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Les Résultats 2018 d’Orange : l’analyse synthétique de l’AASGO

Après la publication des comptes annuels par l’ensemble des opérateurs en France, Altice Europe (dont SFR) étant le dernier à publier le 28 mars, après Iliad le 19 mars et Bouygues et Orange le 21 février, nous souhaitons partager nos principales analyses des résultats du groupe Orange.

 

Le contexte concurrentiel reste extrêmement difficile pour l’ensemble des opérateurs, mais les positions commerciales et financières respectives bougent significativement.

 

Free est le grand perdant ; il a confirmé avoir perdu plus de 250 000 clients dans le mobile et près de 100 000 dans le fixe en 2018. Son chiffre d’affaires est en baisse de près de 2% en France. Néanmoins son taux d’EBITDA progresse de 1,3 point à 37,9% par rapport 2017. Le Résultat opérationnel courant et le Résultat net groupe sont en baisse d’environ 20%. Le ratio d’endettement passe de 1,4 à 2,3 fois l’EBITDA. Pour faire rentrer du cash, Iliad envisage de céder des antennes télécoms. Le cours de bourse d’Iliad est revenu 7 ans en arrière, soit au niveau correspondant à celui du lancement du mobile ; cette sanction s’explique par la perte de son statut de « valeur de croissance », voire même davantage compte tenu de ses résultats 2018. En vue de tenter de rétablir la confiance des investisseurs, le dividende passe de 0,68 € en 2018 à 0,90 €. Par ailleurs, Iliad lance sa première opération d’actionnariat salarié baptisée « Up2Share ».

 

Chez Bouygues Telecom, l’année 2018 a été marquée par une dynamique commerciale solide dans toutes les activités qui s’est traduite par un gain de 573 000 nouveaux clients mobile et 235 000 nouveaux clients fixe. Son chiffre d’affaires est en hausse de 6% sur 1 an. Le taux d’EBITDA est de 29,8 %, en hausse de 2,8 points sur un an. Le Résultat opérationnel courant est en hausse de 35%. Le résultat net n‘est pas calculé au niveau du segment télécom mais le Résultat opérationnel est en hausse de 63%, en intégrant 250 millions de produits non courants liés aux plus-values de cession de sites Mobile et d’infrastructures FttH. Le dividende de 1,70€ par action reste stable. Fin 2018, le groupe Bouygues a annoncé le renforcement de d’actionnariat salarié avec l’opération « Bouygues Confiance n°10 ».

 

Altice Europe annonce un gain de 1,03 million de clients mobile recrutés par SFR en 1 an qui porte son parc à 13,5 millions d’abonnés et dépasse celui de Free (13,4). Sur le fixe SFR gagne 300 000 nouveaux clients. Malgré cette dynamique commerciale, le chiffre d’affaires est en baisse de 4,3% et l’EBITDA de 9%. SFR a réalisé beaucoup de cession en 2018, dont 49,99% de son réseau fibre en France, en vue de contribuer à la baisse de la dette d’Altice Europe.

 

Concernant les résultats du Groupe Orange, nous avons noté que le chiffre d’affaires est en hausse de 1,3% au niveau Groupe et de 0,9% en France. Sur le plan de la performance commerciale en France, les ventes nettes de contrats mobiles ont été de 385 000 en 2018 ; les ventes nettes THD fixe ont été de 232 000 (dont + 592 000 en FttH).

 

L’EBITDA « ajusté » Groupe progresse de 2,6% (+ 345 M€) à 13,005 Md€; en France, sa progression est de 2,9% (+197 M€). Le taux de marge en France progresse de 0,7 point à 39,8%. Après prise en compte des litiges et des charges spécifiques de personnel (dont le nouveau plan TPS), l’EBITDA France est en baisse de 96 M€ à 6,348 Md€.

 

Le passage de l’EBITDA au Résultat d’exploitation, en hausse de 1,1% à 4,829 Md€, s’explique essentiellement par une hausse de 201 M€ des dotations aux amortissements (-7,047 Md€ en 2018).

 

Le passage au résultat net, en hausse de 147 M€ en 2018, à 2,158 Mds€, s’explique essentiellement par le résultat financier dont le coût est en baisse de 22 M€, à -1,343 Md€, et l’impôt sur les Sociétés, dont le coût est en hausse de 257 M€, à -1,309 Md€.

 

Les CAPEX Groupe augmentent de 3,5% à 7,442 Md€ (+ 233 M€). Ceux de la France sont en hausse de 6% à 3,656 Md€. Le Cash-Flow Opérationnel (EBITDA – CAPEX) Groupe est en hausse de 1,7% (+ 152 M€) à 5,563 Md€. Celui de la France est en baisse de 9,6% à 2,692 Md€. En ne retenant que les CAPEX de l’activité télécoms, le Cash-Flow Opérationnel dégagé en 2018 est de 5,745 Md€.

 

L’allocation / l’utilisation de ce Cash-Flow Opérationnel est essentiel pour juger de la soutenabilité du dividende ; cette allocation peut être divisée en 5 catégories/parties prenantes :

  • les besoins de l’activité (variation du BFR, fournisseurs CAPEX, licences télécom, autres éléments opérationnels) consomment 27,7% en 2018, soit 7,3 points au-dessus de 2017 ; cette hausse s’explique en partie par des achats de stocks en toute fin d’année 2018 ;
  • la rémunération des banques/prêteurs (intérêts décaissés, coupons sur titres subordonnés) consomme 25,9% en 2018, soit 1,9 points au-dessous de 2017 ; en ligne avec la baisse des taux d’intérêts ;
  • l’Impôt sur les sociétés consomme 16,2% en 2018, soit 5,7 points au-dessus de 2017 ;
  • la rémunération des actionnaires (dividendes versés) consomment 36,7% en 2018, soit en légère augmentation de 1,5 point au-dessus de 2017, suite à la décision de porter le dividende à 0,70€ ;
  • les acquisitions et cessions consomment 8,3% en 2018, alors qu’en 2017, les cessions avaient générées un flux positif représentant un apport équivalent à 6,6% de Cash-Flow Opérationnel ;
  • le traitement de certains risques et de la dette (autres éléments financiers) consomment 13,0% en 2018, soit 11,1 points au-dessus de 2017.

 

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En conséquence, l’endettement financier augmente de 6,3% à 25,441 Md€ (+ 1 598 M€), alors qu’il avait baissé de 601 M€ en 2017.

 

La hausse de l’endettement s’explique donc essentiellement par des facteurs exceptionnels (autres éléments financiers, acquisitions) et par la hausse de l’IS. La hausse du dividende est très légèrement supérieure à l’évolution du Cash-Flow Opérationnel, avec un niveau de CAPEX très élevé (18% du CA). On peut d’ailleurs remarquer que sans le nouveau plan TPS, la part de Cash-Flow Opérationnel consommée par les dividendes aurait été en baisse. Le résultat net par action aurait également été supérieur au dividende distribué.

 

En conclusion, nous restons actuellement favorables au maintien du dividende au niveau actuel (0,70€), avec une progression envisagée en fonction de la progression du Cash-Flow Opérationnel et du ROCE.

 

Si on analyse les résultats 2018 à l’aune de leur politique d’actionnariat salarié, on peut noter une réelle corrélation entre la qualité de ces résultats et la part du capital détenue par les salariés :

 

Bouygues qui présente l’actionnariat salarié le plus développé (les actionnaires salariés détenaient déjà 17,6 % du capital et 23,9 % des droits de vote au mois d’août 2018) tire profit de la stabilité de son actionnariat et de l’implication des salariés dans la performance de l’entreprise.

 

Free qui affiche des résultats en fort recul a décidé de lancer une première augmentation de capital réservée aux salariés et augmente son dividende.

 

Orange dont les résultats 2018 sont conformes aux objectifs, a confirmé le niveau de dividendes visé et mène une politique de distribution d’actions gratuites.

Actuellement, aucune Offre Réservée au Personnel (ORP) n’est clairement envisagée, mais l’AASGO va faire porter ce dossier à l’AG des actionnaires d’Orange. Nous sommes en effet convaincus qu’un haut niveau d’actionnariat salarié est un réel facteur clé de succès pour accompagner le développement à long terme du Groupe.

 

 

Le tableau ci-après permet de valoriser l’évolution du partage de la valeur ajoutée (indicateur estimé car non produit par le Groupe) entre 2017 et 2018, entre le personnel, l’Etat, les investissements et les actionnaires.

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Rester maître du destin de l’entreprise, une étude de Deloitte – janvier 2019

ASSEMBLÉES GÉNÉRALES : MIEUX ÉCOUTER LES ACTIONNAIRES

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En synthèse : rester maître du destin de l’entreprise ! L’AASGO a fait une lecture de l’étude Deloitte. Elle donne un bon éclairage sur un mouvement de fond qui met la pression sur les grandes entreprises avec l’objectif de les rendre plus performantes.

Cette étude récente faite par un cabinet d’audit international de premier plan sur un phénomène important, renforce la nécessité d’un actionnariat salarié fort pour résister, si besoin, à des mesures que nous jugerions non favorables aux salariés.

Par son indépendance et sa capacité à suivre les sujets majeurs concernant l’évolution des stratégies d’investisseurs, l’AASGO reste attentive à ces bouleversements possibles et défend l’intérêt de ses adhérents et des actionnaires salariés.

Notre détermination à faire progresser l’actionnariat salarié au sein d’Orange est un puissant moteur de notre action !

 

 

Quelques mots de décryptage sur l’étude :

  • le constat : le phénomène des fonds d’investissement activistes est passé d’une tendance américaine à un « phénomène mondial » qui touche l’Europe (récemment : Telecom Italia, Pernod-Ricard)
  • les fonds passent au peigne fin le « fonctionnement du Conseil d’Administration, les décisions stratégiques, la performance opérationnelle, l’offre commerciale, les investissements »… Et ensuite proposent des « mesures concrètes visant à améliorer le rendement pour l’actionnaire »
  • l’étude ne donne pas d’avis sur les « mérites et les défauts » des fonds activistes
  • les fonds activistes peuvent « solliciter d’autres fonds plus passifs » qui apportent néanmoins leur soutien (effet « side car »)
  • l’étude fournit une « grille d’auto-évaluation » qui reprend les 9 critères qu’utilisent ces fonds pour « pointer les faiblesses et les opportunités restées inexploitées ».

 

 

Si les fonds d’investissement activistes opèrent sur le marché depuis déjà longtemps,ils deviennent à présent des acteurs incontournables à cause de la combinaison d’un environnement réglementaire favorable et de l’abondance des liquidités à investir. Ils sont mieux préparés que jamais : plus de fonds à déployer, plus de ressources engagées pour effectuer des analyses sophistiquées pour maximiser les chances d’aboutissement de leurs campagnes et des stratégies plus affûtées qui exploitent la moindre faiblesse dans la structure de la société ciblée. De plus, ils courtisent et influencent en amont les actionnaires passifs afin qu’ils votent les décisions-clés en faveur de leur projet le moment venu.

 

 

L’étude de Deloitte, fait le point en 28 pages : rester maitre du destin de l’entreprise

  • Première partie Perspectives actuelles sur les fonds  activistes
  • Deuxième partie L’approche pratique et l’état d’esprit  des fonds activistes
  • Troisième partie Comment être votre propre activiste :  une auto-évaluation rigoureuse
  • Conclusion
  • Contacts

 

 

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 L’étude est téléchargeable en consultation en cliquant ici

 

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A propos de Deloitte : Deloitte fait référence à un ou plusieurs cabinets membres de Deloitte Touche Tohmatsu Limited (DTTL), société de droit anglais (« private company limited by guarantee »), et à son réseau de cabinets membres constitués en entités indépendantes et juridiquement distinctes. DTTL (ou « Deloitte Global ») ne fournit pas de services à des clients. Pour en savoir plus sur notre réseau global de firmes membres : www.deloitte.com/about.

