Derniers-resultats-consolides_page-full

Les Résultats 2018 d’Orange : l’analyse synthétique de l’AASGO

Après la publication des comptes annuels par l’ensemble des opérateurs en France, Altice Europe (dont SFR) étant le dernier à publier le 28 mars, après Iliad le 19 mars et Bouygues et Orange le 21 février, nous souhaitons partager nos principales analyses des résultats du groupe Orange.

 

Le contexte concurrentiel reste extrêmement difficile pour l’ensemble des opérateurs, mais les positions commerciales et financières respectives bougent significativement.

 

Free est le grand perdant ; il a confirmé avoir perdu plus de 250 000 clients dans le mobile et près de 100 000 dans le fixe en 2018. Son chiffre d’affaires est en baisse de près de 2% en France. Néanmoins son taux d’EBITDA progresse de 1,3 point à 37,9% par rapport 2017. Le Résultat opérationnel courant et le Résultat net groupe sont en baisse d’environ 20%. Le ratio d’endettement passe de 1,4 à 2,3 fois l’EBITDA. Pour faire rentrer du cash, Iliad envisage de céder des antennes télécoms. Le cours de bourse d’Iliad est revenu 7 ans en arrière, soit au niveau correspondant à celui du lancement du mobile ; cette sanction s’explique par la perte de son statut de « valeur de croissance », voire même davantage compte tenu de ses résultats 2018. En vue de tenter de rétablir la confiance des investisseurs, le dividende passe de 0,68 € en 2018 à 0,90 €. Par ailleurs, Iliad lance sa première opération d’actionnariat salarié baptisée « Up2Share ».

 

Chez Bouygues Telecom, l’année 2018 a été marquée par une dynamique commerciale solide dans toutes les activités qui s’est traduite par un gain de 573 000 nouveaux clients mobile et 235 000 nouveaux clients fixe. Son chiffre d’affaires est en hausse de 6% sur 1 an. Le taux d’EBITDA est de 29,8 %, en hausse de 2,8 points sur un an. Le Résultat opérationnel courant est en hausse de 35%. Le résultat net n‘est pas calculé au niveau du segment télécom mais le Résultat opérationnel est en hausse de 63%, en intégrant 250 millions de produits non courants liés aux plus-values de cession de sites Mobile et d’infrastructures FttH. Le dividende de 1,70€ par action reste stable. Fin 2018, le groupe Bouygues a annoncé le renforcement de d’actionnariat salarié avec l’opération « Bouygues Confiance n°10 ».

 

Altice Europe annonce un gain de 1,03 million de clients mobile recrutés par SFR en 1 an qui porte son parc à 13,5 millions d’abonnés et dépasse celui de Free (13,4). Sur le fixe SFR gagne 300 000 nouveaux clients. Malgré cette dynamique commerciale, le chiffre d’affaires est en baisse de 4,3% et l’EBITDA de 9%. SFR a réalisé beaucoup de cession en 2018, dont 49,99% de son réseau fibre en France, en vue de contribuer à la baisse de la dette d’Altice Europe.

 

Concernant les résultats du Groupe Orange, nous avons noté que le chiffre d’affaires est en hausse de 1,3% au niveau Groupe et de 0,9% en France. Sur le plan de la performance commerciale en France, les ventes nettes de contrats mobiles ont été de 385 000 en 2018 ; les ventes nettes THD fixe ont été de 232 000 (dont + 592 000 en FttH).

 

L’EBITDA « ajusté » Groupe progresse de 2,6% (+ 345 M€) à 13,005 Md€; en France, sa progression est de 2,9% (+197 M€). Le taux de marge en France progresse de 0,7 point à 39,8%. Après prise en compte des litiges et des charges spécifiques de personnel (dont le nouveau plan TPS), l’EBITDA France est en baisse de 96 M€ à 6,348 Md€.

 

Le passage de l’EBITDA au Résultat d’exploitation, en hausse de 1,1% à 4,829 Md€, s’explique essentiellement par une hausse de 201 M€ des dotations aux amortissements (-7,047 Md€ en 2018).

 

Le passage au résultat net, en hausse de 147 M€ en 2018, à 2,158 Mds€, s’explique essentiellement par le résultat financier dont le coût est en baisse de 22 M€, à -1,343 Md€, et l’impôt sur les Sociétés, dont le coût est en hausse de 257 M€, à -1,309 Md€.

 

Les CAPEX Groupe augmentent de 3,5% à 7,442 Md€ (+ 233 M€). Ceux de la France sont en hausse de 6% à 3,656 Md€. Le Cash-Flow Opérationnel (EBITDA – CAPEX) Groupe est en hausse de 1,7% (+ 152 M€) à 5,563 Md€. Celui de la France est en baisse de 9,6% à 2,692 Md€. En ne retenant que les CAPEX de l’activité télécoms, le Cash-Flow Opérationnel dégagé en 2018 est de 5,745 Md€.

 

L’allocation / l’utilisation de ce Cash-Flow Opérationnel est essentiel pour juger de la soutenabilité du dividende ; cette allocation peut être divisée en 5 catégories/parties prenantes :

  • les besoins de l’activité (variation du BFR, fournisseurs CAPEX, licences télécom, autres éléments opérationnels) consomment 27,7% en 2018, soit 7,3 points au-dessus de 2017 ; cette hausse s’explique en partie par des achats de stocks en toute fin d’année 2018 ;
  • la rémunération des banques/prêteurs (intérêts décaissés, coupons sur titres subordonnés) consomme 25,9% en 2018, soit 1,9 points au-dessous de 2017 ; en ligne avec la baisse des taux d’intérêts ;
  • l’Impôt sur les sociétés consomme 16,2% en 2018, soit 5,7 points au-dessus de 2017 ;
  • la rémunération des actionnaires (dividendes versés) consomment 36,7% en 2018, soit en légère augmentation de 1,5 point au-dessus de 2017, suite à la décision de porter le dividende à 0,70€ ;
  • les acquisitions et cessions consomment 8,3% en 2018, alors qu’en 2017, les cessions avaient générées un flux positif représentant un apport équivalent à 6,6% de Cash-Flow Opérationnel ;
  • le traitement de certains risques et de la dette (autres éléments financiers) consomment 13,0% en 2018, soit 11,1 points au-dessus de 2017.

 

tableau 1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En conséquence, l’endettement financier augmente de 6,3% à 25,441 Md€ (+ 1 598 M€), alors qu’il avait baissé de 601 M€ en 2017.

 

La hausse de l’endettement s’explique donc essentiellement par des facteurs exceptionnels (autres éléments financiers, acquisitions) et par la hausse de l’IS. La hausse du dividende est très légèrement supérieure à l’évolution du Cash-Flow Opérationnel, avec un niveau de CAPEX très élevé (18% du CA). On peut d’ailleurs remarquer que sans le nouveau plan TPS, la part de Cash-Flow Opérationnel consommée par les dividendes aurait été en baisse. Le résultat net par action aurait également été supérieur au dividende distribué.

 

En conclusion, nous restons actuellement favorables au maintien du dividende au niveau actuel (0,70€), avec une progression envisagée en fonction de la progression du Cash-Flow Opérationnel et du ROCE.

 

Si on analyse les résultats 2018 à l’aune de leur politique d’actionnariat salarié, on peut noter une réelle corrélation entre la qualité de ces résultats et la part du capital détenue par les salariés :

 

Bouygues qui présente l’actionnariat salarié le plus développé (les actionnaires salariés détenaient déjà 17,6 % du capital et 23,9 % des droits de vote au mois d’août 2018) tire profit de la stabilité de son actionnariat et de l’implication des salariés dans la performance de l’entreprise.

 

Free qui affiche des résultats en fort recul a décidé de lancer une première augmentation de capital réservée aux salariés et augmente son dividende.

 

Orange dont les résultats 2018 sont conformes aux objectifs, a confirmé le niveau de dividendes visé et mène une politique de distribution d’actions gratuites.

Actuellement, aucune Offre Réservée au Personnel (ORP) n’est clairement envisagée, mais l’AASGO va faire porter ce dossier à l’AG des actionnaires d’Orange. Nous sommes en effet convaincus qu’un haut niveau d’actionnariat salarié est un réel facteur clé de succès pour accompagner le développement à long terme du Groupe.

 

 

Le tableau ci-après permet de valoriser l’évolution du partage de la valeur ajoutée (indicateur estimé car non produit par le Groupe) entre 2017 et 2018, entre le personnel, l’Etat, les investissements et les actionnaires.

tableau 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

deloitte-logo-300x103

Rester maître du destin de l’entreprise, une étude de Deloitte – janvier 2019

ASSEMBLÉES GÉNÉRALES : MIEUX ÉCOUTER LES ACTIONNAIRES

dav

En synthèse : rester maître du destin de l’entreprise ! L’AASGO a fait une lecture de l’étude Deloitte. Elle donne un bon éclairage sur un mouvement de fond qui met la pression sur les grandes entreprises avec l’objectif de les rendre plus performantes.

Cette étude récente faite par un cabinet d’audit international de premier plan sur un phénomène important, renforce la nécessité d’un actionnariat salarié fort pour résister, si besoin, à des mesures que nous jugerions non favorables aux salariés.

Par son indépendance et sa capacité à suivre les sujets majeurs concernant l’évolution des stratégies d’investisseurs, l’AASGO reste attentive à ces bouleversements possibles et défend l’intérêt de ses adhérents et des actionnaires salariés.

Notre détermination à faire progresser l’actionnariat salarié au sein d’Orange est un puissant moteur de notre action !

 

 

Quelques mots de décryptage sur l’étude :

  • le constat : le phénomène des fonds d’investissement activistes est passé d’une tendance américaine à un « phénomène mondial » qui touche l’Europe (récemment : Telecom Italia, Pernod-Ricard)
  • les fonds passent au peigne fin le « fonctionnement du Conseil d’Administration, les décisions stratégiques, la performance opérationnelle, l’offre commerciale, les investissements »… Et ensuite proposent des « mesures concrètes visant à améliorer le rendement pour l’actionnaire »
  • l’étude ne donne pas d’avis sur les « mérites et les défauts » des fonds activistes
  • les fonds activistes peuvent « solliciter d’autres fonds plus passifs » qui apportent néanmoins leur soutien (effet « side car »)
  • l’étude fournit une « grille d’auto-évaluation » qui reprend les 9 critères qu’utilisent ces fonds pour « pointer les faiblesses et les opportunités restées inexploitées ».

 

 

Si les fonds d’investissement activistes opèrent sur le marché depuis déjà longtemps,ils deviennent à présent des acteurs incontournables à cause de la combinaison d’un environnement réglementaire favorable et de l’abondance des liquidités à investir. Ils sont mieux préparés que jamais : plus de fonds à déployer, plus de ressources engagées pour effectuer des analyses sophistiquées pour maximiser les chances d’aboutissement de leurs campagnes et des stratégies plus affûtées qui exploitent la moindre faiblesse dans la structure de la société ciblée. De plus, ils courtisent et influencent en amont les actionnaires passifs afin qu’ils votent les décisions-clés en faveur de leur projet le moment venu.

