisation des opérateurs!

Les gouvernements (français notamment) ne se montrent guère favorables à de telles restructurations car les opérateurs paient très cher les licences d’utilisation des fréquences et leur trésorerie abondante (pour l’instant) incite les Etats à y puiser en alourdissant taxes et impôts.

Le cours de l’action qui a commencé l’année sur une bonne dynamique a reflué après l’annonce des résultats de l’exercice 2014. Depuis il évolue autour de son niveau du 31/12/2014 et la plupart des analystes le situe entre 13 et 16 euros pour une valeur théorique[1] du Groupe Orange d’environ 65 Mds €, soit 5,5 à 6 fois l’EBITDA. L’environnement d’ensemble « juridico-socio- économique » du Groupe Orange ne conduit pas à un optimisme démesuré sur le cours de l’action.

 

[1] Capitalisation boursière + dette

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Les résultats du groupe Orange pour 2014

Le 17 février 2015, lors de la publication des résultats consolidés 2014, le groupe a comme à son habitude essayé de positiver en affichant des objectifs 2014 globalement réalisés grâce à des économies compensant 69% de la perte de chiffre d’affaires et à de meilleurs résultats commerciaux. Il a confirmé le dividende pour l’exercice 2014 de 0,60€ par action et a annoncé un dividende prévisionnel de 0,60€ pour l’exercice 2015 en cours, avec une possibilité de hausse ultérieure…

Le marché a mal réagi immédiatement en constatant, d’une part qu’au cours du 4ème trimestre 2014 les coûts directs du Groupe étaient repartis en nette hausse, annulant la moitié des gains réalisés sur les 3 premiers trimestres et  d’autre part, que contrairement aux annonces précédentes du Groupe, sa rentabilité serait encore en baisse en 2015 donc non encore  stabilisée…

La dynamique portant le cours de l’action a ainsi été cassée, même si elle devait reprendre quelques jours plus tard.

On reviendra longuement sur le contexte français des Télécommunications  profondément perturbé depuis l’arrivée d’un 4ème opérateur mobile… perturbation qui pourrait se poursuivre voire s’amplifier par la potentielle restructuration du secteur, le rachat de SFR par Numéricable n’étant que la première étape.

Les principaux points marquants en 2014  sont les suivants, sachant que le Groupe a fait part de chiffres  restreints au moment où sont écrites ces lignes, le document de référence étant prévu courant mai 2015. On suivra néanmoins le plan habituel.

 

 

1- Le Chiffre d’affaires (CA)

 

Le tableau ci-après traduit l’évolution du chiffre d’affaires consolidé du groupe  selon son nouveau périmètre de consolidation, sans les activités du Royaume Uni qui sont depuis 2010 au sein de la coentreprise avec la filiale anglaise de Deutsche Telekom  Everything Everywhere (EE):

Les chiffres de cette analyse n’incluent donc  plus les activités au RoyaumeUni.

 

Tab 1 Chiffres en millions d’euros

2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014
CA Groupe historique 46568 47699 45944 45503 45277 43515 40981 39445

 

Ce second tableau  permet de constater la répartition du chiffre d’affaires selon les entités les plus importantes ou le regroupement  d’activités:

 

Tab 2 Chiffres en millions d’euros

2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014
France 23267 23726 23639 23308 22534 21431 20018 19304
Espagne 3963 4067 3887 3821 3993 4027 4052 3876
Pologne 4825 5184 3831 3934 3625 3381 3079 2918
Reste du Monde 8287 8322 8308 8248 8795 8281 7792 7374
Entreprises 7723 7785 7559 7216 7101 7001 6513 6299
Opérateurs int. et services partagés(OISP) 1240 1349 1388 1600 1610 1623 1702 1814
Eliminations inter secteur (2737) (2734) (2668) (2624) (2381) (2229) (2175) (2140)
Total Groupe 46568 47699 45944 45503 45277 43515 40981 39445

 

Les chiffres indiqués dans les tableaux ci dessus  sont les chiffres historiques ; ils nécessitent un rappel de l’évolution constatée :

– La crise économique mondiale a eu des effets négatifs sur le secteur d’activité des Télécommunications essentiellement à compter du second semestre 2008, et plus particulièrement  du 4ème trimestre 2008. L’impact de cette crise est plus ou moins fort selon les pays. Cette crise s’éternise en Europe, en France notamment ; elle s’est accompagnée de fluctuations des monnaies, l’euro restant encore en 2014, avec le franc suisse et le yen, une devise forte. L’impact du change est important en 2009, en Pologne notamment (-973 millions d’euros). L’euro restant une devise forte, les écarts constatés en 2009 n’ont pas été comblés depuis.

– Des mesures règlementaires, tant européennes que nationales, ont pesé fortement sur le secteur d’activité; ainsi pour le Groupe Orange elles représentent à partir de 2009 un manque à gagner de près d’un milliard d’euros par an. Ces mesures, insuffisamment lissées dans le temps, qui pèsent sur tous les acteurs européens du secteur ont ainsi été prises au plus mauvais moment puisqu’elles ajoutent leurs effets très négatifs à celui de la crise économique. Certains opérateurs ont su malgré tout,  maintenir leur marge brute. L’effet de ces mesures est maintenant limité.

– Des crises politiques et sociales qui touchent certains pays d’Afrique et du Moyen Orient.

– L’impact de la concurrence est partout présent, plus particulièrement sur les marchés matures, ce qui est le cas des marchés  européens ; cet impact est accentué en France avec l’arrivée en 2012 d’un 4ème opérateur de mobiles qui a obligé Orange France à revoir à la baisse son offre mobiles ; la concurrence se développe très fortement en Europe, Afrique, Moyen Orient etc.

– L’impact du dégroupage qui touche près de 45%  des clients résidentiels en France (12 300 000 lignes dont 11556 000 en dégroupage total  au 31/12/2014).

– Le changement de périmètre (la cession d’Orange Suisse en 2012 par exemple induit une perte de CA de plus d’un milliard d’euros par exemple, celle d’Orange Dominicana en avril 2014 près de 500 millions d’euros).

 

 

En données à base comparable, le chiffre d’affaires du Groupe baisse de 2,5% en 2014 après  5,1% en 2013  et  2,7% en 2012. Il avait déjà baissé de 1,6% en 2011, de 1,4% en 2010,  de 1,8% en 2009, et était en croissance  de 2,9% en 2008 par rapport à 2007.

 

Un espoir toutefois, la baisse du CA consolidé du Groupe au 4ème trimestre 2014 a été ramenée  à 0,6% en base comparable.

 

Par pays  ou entités, l’évolution du CA du Groupe sur  une base comparable, 2014  par rapport à 2013, est plus contrastée. On observe une baisse réduite de 3,5% en France après  -6,6% en 2013,  -5% en 2012, -3,3% en 2011 et  – 1,4% en 2010; on constate ainsi en France  une  perte de CA  de 4,4 milliards d’euros  en 7 exercices , perte qui serait aggravée d’environ 500 millions d’euros supplémentaires , sans l’accord d’itinérance avec ILIAD.

La baisse du CA en France a été réduite à – 1,5% au 4ème trimestre 2014 (-4,5% sur les mobiles).