 

 

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Point d’étape sur la Loi Pacte

Par Loïc Desmouceaux, Président de la FAS

 

Remarque préliminaire

Le projet de loi pour la croissance et la transformation des entreprises (PACTE) vient d’être adopté en première lecture par l’Assemblée Nationale. Il sera examiné en janvier 2019 par le Sénat et, compte tenu de la procédure parlementaire, ce n’est sans doute pas avant le printemps 2019 qu’il sera définitivement adopté et promulgué –sans doute après un examen par le Conseil constitutionnel de certaines de ses très nombreuses dispositions. On ne peut donc faire en novembre 2018 qu’un bilan d’étape avant de possibles évolutions –dont certaines feront l’objet de propositions de la FAS aux sénateurs.

 

LES PROPOSITIONS DE LA FAS DANS LE CADRE DU PROJET DE LOI PACTE

Sachant que la loi PACTE ne contiendrait pas de mesures relatives à la fiscalité du patrimoine, la FAS a agi auprès du gouvernement, puis des députés pour :

  • Favoriser le développement de l’actionnariat salarié
  • Renforcer la protection des intérêts des actionnaires et notamment des actionnaires salariés
  • Renforcer la participation tant directe qu’indirecte des actionnaires salariés à la gouvernance des entreprises
  • Mieux former et conseiller les épargnants salariés.
  1. Favoriser le développement de l’actionnariat salarié

La FAS a suscité deux des mesures du projet de loi :

  • L’extension aux opérations de cession hors marché de l’obligation pour l’Etat de proposer une tranche de 10% des actions cédées aux salariés et anciens salariés éligibles, dès lors qu’il détient plus de 10% du capital (hors très petites participations) ;
  • Un forfait social ramené à 10% (au lieu de 20%) pour l’abondement de l’entreprise en cas d’acquisition de titres de l’entreprise ou d’une société de son groupe ; c’est la première fois que le taux du forfait social dépendra de la nature du placement et, en l’occurrence, de la prise de risque, ce que la FAS défend constamment dans ses propositions.
  1. Renforcer la protection des intérêts des actionnaires et notamment des actionnaires salariés

La FAS a obtenu par amendement parlementaire une mesure de protection des actionnaires salariés dans le cadre des sociétés par actions simplifiées (SAS) : l’interdiction de leur imposer par les statuts des obligations de cession forcée de leurs titres, d’agrément pour leur cession, ou encore d’inaliénabilité pendant 10 ans (clauses que la loi rend normalement possible dans le cadre des SAS).

Dans ce domaine, la FAS a par contre échoué dans ses propositions de deux mesures :

  • Un vote à la majorité des 2/3 pour autoriser en assemblée générale extraordinaire la cession de plus de 50 % des actifs d’une société (cas d’Alstom), ce qui est imposé en cas de scission ;
  • Des restrictions à l’abaissement de 95% à 90% du seuil du capital détenu pour imposer aux actionnaires minoritaires (qui peuvent être des actionnaires salariés) la cession forcée de leurs actions cotées (procédure de retrait obligatoire), ce qui peut permettre des manœuvres spoliatrices, sous réserve du contrôle que pourra exercer l’AMF.
  1. Renforcer la participation tant directe qu’indirecte des actionnaires salariés à la gouvernance des entreprises

La FAS a obtenu 3 avancées législatives :

  • La suppression pour certaines sociétés de s’exonérer de la présence d’un administrateur actionnaire salarié dès lors qu’elles avaient, avant 2013, au moins un administrateur salarié (cas notamment de la Société Générale et de BNP Paribas) ;
  • L’obligation pour les sociétés non cotées d’avoir un administrateur actionnaire salarié dès lors qu’elles sont tenues d’avoir au moins un administrateur salarié et que les actionnaires salariés détiennent au moins 3% du capital ;
  • Possibilité pour les sociétés de prévoir dans leur statuts que les actions gratuites détenues au nominatif, dont l’attribution a été autorisée avant la loi Macron du 6 août 2015, entreront dans le périmètre de leur actionnariat salarié  pris en compte pour la désignation d’un administrateur actionnaire salarié (ce qui est légalement obligatoire dans le cas d’actions gratuites dont l’attribution a été autorisée après la publication de la loi Macron).
  1. Mieux former et conseiller les épargnants salariés.

Un amendement parlementaire adopté dispose que le règlement d’un PEE devra prévoir « les modalités d’une aide à la décision pour les bénéficiaires ». Ceci est une revendication majeure de la FAS. Pour autant, il est inquiétant de constater que faute de précisions, rien ne garantirait l’objectivité et l’absence de conflits d’intérêts lors de ce conseil qui, pour des raisons économiques, pourrait être automatisé. La FAS proposera donc aux sénateurs de mieux encadrer cette aide à la décision.

 

AUTRES MESURES IMPORTANTES DE LA LOI PACTE

  1. Le relèvement du plafond de la décote lors des offres réservées aux salariés et anciens salariés, porté de 20% à 30% (et de 30% à 40% en cas d’indisponibilité d’au moins 10 ans)

 

  1. La possibilité pour l’entreprise d’effectuer un versement unilatéral, d’un montant uniforme pour tous ses salariés, pour l’acquisition d’actions de l’entreprise ou d’une société de son groupe (à l’image de ce qui existe pour le PERCO). Les actions seront dans ce cas indisponibles pendant 5 ans au moins. Le plafond de ce versement sera fixé par décret et ce versement suivra les règles fiscales et sociales applicables à l’abondement. Le texte ne prévoyant pas le relèvement de taux en cas de remplacement de la décote par des actions gratuites, la FAS proposera aux sénateurs de remédier à ce qui est sans doute un oubli.
  2.    L’intéressement versé dans les PME (moins de 250 salariés) sera exonéré de forfait social, tout comme la participation dans les entreprises de moins de 50 salariés.
  3. L’intéressement pourra être calculé en prenant en compte un objectif pluriannuel lié aux résultats et aux performances de l’entreprise. S’ajoutent diverses mesures techniques pour éviter des non versements liés aux plafonds individuels et pour prendre en compte des changements affectant l’entreprise (fusion, scission…).

 

  1. Les plafonds individuels sont portés respectivement à ¾ et à 3 fois le montant du plafond annuel de la sécurité sociale pour l’intéressement et la participation.

 

  1. Un droit à la formation économique, financière et juridique d’une durée minimale de 3 jours pour les représentants des porteurs de parts dans les conseils de surveillance des FCPE (et les administrateurs de SICAV d’actionnariat salarié).

 

  1. Un relevé annuel de situation de l’épargne de chaque bénéficiaire du PEE et des  opérations réalisées, ainsi qu’un plafonnement des frais supportés par les anciens salariés.

 

  1. Une modification du calcul du plafond d’attribution d’actions gratuites excluant les actions non définitivement acquises et celles pour lesquelles il n’y a plus d’obligation de conservation.

 

  1. L’interdiction pour les représentants de l’entreprise dans les conseils de surveillance de FCPE de prendre part au vote (mais non aux délibérations) sur les résolutions présentées à l’assemblée générale. Cette mesure issue d’un amendement parlementaire est motivée par le conflit d’intérêt dans lequel se trouvent les représentants de ceux qui ont proposé les résolutions. Mais elle pose potentiellement la question de conflits d’intérêts chez les représentants non élus des porteurs de parts (qui peuvent notamment avoir fait adopter un projet de résolution par le comité social et économique) et par répercussion la question de la composition de conseils de surveillance  ne comportant que des représentants non élus des porteurs de parts et de l’entreprise (50/50), dont la conformité à la directive européenne du 11 juillet 2007 sur certains droits des actionnaires est douteuse. La FAS suivra avec une particulière attention l’évolution possible du texte.

 

  • La possibilité pour l’Etat de participer aux frais supportés par l’entreprise en cas de cession de ses propres actions et de prendre en charge un rabais de 20% en cas de cession de la majorité des actions au secteur privé (« privatisation »), ce qui pourrait être déterminant pour la réussite de l’opération concernant l’actionnariat salarié.

 

  • Abaissement de 12 à 8 du nombre d’administrateurs (hors administrateurs salariés et administrateurs actionnaires salariés) entrainant la présence d’un deuxième administrateur salarié dans les sociétés concernées en raison de leurs effectifs.

Remarque importante

Le gouvernement souhaitant appliquer dès le 1er janvier 2019 les réductions et exonérations de forfait social, les mesures correspondantes devraient être prochainement introduites par amendement gouvernemental dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2019 actuellement soumis au Parlement.

 

L’IMPACT DE LA LOI PACTE POUR ORANGE

Il dépendra principalement de la volonté ou de la possibilité financière pour l’entreprise d’utiliser les dispositions nouvelles. Ceci conduit à lister des possibilités :

  1. L’augmentation du taux de la décote lors des offres aux salariés et anciens salariés (passage de 20% à 30%)
  2. Une tranche de 10% réservée aux salariés et anciens salariés en cas de cession d’actions par l’Etat sur le marché ou hors marché.

Attention :

  1. a) ceci ne peut s’appliquer qu’aux cessions d’actions par l’Etat et non par la BPI
  2. b) si la participation de l’Etat au capital d’Orange venait à descendre au-dessous de 10%, l’Etat cesserait d’être tenu de réserver une telle tranche lors de cessions ultérieures.
  3. Possibilité de versement unilatéral et uniforme à tous les salariés pour l’acquisition  d’actions d’Orange (ou de sociétés entrant dans le périmètre de consolidation des comptes).
  4. Possibilité de prendre en compte des objectifs pluriannuels pour le calcul de l’intéressement.
  5. L’inclusion dans le périmètre de l’actionnariat salarié des actions gratuites détenues depuis 2009 au nominatif par des salariés toujours en activité dans l’entreprise (l’article 13.3 des statuts tel que rédigé pourrait le rendre automatiquement possible).
  6. La formation des représentants des porteurs de parts aux conseils de surveillance des FCPE.
  7. L’aide à la décision pour les bénéficiaires du PEG lors de leurs placements ou de leurs arbitrages.

 

 

 

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Pourquoi nous sommes favorables à un « bon niveau » de dividende  

Un article de Olivier Dezetave, membre du Conseil d’Administration de l’AASGO, qui reflète nos positions 

 

Après la publication le 14 mai 2018 du dernier rapport de l’ONG OXFAM intitulé : « CAC 40 Des Profits SANS partage » et aux nombreuses reprises par les média des conclusions de ce rapport qui oppose les actionnaires qui reçoivent de « généreux dividendes », les salariés qui ne « reçoivent que les miettes » des profits générés et l’investissement qui se trouve « pénalisé ».

Dans ce schéma sans nuance, l’actionnaire-salarié, bicéphale tel le Dieu JANUS, peut se sentir dérouté et s’interroger sur le niveau de ce dividende. Il nous a donc semblé utile d’apporter ci-dessous quelques éléments d’éclairage aux membres de l’AASGO.

D’abord, on rappellera que la rémunération de l’actionnaire ne se mesure pas qu’au seul dividende perçu, il faut aussi prendre en compte l’évolution du cours de l’action. C’est uniquement la prise en compte des deux composantes, sur une durée suffisamment longue, qui permet d’évaluer la rentabilité du capital pour l’actionnaire (le « Return On Equity »).