 

 

L’étude de Deloitte, fait le point en 28 pages : rester maitre du destin de l’entreprise

  • Première partie Perspectives actuelles sur les fonds  activistes
  • Deuxième partie L’approche pratique et l’état d’esprit  des fonds activistes
  • Troisième partie Comment être votre propre activiste :  une auto-évaluation rigoureuse
  • Conclusion
  • Contacts

 

 

***

 L’étude est téléchargeable en consultation en cliquant ici

 

***

 

A propos de Deloitte : Deloitte fait référence à un ou plusieurs cabinets membres de Deloitte Touche Tohmatsu Limited (DTTL), société de droit anglais (« private company limited by guarantee »), et à son réseau de cabinets membres constitués en entités indépendantes et juridiquement distinctes. DTTL (ou « Deloitte Global ») ne fournit pas de services à des clients. Pour en savoir plus sur notre réseau global de firmes membres : www.deloitte.com/about.

 

 

molinari

Quelle est la « richesse » créée par les entreprises du CAC 40 ?

Cette note de lecture a été rédigée par Olivier DEZETAVE

 

Comment se répartit cette création de valeur entre les salariés, les Etats et les actionnaires ?

La rémunération de leurs actionnaires est-elle excessive ? Les dividendes sont-ils versés au détriment des salariés ?

Dans une étude qu’elle vient de publier, l’Institut économique Molinari (IEM) propose des réponses à ces questions après avoir calculé la « contribution sociale et fiscale des entreprises du CAC 40 ».

On notera que pour être exhaustif sur la rémunération des salariés, le chiffrage intègre le salaire fixe et variable « super-brut » (comprenant les cotisations patronales et salariales, versées par l’entreprise), mais aussi l’épargne (intéressement, participation) et les dividendes liés à l’actionnariat salarié (à hauteur de 3,5 % du CAC 40).

Par ailleurs, pour mesurer la rémunération des Etats, l’étude intègre les recettes liées aux impôts de production et aux impôts sur les bénéfices, mais aussi les impositions sur les dividendes distribués aux personnes physiques et morales. Elle prend en compte également les gains liés aux distributions de dividendes en tant qu’actionnaire (Agence des Participations de l’Etat, Caisse des Dépôts et Consignations, Fonds de Réserve des retraites, Fonds souverains étrangers ; à hauteur de 5,7% du CAC 40).

Enfin, la rémunération des actionnaires liée aux versements de dividendes concerne uniquement les actionnaires privés, donc autres que les salariés et les Etats ; elle est calculée après impôts.

La principale source d’information est constituée par les « Documents de référence » publiés chaque année par les entreprises cotées.

Il est souligné dans l’étude que les chiffrages des impôts et prélèvements sociaux ont été calculés de manière prudente et a minima.

 

Vous trouverez les résultats de cette étude à l’adresse  http://www.institutmolinari.org/le-partage-de-la-contribution,3475.html « Le partage de la contribution sociale et fiscale des entreprises du CAC 40 français en 2016… »

 

 

 

 

logoorange petit

Les résultats du groupe Orange pour 2016, l’analyse de l’AASGO

Cette analyse a été réalisée par Bernard Castanier

Le 23 février 2017, lors de la publication des résultats consolidés 2016, le PDG du groupe a tenu à souligner: « nous récoltons en 2016 les fruits de notre stratégie de différenciation  par les investissements et l’expérience client avec le retour de la croissance du CA et de notre EBITDA ….Nos investissements portent notre performance commerciale tirée par le très haut débit fixe et mobile. »

La réaction du  marché a été assez neutre, voire négative, dans un contexte  d’incertitudes socio- politiques d’un monde en évolution. Force est de constater que le cours de l’action Orange reste dans un tunnel de 14/15 euros depuis la mi-2016.

On reviendra  sur le contexte français des Télécommunications  profondément perturbé depuis l’arrivée d’un 4ème opérateur mobile… et après le rachat de SFR par Numéricable,  par les velléités avortées  du dépeçage en trois parties de Bouygues Telecom au profit respectif des 3 opérateurs restants.

 

Les principaux points marquants en 2016  sont les suivants :

 1- Le Chiffre d’affaires (CA)

 Le tableau ci-après traduit l’évolution du chiffre d’affaires consolidé du groupe  selon son nouveau périmètre de consolidation, sans les activités du Royaume Uni qui sont depuis 2010 au sein de la coentreprise avec la filiale anglaise commune avec Deutsche Telekom  « Everything Everywhere (EE)» qui a été vendue à BT, la cession étant finalisée le 25/1/2016:

Les chiffres de cette analyse n’incluent donc  plus les activités au Royaume Uni.

Tab 1 Chiffres en millions d’euros

2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
CA Groupe historique 46568 47699 45944 45503 45277 43515 40981 39445 40236 40918

 

Ce second tableau  permet de constater la répartition du chiffre d’affaires selon les entités les plus importantes ou le regroupement  d’activités:

Tab 2 Chiffres en millions d’euros

2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
France 23267 23726 23639 23308 22534 21431 20018 19304 19141 18969
Espagne 3963 4067 3887 3821 3993 4027 4052 3876 4253 5014
Pologne 4825 5184 3831 3934 3625 3381 3079 2918 2831 2644
Belgique  et Luxembourg         1249 1235 1242
 Europe centrale         1625 1648 1648
Reste du Monde 8287 8322 8308 8248 8795 8281 7792 7374    
Afrique et Moy.Orient         4286 4899 5245
Entreprises 7723 7785 7559 7216 7101 7001 6513 6299 6405 6398
Opérateurs int. et services partagés(OISP) 1240 1349 1388 1600 1610 1623 1702 1814 1915 1812
Eliminations inter secteur (2737) (2734) (2668) (2624) (2381) (2229) (2175) (2140) (2087) (2047)
Total Groupe 46568 47699 45944 45503 45277 43515 40981 39445 40236 40918

 

A partir de l’exercice 2015, le Groupe a distingué plus précisément certains secteurs géographiques où il opère, ainsi la rubrique « Reste du monde » a été divisée en Belgique et Luxembourg, Afrique et Moyen Orient, Europe Centrale.

 

Les chiffres indiqués dans les tableaux ci dessus  sont les chiffres historiques ; ils nécessitent un rappel de l’évolution constatée :

– La crise économique mondiale a eu des effets négatifs sur le secteur d’activité des Télécommunications essentiellement à compter du second semestre 2008 et plus particulièrement  du 4ème trimestre 2008. L’impact de cette crise est plus ou moins fort selon les pays. Cette crise s’éternise en Europe et en France notamment ; elle s’est accompagnée de fluctuations des monnaies, l’euro restant encore en 2015, avec le franc suisse et le yen, une devise forte. L’impact du change est important en 2009 en Pologne notamment (-973 millions d’euros). L’euro restant une devise forte, les écarts constatés en 2009 n’ont pas été comblés depuis,

– Des mesures règlementaires, tant européennes que nationales, ont pesé fortement sur le secteur d’activité; ainsi pour le Groupe Orange, elles représentent à partir de 2009 un manque à gagner de près d’un milliard d’euros par an. Ces mesures, insuffisamment lissées dans le temps, qui pèsent sur tous les acteurs européens du secteur ont aussi été prises au plus mauvais moment puisqu’elles ajoutent leurs effets très négatifs à celui de la crise économique. Certains opérateurs ont su malgré tout,  maintenir leur marge brute. L’effet de ces mesures est maintenant limité.

-Des crises politiques et sociales qui touchent certains pays d’Afrique et du Moyen Orient.

– L’impact de la concurrence est partout présent et plus particulièrement sur les marchés matures ce qui est le cas des marchés  européens, cet impact est accentué en France avec l’arrivée en 2012 d’un 4ème opérateur de mobiles, qui a obligé Orange France  à revoir à la baisse son offre mobiles ; la concurrence se développe très fortement en Europe, Afrique, Moyen Orient, etc…

– Le changement de périmètre, (la cession d’Orange Suisse en 2012 par exemple induit une perte de CA de plus d’un milliard d’euros, celle d’Orange Dominicana en avril 2014 près de 500 millions d’euros. La consolidation de Medi Telecom et de Jazztel depuis le 1/7/2015 compense  ces pertes de CA.

En données à base comparable, le chiffre d’affaires du Groupe augmente  de 0,6% en 2016 , après une stagnation en 2015  et  – 2,5% en 2014,- 5,1% en 2013 ,  et – 2,7% en 2012 . Il avait déjà baissé de 1,6% en 2011, de 1,4% en 2010,  de 1,8% en 2009, et était en croissance  de 2,9% en 2008 par rapport à 2007. En donnée comptables (historiques) le CA du Groupe est pour la deuxième année consécutive en hausse de +1,7%.

Par pays  ou entités, l’évolution du CA du Groupe sur  une base comparable, 2016  par rapport à 2015, est plus contrastée. On observe en France une baisse  de -1% en 2016, après -0,8% en 2015 , – 3,5% en 2013 ,  -6,6% en 2013,  -5% en 2012, -3,3% en 2011 et  – 1,4% en 2010;

En Espagne, on constate  une nette hausse de 6% après  une baisse de -2,3% en 2015 , – 4,4% en 2014  et  une  petite hausse de 0,6% en 2013 ,( au 4ème trimestre 2015 en données comptables (historiques), le CA croit de 21,5%  avec la consolidation  de Jazztel).

En Pologne la baisse reste forte à -2,4% après – 2,3% en 2015 , – 4,5% en 2014 et la  chute de 2013  – 8,6% , – 4,1% en 2012 , – 7,8% en 2011  et  – 5,1% en 2010, soit une perte de plus du quart du CA en 5 ans  imputable en grande partie à la régulation et au cours du change, mais aussi à la concurrence très forte sur tous les marchés (en fait aussi forte que sur le marché français). Au 4ème trimestre 2016  la baisse est ramenée à 1,9%.

Le pôle Belgique Luxembourg  stabilise son CA depuis2015.

Le pôle Europe Centrale est en croissance de 1,9% après  1,4% sur 2015.

Le pôle Afrique et Moyen Orient est en croissance de +2,6% seulement après + 5,1% sur 2015.

Le CA du secteur Entreprises est enfin en petite croissance de + 0,7% après une baisse en 2015 de -0,9% ,  -2,3% en 2014,  une chute de -5,3% en 2013, – 2,7% en 2012,  – 1,6% en 2011, – 4,8% en 2010 et – 3,2% en 2009. Ce secteur a aussi perdu le quart de son CA en 8 exercices!