 

En Espagne, on constate   une baisse de 4,4% , après  une  petite hausse de 0,6% en 2013 , +0,9% en 2012 et une  hausse surprenante de 4,5% en 2011 qui faisait suite à une baisse de 1,5% en 2010 et de 4,5% en 2009.

 

En Pologne la baisse reste forte à – 4,5%, après la  chute de 2013  – 8,6% , – 4,1% en 2012 , – 7,8% en 2011  et  – 5,1% en 2010, soit une perte de plus du quart du CA en 4 ans  imputable en grande partie à la régulation et au cours du change mais aussi à la concurrence très forte sur tous les marchés (en fait aussi forte que sur le marché français).

 

Le CA du « Reste du Monde » est pratiquement stable en base comparable,  après une baisse de 0,5% en 2013,  une  hausse de 1,4% en  2012, mais il augmente de près de 7% en Afrique et Moyen Orient où on constate des évolutions fort disparates ; il  baisse  en Europe de -2,3%.

 

Le CA du secteur Entreprises est toujours en baisse à -2,3% après une chute de -5,3% en 2013, – 2,7% en 2012,  – 1,6% en 2011, – 4,8% en 2010 et – 3,2% en 2009. Ce secteur a aussi perdu le quart de son CA en 7 exercices!

 

La croissance externe pourrait,  si elle se réalise, apporter en 2015 environ 1,5 milliards d’euros de CA si la consolidation intégrale de MEDI Telecom (Maroc) et JAZZTEL en Espagne peut être réalisée.

 

 

 

La base clients continue de progresser à 244,161 millions de clients dans le monde dont 185,327 millions de clients des services mobiles et 16,014 millions de clients des services fixes haut débit. Le nombre de  clients est en hausse en Afrique et au Moyen Orient (97,49 millions) partout ailleurs il est pratiquement stable avec une légère augmentation en Espagne et en Pologne ; est ce le signe d’un retournement de conjoncture en Europe?

 

 

 

 

 

 

1.1 Le chiffre d’affaires 2014  par secteur opérationnel est précisé dans le tableau ci-après:

 

Tab 3

CA réalisé (milliards €) Variation à base comparable en % Nombre de clientsMobile (millions)
FranceMobileRésidentiel

CA hors éliminations

8,27611,029

19,304

-9%-1%-3,5% 27,087
EspagneMobileRésidentiel

CA

2,9360,94

3,876

-12%+10%+0,6% 12,613
PologneMobileRésidentiel

CA hors éliminations

1,4671,45

2,918

-3%-8%-4,5% 15,62
Reste du Monde (CA externe) 7,374 +0,1% 88
Entreprises 6,299 -2,3%

 

(A titre indicatif, au 31/12/2014,  on notera que le nombre de clients de la filiale au Royaume Uni, Everything EveryWhere était d’environ  24,47 millions, en baisse de 12% par rapport à 2013.

Cette  entreprise a réalisé un chiffres d’affaires  de 7,847 Mds€ en 2014 et un EBITDA de 1,277Mds€,  en nette baisse. Sur 3 ans elle a perdu 2 millions de clients mobiles et a à peine maintenu ses clients aux services fixes.)

 

 

2 – L’ EBITDA  (ex MBO : marge brute opérationnelle)

 

L’EBITDA  est un solde intermédiaire de gestion non défini par des normes comptables internationales ; il peut varier d’une entreprise à l’autre et d’un exercice à l’autre. L’EBITDA publié 2014 est de 11,112 Mds€, en baisse de près de 10% par rapport à 2013 (12,235 Mds€) et à 2012  (12,289 Mds€). Mais en terme comparable, la marge d’EBITDA 2013 était en baisse d’un milliard d’euros environ par rapport à 2012 (2012 comprenait en effet une charge pour  plan social de 1,28 Md€). Le tableau ci-dessous est révélateur d’un certain rétablissement en 2014 de la  compétitivité de la plupart des entités du Groupe ; on note toutefois que sa marge brute d’exploitation est tombée de 35,5% en 2009 à 29% en 2013, pour remonter à 30,9% en 2014! En France cette marge chute de 10,5 points en 7 exercices!!!

 

Après retraitement, l’EBITDA du Groupe affiche pour 2014 une baisse limitée à -2,5%.

L’ EBITDA 2014, présenté par entité, est indiqué dans le tableau ci-après ; il y est comparé aux l’EBITDA  2013,2012, 2011,2010, 2009,2008 et 2007:

 

Tab 4 EBITDA en milliards €; % par rapport au CA hors élimination.

FRANCE Royaume Uni Espagne Pologne Reste du monde Entreprises OISP
EBITDA 2014 6,510 0,958 0,994 2,519 0,910 0,004
EBITDA/CA 2014 33,72 24,71 34,06 34,16 14,44 Ns
EBITDA 2013 6760 1038 0,937 2,511 1,004 (-0,015)
EBITDA/CA2013 33,7% 25,6 30,43% 32,22% 15,4% Ns
EBITDA 2012 7,834   0,951 1,156 2,80 1,177  
EBITDA/CA2012 36,6%   23,6% 34,2% 33,8% 16,8% Ns
EBITDA 2011 8,569 839 1347 2,99 1,276 105
EBITDA/CA2011 38% 21% 37,2% 34% 18% 6%
EBITDA 2010 8,813   0,765 1,18 2,941 1,299 (-0,664)
EBITDA/CA2010 37,8%   20% 30% 35,7 18% Ns
EBITDA 2009 9,252 0,939 0,729 1,462 3,237 1,501 (-1,4)
EBITDA/CA2009 41,5% 18,52% 19% 38,53% 40,67% 21,21% Ns
EBITDA 2008 9,858 1,204 0,614 2,146 3,446 1,508 (-0,444)
EBITDA/CA2008 44,2% 20,46% 15,34% 41,77% 43,07% 20,63% Ns
EBITDA 2007 9,659 1,297 0,661 2,040 3,379 1,263 0,744
EBITDA/CAPour 2007 44,38% 20,02% 16,96% 42,63% 42,19% 17,32% ns

 

La variation du taux de marge d’EBITDA est la conséquence de plusieurs facteurs, notamment:

– la chute du chiffre d’affaires,

– le poids des charges et notamment des charges de personnels qui ne diminuent pas en proportion du CA,

– l’impact de charges exceptionnelles (plan social relatif au « Temps partiel sénior »), (voir tableau ci-après),

–des mesures fiscales, notamment une hausse de la TVA en France non répercutée sur les clients, et diverses taxes et impôts d’exploitation,

– les charges de dépréciations et restructuration d’actifs (438millions d’euros en 2014).

-les résultats de cessions d’actifs,

 

- le coût de règlements de litiges (avec Bouygues Telecom par exemple, l’accord signé en mars 2014, en règlement amiable de litiges, représente un coût d’environ 400 millions d’euros, cette somme a compensé intégralement les coûts de restructuration de cette société dans ses comptes 2014).