En outre, d’un point de vue strictement financier, lorsque le dividende est versé (le « coupon est détaché »), la trésorerie de l’entreprise est diminuée d’autant et la valeur de l’entreprise également. Du strict point de vue de l’actionnaire, l’opération en elle-même est donc neutre en termes de valorisation de son capital. A l’occasion du détachement de coupon, l’actionnaire peut décider librement de l’affectation du montant perçu. Il peut notamment décider de le réinvestir dans la même entreprise (« dividendes réinvestis ») ou dans une autre, notamment pour répartir son risque.

Traditionnellement, les entreprises en phase de forte croissance distribuent peu de dividendes car elles réinvestissent l’essentiel, voire la totalité des profits générés par leur activité. Si l’entreprise démontre, année après année, que son modèle est performant et anticipe de bons niveaux de croissance et de profits futurs, les actionnaires pourront se satisfaire de ne pas percevoir de dividendes car les bons résultats de l’entreprise se retrouveront probablement dans les cours de bourse.

Corrélativement, les entreprises leaders, en particulier sur des marchés matures, ne connaissent pas forcément des niveaux de croissance élevés et peuvent, si elles dégagent de bons résultats, se permettre de distribuer des dividendes élevés sans remettre en cause leur rentabilité future ni leur capacité d’investissement.

Si les marchés financiers classent l’entreprise dans la catégorie des entreprises en forte croissance et que sa croissance ralentit, le passage à la catégorie d’entreprise plus « installée » dans le marché se fait souvent dans la douleur ; le cours de bourse peut être en recul violent le jour où la surcroissance par rapport à celle du marché touche à sa fin. Les actionnaires d’Iliad viennent de s’en rendre compte, à l’occasion de la publication des résultats du T1 2018 : l’action a baissé de près de 20% en une séance et retrouve des cours d’il y a plus de 5 ans. Dans ce cas, la politique de faible dividende mise en œuvre par Iliad ces dernières années aura été très pénalisante pour ses actionnaires sur ces 5 dernières années.

Par ailleurs, en limitant l’analyse du niveau des dividendes des seuls groupes du CAC40, on ne prend en compte, par définition, les start-ups et les PME en fortes croissance, mais des groupes souvent leaders européens, voire mondiaux. Et par rapport à d’autres indices, le CAC 40 se singularise par un poids significatif de secteurs distribuant d’importants dividendes tels les banques, les assurances, l’énergie, l’eau et la pharmacie.

On peut rappeler également qu’une très grosse part des résultats des groupes du CAC 40, très internationalisés, est réalisée à l’étranger. Il est donc peu significatif de comparer le niveau de la participation et des primes d’intéressement distribuées aux seuls salariés français, dont la part dans les effectifs est souvent inférieurs à 50%, aux dividendes perçus par l’ensemble des actionnaires. Et comme le rappelle l’économiste Patrick Artus dans son dernier livre « Et si les salariés se révoltaient » : « la France est l’un des rares pays où les salaires augmentent plus vites que la productivité et où la part des salaires dans le PIB a augmenté ces dernières années». En effet, il ne s’agit pas d’évaluer la part de redistribution de bénéfices aux salariés par rapport aux actionnaires, mais d’évaluer, dans le temps, la part de la rémunération du travail dans la valeur ajoutée crée par l’entreprise.

L’affirmation que la distribution de dividende pénalise l’investissement est également simplificateur. D’abord, dans une période de taux d’intérêts très bas, il peut être plus pertinent de financer les investissements par l’emprunt. Et, très souvent, ces groupes présentent des trésoreries positives très importantes, bien au-delà des besoins de distribution de dividendes car elles peuvent manquer à court terme de projets rentables et cohérents avec leur stratégie.

Un des groupes (du CAC 40) préférés des investisseurs individuels depuis de longues années c’est Air Liquide. Depuis presque 30 ans le Groupe a distribué un dividende élevé et en progression régulière sans mettre en danger sa capacité d’investissement opérationnel tout en créant des emplois. Mais le jour où le Conseil d’Administration a décidé d’une acquisition majeure aux Etats-Unis, Air Liquide a fait appel au marché et les actionnaires ont largement suivi ce besoin de financement en considérant qu’il était conforme à la stratégie et source de croissance future du chiffre d’affaires et des résultats.

Par ailleurs, l’acte d’investir n’est pas « bon en soi » : accroitre ses capacités de production sans être sûr que le marché pourra absorber cette production supplémentaire serait une décision erronée. Le versement d’un bon niveau de dividende peut permettre d’éviter ce risque de surinvestissement. On peut parler également  d’une certaine discipline en matière d’investissement attendue par les actionnaires. Certains groupes ayant constitués des « trésors de guerre » décide d’ailleurs du versement d’un dividende exceptionnel aux actionnaires. Cela a été le cas récemment d’Apple qui distribuait peu de dividendes. « Nous rendons la trésorerie aux investisseurs comme nous l’avions promis », a déclaré le directeur financier Luca Maestri.

On peut également rappeler que le CAC 40 est détenu à 44% par des actionnaires non-résidents (Les Echos, 26 septembre 2017), avec quelques acteurs de poids comme BlackRock et le fonds souverain norvégien. La part l’actionnariat individuel est d’environ 8%, celle de l’actionnariat détenue par les salariés de 3,5 %.

Ces grands investisseurs attendent une rémunération équivalente à celles des autres pays, après impact fiscal. Toute augmentation de la fiscalité sur les dividendes doit donc être compensée par un dividende plus élevé.

Au regard des chiffres sur la composition des actionnaires du CAC 40 on peut, sur ce point, partager le constat d’OXFAM qu’une part encore trop grande des actions des groupes du CAC 40 est détenue par des non-résidents. En effet, il  est probable qu’une une part significative des dividendes perçus n’est pas réinvestie en France. Et pour citer de nouveau Patrick Artus, « détenir des actions est un acte citoyen ».

En conclusion, le montant du dividende et sa capacité à progresser régulièrement dans le temps constituent un élément important de la valorisation des actions. Sa progression est pour l’actionnaire une source de confiance dans l’avenir des entreprises, c’est-à-dire dans sa croissance du chiffre d’affaires et des bénéfices.

Pour ces raisons, nous avons, au sein de l’AASGO, apporté notre soutien en 2018 à une augmentation du dividende, en vue d’une distribution aux actionnaires (donc aux actionnaires salariés) d’un « bon niveau » de dividende, c’est-à-dire celui qui permet également de continuer à investir solidement (le ratio CAPEX / CA du groupe est supérieur à 17% en 2017) ainsi que de verser intéressement et participation aux salariés.

 

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Les résultats du groupe Orange pour 2016, l’analyse de l’AASGO

Cette analyse a été réalisée par Bernard Castanier

Le 23 février 2017, lors de la publication des résultats consolidés 2016, le PDG du groupe a tenu à souligner: « nous récoltons en 2016 les fruits de notre stratégie de différenciation  par les investissements et l’expérience client avec le retour de la croissance du CA et de notre EBITDA ….Nos investissements portent notre performance commerciale tirée par le très haut débit fixe et mobile. »

La réaction du  marché a été assez neutre, voire négative, dans un contexte  d’incertitudes socio- politiques d’un monde en évolution. Force est de constater que le cours de l’action Orange reste dans un tunnel de 14/15 euros depuis la mi-2016.

On reviendra  sur le contexte français des Télécommunications  profondément perturbé depuis l’arrivée d’un 4ème opérateur mobile… et après le rachat de SFR par Numéricable,  par les velléités avortées  du dépeçage en trois parties de Bouygues Telecom au profit respectif des 3 opérateurs restants.

 

Les principaux points marquants en 2016  sont les suivants :

 1- Le Chiffre d’affaires (CA)

 Le tableau ci-après traduit l’évolution du chiffre d’affaires consolidé du groupe  selon son nouveau périmètre de consolidation, sans les activités du Royaume Uni qui sont depuis 2010 au sein de la coentreprise avec la filiale anglaise commune avec Deutsche Telekom  « Everything Everywhere (EE)» qui a été vendue à BT, la cession étant finalisée le 25/1/2016:

Les chiffres de cette analyse n’incluent donc  plus les activités au Royaume Uni.

Tab 1 Chiffres en millions d’euros

2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
CA Groupe historique 46568 47699 45944 45503 45277 43515 40981 39445 40236 40918

 

Ce second tableau  permet de constater la répartition du chiffre d’affaires selon les entités les plus importantes ou le regroupement  d’activités:

Tab 2 Chiffres en millions d’euros

2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
France 23267 23726 23639 23308 22534 21431 20018 19304 19141 18969
Espagne 3963 4067 3887 3821 3993 4027 4052 3876 4253 5014
Pologne 4825 5184 3831 3934 3625 3381 3079 2918 2831 2644
Belgique  et Luxembourg         1249 1235 1242
 Europe centrale         1625 1648 1648
Reste du Monde 8287 8322 8308 8248 8795 8281 7792 7374    
Afrique et Moy.Orient         4286 4899 5245
Entreprises 7723 7785 7559 7216 7101 7001 6513 6299 6405 6398
Opérateurs int. et services partagés(OISP) 1240 1349 1388 1600 1610 1623 1702 1814 1915 1812
Eliminations inter secteur (2737) (2734) (2668) (2624) (2381) (2229) (2175) (2140) (2087) (2047)
Total Groupe 46568 47699 45944 45503 45277 43515 40981 39445 40236 40918

 

A partir de l’exercice 2015, le Groupe a distingué plus précisément certains secteurs géographiques où il opère, ainsi la rubrique « Reste du monde » a été divisée en Belgique et Luxembourg, Afrique et Moyen Orient, Europe Centrale.

 

Les chiffres indiqués dans les tableaux ci dessus  sont les chiffres historiques ; ils nécessitent un rappel de l’évolution constatée :

– La crise économique mondiale a eu des effets négatifs sur le secteur d’activité des Télécommunications essentiellement à compter du second semestre 2008 et plus particulièrement  du 4ème trimestre 2008. L’impact de cette crise est plus ou moins fort selon les pays. Cette crise s’éternise en Europe et en France notamment ; elle s’est accompagnée de fluctuations des monnaies, l’euro restant encore en 2015, avec le franc suisse et le yen, une devise forte. L’impact du change est important en 2009 en Pologne notamment (-973 millions d’euros). L’euro restant une devise forte, les écarts constatés en 2009 n’ont pas été comblés depuis,

– Des mesures règlementaires, tant européennes que nationales, ont pesé fortement sur le secteur d’activité; ainsi pour le Groupe Orange, elles représentent à partir de 2009 un manque à gagner de près d’un milliard d’euros par an. Ces mesures, insuffisamment lissées dans le temps, qui pèsent sur tous les acteurs européens du secteur ont aussi été prises au plus mauvais moment puisqu’elles ajoutent leurs effets très négatifs à celui de la crise économique. Certains opérateurs ont su malgré tout,  maintenir leur marge brute. L’effet de ces mesures est maintenant limité.

-Des crises politiques et sociales qui touchent certains pays d’Afrique et du Moyen Orient.

– L’impact de la concurrence est partout présent et plus particulièrement sur les marchés matures ce qui est le cas des marchés  européens, cet impact est accentué en France avec l’arrivée en 2012 d’un 4ème opérateur de mobiles, qui a obligé Orange France  à revoir à la baisse son offre mobiles ; la concurrence se développe très fortement en Europe, Afrique, Moyen Orient, etc…

– Le changement de périmètre, (la cession d’Orange Suisse en 2012 par exemple induit une perte de CA de plus d’un milliard d’euros, celle d’Orange Dominicana en avril 2014 près de 500 millions d’euros. La consolidation de Medi Telecom et de Jazztel depuis le 1/7/2015 compense  ces pertes de CA.