La base clients est en légère baisse à 262,83 millions  par rapport à  262,912 millions de clients en 2015 dans le monde  (à comparer à 244,161 millions en 2014)  dont 201,73 millions de clients des services mobiles et 18,27 millions de clients des services fixes haut débit, dont 3;3  millions d’accès fibre (1 452 000 en France , 1 610 000 en Espagne etc). Le nombre de  clients est en hausse en Afrique et au Moyen Orient (120,7 millions) ; partout ailleurs il est pratiquement stable ou en  augmentation (parfois assez nette) sauf sur le pôle d’activités Europe Centrale  et Belgique Luxembourg.

 

1.1 Le chiffre d’affaires 2016  par secteur opérationnel est précisé dans le tableau ci-après:

Tab 3

CA réalisé (milliards €) Variation à base comparable en % Nombre de clientsMobile (millions)
FranceMobileRésidentielCA hors éliminations 7,98210,40318,969 -4%+0,7%-1% 30,033
EspagneMobileRésidentielCA 3,1381,8725,014 +6%+5,%+6% 15,910
PologneMobileRésidentielCA hors éliminations 1,4711,0682,604 =-8,4%-2,4% 15,990
Belgique et Luxembourg 1,242 +0,5% 3,956
Europe Centrale 1,648 = 15,146
Afrique et Moyen Orient 5,245 +2,6% 120,68
Entreprises 6,398 +0,7%

 

2 –  L’EBITDA  (ex MBO marge brute opérationnelle)

L’EBITDA  est un solde intermédiaire de gestion non défini par des normes comptables internationales. Il peut varier d’une entreprise à l’autre et d’un exercice à l’autre. L’EBITDA comptable ‘(publié) 2016 est de 11,719 milliards d’euros à comparer  à l’EBITDA 2015  de 11,277 milliards d’euros, 11,112 Mds€ en 2014  en baisse de près de 10% par rapport à 2013 (12,235 Mds€) et à 2012  (12,289 Mds€) . Mais en termes comparables, la marge d’EBITDA 2013 était en baisse d’un milliard d’euros environ par rapport à 2012, (2012 comprenait en effet une charge pour  plan social de 1,28 Md€). Le tableau ci-dessous est révélateur d’un certain rétablissement, en 2014 et après, de la  compétitivité de la plupart des entités du Groupe. On note toutefois que sa marge brute d’exploitation est tombée de 35,5% en 2009 à 29% en 2013, pour remonter à 30,9% en 2014, 28,02% en 2015 et 28,64% en 2016 en légère amélioration.

 

Après retraitement,  le Groupe affiche pour  2016  un EBITDA de 12,682 Mds€ en hausse de 1,3% sur 2015 (12,426Mds€), déjà  en hausse de 0,1% sur 2014.

L’EBITDA 2016 retraité, présenté par entité est indiqué dans le tableau ci-après où il est comparé à l’EBITDA 2015, 2014, 2013,2012, 2011,2010:

 

Tab 4 EBITDA retraité en milliards €; % par rapport au CA hors élimination.

FRANCE Belgique et Luxembourg Espagne Pologne Europe Centrale AfriqueEt MO ResteMonde Entreprises
EBITDA 2016 7,134 0,316 1,349 0,725 0,554 1,658 1,014
EBITDA /CA 2016% 37,6 25,44 26,9 27,42 33,61 31,63 15,84
EBITDA 2015 7,076 0,276 1,068 0,842 0,554 1,667 0,932
EBITDA/CA 2015 % 36,9 22,3 25,1 29,7 33,2 34,1 14,9
EBITDA 2014 6,510 0,958 0,994 2,519 0,910
EBITDA/CA 2014 % 33,72 24,71 34,06 34,16 14,44
EBITDA 2013 6760 1038 0,937 2,511 1,004
EBITDA/CA2013 33,7% 25,6 30,43% 32,22% 15,4%
EBITDA 2012 7,834   0,951 1,156     2,80 1,177
EBITDA/CA2012 36,6%   23,6% 34,2%     33,8% 16,8%
EBITDA 2011 8,569 839 1347 2,99 1,276
EBITDA/CA2011 38% 21% 37,2% 34% 18%
EBITDA 2010 8,813   0,765 1,18     2,941 1,299
EBITDA/CA2010 37,8%   20% 30%     35,7 18%

 

La variation du taux de marge d’EBITDA est la conséquence de plusieurs facteurs, notamment:

– la variation  du chiffre d’affaires,

– le poids des charges et notamment des charges de personnels qui ne diminuent pas en proportion du CA,

– l’impact de charges exceptionnelles (plan social relatif au « Temps partiel sénior »), (voir tableau ci-après), et autre rémunération en actions (61 M€ en 2016)

–Des mesures fiscales, notamment une hausse de la TVA en France non répercutée sur les clients, de diverses taxes et impôts d’exploitation,

– les charges de dépréciations et restructuration d’actifs 499 millions € en 2016  (172 millions€ en 2015, 438 millions d’euros en 2014).

-les résultats de cessions d’actifs, 66 millions d’euros en 2015,

– une charge nette de 572 millions d’euros relative au « Temps partiel sénior » en 2015, 565 millions d’euros en 2014!,

-une charge nette sur divers litiges de 450 millions d’euros en 2015 et 86€ en 2016.

- le coût de sanctions juridiques ou de règlements de litiges est très lourd et s’alourdira encore avec les litiges en cours; Ces coûts représentent pour le Groupe Orange depuis 2003 plus de 5 milliards d’euros, soit presque un an de CAPEX!!!)

 (avec Bouygues Telecom par exemple, l’accord signé en mars 2014, en règlement amiable de litiges représente un coût d’environ 400 millions d’euros, cette somme ayant compensé intégralement les coûts de restructuration de cette société dans ses comptes 2014).

 

Sur 9 ans les principaux postes de charges ont évolués comme suit:

(en millions d’euros)

 

Tab 5

  2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
Chiffre d’affaires 46800 45944 45503 45277 43515 40981 39445 40236 40918
Achats externes 19444 19170 19375 19638 19100 17965 17251 17697 18281
%achats ext/CA 41,5% 41,7% 42,5% 43,37 43,8% 43,8% 43,73% 43,98% 44,67%
Charges de personnels 8468 9158(1)8525 9214(2)8722 8815(3))9336 10363(4)9076 9019 9066(5)8630 9032(6)8460 8866
%charges de pers/CA 18,09% 18,55% 19,16% 19,46% 20,85% 22% 22,98 22,44 21,65%
Impôts et taxes d’exploitations     1711 1772 1857 1717 1795 1783 1808
Amortissements     6461 6735 6329 6052 6038 6465 6728

 

(1) comprend une charge de 569 millions d’euros en rapport avec la mise en place du temps partiel sénior.

(2) comprend une provision complémentaire de 492 millions d’euros au titre du temps partiel sénior.

(3) diminué d’une reprise de provisions de 521 millions d’euros en rapport avec le temps partiel sénior.

(4) comprend une provision de 1287 millions d’euros en rapport avec le nouveau temps partiel sénior.

(5) comprend une provision supplémentaire de 358 millions d’euros pour le « temps partiel sénior » et une charge de 78 millions d’euros relative à l’ORP de juin 2014.

(6) comprend une charge supplémentaire de 572 millions d’euros pour l’extension du « Temps partiel sénior »

 

Pour les exercices 2013, 2014 et suivants  les charges de personnels intègrent la diminution induite par  le CICE respectivement de 71, 110 et 102  millions d’euros. Le tableau 5 est révélateur de la perte de compétitivité du Groupe. En 2008 il réalisait 46,8 milliards d’euros de CA avec un volume de charges externes de 19,44 milliards d’euros et des charges de personnel de 8,46Mds€,  9 exercices plus tard il réalise 40,91 Mds€ de CA (-6,5 Mds€) avec un volume de charges externes de 18,28 Mds€ (-1,16Mds€) et des charges de personnel de  8,86Mds€.  Cette perte de productivité coûte environ 2 Mds€ /an au Groupe.

 

Globalement, depuis 3 ans  les charges semblent mieux maîtrisées  même si en  2016 elles sont en hausse sensible.

La sous-traitance  représente par ailleurs de manière récurrente l’équivalent d’environ 26 000 emplois.

Les charges de personnels  représentent plus de 22% du CA,   ce qui fait du Groupe le moins compétitif des grands opérateurs,  qui eux ont des charges de personnels inférieures (voire nettement inférieures) à 15% de leur CA respectif. Il s’agit exclusivement de la situation française comme l’indique le tableau ci-après:

Il est intéressant aussi d’étudier l’évolution des effectifs  et de la main d’oeuvre extérieure en France:

 

Tab 6

2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
Eff  actifs 31/12 OrangeSA 92 570 94 259 95 642 95 647 95359 92452 90468
Fil. France 7 484 7 828 9 608 9 392 6713 6947 6952
Intérim en ETP 781 854 785 546 687 730 722
Sous traitance en ETP 26 040 25 975 26 313 25 880 24055 23763 26130
Coût Sous traitance Mds€ 1,827 1,770 1,802 1,813 1,724 1,711 1,995

ETP = équivalent emploi temps plein. Les données 2016 ne sont pas encore connues.

 

Il est vraisemblable que les données relatives à la sous-traitance pour 2016, soient assez semblables aux données 2015. On rappellera que le CA est passé sur la  période 2009/2016,  de 23,26Mds€ à 18,9Mds€!

Ces chiffres confirment la perte très grave de productivité de l’entité France.

(A noter que l’entité OISP comprend des activités non comparables aux autres entités, filiale Marine, Sofrecom, activités de cinéma et vidéo, etc…  qui semblent pour la plupart dispensées de produire tout résultat positif…)

 

3. Le résultat d’exploitation (RE)

Ce deuxième solde de gestion  est également présenté par pays comme indiqué dans le tableau ci-après:

 

Tab 7-  chiffres en milliards d’euros

France Espagne Pologne BelgLux EuropeCent ResteMonde AfriqueMO Entreprises OISP Total
RE 2016 3,709 0,276 (-408) 113 202 0,068 0,594 (-565) 3,992
RE 2015 3,765 0,275 0,136 0,119 0,188 0,463 0,534 -0,738 4742
RE 2014 3,870 0,374 0,259 0,733 0,552 4571
RE 2013 4,201 0,460 0,201 0,351 0,642 -0,567 5,288
RE 2012 4,306 0,169 -0,505 0,332 0,763 -1,002 4,063
RE 2011 6,241 -0,168 0,443 0,595 0,940 -0,103 7,948
RE 2010 6,567 -0,218 0,229 1,380 0,958 -1,354 7,562
RE 2009 7,06 -0,274 0,095 1,91 1,12 -2,068 7,859
RE 2008 7,43 -0,630 0,943 2,134 1,115 -1,007 9,945
RE 2007 7,002 -0,469 0,869 2,214 0,749 0,171 10,540

 

Le résultat d’exploitation 2016, en baisse de près de 800M€ par rapport à 2015,  est impacté par des pertes de valeur à hauteur de 772M€ ,  notamment -507M€ pour l’entité Pologne, et  -265M€ pour l’entité Afrique/MO. L’augmentation de la charge d’amortissement  est de 260M€.