 

Sur 5 ans les principaux postes de charges ont évolués comme suit (en millions d’euros) :

 

Tab 5

  2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014
Chiffre d’affaires 46800 45944 45503 45277 43515 40981 39445
Achats externes 19444 19170 19375 19638 19100 17965 17251
%achat ext/CA 41,5% 41,7% 42,5% 43,37 43,8% 43,8% 43,73%
Charges de personnels 8468 9158(1)8525 9214(2)8722 8815(3))9336 10363(4)9076 9019 9066(5)8630
%charges de pers/CA 18,09% 18,55% 19,16% 19,46% 20,85% 22% 22,98
Impôts et taxes d’exploitations     1711 1772 1857 1717 1795
Amortissements     6461 6735 6329 6052 6038

 

(1) comprend une charge de 569 millions d’euros en rapport avec la mise en place du temps partiel sénior.

(2) comprend une provision complémentaire de 492 millions d’euros au titre du temps partiel sénior.

(3) diminué d’une reprise de provisions de 521 millions d’euros en rapport avec le temps partiel sénior.

(4) comprend une provision de 1287 millions d’euros en rapport avec le nouveau temps partiel sénior.

(5) comprend une provision supplémentaire de 358 millions d’euros pour le « temps partiel sénior » et une charge de 78 millions d’euros relatif à l’ORP de juin 2014.

 

Pour les exercices 2013 et 2014 les charges de personnels intègrent la diminution induite par  le CICE, respectivement de 71 et 110 millions d’euros.

 

 

 

 

Globalement, depuis 2 ans  les charges semblent mieux maîtrisées grâce à deux dispositifs, l’un « Chrysalid » interne au Groupe, l’autre « Buying » résultant de la filiale commune avec DT pour les achats ; le Groupe préfère annoncer ses efforts en terme de baisse des coûts directs (-204Ms€) et baisse des coûts indirects (-503Ms€). La baisse des coûts 2014  (-707Ms€) reste nettement inférieure à l’effort réalisé en 2013 (-929Ms€). Il n’en demeure pas moins qu’en pourcentage du CA, ces charges externes augmentent de 2,23 points en 7 ans et expliquent en partie la destruction de marge opérationnelle.

 

Le coût total du dispositif « Temps partiel sénior » est extrêmement pénalisant (supérieur sur sa durée à 1,9 milliards d’euros) car il est accompagné du recrutement de 13500 emplois de 2010 à fin 2015.  A cela il faudrait vraisemblablement ajouter le coût « immatériel » induit par la perte des compétences des employés concernés par le plan.

Les charges de personnel augmentent encore en 2014 pour représenter  23% du CA (mais 21,87% hors exceptionnel),  ce qui fait du Groupe le moins compétitif des grands opérateurs,  qui eux ont des charges de personnels inférieures (voire nettement inférieures) en moyenne à 15% de leur CA respectif. Il s’agit d’une spécificité de la situation du Groupe en France comme l’indique le tableau ci-après:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tab 6

France Espagne Pologne Reste du M. Entreprise OISP EE
CA 2014 19,304 3,876 2,918 7,374 6,299 1,814 7,847
Chges pers 4,765 0,205 0,448 0,734 1,610 1,304 0,536
Chges pers/CA 24,68% 5,28% 15,35% 9,95% 25,55% 71,88% 6,83%
CA 2013 20,018 4,052 3,079 7,792 6,513 1,702 7,632
Chges pers 4,86 0,21 0,46 0,74 1,57 1,14 0,54
Charges pers/CA 24,27% 5,18% 14,9% 9,49% 24,1% 67,05% 7,07%
CA 2012 21,43 4,02 3,38 8,28 7,001 1,623 8,20
Charges de personnels 5,85 0,195 0,486 0,764 1,674 1,394 0,570
Charges per/ CA 27,29% 4,85% 14,37% 9,22% 23,91% 85,89% 6,94%
Ca2011 22,53 3,99 3,62 8,79 7,101 1,61 7,81
Charges de personnels 4,81 0,18 0,49 0,81 1,54 0,96 0,55
Charges pers/CA 21,34% 4,51% 13,6% 9,2% 21,69% 60% 7,04%
CA 2010 23,30 3,82 3,93 8,24 7,21 1,6 6,24
Charges de personnels 4,95 0,17 0,55 0,72 1,48 1,32 0,45
Charges pers/CA 21,24% 4,45 13,99 8,73% 20,52% 82,5% 7,21%

 

 

 

Le tableau ci-après traduit l’évolution du CA par secteur d’activité et par « effectif moyen d’employé »:

 

Tab 7-Le CA (pris hors éliminations) est exprimé en millions d’euros.

France Espagne Pologne Reste du monde Entreprises OISP
CA 2014 19304 3876 2918 7374 6299 1814
Eff.  2014 (1) 71000 3900 18900 27000 20500 12500
CA par empl. 0,271 0,993 0,154 0,273 0,307 0,145
CA 2013 20018 4052 3079 7792 6513 1702
Eff 2013 74267 3842 21214 26147 20859 13186
CA par empl. 0,269 1,054 0,145 0,298 0,312 0,129
CA 2012 21431 4027 3381 8281 7001 1623
Eff 2012 76753 3406 22700 26013 21387 13286
CA par empl. 0,279 1,182 0,148 0,318 0,327 0,122
CA 2011 22534 3993 3625 8795 7101 1610
Eff 2011 77611 3089 24119 26650 21114 12950
CA par empl. 0,290 1,292 0,150 0,330 0,336 0,124

(1) chiffres  non publiés au 12/3/2014 ; ils sont donc estimés.

 

Les données 2014  ne sont pas publiées au 12/3/2014 ; le nombre « d’effectifs  moyens  employés » est donc estimé sur la base des indications globales du Groupe lors de la présentation des résultats.

 

Le ratio CA/emploi peut être contesté comme tout ratio, mais c’est surtout l’évolution de ce ratio qu’il faut prendre en considération. On constate donc selon les secteurs d’activités, soit un maintien à bon niveau, soit une légère amélioration.

 

 

 

 

Il est intéressant aussi d’étudier l’évolution des effectifs  et de la main d’oeuvre extérieure en France:

Tab 8

2009 2010 2011 2012 2013 2014
Eff . actifs 31/12 OrangeSA 92 570 94 259 95 642 95 647 95359 91900
Fil. France 7 484 7 828 9 608 9 392 6713 (1)
Intérim en ETP 781 854 785 546 687 (1)
Sous- traitance en ETP 26 040 25 975 26 313 25 880 24055 (1)
Coût Sous- traitance  (Mds€) 1,827 1,770 1,802 1,813 1,724 (1)

ETP = équivalent emploi temps plein.

 

(1) Les données pour 2014 ne sont pas publiées au 12/3/2014.

Il est vraisemblable que les données non publiées à ce jour pour 2014 soient assez semblables aux données 2013. On rappellera que le CA est passé sur la  période 2009/2014,  de 23,26Mds€ à 19,3Mds€!

Ces chiffres démontrent à eux seuls la perte très grave de productivité de l’entité France où il est vrai que, selon le PDG du Groupe, la gestion a été ignorée de 2010 à 2012….

 

 Le Groupe semble avoir pris conscience depuis 2 ans  que la maîtrise des coûts s’imposait dans tous les domaines et notamment dans les entités France et Entreprises. Ainsi en 2013 le Groupe affiche des économies de 929 millions d’euros sur l’ensemble de ses coûts opérationnels (28,5 Md€) ; or ces baisses sont attribuables pour 449 millions d’euros aux baisses des coûts d’interconnexion, l’effort propre  du groupe est resté bien modeste. Il a porté sur les coûts commerciaux -232 M€, les frais généraux et les charges réseaux -140 M€ et enfin sur les charges de personnels -140M€, avec une baisse en nombre des emplois de 2700 en France et de 2400 en Pologne.