En données à base comparable, le chiffre d’affaires du Groupe augmente  de 0,6% en 2016 , après une stagnation en 2015  et  – 2,5% en 2014,- 5,1% en 2013 ,  et – 2,7% en 2012 . Il avait déjà baissé de 1,6% en 2011, de 1,4% en 2010,  de 1,8% en 2009, et était en croissance  de 2,9% en 2008 par rapport à 2007. En donnée comptables (historiques) le CA du Groupe est pour la deuxième année consécutive en hausse de +1,7%.

Par pays  ou entités, l’évolution du CA du Groupe sur  une base comparable, 2016  par rapport à 2015, est plus contrastée. On observe en France une baisse  de -1% en 2016, après -0,8% en 2015 , – 3,5% en 2013 ,  -6,6% en 2013,  -5% en 2012, -3,3% en 2011 et  – 1,4% en 2010;

En Espagne, on constate  une nette hausse de 6% après  une baisse de -2,3% en 2015 , – 4,4% en 2014  et  une  petite hausse de 0,6% en 2013 ,( au 4ème trimestre 2015 en données comptables (historiques), le CA croit de 21,5%  avec la consolidation  de Jazztel).

En Pologne la baisse reste forte à -2,4% après – 2,3% en 2015 , – 4,5% en 2014 et la  chute de 2013  – 8,6% , – 4,1% en 2012 , – 7,8% en 2011  et  – 5,1% en 2010, soit une perte de plus du quart du CA en 5 ans  imputable en grande partie à la régulation et au cours du change, mais aussi à la concurrence très forte sur tous les marchés (en fait aussi forte que sur le marché français). Au 4ème trimestre 2016  la baisse est ramenée à 1,9%.

Le pôle Belgique Luxembourg  stabilise son CA depuis2015.

Le pôle Europe Centrale est en croissance de 1,9% après  1,4% sur 2015.

Le pôle Afrique et Moyen Orient est en croissance de +2,6% seulement après + 5,1% sur 2015.

Le CA du secteur Entreprises est enfin en petite croissance de + 0,7% après une baisse en 2015 de -0,9% ,  -2,3% en 2014,  une chute de -5,3% en 2013, – 2,7% en 2012,  – 1,6% en 2011, – 4,8% en 2010 et – 3,2% en 2009. Ce secteur a aussi perdu le quart de son CA en 8 exercices!

La base clients est en légère baisse à 262,83 millions  par rapport à  262,912 millions de clients en 2015 dans le monde  (à comparer à 244,161 millions en 2014)  dont 201,73 millions de clients des services mobiles et 18,27 millions de clients des services fixes haut débit, dont 3;3  millions d’accès fibre (1 452 000 en France , 1 610 000 en Espagne etc). Le nombre de  clients est en hausse en Afrique et au Moyen Orient (120,7 millions) ; partout ailleurs il est pratiquement stable ou en  augmentation (parfois assez nette) sauf sur le pôle d’activités Europe Centrale  et Belgique Luxembourg.

 

1.1 Le chiffre d’affaires 2016  par secteur opérationnel est précisé dans le tableau ci-après:

Tab 3

CA réalisé (milliards €) Variation à base comparable en % Nombre de clientsMobile (millions)
FranceMobileRésidentielCA hors éliminations 7,98210,40318,969 -4%+0,7%-1% 30,033
EspagneMobileRésidentielCA 3,1381,8725,014 +6%+5,%+6% 15,910
PologneMobileRésidentielCA hors éliminations 1,4711,0682,604 =-8,4%-2,4% 15,990
Belgique et Luxembourg 1,242 +0,5% 3,956
Europe Centrale 1,648 = 15,146
Afrique et Moyen Orient 5,245 +2,6% 120,68
Entreprises 6,398 +0,7%

 

2 –  L’EBITDA  (ex MBO marge brute opérationnelle)

L’EBITDA  est un solde intermédiaire de gestion non défini par des normes comptables internationales. Il peut varier d’une entreprise à l’autre et d’un exercice à l’autre. L’EBITDA comptable ‘(publié) 2016 est de 11,719 milliards d’euros à comparer  à l’EBITDA 2015  de 11,277 milliards d’euros, 11,112 Mds€ en 2014  en baisse de près de 10% par rapport à 2013 (12,235 Mds€) et à 2012  (12,289 Mds€) . Mais en termes comparables, la marge d’EBITDA 2013 était en baisse d’un milliard d’euros environ par rapport à 2012, (2012 comprenait en effet une charge pour  plan social de 1,28 Md€). Le tableau ci-dessous est révélateur d’un certain rétablissement, en 2014 et après, de la  compétitivité de la plupart des entités du Groupe. On note toutefois que sa marge brute d’exploitation est tombée de 35,5% en 2009 à 29% en 2013, pour remonter à 30,9% en 2014, 28,02% en 2015 et 28,64% en 2016 en légère amélioration.

 

Après retraitement,  le Groupe affiche pour  2016  un EBITDA de 12,682 Mds€ en hausse de 1,3% sur 2015 (12,426Mds€), déjà  en hausse de 0,1% sur 2014.

L’EBITDA 2016 retraité, présenté par entité est indiqué dans le tableau ci-après où il est comparé à l’EBITDA 2015, 2014, 2013,2012, 2011,2010:

 

Tab 4 EBITDA retraité en milliards €; % par rapport au CA hors élimination.

FRANCE Belgique et Luxembourg Espagne Pologne Europe Centrale AfriqueEt MO ResteMonde Entreprises
EBITDA 2016 7,134 0,316 1,349 0,725 0,554 1,658 1,014
EBITDA /CA 2016% 37,6 25,44 26,9 27,42 33,61 31,63 15,84
EBITDA 2015 7,076 0,276 1,068 0,842 0,554 1,667 0,932
EBITDA/CA 2015 % 36,9 22,3 25,1 29,7 33,2 34,1 14,9
EBITDA 2014 6,510 0,958 0,994 2,519 0,910
EBITDA/CA 2014 % 33,72 24,71 34,06 34,16 14,44
EBITDA 2013 6760 1038 0,937 2,511 1,004
EBITDA/CA2013 33,7% 25,6 30,43% 32,22% 15,4%
EBITDA 2012 7,834   0,951 1,156     2,80 1,177
EBITDA/CA2012 36,6%   23,6% 34,2%     33,8% 16,8%
EBITDA 2011 8,569 839 1347 2,99 1,276
EBITDA/CA2011 38% 21% 37,2% 34% 18%
EBITDA 2010 8,813   0,765 1,18     2,941 1,299
EBITDA/CA2010 37,8%   20% 30%     35,7 18%

 

La variation du taux de marge d’EBITDA est la conséquence de plusieurs facteurs, notamment:

– la variation  du chiffre d’affaires,

– le poids des charges et notamment des charges de personnels qui ne diminuent pas en proportion du CA,

– l’impact de charges exceptionnelles (plan social relatif au « Temps partiel sénior »), (voir tableau ci-après), et autre rémunération en actions (61 M€ en 2016)

–Des mesures fiscales, notamment une hausse de la TVA en France non répercutée sur les clients, de diverses taxes et impôts d’exploitation,

– les charges de dépréciations et restructuration d’actifs 499 millions € en 2016  (172 millions€ en 2015, 438 millions d’euros en 2014).

-les résultats de cessions d’actifs, 66 millions d’euros en 2015,

– une charge nette de 572 millions d’euros relative au « Temps partiel sénior » en 2015, 565 millions d’euros en 2014!,

-une charge nette sur divers litiges de 450 millions d’euros en 2015 et 86€ en 2016.

- le coût de sanctions juridiques ou de règlements de litiges est très lourd et s’alourdira encore avec les litiges en cours; Ces coûts représentent pour le Groupe Orange depuis 2003 plus de 5 milliards d’euros, soit presque un an de CAPEX!!!)

 (avec Bouygues Telecom par exemple, l’accord signé en mars 2014, en règlement amiable de litiges représente un coût d’environ 400 millions d’euros, cette somme ayant compensé intégralement les coûts de restructuration de cette société dans ses comptes 2014).

 

Sur 9 ans les principaux postes de charges ont évolués comme suit:

(en millions d’euros)

 

Tab 5

  2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
Chiffre d’affaires 46800 45944 45503 45277 43515 40981 39445 40236 40918
Achats externes 19444 19170 19375 19638 19100 17965 17251 17697 18281
%achats ext/CA 41,5% 41,7% 42,5% 43,37 43,8% 43,8% 43,73% 43,98% 44,67%
Charges de personnels 8468 9158(1)8525 9214(2)8722 8815(3))9336 10363(4)9076 9019 9066(5)8630 9032(6)8460 8866
%charges de pers/CA 18,09% 18,55% 19,16% 19,46% 20,85% 22% 22,98 22,44 21,65%
Impôts et taxes d’exploitations     1711 1772 1857 1717 1795 1783 1808
Amortissements     6461 6735 6329 6052 6038 6465 6728

 

(1) comprend une charge de 569 millions d’euros en rapport avec la mise en place du temps partiel sénior.

(2) comprend une provision complémentaire de 492 millions d’euros au titre du temps partiel sénior.

(3) diminué d’une reprise de provisions de 521 millions d’euros en rapport avec le temps partiel sénior.

(4) comprend une provision de 1287 millions d’euros en rapport avec le nouveau temps partiel sénior.

(5) comprend une provision supplémentaire de 358 millions d’euros pour le « temps partiel sénior » et une charge de 78 millions d’euros relative à l’ORP de juin 2014.

(6) comprend une charge supplémentaire de 572 millions d’euros pour l’extension du « Temps partiel sénior »

 

Pour les exercices 2013, 2014 et suivants  les charges de personnels intègrent la diminution induite par  le CICE respectivement de 71, 110 et 102  millions d’euros. Le tableau 5 est révélateur de la perte de compétitivité du Groupe. En 2008 il réalisait 46,8 milliards d’euros de CA avec un volume de charges externes de 19,44 milliards d’euros et des charges de personnel de 8,46Mds€,  9 exercices plus tard il réalise 40,91 Mds€ de CA (-6,5 Mds€) avec un volume de charges externes de 18,28 Mds€ (-1,16Mds€) et des charges de personnel de  8,86Mds€.  Cette perte de productivité coûte environ 2 Mds€ /an au Groupe.

 

Globalement, depuis 3 ans  les charges semblent mieux maîtrisées  même si en  2016 elles sont en hausse sensible.

La sous-traitance  représente par ailleurs de manière récurrente l’équivalent d’environ 26 000 emplois.

Les charges de personnels  représentent plus de 22% du CA,   ce qui fait du Groupe le moins compétitif des grands opérateurs,  qui eux ont des charges de personnels inférieures (voire nettement inférieures) à 15% de leur CA respectif. Il s’agit exclusivement de la situation française comme l’indique le tableau ci-après:

Il est intéressant aussi d’étudier l’évolution des effectifs  et de la main d’oeuvre extérieure en France:

 

Tab 6

2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
Eff  actifs 31/12 OrangeSA 92 570 94 259 95 642 95 647 95359 92452 90468
Fil. France 7 484 7 828 9 608 9 392 6713 6947 6952
Intérim en ETP 781 854 785 546 687 730 722
Sous traitance en ETP 26 040 25 975 26 313 25 880 24055 23763 26130
Coût Sous traitance Mds€ 1,827 1,770 1,802 1,813 1,724 1,711 1,995

ETP = équivalent emploi temps plein. Les données 2016 ne sont pas encore connues.

 

Il est vraisemblable que les données relatives à la sous-traitance pour 2016, soient assez semblables aux données 2015. On rappellera que le CA est passé sur la  période 2009/2016,  de 23,26Mds€ à 18,9Mds€!