L’historique de l’évolution de ce solde de gestion est précisé ci-après:

Le résultat d’exploitation  2014 est en baisse de près de 15% par rapport à 2013, cette baisse s’expliquant par la baisse de l’EBITDA.

Le résultat d’exploitation 2013 est en amélioration apparente par rapport à 2012 ; en fait en base comparable, il est à peu près équivalent. Il reste en chute marquée par rapport à 2011, conséquence directe de la baisse de l’EBITDA.

Le résultat d’exploitation  2012 est marqué par la baisse de l’EBITDA, et des provisions pour dépréciation d’actifs en Pologne (-0,889Md€) et dans le reste du monde (Roumanie) pour (-0,839Md€) ; mais sans ces éléments exceptionnels et la provision pour Temps partiel sénior, il recule de plus d’un milliard d’euros par rapport à 2011, année où on constatait un redressement  par rapport à 2010. En 2011, il diminue fortement pour l’entité « Reste du Monde » suite à une hausse des amortissements et à l’augmentation des pertes de valeur des immobilisations. Il diminue aussi en France en conséquence directe des baisses du CA et de l’EBITDA. On rappellera que le RE 2009  intégrait déjà une provision de 569 millions d’euros pour le plan  « TPS », une dépréciation d’actifs de TPSA pour 400 millions d’euros et la charge fiscale de 964 millions d’euros relative au litige sur la taxe professionnelle. Le RE 2010 comprenait les effets directs du supplément de provisions pour le plan « TPS » 492 millions d’euros, du supplément de provisions pour le litige de TPSA, 266 millions d’euros, d’une provision de restructuration des activités Orange Sport et Orange Cinéma Séries, 547 millions d’euros, mais aussi d’une réévaluation de juste valeur de 336 millions d’euros après la prise de contrôle de Mobinil. Pour établir un comparatif objectif 2010/2009 il faut réintégrer dans le RE 2009 la charge fiscale de 964 millions d’euros qui est sans rapport avec la gestion de l’entreprise. On obtient donc un RE 2009 de  8,82 milliards d’euros à comparer à 7,56 milliards d’euros pour 2010 , soit une chute de plus de 15%.(la charge fiscale est consécutive à la décision d’appel de la Cours de Justice de l’Union Européenne sur la taxe professionnelle).

La chute du résultat d’exploitation depuis 2010 traduit directement une adaptation problématique du Groupe à son environnement économique, notamment pour les entités France et Entreprises.

 

4 –  Le résultat financier

Le résultat financier, qui traduit directement la situation et le coût de la dette, est pour 2016 en nette hausse induite par la dépréciation de la participation du Groupe dans BT de (-533M€), due à la dépréciation de l’action de BT.

Sans cette dépréciation  il serait comparable à 2015  (-1,583Mds€),  -1,638 Mds€ en 2014,  -1,75Mds€ pour 2013  et  – 1,72Mds€ pour 2012. Pour  2011 il était  de  -2,033 milliards d’euros, comparable à celui de 2010. En  2009  le résultat financier était de (-2,299Mds€)   et en 2008 de (-2,98Mds€),  mais comprenait   -381 millions d’euros représentant la garantie de juste valeur donnée aux actionnaires minoritaires d’Amena .

 

5-  Le résultat net

Le résultat net consolidé du Groupe pour 2016 est de 3,263 Mds€ incluant 2,25M€ de résultat sur les activités cédées EE. (Il est vraisemblable que le Groupe profitant  de ce résultat de cession d’actif  a révisé plus strictement que d’habitude son portefeuille d’actifs  (-1300M€) et pris en charge des coûts de restructuration et d’intégrations (-499M€) sur l’exercice 2016. Sans les actifs cédés le résultat des activités poursuivies est de 1,01Mds€.

Pour   2015 le résultat net  était de 2,958Mds€, en forte hausse  due essentiellement à deux facteurs, une baisse de la charge fiscale de l’exercice liée à l’Espagne (-924 M€) et l’augmentation du résultat net des activités cédées ou en cours de cession (EE) pour + 583M€. Le résultat net attribuable aux actionnaires du Groupe est de 2,65Mds€.

En  2014, le résultat net était de 1,225Mds€, dont 0,925Md€ pour les actionnaires d’Orange, en baisse de plus de 1Md€ par rapport à 2013. Cette baisse s’explique comme pour les autres soldes intermédiaires de gestion par la baisse du CA compensée à seulement 69% par la baisse des charges et par des éléments (en principe non récurrents ; cf. point 2). L’historique du résultat est précisé ci-après:

Le résultat net du Groupe 2013 à + 2,133 Mds€  est presque similaire au résultat net 2012, grevé par la provision de 1,2Mds€ pour le plan social « temps partiel sénior ». A l’image du résultat d’exploitation, il reste  en chute marquée par rapport à 2010 et 2011 ; ceci bien sûr est la conséquence de la chute de l’EBITDA et du RE, non compensée par l’amélioration du résultat financier ; l’impôt sur les sociétés est également en hausse.

Pour 2011, il était  de 3,82 milliards d’euros, en baisse d’environ 5% par rapport au résultat 2010. En effet, le résultat net 2010 de l’ensemble consolidé était de 4,877 Mds€, intégralement attribuable aux propriétaires de la société mère, à comparer à 3,465 milliards d’euros pour 2009, dont 2,997 Mds€ attribuables aux actionnaires de FTSA, et à  4,49Mds€ pour 2008, dont 4,069Mds€ attribuable aux actionnaires de  FTSA. Mais, si l’on ajoute les 964 millions d’euros de charge fiscale au résultat net de 2009 (charge sans lien avec la gestion de la société) on obtient  pour 2009 un résultat net de 4,36Mds€. En outre le résultat 2010 comprend  un différentiel de « résultat net des activités cédées de +870 millions d’euros relatif à Orange UK; c’est donc un résultat net 2010 de 4Mds€ qu’il faut comparer à 4,36 Mds€ en 2009, soit une baisse d’environ 10% pour 2010.

 

6 – Les fonds propres ou Capitaux propres.

Le 30 juin 2009, le Groupe a émis 33 600 122 actions nouvelles au prix de 16,10 € par action en paiement partiel d’une partie du solde du dividende 2008 pour les actionnaires (dont l’Etat) qui avaient retenu cette option. Le versement de ce solde a donné lieu à un décaissement de 1,553 milliard € et à un paiement en actions de 538 millions d’euros.

En 2010 le solde du dividende de l’exercice 2009 (0,80€ par action) et l’acompte sur dividende de l’exercice 2010 (0,60€ par action) ont été payés en numéraire pour un montant global de 3,706 Mds€.

Au 31/12/2010 les fonds propres du Groupe sont de 31,549 Mds€, en amélioration de 2 Mds€.

Au 31/12/2011 les fonds propres consolidés du Groupe sont de 29,592 milliards d’euros, après une baisse des réserves de conversion.

Au 31/12/2012 les fonds propres consolidés du Groupe sont de 26,38 milliards d’euros ; la chute du résultat consolidé et le paiement de dividendes inchangé en 2012 (solde 2011 et acompte 2012) expliquent cette chute.

Au 31/12/2013 les fonds propres consolidés du Groupe sont de 26,334 Mds€, inchangés par rapport à 2012.

Au 31/12/2014 les fonds propres consolidés du Groupe sont de 31,701 Mds€ dont 29,559 Mds€ attribuables aux propriétaires d’Orange. Cette amélioration très nette n’est pas due à l’affectation de résultats net du Groupe mais à l’émission d’obligations hybrides pour un montant de 2,74Mds€ en janvier 2013 et 3Mds€ en Octobre 2014, compensée par le nantissement équivalent (2,9Mds€) constitué  dans le cadre de l’OPA sur Jazztel.  Ces titres conditionnés pouvant être remboursés en actions dans des délais pratiquement à la convenance du Groupe, ils sont assimilés à des fonds propres (hors nantissement).

Au 31/12/2015 les fonds propres consolidés du Groupe sont de 33,267Mds€, en augmentation après l’affectation du résultat diminué des dividendes versés en 2015.

Au 31/12/2016  les fonds propres consolidés du Groupe sont comparables à 2015.

 

7- Le Free Cash Flow opérationnel

Jusqu’en 2010, le Free Cash Flow était un des objectifs majeur du Groupe, qui s’était engagé sur une réalisation de cet objectif à hauteur de 8 milliards d’euros hors éléments exceptionnels et achat de spectre  pour les exercices 2009,2010 et 2011. Cet objectif a été réalisé  en  2010  avec 8,11Mds€  et en 2009 avec  8,35 Mds€,  après  8,016  Mds€ en 2008 et  7,81 milliards d’euros réalisés en 2007.

Cet objectif a été modifié pour les exercices 2011 à 2015  en objectif de Cash Flow Opérationnel (EBITDA- CAPEX) avec les indications suivantes: « le Groupe annonce un objectif cumulé de l’ordre de 27 Mds€ pour l’indicateur EBITDA – CAPEX, sur la période 2011-2013, hors éléments exceptionnels », objectif non réalisé. « Une ambition du Groupe en matière d’indicateur EBITDA – CAPEX avec un taux de croissance annuel moyen de +9% sur la période 2013/2015″ .Ces engagements font suite au « plan conquêtes 2015″ que le Groupe a présenté aux investisseurs le 31 mai 2011 et réaffirmé lors de la présentation des résultats du 1er semestre 2011 puis du 3éme trimestre 2011 avec la confirmation d’un versement de dividende 2012 de 1,40€ par action….Hélas rien de cela n’a été réalisé…

Pour 2011 le Cash Flow Opérationnel de 9,3 milliards d’euros est conforme aux objectifs de la période.  L’ancien objectif de Free Cash Flow n’aurait pas était tenu puisqu’il est de 7,38Mds € après retraitement.

Le  groupe s’était engagé  à distribuer des dividendes à hauteur de 40 à 45 % du FCF réalisé. Pour 2012 le Groupe s’est engagé à verser 40 à 45% de son nouvel indicateur de Free Cash Flow opérationnel.

Tout cela a été remis en question lors de la publication des résultats du 3ème trimestre 2012 fin octobre 2012, avec les conséquences que l’on a constatées sur le cours de l’action, et sur lesquelles on reviendra.

L’objectif de free cash flow opérationnel pour 2012, d’environ 8 Mds€, a été atteint après retraitement de l’EBITDA c’est à dire sans la provision de 1,28Md€ pour Temps partiel sénior. S’agissant de l’ancien objectif de FCF, il peut être estimé à 5,7/ 5,9 Mds€ en incluant la vente de la filiale suisse.