Pour 2014 la réduction des coûts directs (-204Ms€) et des coûts indirects (-503Ms€) est inférieure à celle réalisée en 2013et, on l’a vu,  au cours du 4ème trimestre la hausse des coûts directs a annulé la moitié de l’effort des 3 trimestres précédents.

A noter que l’entité OISP comprend des activités non comparables aux autres entités, filiale Marine, activités de cinéma et vidéo etc.

 

 

3- Le résultat d’exploitation (RE)

 

Ce deuxième solde de gestion  est également présenté par pays comme indiqué dans le tableau ci-après:

 

Tab 9-  chiffres en milliards d’euros

France Roy.Uni Espagne Pologne Reste du monde Entreprises OISP Total hors RU
RE 2014 3,870 0,374 0,259 0,733 0,552 4571
RE 2013 4,201 -0,001 0,460 0,201 0,351 0,642 -0,567 5,288
RE 2012 4,306 -0,207 0,169 -0,505 0,332 0,763 -1,002 4,063
RE 2011 6,241 -0,168 0,443 0,595 0,940 -0,103 7,948
RE 2010 6,567 -0,218 0,229 1,380 0,958 -1,354 7,562
RE 2009 7,06 0,251 -0,274 0,095 1,91 1,12 -2,068 7,859
RE 2008 7,43 0,286 -0,630 0,943 2,134 1,115 -1,007 9,945
RE 2007 7,002 0,263 -0,469 0,869 2,214 0,749 0,171 10,540

 

Le résultat d’exploitation  2014 est en baisse de près de 15% par rapport à 2013 ; cette baisse s’explique par la baisse de l’EBITDA (cf. ci-dessus). Par rapport à 2011, la baisse atteint près de 45%! Le résultat d’exploitation 2013 est en amélioration apparente par rapport à 2012, en fait en base comparable il est à peu près équivalent. Il reste en chute marquée par rapport à 2011, conséquence directe de la baisse de l’EBITDA. L’évolution historique s’explique comme suit:

Le résultat d’exploitation  2012 est marqué par la baisse de L’EBITDA, et des provisions pour dépréciation d’actifs en Pologne (-0,889Md€) et dans le reste du monde (Roumanie) pour (-0,839Md€), mais sans ces éléments exceptionnels et la provision pour Temps partiel sénior, il recule de plus d’un milliard d’euros par rapport à 2011,  année où on constatait un redressement  par rapport à 2010. En 2011, il diminue fortement pour l’entité « Reste du Monde » suite à une hausse des amortissements et à l’augmentation des pertes de valeur des immobilisations. Il diminue aussi en France, conséquence directe des baisses du CA et de l’EBITDA. On rappellera que le RE 2009  intégrait déjà une provision de 569 millions d’euros pour le plan  « TPS », une dépréciation d’actifs de TPSA pour 400 millions d’euros et la charge fiscale de 964 millions d’euros relative au litige sur la taxe professionnelle. Le RE 2010 comprenait les effets directs du supplément de provisions pour le plan « TPS » 492 millions d’euros, du supplément de provisions pour le litige de TPSA 266 millions d’euros, d’une provision de restructuration des activités Orange Sport et Orange Cinéma Séries 547 millions d’euros, mais aussi d’une réévaluation de juste valeur 336 millions d’euros après la prise de contrôle de Mobinil. Pour établir un comparatif objectif 2010/2009 il faut réintégrer dans le RE 2009 la charge fiscale de 964 millions d’euros qui est sans rapport avec la gestion de l’entreprise. On obtient donc un RE 2009 de  8,82 milliards d’euros à comparer à 7,56 milliards d’euros pour 2010 , soit une chute de plus de 15%.(la charge fiscale est consécutive à la décision d’appel de la Cours de Justice Européenne sur la taxe professionnelle).

La chute du résultat d’exploitation depuis 2010  traduit directement une gestion inadaptée du Groupe à son environnement économique, notamment sur les entités France et Entreprises.

 

4 –  Le résultat financier

 

Le résultat financier est en amélioration à -1,638 Mds€ par rapport à  2013 (-1,75Mds€) et  2012  (- 1,72Mds€). Pour  2011 il était  de  -2,033 milliards d’euros comparable à celui de 2010. Le montant de la dette a peu évolué et son coût est en baisse à 4,82%, contre  5,25% en 2013. En  2009  le résultat financier était de  -2,299Mds€),  et en 2008 de  -2,98Mds€,  mais comprenait   -381 millions d’euros représentant la garantie de juste valeur donnée aux actionnaires minoritaires d’Amen .

 

5-  Le résultat net

 

Le résultat net du Groupe 2014 est de 1,225Mds€, dont 0,925Md€ pour les actionnaires d’Orange, en baisse de plus de 1Md€ par rapport à 2013. Cette baisse s’explique comme pour les autres soldes intermédiaires de gestion par la baisse du CA compensée à seulement 69% par la baisse des charges et par des éléments en principe non récurrents (cf. point 2). L’historique du résultat est précisé ci-après:

Le résultat net du Groupe 2013 à + 2,133 Mds€  est presque similaire au résultat net 2012 grevé par la provision de 1,2Mds€ pour le plan social « temps partiel sénior ». A l’image du résultat d’exploitation, il reste  en chute marquée par rapport à 2010 et 201 ; ceci bien sûr est la conséquence de la chute de l’EBITDA et du RE, non compensée par l’amélioration du résultat financier. L’impôt sur les sociétés est en hausse également.

Pour 2011, il était  de 3,82 milliards d’euros en baisse d’environ 5% par rapport au résultat 2010. En effet, le résultat net 2010 de l’ensemble consolidé était de 4,877 Mds€, intégralement attribuable aux propriétaires de la société mère, à comparer à 3,465 milliards d’euros pour 2009, dont 2,997 Mds€ attribuable aux actionnaires de FTSA, et à  4,49Mds€ pour 2008, dont 4,069Mds€ attribuable aux actionnaires de  FTSA. Mais, si l’on ajoute les 964 millions d’euros de charge fiscale au résultat net de 2009 (charge sans lien avec la gestion de la société), on obtient  pour 2009 un résultat net de 4,36Mds€. En outre le résultat 2010 comprend  un différentiel de « résultat net des activités cédées » de +870 millions d’euros relatif à Orange RU; c’est donc un résultat net 2010 de 4Mds€ qu’il faut comparer à 4,36 Mds€ en 2009, soit une baisse d’environ 10% pour 2010.

 

 

6 – Les fonds propres ou Capitaux propres.

 

Le 30 juin 2009, le Groupe a émis 33 600 122 actions nouvelles au prix de 16,10 € par action, en paiement partiel d’une partie du solde du dividende 2008 pour les actionnaires (dont l’Etat) qui avaient retenu cette option. Le versement de ce solde a donné lieu à un décaissement de 1,553 milliard € et à un paiement en actions de 538 millions d’euros.

En 2010 le solde du dividende de l’exercice 2009 (0,80€ par action) et l’acompte sur dividende de l’exercice 2010 (0,60€ par action) ont été payés en numéraire pour un montant global de 3,706 Mds€.