Ces chiffres confirment la perte très grave de productivité de l’entité France.

(A noter que l’entité OISP comprend des activités non comparables aux autres entités, filiale Marine, Sofrecom, activités de cinéma et vidéo, etc…  qui semblent pour la plupart dispensées de produire tout résultat positif…)

 

3. Le résultat d’exploitation (RE)

Ce deuxième solde de gestion  est également présenté par pays comme indiqué dans le tableau ci-après:

 

Tab 7-  chiffres en milliards d’euros

France Espagne Pologne BelgLux EuropeCent ResteMonde AfriqueMO Entreprises OISP Total
RE 2016 3,709 0,276 (-408) 113 202 0,068 0,594 (-565) 3,992
RE 2015 3,765 0,275 0,136 0,119 0,188 0,463 0,534 -0,738 4742
RE 2014 3,870 0,374 0,259 0,733 0,552 4571
RE 2013 4,201 0,460 0,201 0,351 0,642 -0,567 5,288
RE 2012 4,306 0,169 -0,505 0,332 0,763 -1,002 4,063
RE 2011 6,241 -0,168 0,443 0,595 0,940 -0,103 7,948
RE 2010 6,567 -0,218 0,229 1,380 0,958 -1,354 7,562
RE 2009 7,06 -0,274 0,095 1,91 1,12 -2,068 7,859
RE 2008 7,43 -0,630 0,943 2,134 1,115 -1,007 9,945
RE 2007 7,002 -0,469 0,869 2,214 0,749 0,171 10,540

 

Le résultat d’exploitation 2016, en baisse de près de 800M€ par rapport à 2015,  est impacté par des pertes de valeur à hauteur de 772M€ ,  notamment -507M€ pour l’entité Pologne, et  -265M€ pour l’entité Afrique/MO. L’augmentation de la charge d’amortissement  est de 260M€.

L’historique de l’évolution de ce solde de gestion est précisé ci-après:

Le résultat d’exploitation  2014 est en baisse de près de 15% par rapport à 2013, cette baisse s’expliquant par la baisse de l’EBITDA.

Le résultat d’exploitation 2013 est en amélioration apparente par rapport à 2012 ; en fait en base comparable, il est à peu près équivalent. Il reste en chute marquée par rapport à 2011, conséquence directe de la baisse de l’EBITDA.

Le résultat d’exploitation  2012 est marqué par la baisse de l’EBITDA, et des provisions pour dépréciation d’actifs en Pologne (-0,889Md€) et dans le reste du monde (Roumanie) pour (-0,839Md€) ; mais sans ces éléments exceptionnels et la provision pour Temps partiel sénior, il recule de plus d’un milliard d’euros par rapport à 2011, année où on constatait un redressement  par rapport à 2010. En 2011, il diminue fortement pour l’entité « Reste du Monde » suite à une hausse des amortissements et à l’augmentation des pertes de valeur des immobilisations. Il diminue aussi en France en conséquence directe des baisses du CA et de l’EBITDA. On rappellera que le RE 2009  intégrait déjà une provision de 569 millions d’euros pour le plan  « TPS », une dépréciation d’actifs de TPSA pour 400 millions d’euros et la charge fiscale de 964 millions d’euros relative au litige sur la taxe professionnelle. Le RE 2010 comprenait les effets directs du supplément de provisions pour le plan « TPS » 492 millions d’euros, du supplément de provisions pour le litige de TPSA, 266 millions d’euros, d’une provision de restructuration des activités Orange Sport et Orange Cinéma Séries, 547 millions d’euros, mais aussi d’une réévaluation de juste valeur de 336 millions d’euros après la prise de contrôle de Mobinil. Pour établir un comparatif objectif 2010/2009 il faut réintégrer dans le RE 2009 la charge fiscale de 964 millions d’euros qui est sans rapport avec la gestion de l’entreprise. On obtient donc un RE 2009 de  8,82 milliards d’euros à comparer à 7,56 milliards d’euros pour 2010 , soit une chute de plus de 15%.(la charge fiscale est consécutive à la décision d’appel de la Cours de Justice de l’Union Européenne sur la taxe professionnelle).

La chute du résultat d’exploitation depuis 2010 traduit directement une adaptation problématique du Groupe à son environnement économique, notamment pour les entités France et Entreprises.

 

4 –  Le résultat financier

Le résultat financier, qui traduit directement la situation et le coût de la dette, est pour 2016 en nette hausse induite par la dépréciation de la participation du Groupe dans BT de (-533M€), due à la dépréciation de l’action de BT.

Sans cette dépréciation  il serait comparable à 2015  (-1,583Mds€),  -1,638 Mds€ en 2014,  -1,75Mds€ pour 2013  et  – 1,72Mds€ pour 2012. Pour  2011 il était  de  -2,033 milliards d’euros, comparable à celui de 2010. En  2009  le résultat financier était de (-2,299Mds€)   et en 2008 de (-2,98Mds€),  mais comprenait   -381 millions d’euros représentant la garantie de juste valeur donnée aux actionnaires minoritaires d’Amena .

 

5-  Le résultat net

Le résultat net consolidé du Groupe pour 2016 est de 3,263 Mds€ incluant 2,25M€ de résultat sur les activités cédées EE. (Il est vraisemblable que le Groupe profitant  de ce résultat de cession d’actif  a révisé plus strictement que d’habitude son portefeuille d’actifs  (-1300M€) et pris en charge des coûts de restructuration et d’intégrations (-499M€) sur l’exercice 2016. Sans les actifs cédés le résultat des activités poursuivies est de 1,01Mds€.

Pour   2015 le résultat net  était de 2,958Mds€, en forte hausse  due essentiellement à deux facteurs, une baisse de la charge fiscale de l’exercice liée à l’Espagne (-924 M€) et l’augmentation du résultat net des activités cédées ou en cours de cession (EE) pour + 583M€. Le résultat net attribuable aux actionnaires du Groupe est de 2,65Mds€.

En  2014, le résultat net était de 1,225Mds€, dont 0,925Md€ pour les actionnaires d’Orange, en baisse de plus de 1Md€ par rapport à 2013. Cette baisse s’explique comme pour les autres soldes intermédiaires de gestion par la baisse du CA compensée à seulement 69% par la baisse des charges et par des éléments (en principe non récurrents ; cf. point 2). L’historique du résultat est précisé ci-après:

Le résultat net du Groupe 2013 à + 2,133 Mds€  est presque similaire au résultat net 2012, grevé par la provision de 1,2Mds€ pour le plan social « temps partiel sénior ». A l’image du résultat d’exploitation, il reste  en chute marquée par rapport à 2010 et 2011 ; ceci bien sûr est la conséquence de la chute de l’EBITDA et du RE, non compensée par l’amélioration du résultat financier ; l’impôt sur les sociétés est également en hausse.

Pour 2011, il était  de 3,82 milliards d’euros, en baisse d’environ 5% par rapport au résultat 2010. En effet, le résultat net 2010 de l’ensemble consolidé était de 4,877 Mds€, intégralement attribuable aux propriétaires de la société mère, à comparer à 3,465 milliards d’euros pour 2009, dont 2,997 Mds€ attribuables aux actionnaires de FTSA, et à  4,49Mds€ pour 2008, dont 4,069Mds€ attribuable aux actionnaires de  FTSA. Mais, si l’on ajoute les 964 millions d’euros de charge fiscale au résultat net de 2009 (charge sans lien avec la gestion de la société) on obtient  pour 2009 un résultat net de 4,36Mds€. En outre le résultat 2010 comprend  un différentiel de « résultat net des activités cédées de +870 millions d’euros relatif à Orange UK; c’est donc un résultat net 2010 de 4Mds€ qu’il faut comparer à 4,36 Mds€ en 2009, soit une baisse d’environ 10% pour 2010.

 

6 – Les fonds propres ou Capitaux propres.

Le 30 juin 2009, le Groupe a émis 33 600 122 actions nouvelles au prix de 16,10 € par action en paiement partiel d’une partie du solde du dividende 2008 pour les actionnaires (dont l’Etat) qui avaient retenu cette option. Le versement de ce solde a donné lieu à un décaissement de 1,553 milliard € et à un paiement en actions de 538 millions d’euros.

En 2010 le solde du dividende de l’exercice 2009 (0,80€ par action) et l’acompte sur dividende de l’exercice 2010 (0,60€ par action) ont été payés en numéraire pour un montant global de 3,706 Mds€.

Au 31/12/2010 les fonds propres du Groupe sont de 31,549 Mds€, en amélioration de 2 Mds€.

Au 31/12/2011 les fonds propres consolidés du Groupe sont de 29,592 milliards d’euros, après une baisse des réserves de conversion.

Au 31/12/2012 les fonds propres consolidés du Groupe sont de 26,38 milliards d’euros ; la chute du résultat consolidé et le paiement de dividendes inchangé en 2012 (solde 2011 et acompte 2012) expliquent cette chute.

Au 31/12/2013 les fonds propres consolidés du Groupe sont de 26,334 Mds€, inchangés par rapport à 2012.

Au 31/12/2014 les fonds propres consolidés du Groupe sont de 31,701 Mds€ dont 29,559 Mds€ attribuables aux propriétaires d’Orange. Cette amélioration très nette n’est pas due à l’affectation de résultats net du Groupe mais à l’émission d’obligations hybrides pour un montant de 2,74Mds€ en janvier 2013 et 3Mds€ en Octobre 2014, compensée par le nantissement équivalent (2,9Mds€) constitué  dans le cadre de l’OPA sur Jazztel.  Ces titres conditionnés pouvant être remboursés en actions dans des délais pratiquement à la convenance du Groupe, ils sont assimilés à des fonds propres (hors nantissement).

Au 31/12/2015 les fonds propres consolidés du Groupe sont de 33,267Mds€, en augmentation après l’affectation du résultat diminué des dividendes versés en 2015.

Au 31/12/2016  les fonds propres consolidés du Groupe sont comparables à 2015.

 

7- Le Free Cash Flow opérationnel

Jusqu’en 2010, le Free Cash Flow était un des objectifs majeur du Groupe, qui s’était engagé sur une réalisation de cet objectif à hauteur de 8 milliards d’euros hors éléments exceptionnels et achat de spectre  pour les exercices 2009,2010 et 2011. Cet objectif a été réalisé  en  2010  avec 8,11Mds€  et en 2009 avec  8,35 Mds€,  après  8,016  Mds€ en 2008 et  7,81 milliards d’euros réalisés en 2007.

Cet objectif a été modifié pour les exercices 2011 à 2015  en objectif de Cash Flow Opérationnel (EBITDA- CAPEX) avec les indications suivantes: « le Groupe annonce un objectif cumulé de l’ordre de 27 Mds€ pour l’indicateur EBITDA – CAPEX, sur la période 2011-2013, hors éléments exceptionnels », objectif non réalisé. « Une ambition du Groupe en matière d’indicateur EBITDA – CAPEX avec un taux de croissance annuel moyen de +9% sur la période 2013/2015″ .Ces engagements font suite au « plan conquêtes 2015″ que le Groupe a présenté aux investisseurs le 31 mai 2011 et réaffirmé lors de la présentation des résultats du 1er semestre 2011 puis du 3éme trimestre 2011 avec la confirmation d’un versement de dividende 2012 de 1,40€ par action….Hélas rien de cela n’a été réalisé…

Pour 2011 le Cash Flow Opérationnel de 9,3 milliards d’euros est conforme aux objectifs de la période.  L’ancien objectif de Free Cash Flow n’aurait pas était tenu puisqu’il est de 7,38Mds € après retraitement.