Pour 2013, le Free cash flow opérationnel, sur la base de l’EBITDA retraité est de 7,1Mds€ en baisse d’un milliard d’euros par rapport à 2012 mais le Free cash flow opérationnel réel est de 6,6Mds€, ou 6,2Mds€ après achat de licences…

Pour 2014, le Free cash flow opérationnel, sur la base de l’EBITDA retraité est de 6,554 Mds €, en nette baisse par rapport à 2013 ; le Free cash flow opérationnel réel est de 5,476Mds€ .  Après paiement des frais financiers et de l’impôt sur les sociétés (-3,2Mds€) on peut estimer le Free cash flow disponible à environ 4 Mds€ utilisé pour payer le dividende (-2,2Mds€), l’achat de licences (-0,48Md€), et permettre le remboursement d’emprunts (1,8Mds€).

Pour 2015 le Free cash flow opérationnel, sur la base de l’EBITDA retraité est de 5,94Mds€. La baisse est essentiellement due à l’augmentation des CAPEX (+9,3% à 6,48Mds€). Après paiement des frais financiers, de l’impôt sur les sociétés, des règlements d’amendes et litiges, le Free cash flow disponible d’environ 3,6Mds€ a servi à payer le dividende (-2Mds) les fréquences (-0,4) et à participer à la croissance externe pour environ 1Md€.

Pour 2016 le Free cash flow opérationnel sur la base de l’EBITDA retraité est de  5,738 M€  et de 5Mds€ sur la base de l’EBITDA comptable qu’il faut ajouter à 4,5Mds€ reçus de la vente de EE. Ces 9 Mds€ ont permis notamment  l’achat de licence (1,8Mds€), la croissance externe (1,2Mds€) le paiement de l’impôt sur les sociétés (0,906Md€), le paiement des dividendes (1,85Mds€)  le désendettement (2,108Mds€) et d’autres opérations pour 1,6Mds€.

 

8 – La dette nette

 8-1 Au 31 décembre 2011:

La dette nette du Groupe au 31/12/2011 a baissé d’un milliard d’euros à 30,89 milliards d’euros. Elle était de 31,840 Mds€ au 31/12/2010,  de  32,859 Mds€ au 31/12/2009, et  de 35,859Mds€ au 31/12/2008. Cette dette situe le Groupe parmi les grands opérateurs les moins endettés. Le montant de la dette nette est pratiquement  équivalent au montant des fonds propres consolidés.

Mais compte tenu des versements intervenus les 13 et 19  janvier 2012 pour le règlement du litige opposant TPSA à un de ses fournisseurs (550 millions d’euros) et pour l’achat de la licence 4G  en France (891 millions d’euros) le montant de la dette était de 32,331 milliards d’euros.

L’utilisation du FCF en 2011 a servi en outre, au règlement des dividendes (4,4 Mds€), à l’achat de spectre en France et en Espagne (0,76Mds€),  à l’achat d’actions pour 0,275Mds€ et au paiement d’impôts résultant des nouvelles mesures en France (0,332Mds€) portant l’impôt sur les sociétés décaissé à1,02 Md €.

 

8-2 Au 31 décembre 2012:

La dette nette du Groupe au 31/12/2012 est de 30,5 Mds€ à peu près sans changement sur l’exercice. Le FcF a servi notamment: à régler le solde du dividende 2011 et l’acompte du dividende 2012, soit environ 4,2Mds€; à payer l’achat de licences (1,2Md€) dont 0, 891Md€ pour l’achat de la licence 4G en France;  à payer  le litige TPSA, à payer la montée au capital de Mobinil en Egypte, achat qui faisait suite à un engagement du Groupe qui générait une dette d’environ 1,9Md€ et qui a donc été éliminée.

 

8-3 Au 31 décembre 2013:

La dette nette du Groupe au 31/12/2013 est de 30,72 Mds€, pratiquement inchangée par rapport à 2012. Le Free cash Flow libre (qu’on peut estimer à environ 4Mds€ après charge de la dette et impôts sur les sociétés) a couvert notamment  le versement du dividende 1,314Mds€, et l’amende fiscale de 2,1Mds€  relative au rejet d’un report de moins values portées par une filiale sur les comptes de la maison mère en 2005. Il s’est avéré insuffisant (comme en 2012) pour faire face aux remboursements d’emprunts arrivant à échéance…

 

8-4 Au 31 décembre 2014:

La dette nette du Groupe au 31/12/2014 est de 26,090Mds€. Cette baisse résulte du cash disponible (1,8Mds€) et de l’émission d’obligations hybrides (2,8Mds€).

 

8-5 Au 31 décembre 2015:

La dette nette du Groupe est de 26,6Mds€ en légère augmentation suite à des investissements financiers à hauteur de 4,2Mds€ dus aux opérations suivantes: 210 M€ en Egypte, 80M€ au Maroc, 3,9Mds€ pour Jazztel .

Cette dernière opération à permis de déboucler le compte sous séquestre de 2,9Mds€ de 2014.

 

8-6 Au 31 décembre 2016:

La dette nette du Groupe est de  24,44 Mds€ en nette baisse essentiellement due à la vente de la filiale EE au Royaume Uni.

Le ratio Dette nette /Ebitda revient à 1,93, pour un objectif du Groupe « d’environ 2″.

La dette nette s’élevait  à un peu plus de 42 milliards d’euros au 31/12/2006. Elle était de 49,8 Mds€ au 31/12/2004 et de 47,8 Mds€ au 31/12/2005. On rappellera que l’acquisition d’Amena en novembre 2005, a augmenté la dette d’environ 5,8 milliards d’euros. La prise de participation majoritaire de Mobinil a augmenté la dette de 0,88 Mds€ en 2010. En 2006 la cession de PagesJaunes a eu un impact positif sur la dette de près de 3 Mds€ et a permis sur cet exercice de respecter un ratio dette/EBITDA inférieur à 2.

 

8-6 De bonnes liquidités:

Les liquidités et quasi-liquidités dont le Groupe dispose au 31/12/2016 sont de 6,355 Mds€  et devraient le mettre à l’abri de toute crise de liquidités

Le  Groupe dispose en outre de lignes de crédit à hauteur de 6,343Mds€

Par ailleurs, la politique monétaire de la Banque Centrale Européenne annoncée jusqu’à la fin 2017 devrait permettre aux entreprises de trouver à très bon compte des liquidités dont elles pourraient avoir besoin.

Le Groupe reste toutefois engagé dans des procédures judiciaires très risquées et autres contrôles fiscaux (Pologne, France) qui pourraient avoir de lourdes conséquences sur sa trésorerie négatives mais aussi positive notamment en France où le litige fiscal de plus de 2Mds € en 2013 pourrait se régler à son avantage.

 

9 –  Le marché des Télécommunications en France au 31/12/2016 en France.

 L’ARCEP note que le trafic téléphonique est stable en 2016  (237 milliards de minutes) pour la 3ème année consécutive, la consommation croissante de téléphone mobile (+5,4%) compense tout juste le recul du fixe (-9,4%).

La consommation moyenne par carte SIM (3h15 par mois) dépasse désormais la consommation depuis les box qui ne cesse  de diminuer (2h57 par mois).

Grace à la croissance du nombre de clients 4G le trafic de données sur les réseaux mobiles a doublé en 2016…les clients 4G génèrent 85% des données.

 

9-1  Marché du Haut débit <30Mbit/s et très Haut débit >=30Mbit/s.

 Selon l’ARCEP au 31/12/2016 les abonnements au très Haut débit étaient de 5,43 millions (+ 1,2 millions), dont 2,18  via le FTTH, (1 450 000 pour Orange au FTTH).

Le nombre global de clients Haut et très Haut débit était de 27,7 millions  à comparer à 25,970 millions de clients en 2015, 24,905 millions de clients au 31/12/2013 et 23,975 au 31/12/2012. Le marché progresse d’environ +1 million de clients par an et la tendance est à une baisse des clients haut débit induite par un transfert sur le très haut débit.

 

La croissance du nombre de clients à la fibre optique de bout en bout s’accélère, même si les possibilités d’abonnements offertes par les réseaux FTTH croissent davantage encore. Au 31 mars 2016 il y avait 14,8 millions de logements éligibles au très haut débit et 6 millions via des offres FTTH. Ce sont les derniers chiffres officiels publiés par l’ARCEP, mais si l’on s’en tient aux déclarations des opérateurs au 31/12/2016, le nombre d’accès potentiels au FTTH voisine 8 millions.

 

9-2  Marché des Mobiles:

L’état du marché français et les performances des divers opérateurs sont précisées dans les tableaux ci-après:

 

Tab  8  Parc clients mobiles (données ARCEP en millions)

31/12/2011 31/12/2012 31/12/2013 31/12/2014 31/12/2015 31/12/2016
Cartes SIM (1) 65,2 68,5 69,9 71,7 72,1 72,96
Cartes SIM métropole (1) 62,6 65,9 67,2 69 69,5 70,36
Croissance annuelle % 1 5,2 2 2,6 0,7 1,2
Parc Résidentiel Metropole 59,633 61,289 61,505 62,21
Post payé résidentiel Métro. 44,29 49,98 45,36 48,048 50,163 51,94
Pré payé Métro. 19,54 18,23 14,27 13,24 11,342 10,27
Parc DOM 2,65 2,64 2,74 2,70 2,67 2,60
 
Dont SIM internet 3,12 3,37 3,587 3,690 2,434 3,58
 SIM M to M 3,35 4,66 6,89 8,22 10,549 11,73
Part de marché MVNO % 11,37 10,86 10,9 7,4   (2) 10,2 10,7
Part de marché FREE % (2) 0 7,37 10,9 13,15 16,3 17,26
Part de marché Bouygues % (2) 18 15,9 15 14,47 16,4 17,81
Part de marché SFR % Numéricable (2) 31 29,2 28,8 29,85 29 27,4
Part de marché Orange % (2) 39,8 37,3 36,5 35,14 38 40,02

(1) hors M to M

(2) le rachat d’opérateurs virtuels (Virgin par ex par SFR Numéricable) est la principale cause de la baisse constatée. La part de marché est par rapport au total de cartes SIM.

La perte de part de marché en métropole et de clients des trois principaux opérateurs a été atténuée par la forte croissance du parc clients résidentiels en métropole de 2012 à 2016.