Au 31/12/2010 les fonds propres du Groupe étaient de 31,549 Mds€, en amélioration de 2 Mds€ sur l’exercice.

Au 31/12/2011 les fonds propres consolidés du Groupe sont de 29,592 milliards d’euros, après une baisse des réserves de conversion.

Au 31/12/2012 les fonds propres consolidés du Groupe sont de 26,38 milliards d’euros ; la chute du résultat consolidé et le paiement de dividendes inchangé en 2012 (solde 2011 et acompte 2012) expliquent cette chute.

Au 31/12/2013 les fonds propres consolidés du Groupe sont de 26,334 Mds€, inchangés par rapport à 2012.

Au 31/12/2014 les fonds propres consolidés du Groupe sont de 31,701 Mds€ dont 29,559 Mds€ attribuables aux propriétaires d’Orange. Cette amélioration très nette n’est pas due à l’affectation de résultats net du Groupe, mais à l’émission d’obligations hybrides pour un montant de 2,74Mds€ en janvier 2013 et de 3Mds€ en Octobre 2014 compensée par le nantissement équivalent (2,9Mds€) constitué  dans le cadre de l’OPA sur Jazztel.  Ces titres conditionnés pouvant être remboursés en actions dans des délais pratiquement à la convenance du Groupe ; ils sont assimilés à des fonds propres (hors nantissement).

 

 

7- Le Free Cash Flow opérationnel

 

Jusqu’en 2010 le Free Cash Flow était un des objectifs majeur du Groupe qui s’était engagé sur une réalisation de cet objectif à hauteur de 8 milliards d’euros hors éléments exceptionnels et achat de spectre  pour les exercices 2009,2010 et 2011. Cet objectif a été réalisé  en  2010  avec 8,11Mds€  et en 2009 avec  8,35 Mds€,  après  8,016  Mds€ en 2008 et  7,81 milliards d’euros réalisés en 2007.

Cet objectif a été modifié pour les exercices 2011 à 2015  en objectif de Cash Flow Opérationnel (EBITDA- CAPEX) avec les indications suivantes: « le Groupe annonce un objectif cumulé de l’ordre de 27 Mds€ pour l’indicateur EBITDA – CAPEX, sur la période 2011-2013, hors éléments exceptionnels », objectif non réalisé. « Une ambition du Groupe en matière d’indicateur EBITDA – CAPEX avec un taux de croissance annuel moyen de +9% sur la période 2013/2015″ .Ces engagements font suite au « plan conquêtes 2015″ que le Groupe a présenté aux investisseurs le 31 mai 2011 et réaffirmé lors de la présentation des résultats du 1er semestre 2011 puis du 3éme trimestre 2011 avec la confirmation d’un versement de dividende 2012 de 1,4€ par action….Hélas rien de cela n’a été réalisé…

 

Pour 2011 le Cash Flow Opérationnel de 9,3 milliards d’euros est conforme aux objectifs de la période.  L’ancien objectif de Free Cash Flow n’aurait pas était tenu, puisqu’il a été de 7,38Mds € après retraitement.

Le  groupe s’était engagé  à distribuer des dividendes à hauteur de 40 à 45 % du FCF réalisé. Pour 2012 le Groupe s’est engagé à verser 40 à 45% de son nouvel indicateur de Free Cash Flow opérationnel.

Tout cela a été remis en question lors de la publication des résultats du 3ème trimestre 2012 (fin octobre 2012) avec les conséquences que l’on a constaté sur le cours de l’action, et sur lesquelles on reviendra.

L’objectif de free cash flow opérationnel pour 2012, d’environ 8 Mds€, a été atteint après retraitement de l’EBITDA c’est à dire sans la provision de 1,28Md€ pour Temps partiel sénior. S’agissant de l’ancien objectif de FCF il peut être estimé à 5,7/ 5,9 Mds€ en incluant la vente de la filiale suisse.

Pour 2013, le Free cash flow opérationnel, sur la base de l’EBITDA retraité est de 7,1Mds€ en baisse d’un milliard d’euros par rapport à 2012 mais le Free cash flow opérationnel réel est de 6,6Mds€ ou 6,2Mds€ après achat de licences…

Pour 2014, le Free cash flow opérationnel, sur la base de l’EBITDA retraité est de 6,554 Mds€, en nette baisse par rapport à 2013 ; le Free cash flow opérationnel réel est de 5,476Mds€.  Après paiement des frais financiers et de l’impôt sur les sociétés (-3,2Mds€) on peut estimer le Free cash flow disponible à environ 4 Mds€, utilisé pour payer le dividende (-2,2Mds€), l’achat de licences (-0,48Md€), et permettre le remboursement d’emprunts (1,8Mds€).

 

8 – La dette nette

 

8-1 Au 31 décembre 2011:

 

La dette nette du Groupe au 31/12/2011 a baissé d’un milliard d’euros à 30,89 milliards d’euros. Elle était de 31,840 Mds€ au 31/12/2010,  de  32,859 Mds€ au 31/12/2009 et  de 35,859Mds€ au 31/12/2008. Cette dette situait le Groupe parmi les grands opérateurs les moins endettés. Le montant de la dette nette est pratiquement  équivalent au montant des fonds propres consolidés.

Mais compte tenu des règlements intervenus les 13 et 19  janvier 2012 pour le règlement du litige opposant TPSA à un de ses fournisseurs (550 millions d’euros) et pour l’achat de la licence 4G  en France (891 millions d’euros) le montant de la dette était de 32,331 milliards d’euros.

L’utilisation du FCF en 2011 a servi en outre, au règlement des dividendes 4,4 Mds€, à l’achat de spectre en France et en Espagne 0,76Mds€,  à l’achat d’actions pour 0,275Mds€ et au paiement d’impôts résultant des nouvelles mesures en France 0,332Mds€, portant l’impôt sur les Sociétés décaissé à 1,02Md€.

 

8-2 Au 31 décembre 2012:

 

La dette nette du Groupe au 31/12/2012 était de 30,5 Mds€, à peu près sans changement sur l’exercice. Le FcF a servi notamment à régler le solde du dividende 2011 et l’acompte du dividende 2012, soit environ 4,2Mds€, à payer l’achat de licences (1,2Md€), dont 0, 891Md€ pour l’achat de la licence 4G en France,  à payer  le litige TPSA, à payer la montée au capital de Mobinil en Egypte, achat qui faisait suite à un engagement du Groupe qui générait une dette d’environ 1,9Md€ et qui a donc été éliminée.

 

8-3 Au 31 décembre 2013:

 

La dette nette du Groupe au 31/12/2013 était de 30,72 Mds€, pratiquement inchangée par rapport à 2012. Le Free cash Flow libre (qu’on peut estimer à environ 4Mds€ après charge de la dette et impôts sur les Sociétés) a couvert notamment  le versement du dividende 1,314Mds€, et l’amende fiscale de 2,1Mds€  relative au rejet d’un report de moins values portées par une filiale sur les comptes de la maison mère en 2005. Il s’est avéré insuffisant (comme en 2012) pour faire face aux remboursements d’emprunts arrivant à échéance…

 

8-4 Au 31 décembre 2014:

 

La dette nette du Groupe au 31/12/2014 est de 26,090Mds€. Cette baisse résulte du cash disponible (1,8Mds€) et de l’émission d’obligations hybrides (2,8Mds€).