Le  groupe s’était engagé  à distribuer des dividendes à hauteur de 40 à 45 % du FCF réalisé. Pour 2012 le Groupe s’est engagé à verser 40 à 45% de son nouvel indicateur de Free Cash Flow opérationnel.

Tout cela a été remis en question lors de la publication des résultats du 3ème trimestre 2012 fin octobre 2012, avec les conséquences que l’on a constatées sur le cours de l’action, et sur lesquelles on reviendra.

L’objectif de free cash flow opérationnel pour 2012, d’environ 8 Mds€, a été atteint après retraitement de l’EBITDA c’est à dire sans la provision de 1,28Md€ pour Temps partiel sénior. S’agissant de l’ancien objectif de FCF, il peut être estimé à 5,7/ 5,9 Mds€ en incluant la vente de la filiale suisse.

Pour 2013, le Free cash flow opérationnel, sur la base de l’EBITDA retraité est de 7,1Mds€ en baisse d’un milliard d’euros par rapport à 2012 mais le Free cash flow opérationnel réel est de 6,6Mds€, ou 6,2Mds€ après achat de licences…

Pour 2014, le Free cash flow opérationnel, sur la base de l’EBITDA retraité est de 6,554 Mds €, en nette baisse par rapport à 2013 ; le Free cash flow opérationnel réel est de 5,476Mds€ .  Après paiement des frais financiers et de l’impôt sur les sociétés (-3,2Mds€) on peut estimer le Free cash flow disponible à environ 4 Mds€ utilisé pour payer le dividende (-2,2Mds€), l’achat de licences (-0,48Md€), et permettre le remboursement d’emprunts (1,8Mds€).

Pour 2015 le Free cash flow opérationnel, sur la base de l’EBITDA retraité est de 5,94Mds€. La baisse est essentiellement due à l’augmentation des CAPEX (+9,3% à 6,48Mds€). Après paiement des frais financiers, de l’impôt sur les sociétés, des règlements d’amendes et litiges, le Free cash flow disponible d’environ 3,6Mds€ a servi à payer le dividende (-2Mds) les fréquences (-0,4) et à participer à la croissance externe pour environ 1Md€.

Pour 2016 le Free cash flow opérationnel sur la base de l’EBITDA retraité est de  5,738 M€  et de 5Mds€ sur la base de l’EBITDA comptable qu’il faut ajouter à 4,5Mds€ reçus de la vente de EE. Ces 9 Mds€ ont permis notamment  l’achat de licence (1,8Mds€), la croissance externe (1,2Mds€) le paiement de l’impôt sur les sociétés (0,906Md€), le paiement des dividendes (1,85Mds€)  le désendettement (2,108Mds€) et d’autres opérations pour 1,6Mds€.

 

8 – La dette nette

 8-1 Au 31 décembre 2011:

La dette nette du Groupe au 31/12/2011 a baissé d’un milliard d’euros à 30,89 milliards d’euros. Elle était de 31,840 Mds€ au 31/12/2010,  de  32,859 Mds€ au 31/12/2009, et  de 35,859Mds€ au 31/12/2008. Cette dette situe le Groupe parmi les grands opérateurs les moins endettés. Le montant de la dette nette est pratiquement  équivalent au montant des fonds propres consolidés.

Mais compte tenu des versements intervenus les 13 et 19  janvier 2012 pour le règlement du litige opposant TPSA à un de ses fournisseurs (550 millions d’euros) et pour l’achat de la licence 4G  en France (891 millions d’euros) le montant de la dette était de 32,331 milliards d’euros.

L’utilisation du FCF en 2011 a servi en outre, au règlement des dividendes (4,4 Mds€), à l’achat de spectre en France et en Espagne (0,76Mds€),  à l’achat d’actions pour 0,275Mds€ et au paiement d’impôts résultant des nouvelles mesures en France (0,332Mds€) portant l’impôt sur les sociétés décaissé à1,02 Md €.

 

8-2 Au 31 décembre 2012:

La dette nette du Groupe au 31/12/2012 est de 30,5 Mds€ à peu près sans changement sur l’exercice. Le FcF a servi notamment: à régler le solde du dividende 2011 et l’acompte du dividende 2012, soit environ 4,2Mds€; à payer l’achat de licences (1,2Md€) dont 0, 891Md€ pour l’achat de la licence 4G en France;  à payer  le litige TPSA, à payer la montée au capital de Mobinil en Egypte, achat qui faisait suite à un engagement du Groupe qui générait une dette d’environ 1,9Md€ et qui a donc été éliminée.

 

8-3 Au 31 décembre 2013:

La dette nette du Groupe au 31/12/2013 est de 30,72 Mds€, pratiquement inchangée par rapport à 2012. Le Free cash Flow libre (qu’on peut estimer à environ 4Mds€ après charge de la dette et impôts sur les sociétés) a couvert notamment  le versement du dividende 1,314Mds€, et l’amende fiscale de 2,1Mds€  relative au rejet d’un report de moins values portées par une filiale sur les comptes de la maison mère en 2005. Il s’est avéré insuffisant (comme en 2012) pour faire face aux remboursements d’emprunts arrivant à échéance…

 

8-4 Au 31 décembre 2014:

La dette nette du Groupe au 31/12/2014 est de 26,090Mds€. Cette baisse résulte du cash disponible (1,8Mds€) et de l’émission d’obligations hybrides (2,8Mds€).

 

8-5 Au 31 décembre 2015:

La dette nette du Groupe est de 26,6Mds€ en légère augmentation suite à des investissements financiers à hauteur de 4,2Mds€ dus aux opérations suivantes: 210 M€ en Egypte, 80M€ au Maroc, 3,9Mds€ pour Jazztel .

Cette dernière opération à permis de déboucler le compte sous séquestre de 2,9Mds€ de 2014.

 

8-6 Au 31 décembre 2016:

La dette nette du Groupe est de  24,44 Mds€ en nette baisse essentiellement due à la vente de la filiale EE au Royaume Uni.

Le ratio Dette nette /Ebitda revient à 1,93, pour un objectif du Groupe « d’environ 2″.

La dette nette s’élevait  à un peu plus de 42 milliards d’euros au 31/12/2006. Elle était de 49,8 Mds€ au 31/12/2004 et de 47,8 Mds€ au 31/12/2005. On rappellera que l’acquisition d’Amena en novembre 2005, a augmenté la dette d’environ 5,8 milliards d’euros. La prise de participation majoritaire de Mobinil a augmenté la dette de 0,88 Mds€ en 2010. En 2006 la cession de PagesJaunes a eu un impact positif sur la dette de près de 3 Mds€ et a permis sur cet exercice de respecter un ratio dette/EBITDA inférieur à 2.

 

8-6 De bonnes liquidités:

Les liquidités et quasi-liquidités dont le Groupe dispose au 31/12/2016 sont de 6,355 Mds€  et devraient le mettre à l’abri de toute crise de liquidités

Le  Groupe dispose en outre de lignes de crédit à hauteur de 6,343Mds€

Par ailleurs, la politique monétaire de la Banque Centrale Européenne annoncée jusqu’à la fin 2017 devrait permettre aux entreprises de trouver à très bon compte des liquidités dont elles pourraient avoir besoin.

Le Groupe reste toutefois engagé dans des procédures judiciaires très risquées et autres contrôles fiscaux (Pologne, France) qui pourraient avoir de lourdes conséquences sur sa trésorerie négatives mais aussi positive notamment en France où le litige fiscal de plus de 2Mds € en 2013 pourrait se régler à son avantage.

 

9 –  Le marché des Télécommunications en France au 31/12/2016 en France.

 L’ARCEP note que le trafic téléphonique est stable en 2016  (237 milliards de minutes) pour la 3ème année consécutive, la consommation croissante de téléphone mobile (+5,4%) compense tout juste le recul du fixe (-9,4%).

La consommation moyenne par carte SIM (3h15 par mois) dépasse désormais la consommation depuis les box qui ne cesse  de diminuer (2h57 par mois).

Grace à la croissance du nombre de clients 4G le trafic de données sur les réseaux mobiles a doublé en 2016…les clients 4G génèrent 85% des données.

 

9-1  Marché du Haut débit <30Mbit/s et très Haut débit >=30Mbit/s.

 Selon l’ARCEP au 31/12/2016 les abonnements au très Haut débit étaient de 5,43 millions (+ 1,2 millions), dont 2,18  via le FTTH, (1 450 000 pour Orange au FTTH).

Le nombre global de clients Haut et très Haut débit était de 27,7 millions  à comparer à 25,970 millions de clients en 2015, 24,905 millions de clients au 31/12/2013 et 23,975 au 31/12/2012. Le marché progresse d’environ +1 million de clients par an et la tendance est à une baisse des clients haut débit induite par un transfert sur le très haut débit.

 

La croissance du nombre de clients à la fibre optique de bout en bout s’accélère, même si les possibilités d’abonnements offertes par les réseaux FTTH croissent davantage encore. Au 31 mars 2016 il y avait 14,8 millions de logements éligibles au très haut débit et 6 millions via des offres FTTH. Ce sont les derniers chiffres officiels publiés par l’ARCEP, mais si l’on s’en tient aux déclarations des opérateurs au 31/12/2016, le nombre d’accès potentiels au FTTH voisine 8 millions.

 

9-2  Marché des Mobiles:

L’état du marché français et les performances des divers opérateurs sont précisées dans les tableaux ci-après:

 

Tab  8  Parc clients mobiles (données ARCEP en millions)

31/12/2011 31/12/2012 31/12/2013 31/12/2014 31/12/2015 31/12/2016
Cartes SIM (1) 65,2 68,5 69,9 71,7 72,1 72,96
Cartes SIM métropole (1) 62,6 65,9 67,2 69 69,5 70,36
Croissance annuelle % 1 5,2 2 2,6 0,7 1,2
Parc Résidentiel Metropole 59,633 61,289 61,505 62,21
Post payé résidentiel Métro. 44,29 49,98 45,36 48,048 50,163 51,94
Pré payé Métro. 19,54 18,23 14,27 13,24 11,342 10,27
Parc DOM 2,65 2,64 2,74 2,70 2,67 2,60
 
Dont SIM internet 3,12 3,37 3,587 3,690 2,434 3,58
 SIM M to M 3,35 4,66 6,89 8,22 10,549 11,73
Part de marché MVNO % 11,37 10,86 10,9 7,4   (2) 10,2 10,7
Part de marché FREE % (2) 0 7,37 10,9 13,15 16,3 17,26
Part de marché Bouygues % (2) 18 15,9 15 14,47 16,4 17,81
Part de marché SFR % Numéricable (2) 31 29,2 28,8 29,85 29 27,4
Part de marché Orange % (2) 39,8 37,3 36,5 35,14 38 40,02

(1) hors M to M

(2) le rachat d’opérateurs virtuels (Virgin par ex par SFR Numéricable) est la principale cause de la baisse constatée. La part de marché est par rapport au total de cartes SIM.

La perte de part de marché en métropole et de clients des trois principaux opérateurs a été atténuée par la forte croissance du parc clients résidentiels en métropole de 2012 à 2016.