 

 9.3 Les comptes des 4 opérateurs fixe et mobile sur le marché français sur les 4 derniers exercices.

  

Tab 9 

2016 FREE BOUYGUES SFR Groupe ORANGE
CA Global 4,722 4,761 10,991 18,96
CA fixe et Ht débit 2,639     10,4
CA mobile 2,043     7,87
Evolution CA     -0,4% -0,9%
Clients Ht Débit 6400000 3100000 6113000 11150000
Clients Mobiles 12700000 13000000 20061000 30030000
Charges personnel 0,242      
EBITDA global Mds€ 1,675 0,916 3,838 7,134
Capex Mds€ 1,3 0,802 2,312 3,421
Dettes nettes Mds€ 1,6 1,012 14,79 24,44
Effectifs Groupe 8899 7334 15000 (1) 65000 (1)

(1) estimés

 

2016 traduit un redressement très net de Bouygues Télécom en avance d’un an sur ses objectifs, de bons résultats commerciaux pour Orange et la poursuite de la croissance de FREE avec une productivité record. SFR Groupe a globalement dégradé ses comptes en 2016 même si au 4ème trimestre un net redressement s’est amorcé, c’est le seul à réaliser une perte sur l’exercice et à aggraver ses problèmes de trésorerie.

 -

2015 FREE BOUYGUES SFR/ NUMERICABLE ORANGE 
CA global (Mds€) 4,414 4,505 11,039 19,141
CA fixe et Ht débit 2,597 0,983 10,327
CA mobile 1,829 2,842 8,237
Evolution CA +5,9% +2,2 -6,5% -0,9%
Clients Ht Débit 6138000 2788000 6353000 10734000
Clients mobiles 11685000 11890000 21948000 28424000
Charges personnel 0,222 0,491 4,723
EBITDA global Mds€ 1,4899 0,752 3,8 7,07
Capex Mds€ 1,220 0,822 1,78 3,097
Dettes nettes Mds€ 1,19 0,765 14,4 26,6
Effectifs Groupe 7901 8000 15816 68000

 

En 2015, FREE est toujours en croissance mais diminuée de moitié, Orange rétablit une bonne conquête clients et Bouygues a une croissance modeste. FREE est toujours le champion de la performance économique avec ses coûts de personnels low cost! Ses charges de personnels  pour un même effectif affiché sont 55% inférieures à celles de Bouygues….!

 

2014 FREE BOUYGUES SFR/ NUMERICABLE ORANGE
CA global (Mds€) 4,167 4,4 11,44 19,304
Ca fixe et Ht débit 2,564 0,893 11028
Ca mobile 1,614 2,976 8276
Evolution Ca +11% -6% -1% -3,5%
Clients Ht Débit 5868000 2420000 6580000 10354000
Clients mobiles 10105000 11121000 22940000 27087000
Charges personnel 0,2085 0,580 4,765
EBITDA global 1,283 0,694 3,1 6,510
Capex 0,9683 0,762 1,78 2,8
Dettes nettes 1,084 0,765 11,2 26
Effectifs Groupe 7164 8817 11800 70719
Part de marché Ht débit 22,59% 9,31% 25,33% 39,8%

 

SFR et Numéricable détaillent leur CA par marchés et non par produits. Des résultats surprenants sont constatés si l’on calcule les charges de personnel pour 1 emploi ! Les écarts de ratios CA par emploi  sont tout aussi surprenants…

 

2013 FREE BOUYGUES SFR ORANGE NUMERICABLE
CA global (Mds €) 3,758 4,664 10,199 20,018 1,314
CA fixe et haut débit 2,497 0,820 11,132
CA mobile 1,261 3,844 8,886
Evolution CA +19,5% -11% -9,6% -7,6% =
Clients Ht débit 5640000 2013000 5257000 10108000 1709000
Clients mobiles 8040000 11143000 21354000 27000000 186000
Charges de personnel 0,197 0,592 4,868 0,154
EBITDA Global 1,204 0,880 2,766 7,130 0,616
Capex 0,905 0,752 1,610 2,833 0,3198
Dettes nettes 1,023 0,783 28,000 2,573
Effectifs Groupe 6876 9092 9990 74267 2077
Part de marché Ht débit 22,6% 8,08% 21,10% 40,1% 6,86%

 

2012 FREE BOUYGUES SFR ORANGE NUMERICABLE
CA total  (Mds€) 3,153 5,226 11,288 21,431 1,302
CA fixe (Mds€) 2,30 0,627 3,96 12,37
CA mobile (Mds€) 0,844 4,59 7,51 10,686
Evolution CA +48,1% -9% -7,3% -5% =
Clients ADSL(millions) 5,364 1,8 5,075 9,88 1650000
EBITDA 0,92 0,90 3,29 7,834 0,619
CAPEX (hors licence) 0,703 0,869 1.67 2,72 0,286
Licence 4G 0,242 0,726 1,06 0,891
Effectifs Gr France 6258 9600 10039 76753 1990

 

Les tableaux ci-dessus démontrent la performance remarquable de FREE, qui améliore tous ses résultats commerciaux et financiers tout en investissant plus d’un milliard d’euros (toutefois une part non précisée du montant de l’accord d’itinérance avec Orange est comprise en investissement), soit plus que Bouygues Telecom mais nettement moins que SFR  et surtout qu’Orange France … alors que les couvertures 4G par exemple de chacun des 4 opérateurs sont assez similaires. FREE maintient des objectifs ambitieux avec une part de marché français global de 25% dans moins de 3ans … et une marge d’EBITDA de 40% avant 2020! Bouygues maintient ses objectifs 2017 de 3,5 millions de clients Ht débit et d’accroissement très net de ses clients mobiles..

 

10 – Les perspectives pour l’exercice en cours 2017

 10-1-1 En France

La vente de l’opérateur SFR au Groupe Altice propriétaire de Numéricable a été réalisée au 4ème trimestre 2014. La fusion Numéricable/SFR crée un opérateur puissant sur tous les secteurs d’activités avec de fortes capacités d’investissements. Il dispose du réseau très haut débit le plus développé et le plus opérationnel, mais doit gérer deux techniques, la fibre de bout en bout et la boucle locale en coaxial.  Ses objectifs sont ambitieux puisque Altice (maison mère) est devenu en deux ans  un opérateur international avec le rachat de Portugal Telecom et de deux cablo-opérateurs aux USA, avec une dette équivalente à deux fois celle du Groupe Orange!

Après l’échec de la restructuration du marché français autour de 3 opérateurs  une certaine attente prévaut chez les investisseurs. On note un redressement certain de Bouygues Télécom et, depuis le 4ème trimestre 2016, un redressement commencé de SFR Groupe avec un développement très important sur les contenus. Démarche qui semble devoir être copiée par ses concurrents.

La croissance des investissements pour le très haut débit  4G+ et FTTH semble donner un espoir de croissance du marché  des Télécommunications  avec une  baisse du revenu des opérateurs  (35,7Mds€) qui ralentit pour la 3ème année consécutive. En 5 ans le marché à perdu 20% environ de sa valeur!

Enfin 2017 verra le lancement  à la fin du 1er semestre d  « ORANGE Bank » qui est présenté comme un développement clé pour le Groupe.

 

10- 1-2 En Europe

Des opérations de concentration  ont déjà été réalisées en Allemagne et Espagne et en  Angleterre. En Italie on parle d’opérations possibles autour de Telecom Italia qui a vu des mouvements importants à son capital et de Wind. L’arrivée d’ILIAD bouleversera t’elle le marché italien?.

Des freins existent toutefois pour la consolidation du secteur en Europe : le niveau de prix des services très bas  et une régulation trop présente et à plusieurs niveaux…

La fin de l’itinérance au 1er juillet prochain semble préjuger d’un changement dans l’approche des Autorités Européenne vers un marché global pris en tant que tel pour l’analyse des rapports de concurrence.

 

10-2 Les perspectives du Groupe ORANGE en 2016.

Le Groupe a prévu de réaliser un EBITDA retraité supérieur à celui de 2016, et  le maintien du ratio dette nette / EBITDA autour de x2. Il ne prévoit qu’une croissance externe sélective limitée aux pays sur lesquels il est déjà présent. Il a réalisé plusieurs achats d’actifs courant 2016 en Afrique et devrait poursuivre dans cette voie.

Il a confirmé également pour 2016  un dividende de  0,60€ par action (avec un acompte de 0,20€ déjà payé  en décembre 2016, le solde 0,40 € sera payé le 14 juin prochain) et il prévoit un dividende majoré de 0,05 € pour 2017 avec « une possible hausse dans le futur ».

Après la cession de la filiale anglaise, le Groupe dispose d’un fort niveau de trésorerie disponible d’environ 6,4Mds€  milliards d’euros ce qui pourrait lui permettre des objectifs de croissance externe plus ambitieux, d’autant qu’il peut vendre maintenant  sa participation au capital de BT à court terme pour environ 2,5 Mds € Toutefois cette participation a subi une perte de valeur importante  (772 millions d’euros, cf. ci dessus) et la situation politico-économique du Royaume Uni ne permet pas d’appréhender le futur de cet actif.

Mais on l’a constaté, le Groupe est lourdement pénalisé par une sous productivité importante sur ses pôles d’activités en France et il ne génère que peu de cash disponible pour se désendetter. Il est conduit à vendre des actifs pour maintenir un ratio de dette nette acceptable, et pour poursuivre une croissance externe limitée.

On  a constaté également qu’il a  fait l’objet de très lourdes sanctions de la part des autorités fiscales et de la concurrence et qu’il reste encore très exposé dans plusieurs litiges, qui pourraient lui coûter très cher.

 

11 –  Le cours de l’action

 Le cours de l’action en 2016 a évolué positivement après un plus haut de 16,44€ en début d’année et un plus bas de 13,17€.  Il a terminé au 31/12/2016 en clôture à 14,43€, en baisse notable de -6,78% par rapport au cours du 31/12/2015. L’espoir d’une restructuration du marché français des Télécom ayant disparu, le marché a montré une certaine désaffection pour la valeur d’autant que  la publication des résultats du 1er semestre 2016 démontrait  que l’amélioration de la rentabilité du Groupe n’était pas au rendez vous.

Ensuite la fluctuation du cours a évolué sur la base d’indicateurs macro économiques tels que la croissance en Chine, le prix du baril de pétrole, des crises socio-politiques , des élections dans divers pays…

 

12. Les quatorze  derniers exercices en chiffres

Dans le tableau ci-après les chiffres indiqués sont exprimés en milliards d’euros et les ratios en %; ils sont extraits des rapports financiers annuels publiés par l’entreprise. Pour 2010 et après, les chiffres indiqués sont ceux du nouveau périmètre du Groupe (sans la filiale Everything Everywhere EE) ; ce sont des chiffres comptables et non des chiffres à base comparable et hors éléments exceptionnels.