Autre engagement majeur du Groupe, le ratio dette nette / EBITDA inférieur à 2 a changé pour devenir un ratio aux environ de 2. Ce ratio au 31/12/2011 était de 2,09. Il était de 2,44 au 31/12/2012, ou de 2,21 sur la base de l’EBITDA retraité. En 2013 il était de 2,51. Il aurait été de 2,34 sans l’amende fiscale.

 Au 31/12/2014 le ratio reste élevé à 2,34,  ou 2,59 sans prise en compte des titres subordonnés…Il est affiché à 2,09 sur la base de l’EBITDA retraité… En l’absence de bons résultats du Groupe, l’émission d’obligations hybrides et la cession d’actifs  s’imposaient donc pour afficher un ratio plus respectable. Mais cela explique aussi la diminution des notations des 3 Agences de notation.

 

(La dette nette s’élevait  à un peu plus de 42 milliards d’euros au 31/12/2006. Elle était de 49,8 Mds€ au 31/12/2004 et de 47,8 Mds€ au 31/12/2005. On rappellera que l’acquisition d’Amena en novembre 2005, a augmenté la dette d’environ 5,8 milliards d’euros. La prise de participation majoritaire de Mobinil a augmenté la dette de 0,88 Mds€ en 2010. En 2006 la cession de PagesJaunes a eu un impact positif sur la dette de près de 3 Mds€ et a permis sur cet exercice de respecter un ratio inférieur à 2).

8-5 De bonnes liquidités:

 

 

Les liquidités et quasi-liquidités dont le Groupe dispose au 31/12/2014, à hauteur de 6,7 Mds€, qui incluent les titres subordonnés  non nantis, sont en hausse par rapport au 31/12/2014 (5,8 Mds€) et devraient le mettre à l’abri de toute crise de liquidités. Les remboursements d’obligations et emprunts sont relativement limités: 2,7Mds€ en 2015, 2,5Mds€ en 2016, 3,1Mds€ en 2017, 3,3Mds€ en 2018 et 19Mds€ au delà de 2018.

Suite à la cession de EE au Royaume Uni, il devrait recevoir en cash 3,4 Mds de Livres Sterling (4,6Mds€)et 4% du capital de l’entité BT/EE. Cette cession devrait se réaliser dans les 15 mois à venir après avis des autorités de régulation britanniques. Le montant des sommes nécessaires à l’OPA sur Jazztel (environ 3 Mds si elle est autorisée et si toutes les actions sont apportées) a déjà fait l’objet d’un nantissement.

Par ailleurs, la politique monétaire de la Banque Centrale Européenne annoncée jusqu’à la fin 2016 devrait permettre aux entreprises de trouver à très bon compte des liquidités dont elles pourraient avoir besoin.

 

Le Groupe reste toutefois engagé dans des procédures judiciaires très risquées et autres contrôles fiscaux (Pologne, France, etc…) qui pourraient avoir de lourdes conséquences sur sa trésorerie.

Lors de sa prise de participation  (en 2010) dans Medi Telecom au Maroc, le Groupe a signé des accords sur sa potentielle montée au capital de cette entreprise en deux étapes en 2014. Si une montée au capital était réalisée (elle est en cours à hauteur de +10% mais non encore finalisée au 12/03/2015)  le Groupe pourrait devoir faire une OPA sur le solde du capital de Medi Telecom, ce qui pourrait représenter plus d’un milliard d’euros d’investissement financier. Medi Telecom réalise environ 5,5 milliards de dirham  de CA et a près de 12 millions de clients mobiles.

 

 

 

9 –  Le marché des Télécommunications en France au 31/12/2014 en France.

 

9-1  Marché du Haut débit <30Mbit/s et très Haut débit >=30Mbit/s.

 

Selon l’ARCEP, au 31/12/2014, il y avait en France 13,3 millions de logements (+2,3 millions en 1 an) éligibles au très haut débit dont 4,1 millions via le FTTH (+1,1 million sur 1 an).

Il y avait 8,7 millions de logements avec terminaison en câble coaxial, dont 5,2 millions éligibles à des offres très Haut débit>=100Mbit/s.

Les abonnements au très Haut débit étaient de 3,1millions (+ 1 million), dont 935 000 via le FTTH (563000 pour Orange au FTTH).

Le nombre global de clients Haut et très Haut débit était de 25,970 millions de clients, à comparer à 24,905 millions de clients au 31/12/2013 et 23,975 au 31/12/2012. Le marché progresse d’environ +1 million de clients par an et pour la première fois en 2014, une baisse des clients haut débit à été constatée, induite par un transfert sur le très haut débit.

La croissance du nombre de clients à la fibre optique de bout en bout s’accélère même si les possibilités d’abonnements offertes par les réseaux FTTH croissent davantage.

 

 

 

9-2  Marché des Mobiles:

 

Les performances des divers opérateurs sont précisées dans les tableaux ci-après:

 

 

Tab 10  Parc clients mobiles (données ARCEP en millions)

 

 

31/12/2011

31/12/2012

31/12/2013

31/12/2014

Parc opérateurs

58,42

62,81

65,92

69,813

Parc MVNO

11,37

7,67

8,07

7,423

Parc total métropole

 

70,48

73,99

77,23

Croissance annuelle %

1

7,5

5

5,9

Parc Résidentiel Metropole

 

 

59,633

61,289

Post payé résidentiel

44,29

49,98

45,36

48,048

Pré payé

19,54

18,23

14,27

13,24

Parc DOM

2,65

2,64

2,74

2,70

Parc total

68,57

73,11

76,74

79,94

 

 

 

 

 

Parc total actif

66,33

70,46

73,907

76,83

Dont SIM internet

3,12

3,37

3,587

3,690

Dont SIM M to M

3,35

4,66

6,89

8,22

Part de marché MVNO %

11,37

10,86

10,9

7,4 (2)

Part de marché FREE % (1)

0

7,37

10,9

13,15

Part de marché Bouygues % (1)

18

15,9

15

14,47

Part de marché SFR % Numéricable (1)

31

29,2

28,8

29,85

Part de marché Orange % (1)

39,8

37,3

36,5

35,14

 

(1) les parts de marché sont calculées par rapport au « parc total actif ».

(2) le rachat d’opérateurs virtuels (Virgin par ex par SFR Numéricable) est la principale cause de la baisse constatée.

Les pertes de part de marché en métropole et de clients des trois principaux opérateurs ont été atténuées par la forte croissance du parc clients résidentiels en métropole de 2012 à 2014.

 

 

 

9.3 Les comptes des 4 opérateurs fixe et mobile sur le marché français.

Tab 11-

2014 FREE BOUYGUES SFR/ NUMERICABLE ORANGE
CA global (Mds€) 4,167 4,4 11,44 19,304
Ca fixe et Ht débit 2,564 0,893   11,028
Ca mobile 1,614 2,976   8,276
Evolution Ca +11% -6% -1% -3,5%
Clients Ht Débit 5868000 2420000 6580000 10354000
Clients mobiles 10105000 11121000 22940000 27087000
Charges personnel 0,2085 0,580   4,765
EBITDA global 1,283 0,694 3,1 6,510
Capex 0,9683 0,762 1,78 2,8
Dettes nettes 1,084 0,765 11,2 26
Effectifs Groupe 7164 8817 11800 71000
Part de marché Ht débit 22,59% 9,31% 25,33% 39,8%

SFR et Numéricable détaillent leur CA par marchés et non par produits. Des résultats surprenants sont constatés si l’on calcule les charges de personnel pour 1 emploi ! Les écarts de ratios CA par emploi  sont tout aussi surprenants…

Dans ces tableaux les montants indiqués sont en Mds€.