 

 9.3 Les comptes des 4 opérateurs fixe et mobile sur le marché français sur les 4 derniers exercices.

  

Tab 9 

2016 FREE BOUYGUES SFR Groupe ORANGE
CA Global 4,722 4,761 10,991 18,96
CA fixe et Ht débit 2,639     10,4
CA mobile 2,043     7,87
Evolution CA     -0,4% -0,9%
Clients Ht Débit 6400000 3100000 6113000 11150000
Clients Mobiles 12700000 13000000 20061000 30030000
Charges personnel 0,242      
EBITDA global Mds€ 1,675 0,916 3,838 7,134
Capex Mds€ 1,3 0,802 2,312 3,421
Dettes nettes Mds€ 1,6 1,012 14,79 24,44
Effectifs Groupe 8899 7334 15000 (1) 65000 (1)

(1) estimés

 

2016 traduit un redressement très net de Bouygues Télécom en avance d’un an sur ses objectifs, de bons résultats commerciaux pour Orange et la poursuite de la croissance de FREE avec une productivité record. SFR Groupe a globalement dégradé ses comptes en 2016 même si au 4ème trimestre un net redressement s’est amorcé, c’est le seul à réaliser une perte sur l’exercice et à aggraver ses problèmes de trésorerie.

 -

2015 FREE BOUYGUES SFR/ NUMERICABLE ORANGE 
CA global (Mds€) 4,414 4,505 11,039 19,141
CA fixe et Ht débit 2,597 0,983 10,327
CA mobile 1,829 2,842 8,237
Evolution CA +5,9% +2,2 -6,5% -0,9%
Clients Ht Débit 6138000 2788000 6353000 10734000
Clients mobiles 11685000 11890000 21948000 28424000
Charges personnel 0,222 0,491 4,723
EBITDA global Mds€ 1,4899 0,752 3,8 7,07
Capex Mds€ 1,220 0,822 1,78 3,097
Dettes nettes Mds€ 1,19 0,765 14,4 26,6
Effectifs Groupe 7901 8000 15816 68000

 

En 2015, FREE est toujours en croissance mais diminuée de moitié, Orange rétablit une bonne conquête clients et Bouygues a une croissance modeste. FREE est toujours le champion de la performance économique avec ses coûts de personnels low cost! Ses charges de personnels  pour un même effectif affiché sont 55% inférieures à celles de Bouygues….!

 

2014 FREE BOUYGUES SFR/ NUMERICABLE ORANGE
CA global (Mds€) 4,167 4,4 11,44 19,304
Ca fixe et Ht débit 2,564 0,893 11028
Ca mobile 1,614 2,976 8276
Evolution Ca +11% -6% -1% -3,5%
Clients Ht Débit 5868000 2420000 6580000 10354000
Clients mobiles 10105000 11121000 22940000 27087000
Charges personnel 0,2085 0,580 4,765
EBITDA global 1,283 0,694 3,1 6,510
Capex 0,9683 0,762 1,78 2,8
Dettes nettes 1,084 0,765 11,2 26
Effectifs Groupe 7164 8817 11800 70719
Part de marché Ht débit 22,59% 9,31% 25,33% 39,8%

 

SFR et Numéricable détaillent leur CA par marchés et non par produits. Des résultats surprenants sont constatés si l’on calcule les charges de personnel pour 1 emploi ! Les écarts de ratios CA par emploi  sont tout aussi surprenants…

 

2013 FREE BOUYGUES SFR ORANGE NUMERICABLE
CA global (Mds €) 3,758 4,664 10,199 20,018 1,314
CA fixe et haut débit 2,497 0,820 11,132
CA mobile 1,261 3,844 8,886
Evolution CA +19,5% -11% -9,6% -7,6% =
Clients Ht débit 5640000 2013000 5257000 10108000 1709000
Clients mobiles 8040000 11143000 21354000 27000000 186000
Charges de personnel 0,197 0,592 4,868 0,154
EBITDA Global 1,204 0,880 2,766 7,130 0,616
Capex 0,905 0,752 1,610 2,833 0,3198
Dettes nettes 1,023 0,783 28,000 2,573
Effectifs Groupe 6876 9092 9990 74267 2077
Part de marché Ht débit 22,6% 8,08% 21,10% 40,1% 6,86%

 

2012 FREE BOUYGUES SFR ORANGE NUMERICABLE
CA total  (Mds€) 3,153 5,226 11,288 21,431 1,302
CA fixe (Mds€) 2,30 0,627 3,96 12,37
CA mobile (Mds€) 0,844 4,59 7,51 10,686
Evolution CA +48,1% -9% -7,3% -5% =
Clients ADSL(millions) 5,364 1,8 5,075 9,88 1650000
EBITDA 0,92 0,90 3,29 7,834 0,619
CAPEX (hors licence) 0,703 0,869 1.67 2,72 0,286
Licence 4G 0,242 0,726 1,06 0,891
Effectifs Gr France 6258 9600 10039 76753 1990

 

Les tableaux ci-dessus démontrent la performance remarquable de FREE, qui améliore tous ses résultats commerciaux et financiers tout en investissant plus d’un milliard d’euros (toutefois une part non précisée du montant de l’accord d’itinérance avec Orange est comprise en investissement), soit plus que Bouygues Telecom mais nettement moins que SFR  et surtout qu’Orange France … alors que les couvertures 4G par exemple de chacun des 4 opérateurs sont assez similaires. FREE maintient des objectifs ambitieux avec une part de marché français global de 25% dans moins de 3ans … et une marge d’EBITDA de 40% avant 2020! Bouygues maintient ses objectifs 2017 de 3,5 millions de clients Ht débit et d’accroissement très net de ses clients mobiles..

 

10 – Les perspectives pour l’exercice en cours 2017

 10-1-1 En France

La vente de l’opérateur SFR au Groupe Altice propriétaire de Numéricable a été réalisée au 4ème trimestre 2014. La fusion Numéricable/SFR crée un opérateur puissant sur tous les secteurs d’activités avec de fortes capacités d’investissements. Il dispose du réseau très haut débit le plus développé et le plus opérationnel, mais doit gérer deux techniques, la fibre de bout en bout et la boucle locale en coaxial.  Ses objectifs sont ambitieux puisque Altice (maison mère) est devenu en deux ans  un opérateur international avec le rachat de Portugal Telecom et de deux cablo-opérateurs aux USA, avec une dette équivalente à deux fois celle du Groupe Orange!

Après l’échec de la restructuration du marché français autour de 3 opérateurs  une certaine attente prévaut chez les investisseurs. On note un redressement certain de Bouygues Télécom et, depuis le 4ème trimestre 2016, un redressement commencé de SFR Groupe avec un développement très important sur les contenus. Démarche qui semble devoir être copiée par ses concurrents.

La croissance des investissements pour le très haut débit  4G+ et FTTH semble donner un espoir de croissance du marché  des Télécommunications  avec une  baisse du revenu des opérateurs  (35,7Mds€) qui ralentit pour la 3ème année consécutive. En 5 ans le marché à perdu 20% environ de sa valeur!

Enfin 2017 verra le lancement  à la fin du 1er semestre d  « ORANGE Bank » qui est présenté comme un développement clé pour le Groupe.

 

10- 1-2 En Europe

Des opérations de concentration  ont déjà été réalisées en Allemagne et Espagne et en  Angleterre. En Italie on parle d’opérations possibles autour de Telecom Italia qui a vu des mouvements importants à son capital et de Wind. L’arrivée d’ILIAD bouleversera t’elle le marché italien?.

Des freins existent toutefois pour la consolidation du secteur en Europe : le niveau de prix des services très bas  et une régulation trop présente et à plusieurs niveaux…

La fin de l’itinérance au 1er juillet prochain semble préjuger d’un changement dans l’approche des Autorités Européenne vers un marché global pris en tant que tel pour l’analyse des rapports de concurrence.

 

10-2 Les perspectives du Groupe ORANGE en 2016.

Le Groupe a prévu de réaliser un EBITDA retraité supérieur à celui de 2016, et  le maintien du ratio dette nette / EBITDA autour de x2. Il ne prévoit qu’une croissance externe sélective limitée aux pays sur lesquels il est déjà présent. Il a réalisé plusieurs achats d’actifs courant 2016 en Afrique et devrait poursuivre dans cette voie.

Il a confirmé également pour 2016  un dividende de  0,60€ par action (avec un acompte de 0,20€ déjà payé  en décembre 2016, le solde 0,40 € sera payé le 14 juin prochain) et il prévoit un dividende majoré de 0,05 € pour 2017 avec « une possible hausse dans le futur ».

Après la cession de la filiale anglaise, le Groupe dispose d’un fort niveau de trésorerie disponible d’environ 6,4Mds€  milliards d’euros ce qui pourrait lui permettre des objectifs de croissance externe plus ambitieux, d’autant qu’il peut vendre maintenant  sa participation au capital de BT à court terme pour environ 2,5 Mds € Toutefois cette participation a subi une perte de valeur importante  (772 millions d’euros, cf. ci dessus) et la situation politico-économique du Royaume Uni ne permet pas d’appréhender le futur de cet actif.

Mais on l’a constaté, le Groupe est lourdement pénalisé par une sous productivité importante sur ses pôles d’activités en France et il ne génère que peu de cash disponible pour se désendetter. Il est conduit à vendre des actifs pour maintenir un ratio de dette nette acceptable, et pour poursuivre une croissance externe limitée.

On  a constaté également qu’il a  fait l’objet de très lourdes sanctions de la part des autorités fiscales et de la concurrence et qu’il reste encore très exposé dans plusieurs litiges, qui pourraient lui coûter très cher.

 

11 –  Le cours de l’action

 Le cours de l’action en 2016 a évolué positivement après un plus haut de 16,44€ en début d’année et un plus bas de 13,17€.  Il a terminé au 31/12/2016 en clôture à 14,43€, en baisse notable de -6,78% par rapport au cours du 31/12/2015. L’espoir d’une restructuration du marché français des Télécom ayant disparu, le marché a montré une certaine désaffection pour la valeur d’autant que  la publication des résultats du 1er semestre 2016 démontrait  que l’amélioration de la rentabilité du Groupe n’était pas au rendez vous.

Ensuite la fluctuation du cours a évolué sur la base d’indicateurs macro économiques tels que la croissance en Chine, le prix du baril de pétrole, des crises socio-politiques , des élections dans divers pays…

 

12. Les quatorze  derniers exercices en chiffres

Dans le tableau ci-après les chiffres indiqués sont exprimés en milliards d’euros et les ratios en %; ils sont extraits des rapports financiers annuels publiés par l’entreprise. Pour 2010 et après, les chiffres indiqués sont ceux du nouveau périmètre du Groupe (sans la filiale Everything Everywhere EE) ; ce sont des chiffres comptables et non des chiffres à base comparable et hors éléments exceptionnels.