 

Tab 10

2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
Chiffre d’affaires 46,12 46,15 48,08 51,7 52,95 53,48 50,95 45,5 45,27 43,51 40,98 39,44 40,23 40,91
MBO 17,30 17,92 18,41 18,53 19,11 19,39 17,25 14,33 15,129 12,49 12,23 11,11 11,27 11,73
MBO/CA 37,51% 38,82% 38,29% 35,84% 36,1% 36,3% 33,88 31,49 33,4 28,7 29,84 28,16 28,02 28,67
Résultat d’exploitation 9,55 9,3 11,28 6,98 10,79 10,27 8,11 7,56 7,94 4,06 5,28 4,57 4,74 3,99
Résultat financier -4,2 -3,62 -3,35 -3,25 -2,65 -2,98 -2,3 -2 -2 -1,72 -1,75 -1,63 -1,58 -2,09
Résultat net global du groupe 3,72 3,21 6,36 4,76 6,81 4,49 3,46 4,87 3,82 1,10 2,13 1,22 2,95 3,26
Résultat net part des actionnaires de FTsa 3,2 3,01 5,7 4,13 6,30 4,06 2,99 4,87 3,82 0,82 1,87 0,92 2,65 2,93
Capex (investissements) 5,08 5,13 6,04 6,73 7 6,86 5,65 5,88 5,77 5,81 5,63 5,63 6,48 6,97
Achat licences - 0,004 0,097 0,283 0,085 0,027 0,05 0,51 0,94 0,94 0,48 0,48 1,4 1,8
Investissements financiers 0,23 4,93 7,60 0,25 1,11 0,6 1,52 1,06 0,42 1,5 0,061 0,048 3,45 1,3
Free Cash Flow organique (3) 7,58 7,68 7,48 7,1 7,8 8,01 8,35 6,7 6,28 5,7 4,5 4 3 3
Dette nette 44,16 49,82 47,84 42 37,98 35,85 32,9 31,84 32,33 30,5 30,7 26,1 26,6 24,44
Fonds propres consolidés 12,06 17,68 28,43 31,63 34,32 31,19 28,74 31,54 29,59 25,7 26,33 31 33,26 33,17
Cours de clôture  de l’action au 31/12 (1) 22,66€ 24,36€ 20,99€ 20,95€ 24,43 19,96€ 17,41 15,59 12,13 8,40 9 14,13 15,58 14,43
Valeur théorique du groupe au 31/12 (2) 96 113 103 96 102 89 80 72 65 53 55 68 70 62

 

  • cours de l’action en euro
  • valeur théorique approximative en milliards d’euros, Elle est égale à la dette nette ajoutée à la capitalisation en bourse. Elle est couramment exprimée en multiple d’EBITDA ou MBO. (x 5,3 fin 2016)
  • estimé à partir de 2012.

PS: Ce dossier sera repris et complété après publication par le Groupe du document de référence pour  2015. Il pourra être revu sur le site internet de l’AASGO.

Note aux lecteurs: le dossier ci-dessus revient parfois longuement sur des historiques de situations qui permettent à mon avis une bonne compréhension de la gestion du Groupe. Ceux qui connaissent ces déroulements ne liront pas bien sûr ces rappels.

Le tableau récapitulatif final permet une bonne approche de la gestion du Groupe avec les données  essentielles.

 

 

Les chiffres-clés d’Orange en 2015

L’érosion des résultats est stoppée et une dynamique de redressement a commencé à se traduire dans les chiffres au 2ème semestre 2015.

Chiffre d’affaires : 40,236 milliards € (-0,1% par rapport à 2014, mais progression au 2ème semestre)

EBITDA : 12,426 milliards d’euros (+0,1%)

Taux de marge brute : 30,9%

Investissements : 6,486 milliards d’euros  (+9,3% à base comparable, avec un accroissement de 55% dans la fibre optique et une progression importante dans les réseaux mobiles 4G)

Résultat net : 2,958 milliards d’euros (+1,733 milliards d’euros par rapport à 2014)

Résultat net part du Groupe : 2,652 milliards d’euros (0,915 milliard d’euros en 2014)

Dette nette : 26,552 milliards d’euros (+0,462 milliard d’euros par rapport à 2014, suite à l’acquisition de Jazztel en Espagne et à la consolidation de la filiale marocaine Medi Telecom)

Ratio dette nette/EBITDA : 2,01

Parmi les résultats commerciaux, on notera 18 millions de clients mobiles 4G en Europe (x2,3 par rapport à 2014, avec une très forte progression en Espagne) et 1,882 millions de clients fibre optique (x2,7 par rapport à 2014).

Dividende proposé : 0,60€ par action, ce qui compte tenu de l’acompte déjà versé de 0,20 € se traduira par un solde de 0,40€ versé le 23 juin 2016.

Objectifs 2016 

Le groupe prévoit un EBITDA retraité supérieur à celui de 2015 à base comparable. Le ratio dette nette/EBITDA devrait rester aux alentours de 2 afin de conserver une situation financière stable.

Cela implique une politique d’acquisitions sélectives se concentrant sur les marchés sur lesquels le Groupe est déjà présent.

Le groupe prévoit de verser en décembre 2016 un acompte sur dividende inchangé de 0,20 € par action.

Concernant un possible rapprochement avec Bouygues Télécom, le Groupe précise que les discussions se poursuivent avec Bouygues. Il indique que « Orange n’agira que dans le seul intérêt de ses actionnaires, de ses salariés et de ses clients et sera particulièrement attentif à la création de valeur d’un tel projet ».

 

Comme chaque année, l’AASGO mettra prochainement à disposition de ses adhérents sur son site une analyse détaillée des résultats 2015 d’Orange.

 

Logo-Orange_1234_mediatheque-lightbox

Les résultats du Groupe Orange au 1er semestre 2015

Par Bernard Castanier

 

Les responsables du Groupe Orange ont annoncé avec satisfaction, le 28 juillet dernier, les résultats du groupe pour le 1er semestre 2015  » marqués par un retour à la croissance de notre chiffre d’affaires hors régulation au 2 éme trimestre 2015 pour la première fois depuis 2011″, mettant en avant les « performances commerciales combinées à l’allègement continu de notre structure de coûts ».

Ces résultats ont donc été accueillis par les marchés sans enthousiasme particulier mais positivement. Compte tenu du contexte économique européen et français en particulier, des risques socio – politiques de certains marchés d’Afrique et du Moyen Orient, les résultats publiés qui devront être confirmés pour l’ensemble de l’exercice, sont sous l’aspect commercial prometteurs.

 

1) Le chiffre d’affaires

Le tableau ci-après traduit l’évolution du chiffre d’affaires du groupe au cours des années complètes, 2013 et 2014 et des premiers semestres 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013 , 2014 et 2015.

Il s’agit de données dites « publiées ou historiques » et non de données dites en « base comparable » qui intègrent les évènements exceptionnels de gestion, de périmètre ou autre.

Les données du tableau sont en millions d’euros

Année 2013 Année 2014 1 sem 2008 1 sem 2009 1 sem 2010 1 sem 2011 1 sem 2012 1 sem 2013 1 sem 2014 1 sem 2015
CA historique 40981 39445 26 304(23295) 25 458(22917) 22144 22 569 21843 20603 19592 19557
CA France 20018 19304 11840 11 694 11 590 11 305 10826 10084 9614 9485
CA Roy .Uni 3 009 2 541  
CA Espagne 4052 3876 2 017 1 921 1 867 1 943 1988 2021 1920 1847
CA Pologne 3079 2918 2 594 1 900 1 963 1 902 1694 1572 1456 1436
CA Reste du monde 7792 7374 3 927 4 112 3 663 4 281 4144 3877 3661  
CA Belgique 0,607
CA Autres pays Europe 0,805
CA Afrique et Moy. Orient 2283
CA Entreprises 6513 6299 3 635 3 836 3 576 3 548 3489 3297 3139 3171
CA Opér et services partagés. 1702 1814 612 688 780 774 817 830 864 956

(Les données entre parenthèses pour les CA des 1er semestres 2008 et 2009 sont les CA hors Royaume Uni, les chiffres d’affaires annuels par pays sont globaux et non strictement externes)

Le Groupe Orange a modifié sa présentation pour le 1er semestre 2015 en détaillant l’entité « reste du monde  » en  » Belgique et Lux »,  » Autres pays d’Europe » et  » Afrique et Moyen Orient ».

Ce tableau permet à nouveau de constater l’effet continu de la crise économique mondiale qui a un impact significatif dés le second semestre 2008 et surtout en 2009. On rappellera que la baisse des chiffres d’affaires enregistrée est la conséquence directe de la chute de la croissance économique et de la valeur du change (cas du Royaume Uni , de la Pologne, de la Roumanie notamment) , l’euro restant encore aujourd’hui une monnaie forte; elle est aussi la conséquence de mesures fiscales et de régulations qui se surajoutent à contre temps, mais sont dus aux besoins budgétaires des Etats, ainsi que de la politique déflationniste des autorités de régulation en Europe et en France en particulier, politiques qui trouvent leur justification par la volonté de maintenir un pouvoir d’achat des consommateurs au moins stable par une baisse des prix, notamment sur les services perçus comme très rémunérateurs pour les investisseurs . Il s’agit aussi selon l’ancien Commissaire européen chargé de la concurrence « d’aider les entreprises » en baissant leurs charges de communications!

On rappellera qu’à partir de 2010 la filiale anglaise n’est plus consolidée dans les résultats du groupe tels qu’indiqués ici. Les cessions d’actifs, notamment la filiale suisse en 2011 et la filiale Dominicaine en 2013, entrainent un effet négatif sur le CA semestriel de près de 800 millions d’euros.

Après prise en compte des effets des mesures de régulation et des changements de périmètre, le Groupe a annoncé une évolution légèrement négative (-0,6%) du chiffre d’affaires du 1er semestre 2015 par rapport au CA du 1er semestre 2014. Cela représente une nette amélioration. Il y a un an, le CA du 1er semestre 2014 était en baisse de – 3,6% comparé au 1er semestre 2013 (-2,6% hors mesures de régulation). Cette amélioration est due intégralement aux résultats du second trimestre 2015, en croissance de + 0,4%.

La situation (cf. tableau) reste difficile. Seules les filiales africaines et moyen-orientales restent en croissance. Mais en Europe la situation semble se stabiliser à un point bas pour peut être retrouver une croissance (sans doute faible) avec la restructuration du marché ici ou là et une moindre « guerre des prix » due aux besoins de trésorerie des opérateurs pour faire face aux investissements Haut débit , FTTH, VDSL, et 4G.

En France le chiffre d’affaires du 1er semestre 2015 chute encore de plus de 100 millions d’euros par rapport au 1er semestre 2014. Depuis 2008 le CA semestriel a chuté en France de 2,355 milliards d’euros. Sur ce semestre le CA mobile est en recul de 3,8% mais le fixe résiste mieux avec une baisse limitée à -1,5%. Le CA annuel de l’entité France pour 2015 devrait se situer un peu au dessous de 19 Mds d’euros; il était de 23,7 Mds€ en 2008, soit une chute de près de 5 Mds€ en 7 ans.