 

Tab 11-1

2013 FREE BOUYGUES SFR ORANGE NUMERICABLE
CA global 3,758 4,664 10,199 20,018 1,314
CA fixe et haut débit 2,497 0,820   11,132  
CA mobile 1,261 3,844   8,886  
Evolution CA +19,5% -11% -9,6% -7,6% =
Clients Ht débit 5640000 2013000 5257000 10108000 1709000
Clients mobiles 8040000 11143000 21354000 27000000 186000
Charges de personnel 0,197 0,592   4,868 0,154
EBITDA Global 1,204 0,880 2,766 7,130 0,616
Capex 0,905 0,752 1,610 2,833 0,3198
Dettes nettes 1,023 0,783   28,000 2,573
Effectifs Groupe 6876 9092 9990 74267 2077
Part de marché Ht débit 22,6% 8,08% 21,10% 40,1% 6,86%

Tab 11-2

2012 FREE BOUYGUES SFR ORANGE NUMERICABLE
CA total (Mds€) 3,153 5,226 11,288 21,431 1,302
CA fixe (Mds€) 2,30 0,627 3,96 12,37
CA mobile (Mds€) 0,844 4,59 7,51 10,686
Evolution CA +48,1% -9% -7,3% -5% =
Clients ADSL(millions) 5,364 1,8 5,075 9,88 1650000
EBITDA 0,92 0,90 3,29 7,834 0,619
CAPEX (hors licence) 0,703 0,869 1.67 2,72 0,286
Licence 4G 0,242 0,726 1,06 0,891
Effectifs Gr France 6258 9600 10039 76753 1990

 

Les tableaux ci-dessus démontrent la performance remarquable de FREE qui améliore tous ses résultats commerciaux et financiers tout en investissant près d’un milliard d’euros, soit plus que Bouygues Telecom mais nettement moins que SFR (1,76Mds€) et surtout qu’Orange France (2,8M€). FREE maintient des objectifs ambitieux avec une part de marché français global de 25% dans moins de 5ans, un CA pour 2015 en forte croissance … et une marge d’EBITDA de 40% en 2020!

 

Mais FREE doit investir fortement pour finaliser son réseau 2G et 3G et surtout développer son réseau 4G. Il doit aussi compter avec la baisse agressive par Bouygues du coût de l’abonnement Haut débit autour de 20€ par mois ; ce montant deviendra sans doute très rapidement la norme sur le marché résidentiel français. Bouygues a ainsi conquis près de la moitié des nouveaux clients du marché français du Haut Débit 2014, soit 2 fois plus que FREE et Orange. FREE risque de perdre une bonne part de cash sur ce marché en étant fortement ralenti dans sa conquête de clients….Il pourra compter aussi sur la baisse de ses coûts d’itinérance et sa gestion drastique dans tous les domaines en cohérence avec ses offres low cost. Ses coûts par emploi inférieurs à 30000 € restent surprenants même s’ils sont en partie dus à un taux d’encadrement bas  (13%). Par comparaison, ce taux est de 45% chez Orange! FREE impose sa stratégie en terme de prix et d’innovations.

Bouygues Telecom et FREE ont des soldes de trésorerie négative, ce qui se répercute sur leurs CAPEX nettement inférieurs à ceux de Numéricable/SFR et d’Orange. Bouygues Telecom vient d’annoncer la suppression de 1400 emplois. La fusion Numéricable /SFR génère également une restructuration, mais en principe avec la promesse du maintien des emplois sur une période de 3 ans. Orange devrait supprimer 20000 à 30000 emplois d’ici à 2020…et surtout devrait réfléchir à la rentabilité de ses investissements et de ses coûts très élevés de recherche et développement…

 

10 – Les perspectives pour l’exercice en cours 2015

 

10-1 Un bouleversement du secteur des Télécommunications en France et en Europe.

 

10-1-1 En France

 

La vente de l’opérateur SFR au Groupe Altice propriétaire de Numéricable a été réalisée au 4ème trimestre 2014. La fusion Numéricable/SFR crée un opérateur puissant sur tous les secteurs d’activités avec de fortes capacités d’investissements. Il dispose du réseau très haut débit le plus développé et le plus opérationnel mais doit gérer deux techniques, la fibre de bout en bout et la boucle locale en coaxial.  Ses objectifs sont ambitieux puisque Altice (maison mère) est en train de devenir très rapidement un opérateur international qui, si son offre sur Portugal Telecom se réalise, dépassera dès 2015 le CA d’Orange France.

Le marché français reste toutefois à 4 opérateurs pour l’instant

Quelles que soient les configurations futures on ne voit pas pourquoi le volume global des investissements augmenterait significativement, et même la bataille des prix pourrait être plus forte qu’actuellement car les marchés sont matures.

 

10- 1-2 En Europe

 

Des opérations de concentration ont déjà été réalisées en Allemagne et Espagne notamment, d’autres sont en cours en Angleterre avec la vente en cours d’EE et O2 qui, si elles se réalisent, ramèneront le marché anglais du mobile de 5 à 3 opérateurs. En Espagne, Orange a lancé une OPA sur Jazztel et Telia Sonera veut céder sa filiale mobile Yoigo, En Italie on parle d’opérations possibles autour de Telecom Italia et Wind.

Des freins existent toutefois pour la consolidation du secteur en Europe, le niveau de prix des services très bas  et une régulation trop présente et à plusieurs niveaux…

 

10-2 Les perspectives du Groupe ORANGE en 2015.

 

Le Groupe a prévu de stabiliser un EBITDA retraité entre 11,9 et 12,1 milliards d’euros (il y a un an le Groupe avait annoncé un EBITDA retraité de 12,1/12,6 Milliards d’euros et stabilisé pour le futur sur ces bases) et  le retour du ratio dette nette / EBITDA autour de x2. Il ne prévoit qu’une croissance externe sélective limitée aux pays sur lesquels il est déjà présent. Il a confirmé également pour 2014  un dividende de  0,60€ par action (avec un acompte de 0,20€ déjà payé  en décembre 2014, le solde 0,40 € sera payé le 10 juin prochain) et il prévoit un dividende identique pour 2015 avec « une possible hausse dans le futur ».

En fait, lors de la présentation des résultats 2014 le Groupe a annoncé une  » réunion investisseur » pour le 17 mars prochain au cours de laquelle il devrait présenter un plan stratégique 2015/2020, succédant au plan stratégique 2011/2015 loin d’avoir été réalisé pour 3 raisons essentielles, la crise économique (qui dure encore), l’arrivée en France d’un 4ème opérateur mobiles, la gestion des secteurs France et Entreprises  pour le moins  incohérente avec l’environnement économique…

 

Un point important a enfin été constaté en 2013, un vrai tournant : le Groupe semble avoir pris conscience de sa très faible productivité sur les entités France et Entreprises notamment et a réalisé de premières économies de gestion significatives, poursuivie en 2014. Pour 2015 il a simplement indiqué vouloir poursuivre ses efforts de réduction de coûts.