 

Tab 10

2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
Chiffre d’affaires 46,12 46,15 48,08 51,7 52,95 53,48 50,95 45,5 45,27 43,51 40,98 39,44 40,23 40,91
MBO 17,30 17,92 18,41 18,53 19,11 19,39 17,25 14,33 15,129 12,49 12,23 11,11 11,27 11,73
MBO/CA 37,51% 38,82% 38,29% 35,84% 36,1% 36,3% 33,88 31,49 33,4 28,7 29,84 28,16 28,02 28,67
Résultat d’exploitation 9,55 9,3 11,28 6,98 10,79 10,27 8,11 7,56 7,94 4,06 5,28 4,57 4,74 3,99
Résultat financier -4,2 -3,62 -3,35 -3,25 -2,65 -2,98 -2,3 -2 -2 -1,72 -1,75 -1,63 -1,58 -2,09
Résultat net global du groupe 3,72 3,21 6,36 4,76 6,81 4,49 3,46 4,87 3,82 1,10 2,13 1,22 2,95 3,26
Résultat net part des actionnaires de FTsa 3,2 3,01 5,7 4,13 6,30 4,06 2,99 4,87 3,82 0,82 1,87 0,92 2,65 2,93
Capex (investissements) 5,08 5,13 6,04 6,73 7 6,86 5,65 5,88 5,77 5,81 5,63 5,63 6,48 6,97
Achat licences - 0,004 0,097 0,283 0,085 0,027 0,05 0,51 0,94 0,94 0,48 0,48 1,4 1,8
Investissements financiers 0,23 4,93 7,60 0,25 1,11 0,6 1,52 1,06 0,42 1,5 0,061 0,048 3,45 1,3
Free Cash Flow organique (3) 7,58 7,68 7,48 7,1 7,8 8,01 8,35 6,7 6,28 5,7 4,5 4 3 3
Dette nette 44,16 49,82 47,84 42 37,98 35,85 32,9 31,84 32,33 30,5 30,7 26,1 26,6 24,44
Fonds propres consolidés 12,06 17,68 28,43 31,63 34,32 31,19 28,74 31,54 29,59 25,7 26,33 31 33,26 33,17
Cours de clôture  de l’action au 31/12 (1) 22,66€ 24,36€ 20,99€ 20,95€ 24,43 19,96€ 17,41 15,59 12,13 8,40 9 14,13 15,58 14,43
Valeur théorique du groupe au 31/12 (2) 96 113 103 96 102 89 80 72 65 53 55 68 70 62

 

  • cours de l’action en euro
  • valeur théorique approximative en milliards d’euros, Elle est égale à la dette nette ajoutée à la capitalisation en bourse. Elle est couramment exprimée en multiple d’EBITDA ou MBO. (x 5,3 fin 2016)
  • estimé à partir de 2012.

PS: Ce dossier sera repris et complété après publication par le Groupe du document de référence pour  2015. Il pourra être revu sur le site internet de l’AASGO.

Note aux lecteurs: le dossier ci-dessus revient parfois longuement sur des historiques de situations qui permettent à mon avis une bonne compréhension de la gestion du Groupe. Ceux qui connaissent ces déroulements ne liront pas bien sûr ces rappels.

Le tableau récapitulatif final permet une bonne approche de la gestion du Groupe avec les données  essentielles.

 

 

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Résultats 2016 d’Orange : Annonce d’une attribution d’actions gratuites aux salariés

Orange a publié le 23 février 2017 ses résultats pour l’exercice 2016.

Chiffres clés :

  • Chiffe d’affaires : 40,918 milliards d’euros (+0,6%)
  • EBITDA (ajusté)[1] : 12,682 milliards d’euros (+1,7%)
  • CAPEX : 6,971 milliards d’euros (+3%)
  • Résultat net (part du groupe) : 3,263 milliards d’euros (+305 millions par rapport à 2015)
  • Dette fin 2016 : 24,444 milliards d’euros
  • Dette nette/EBITDA : 1,93 (2,01 fin 2015)

Commentaires

Comme chaque année, l’AASGO fera une analyse approfondie des comptes d’Orange pour 2016.

On notera d’ores et déjà un redressement du chiffre d’affaires, d’ailleurs plus marqué au 4ème trimestre 2016 (+1%), et de l’EBITDA (+1,7%, mais +4,8% au T4 2016). Le redressement de la marge est une conséquence de celle du chiffre d’affaires, mais aussi de la baisse des charges.

La progression du chiffre d’affaires 2016 ne trouve pas encore sa source en France (-1% à 18,969 milliards d’euros), mais provient notamment de l’Espagne (+6% à 5,014 milliards d’euros) et dans une moindre mesure de l’Afrique Moyen Orient (+2,5% à 5,245 milliards d’euros)[2] et de l’Europe centrale (+1,9% à 1,648 milliard d’euros). En Pologne, le chiffre d’affaires a poursuivi son effritement (-2,5% à 2,644 milliards d’euros).

Côté Entreprises, la progression est légère pour le chiffre d’affaires (+0,7% à 6,398 milliards d’euros), mais importante pour l’EBITDA (+8% à 1,014 milliard d’euros).

Perspectives

Le groupe fait preuve de prudence en annonçant simplement que l’EBITDA de 2017 devrait être supérieur à celui de 2016 à base comparable. Les éventuelles acquisitions sont envisagées dans le cadre d’une politique « sélective, avec priorité aux zones existantes ». Au plan de la solidité financière, Orange précise que le ratio dette/EBITDA restera maintenu aux alentours de 2.

Preuve d’un certain optimiste, le groupe envisage de  relever à 0,65 euro le montant du dividende par action au titre de l’exercice en cours (0,60 euro proposé à la prochaine assemblée générale eu titre au titre de l’exercice 2016, avec versement d’un solde de 0,40 euro le 14 juin 2017). Un acompte de 0,25 euro sera versé en décembre 2017. Les actionnaires salariés du groupe (à travers le FCPE Cap’Orange et en direct profiteront de ce dividende.

Dans son communiqué, le conseil d’administration d’Orange conclut en précisant que ce relèvement du dividende s’inscrit dans le cadre de « la recherche permanente d’un bon équilibre entre le financement des investissements nécessaires au développement de l’activité du Groupe, le partage de la valeur avec les salariés, et la rémunération des actionnaires ».

Pour ce qui concerne spécifiquement les salariés, Stéphane Richard a annoncé une attribution d’actions gratuites avec acquisition définitive en 2020[3].

Cette attribution à tous les salariés répond à une demande de l’AASGO qui souhaite que, dès lors que les résultats sont attendus en progression sur les prochaines années, tous les salariés en tirent profit à travers le dividende, mais aussi à travers la valeur de l’action. Une attribution égalitaire d’actions gratuites (au moins en France) exclut tout risque de perte et fait profiter pleinement ses bénéficiaires de la performance de l’action à l’issue de la période de conservation.

L’AASGO analysera cette attribution quand les modalités détaillées seront connues et détaillera le régime fiscal et social pour les bénéficiaires en France (application de la loi Macron).

 

[1] Marge brute (chiffre d’affaires moins charges d’exploitation)

[2] L’EBITDA est cependant en baisse (-1% à 1,658 milliard d’euros) notamment à cause de la dévaluation de la livre égyptienne.

[3] Cette attribution devra être autorisée par une résolution votée lors de la prochaine assemblée générale.

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Comptes inactifs : êtes-vous concerné ? S’applique-t-elle au PEG et au PERCO ? Que devez-vous faire ?

L’AASGO fait le point

Depuis le 1er janvier 2016 les dispositions de la loi du 13 juin 2014, dite « Loi Eckert », relative aux comptes inactifs, sont entrées en application[1].

Qu’est-ce qu’un compte inactif au sens de la loi Eckert ?

C’est un compte qui depuis 12 mois remplit deux conditions :

  • Il n’a fait l’objet d’aucune opération, en dehors du versement de dividendes, d’intérêts, du versement de produits divers (BSA…) et du débit de frais et commissions par l’établissement teneur de compte ;
  • Le titulaire du compte (ou son représentant légal ou son mandataire) ne s’est pas manifesté, sous quelque forme que ce soit, auprès de l’établissement teneur de compte ni n’a effectué aucune opération sur un autre compte tenu dans le même établissement[2].

Ce délai est porté à 5 ans pour les comptes-titres, les comptes sur livret et la plupart des produits d’épargne.

Autrement dit, le compte est inactif si des mouvements sont intervenus sans intervention du titulaire du compte, qui lui a été totalement passif vis-à-vis de l’établissement. Une connexion en ligne pour consulter un de ses comptes ou une demande de chéquier, une demande de percevoir les dividendes de Cap’Orange[3], par exemple, suffirait à ce que tous les comptes tenus dans l’établissement ne soient pas considérés comme inactifs.

En cas de décès, on considère une période de 12 mois pendant laquelle aucun ayant-droit n’a informé l’établissement de sa volonté de faire valoir ses droits sur les avoirs et les dépôts.

Quels types de comptes sont visés ?

Tous les types de comptes sont visés : comptes à vue dans une banque, mais aussi livrets (livret A, livret jeune, LEP, LDDS),  PEL, compte-titres ordinaires et PEA, Plans d’épargne d’entreprise

Toutefois, quand les avoirs sont indisponibles, le délai d’un an ou de cinq ans partira du moment où les avoirs seront devenus disponibles et sous réserve que le titulaire du compte soit resté passif. Ainsi l’épargne salariale bloquée 5 ans dans le PEG ne devient éventuellement concernée que 5 ans après la fin du blocage (soit au total après environ 10 ans, si le titulaire du plan ne se manifeste jamais et n’effectue aucune opération nouvelle); dans le cas du PERCO, c’est le départ à la retraite qui entraine la disponibilité.

Quelles conséquences pour les comptes inactifs ?

Si votre compte reste inactif pendant 10 ans à compter de la dernière opération, ou de la fin de l’indisponibilité, ou de votre dernière manifestation auprès de l’établissement[4], vos avoirs seront obligatoirement transférés sous forme de numéraire à la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC)[5].

S’il s’agit de titres, l’établissement doit les vendre et transférer le produit dans les 3 mois suivant l’échéance à la CDC. Il n’a aucune responsabilité quant à la valeur de cession.

En cas de décès, le délai est de 3 ans à compter de la date du décès.

Information des épargnants

La loi prescrit aux établissements d’informer 6 mois auparavant les titulaires de comptes inactifs « par courrier recommandé ou par tout autre moyen à sa disposition ».

Attention donc, il est essentiel d’informer les établissements teneurs de vos comptes, de vos adresses successives si vous déménagez, ou du changement de votre adresse de messagerie internet.

Sinon, il est à craindre que vous ne soyez pas informé d’un compte jugé inactif par l’établissement et que celui-ci  fasse valoir que la responsabilité de cette situation vous incombe.

Situation des avoirs à la CDC

Pendant 20 ans à compter du dépôt, ils restent votre propriété. La CDC les détient en numéraire pour votre compte. Vous pouvez donc les réclamer à tout moment (voir ci-dessous).

Au bout des 20 ans, les avoirs sont acquis à l’Etat auquel la CDC doit les transférer sans recours possible de votre part. Ils sont alors perdus pour vous ou pour vos ayants-droits (héritiers).

Comment savoir si des avoirs ont été transférés à la CDC ?

En vous identifiant, vous pourrez vérifier si la CDC détient des avoirs à votre nom, sur le site : www.ciclade.fr

Remplissez alors le questionnaire en ligne. Si la CDC détient effectivement des avoirs vous appartenant, le site vous guidera pour la marche à suivre et les justificatifs à fournir.

Si vous détenez des avoirs disponibles dans le PEE ou le PERCO d’Orange, et si vous n’avez pas effectué récemment d’opérations (souscription, déblocage, arbitrage entre fonds), consultez périodiquement le site de l’épargne entreprise. Cela évitera tout risque que votre plan soit considéré comme inactif et qu’au bout de 10 années dans cette situation, les titres soient vendus, les avoirs transférés sous forme de numéraire à la CDC et que le plan soit en conséquence clôturé d’office. Si vous avez perdu vos codes d’accès, demandez de nouveaux codes sur ce site. Surtout n’oubliez pas que vous détenez des avoirs…Il ne suffit plus qu’ils fructifient pendant votre sommeil !

 

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[1] Dispositions figurant aux articles L.312-19 et L.312-20 du code monétaire et financier

[2] Agir auprès d’un établissement ne vaut en aucun cas information d’un autre établissement où l’épargnant détient aussi des avoirs.

[3] Demande de transformer des parts « C » (capitalisation des dividendes) en parts « D » (distribution des dividendes). L’inverse serait aussi une manifestation auprès du gestionnaire et du teneur de compte.

[4] Il convient de retenir la plus récente de ces trois dates.

[5] Cas particulier pour les plans d’épargne logement (PEL) : le délai est porté à 20 ans si vous n’avez pas d’autre compte dans l’établissement qui gère le plan.