 Le volume de « main d’oeuvre extérieure » aggrave la sous compétitivité de l’entité France.

Les investissements réalisés sur cette entité, largement supérieurs à ses concurrents, ne permettent pourtant pas le simple maintien des parts de marché, sont ils justifiés et surtout appropriés?.

 Le Groupe étant conduit à vendre des actifs pour maintenir un ratio de dette nette acceptable, sa croissance externe semble paralysée tant qu’il n’aura pas résolu son problème majeur de compétitivité en France.

 

Il a par ailleurs, fait l’objet de très lourdes sanctions de la part des autorités fiscales et de la concurrence qui lui ont coûté plus de 4Mds€ sur les 7 derniers exercices (encore plus de 400 millions d’euros en 2014)…et les affaires en cours risquent d’aggraver ces sommes.

 

11 –  Le cours de l’action

 

Le cours de l’action en 2014 s’est redressé fortement, après un plus haut de 14,93 € et un plus bas de 8,70€ ;  l’action a terminé l’année sur un cours de 14,13€, ce qui a permis une revalorisation de la valeur théorique du Groupe à environ 68 milliards d’euros (dette nette incluse) .

Cette amélioration se poursuivra t- elle en 2015 ? Plusieurs facteurs externes au Groupe poussent à l’optimisme, le redémarrage de la croissance économique en Europe, l’abondance des liquidités due à la politique de la BCE,  le taux des obligations partout à la baisse, voire négatif, tout cela contrarié potentiellement par des problèmes socio politiques (sud de l’Europe) induits par le surendettement des Etats… D’autres facteurs internes au Groupe et notamment au secteur France rendent plus prudents. Parmi ceux ci,  comme on l ‘a noté, la croissance des coûts directs au 4ème trimestre 2014 , une reconfiguration du marché français au calendrier très incertain tout comme ses modalités, avec une possible relance de la « guerre des prix », les coûts d’achat de fréquences mises en vente par l’Etat avant la fin de l’année 2015 pour abonder le budget de la Défense Nationale sans creuser son déficit…

L’annonce des résultats 2014 a cassé la dynamique de hausse du cours, la prochaine réunion investisseurs mais surtout les résultats trimestriels seront bien sûr essentiels pour donner  la tendance.

 

12 Les onze derniers exercices en chiffres

 

Dans le tableau ci-après les chiffres indiqués sont exprimés en milliards d’euros et les ratio en %; ils sont extraits des rapports financiers annuels publiés par l’entreprise. Pour 2010 et après, les chiffres indiqués sont ceux du nouveau périmètre du Groupe (sans la filiale Everything Everywhere EE) ce sont des chiffres comptables et non des chiffres à base comparable et hors éléments exceptionnels.

Tab 12

2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014
Chiffre d’affaires 46,63 46,12 46,15 48,08 51,7 52,95 53,48 50,95 45,5 45,27 43,51 40,98 39,44
MBO 14,91 17,30 17,92 18,41 18,53 19,11 19,39 17,25 14,33 15,129 12,49 12,23 11,11
MBO/CA 31,9% 37,51% 38,82% 38,29% 35,84% 36,1% 36,3% 33,88 31,49 33,4 28,7 29,84 28,16
Résultat d’exploitation 6,80 9,55 9,3 11,28 6,98 10,79 10,27 8,11 7,56 7,94 4,06 5,28 4,57
Résultat financier -4,3 -4,2 -3,62 -3,35 -3,25 -2,65 -2,98 -2,3 -2 -2 -1,72 -1,75 -1,63
Résultat net global du groupe -20,9 3,72 3,21 6,36 4,76 6,81 4,49 3,46 4,87 3,82 1,10 2,13 1,22
Résultat net part des actionnaires de Orange sa -20,73 3,2 3,01 5,7 4,13 6,30 4,06 2,99 4,87 3,82 0,82 1,87 0,92
Capex (investissements) 7,44 5,08 5,13 6,04 6,73 7 6,86 5,65 5,88 5,77 5,81 5,63 5,63
Achat licences 0,134 - 0,004 0,097 0,283 0,085 0,027 0,05 0,51 0,94 0,94 0,48 0,48
Investissements financiers 2,22 0,23 4,93 7,60 0,25 1,11 0,6 1,52 1,06 0,42 1,5 0,061 0,048
Free Cash Flow (3) 0,32 7,58 7,68 7,48 7,1 7,8 8,01 8,35 6,7 6,28 5,7 4,5 4
Dette nette 68,01 44,16 49,82 47,84 42 37,98 35,85 32,9 31,84 32,33 30,5 30,7 26,1
Fonds propres consolidés -9,9 12,06 17,68 28,43 31,63 34,32 31,19 28,74 31,54 29,59 25,7 26,33 31
Cours de clôture de l’action au 31/12 (1) 14,5€ 22,66€ 24,36€ 20,99€ 20,95€ 24,43 19,96€ 17,41 15,59 12,13 8,40 9 14,13
Valeur théorique du groupe au 31/12 (2) 98 96 113 103 96 102 89 80 72 65 53 55 68

 

  1. cours de l’action en euro
  2. valeur théorique approximative en milliards d’euros, elle est égale à la dette nette ajoutée à la capitalisation en bourse. Elle est couramment exprimée en multiple d’EBITDA ou MBO. (x6 fin 2014)
  3. estimé à partir de 2012.

PS: Ce dossier sera repris et complété après publication par le Groupe du document de référence pour  2014. Il pourra être revu sur le site internet de l’AASGO.

Fait le 14/03/2015 par B.Castanier.

 

Les grandes lignes du plan stratégique 2015/2018/2022 présenté le 17 mars 2014 sont les suivantes:Les CAPEX: ils passeront de 14 à 16% du CA sur les 4 exercices 2015 à 2018, soit environ 6,4 Mds€ par an ou 25,6 Mds€ sur 4 ans. Sur cette période 15 Mds€ seront consacrés aux réseaux (fixe et mobile), dont 4,5Mds€ pour le FTTH en France et 5 Mds€ pour la 4G.

 

Sur cette même période les efforts de réduction des coûts sur annoncés à hauteur de 3 Mds€.

 

Sur le secteur France, l’EBITDA pour 2015 /  2018 serait supérieur à celui  réalisé en 2014,  le CA étant stabilisé pour l’exercice 2016. Sur la période est annoncé le départ de 25000 collaborateurs et une embauche de 1900 employés et cadres en 2015 et 2016.

Le développement du FTTH en France est prévu comme suit: Prises au 31/12/2014: 3,6 millions, Prises au 31/12/2018: 12 millions, Prises au 31/12/2022: 20 millions.

 

Sur le secteur Europe, l’EBITDA est annoncé en hausse par rapport à celui de 2014.

 

Sur le secteur AMEA, sur la période, chiffre d’affaires et EBITDA sont annoncés en hausse de 20%.

 

Sur le secteur OBS, le CA serait stabilisé en 2016 et l’EBITDA serait stabilisé en 2017.