Le tableau ci après indique l’évolution du nombre de clients du Groupe (données en millions de clients):

 

31/12/2010 31/12/2011 31/12/2012 31/12/2013 30/06/2014 31/12/2014 30/06/2015
Clients mobiles 123,1 167,4 172,4 178,5 178,7 185,32 189,8
Clients résidentiels 45,4 44,3 43,2 42,2 41,8 (1) 42 42,1
Clients Internet 13,6 14,7 14,9 15,6 15,7 16,01 16,2
Total 182 226,3 231 236,3 236,17 244,16 248,25

(1) chiffres estimés

Ce tableau reflète une reprise nettement positive du nombre global de clients du Groupe au 1er semestre 2015 mais on est loin des 300 millions de clients qui constituaient l’objectif fin 2015 annoncé il y a 5 ans… et qui n’est plus d’actualité.

 

Le nombre de clients des services mobiles évolue par entité comme indiqué ci-après (données en millions de clients):

31/12/2010 31/12/2011 31/12/2012 31/12/2013 31/06/2014 31/12/2014 30/06/2015
France 26,92 27,09 27,2 27 26,956 27,08 27,50
Roy.Uni 27,21 26,83 26,2 25,5 24,53   24,24
Espagne 11,94 12,47 11,8 12,4 12,42 12,61 12,85
Pologne 14,33 14,65 14,9 15,4 15,46 15,62 15,58
Reste du monde 83,62 99,74 105,4 111,3 111,59    
Belgique 3,96   3,95
Europe autres pays 47,69   48,236
Afrique et M oy.Or. 91,777   101,95

 

 

Il est intéressant de voir l’évolution du marché français fixe et mobile selon le tableau de bord de l’ARCEP :

1.1 Les chiffres de l’ARCEP pour le parc mobiles au 30/06/2015: (en millions)

Juin 2013 Décembre 2013 Juin 2014 Dec 2014 Juin 2015
Parc total (1) 64,279 65,970 66,916 71,67 71,11
Dont parc forfait 53,026 55,748 57,564 57,15 57,93
Croissance annuelle 7% 5% 4,1% 5,9%
Parc total Métropole 67,98 68,98 68,44
Parc MVNO 7,865 8,117 8,789 7,42 7,22
Croissance annuelle 1,8% 5,8% 11,8%
Part de marché MVNO 10,9% 11% 11,6% 10,6% 10,6%
carte SIM internet 3,524 3,587 3,676 3,69 3,48
Parc M to M 6,072 6,871 7,585 8,22 9,17

(1) parc total cartes SIM (hors M to M)

Le marché résidentiel mobiles en Métropole au 30/06/2014: (en millions)

Juin 2013 Décembre 2013 Juin 2014 Dec 2014 Juin 2015
Parc opérateurs 50,921 51,795 52,056 54,22 53,65
Croissance annuelle (1) 4,1% 1,9% 2,2% 4% 3,1%
Parc MVNO 7,682 7,872 8,432 7,04 6,96
Croissance (annuelle (1) 0,4% 3,7% 9,8% -14,6% -16,6%
Part de marché MVNO 13,1% 13,2% 13,9%

(1) Les évolutions indiquées pour 2014 et le 1er sem. 2015 ne sont pas significatives (fusion SFR-Numericable et rachat de Virgin.)

Le marché des mobiles pour les DOM:

Juin 2013 Décembre 3013 Juin 2014 Dec 2014 Juin 2015
Parc total 2,666 2,747 2,732 2,684 2,675
Croissance annuelle -0,3% 3,7% -0,015% -1,6% -0,4% (1)

(1)la baisse se poursuit sur le 1er semestre 2015.

Le parc mobiles (cartes SIM) par opérateur au 30/06/2014: (en millions, source opérateurs)

Orange Bouygues Numéricable/SFR FREE MVNO
Juin 2014 26,95 11,024 21,379 (1) 9,095 8,789
Juin 2015 27,5 11,43 21,89 10,92 7,22

(1) SFR seul.

La fusion Numéricable SFR puis le rachat de Virgin rend l’évolution des MVNO non significative. A base comparable l’entité Numéricable /SFR/Virgin disposait de 23,09 millions de clients au 30/06/2014.

Ce nouvel opérateur a perdu 1,2 millions de clients à ses services mobiles. Il signale toutefois qu’au mois de Juin 2015 il a non seulement stabilisé ses pertes de clients mais a constaté une croissance significative.

Les trois autres opérateurs ont non seulement capté la croissance du marché mais aussi les clients perdus par Numéricable/SFR. Toutefois on relativisera cela pour Orange qui avait un nombre de clients à ses services mobiles de 26,92 millions au 31/12/2010. (L’effet FREE n’explique pas tout!).

1.2 Les données ARCEP pour le Haut débit et très haut débit >30Mbits/s:

Ces données couvrent la Métropole et les DOM pour les réseaux fixes, elles prennent en compte « la clientèle Grand Public et entreprises ». (chiffres en millions)

Juin 2013 Décembre 2013 Juin 2014 Dec 2014 Juin 2015
Abonnements Ht débit 22,623 22,870 23,055 22,85 22,42
Abonnements très ht débit >30Mbits/s 1,777 2,066 2,345 3,11 3,84
Dont abonnement fibre opt. bout en bout 0,426 0,558 0,715 0,933 1,14
Total des abts Haut et très Haut débit 24,400 24,936 25,400 25,96 26,26

On peut noter un basculement significatif de l’ADSL vers le très haut débit depuis le 1er semestre 2014. Ce basculement devrait s’amplifier.

Croissance globale du parc clients Haut et très Haut débit sur les réseaux fixes: chiffres en millions:

2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015(1)
2 1,7 1,5 1,3 1,1 1 1,02 0,3

(1) sur 6 mois.

Le parc Haut et très Haut débit des opérateurs au 30/06/2014: (en millions, source opérateurs)

Orange Bouygues Numéricable/SFR FREE Autres
Juin 2014 10,174 2,215 5,249 5,735 2,1 (1)
Juin 2015 10,497 2,6 6,40(2) 5,991 0,7
Clients FTTH Juin 2015 0,700 0,023 1,66

(1) il s’agissait essentiellement de Numéricable.

(2) il s’agit du nouvel opérateur qui à base comparable avait 6,624 clients internet haut débit au 30/06/2014.Il affiche donc une perte de 200 000 clients Ht débit.

 

On peut noter sur un an la bonne performance de Bouygues Telecom devant Orange et loin devant FREE. Les tarifs très compétitifs de Bouygues Telecom et la qualité de service offerte expliquent ce succès. Mais les conquêtes de clients aux services Haut et très Haut débit sont de plus en plus difficiles car la croissance annuelle du marché est nettement inférieure au million de clients. (806 000 clients sur les 12 derniers mois).

1.3 Le secteur Entreprises:

Le secteur Entreprises affiche une baisse récurrente du chiffre d’affaires mais la réduit notamment au second trimestre 2015. Au total sur le semestre le CA de cette entité est en baisse de 1,9%. Le CA du secteur Entreprises est en baisse permanente depuis plus de 10 ans. La partie française de cette entité fait par ailleurs porter un risque contentieux, généré depuis 2003 par certaines de ses pratiques commerciales , qui pourrait coûter plusieurs centaines de millions d’euros en amendes et dédommagement de concurrents. Le Groupe a doublé sa provision pour risques à 833 millions d’euros …

 

2) L’évolution de la marge d’EBITDA au 1er semestre 2015

Pour le 1er semestre 2015 la marge d’EBITDA publiée est de 5,309 milliards d’euros soit 27,14 % par rapport au CA. Cette marge est très faible (la plus faible réalisée par des opérateurs historiques européens) avec une perte de 4 points en deux ans et demi (31% au 1er semestre 2013). Ce résultat s’explique notamment par une hausse des coûts directs non compensée par la baisse des coûts indirects. Il est affecté par une « charge nette sur divers litiges en cours » de 413 millions d’euros (cf. 1.3) , une baisse d’environ 100 millions d’euros des charges globales de personnels (diminution d’effectifs d’environ 6000), charges qui augmentent sur l’entité France avec un coût supplémentaire pour « temps partiel sénior (- 111M€ ) et le coût de Cap Orange (-72M€) , une charge de restructuration de 34 millions d’euros…Et il inclut le résultat de cession de DailyMotion (+169M€).

On rappellera qu’au 1er semestre 2014 une charge de 300 millions d’euros était due aussi au règlement de litiges principalement avec Bouygue Telecom…

La répartition des performances des entités sont précisées dans le tableau ci-après:

1er semestre 2015 (en millionsd’euros)

France Espagne Pologne Belgique Europe autres pays Afrique et Moy. Orient Entreprises
Chiffre d’affaires 9 485 1 847 1 436 607 805 2 283 3 171
EBITDA retraité 3 315 420 463 142 286 777 461
% EBITDA/CA 34,9 22,7 32,24 23,4 35,5 34,03 14,53

 

 

On peut aisément déduire de ce tableau l’atypisme du secteur Entreprises dont les achats externes, incluant la sous -traitance, sont très élevés alors que les charges de personnels restent également à un très haut niveau.

 

3) Les autres soldes intermédiaires de gestion

3-1 Le résultat d’exploitation (RE):

Le résultat d’exploitation (2,26 Mds€) est en baisse de 9,1% par rapport au 1er semestre 2014 qui affichait déjà un RE de 2,64 Mds€, en baisse de 16% sur le 1er semestre 2013…

Conséquence directe de la baisse de l’EBITDA, ce résultat traduit la perte de compétitivité du Groupe et sa capacité moindre à générer de la trésorerie pour croître et se désendetter.

3-2) Le résultat financier:

Il dépend essentiellement du coût de l’endettement. Il est donc relativement stable à -839 millions d’euros environ. Ceci traduit l’excellente maîtrise du coût de la dette qui reste toutefois assez élevé à 4,78%.

3-3) Le résultat net :

Le résultat net correspond au résultat d’exploitation diminué (ou augmenté) du résultat financier et de l’impôt sur les sociétés. Le résultat net du 1er semestre 2015 est de 1,273 milliards d’euros en nette hausse par rapport à celui du 1er semestre 2014 (0,891 milliard d’euros) Cette hausse est due au dividende de 364 M€ reçu de la filiale britannique en cours de cession. On rappellera que le résultat net semestriel dépassait 2 Mds€ en 2012.

 

4) L’activité du Groupe au 1er semestre 2015

4-1) Les Investissements

Au 1er semestre 2015 le groupe a investi 2,672 milliards d’euros, soit 13,7% du CA. On note une augmentation assez significative par rapport aux 1ers semestres 2014, 2013 et 2012 (2,5Mds€).Les investissements dans la fibre en Europe et en France sont en forte croissance (+74%).

L’achat de licence a représenté un montant de 234 M€.

Les investissements financiers du 1er semestre sont dus au rachat le 22/2/2015, du solde du capital ECMS (EGYPTE) non détenu par ORANGE, pour 210 millions d’euros. Le bouclage de l’offre d’achat de JAZZTEL le 24/06/2015 a donné lieu à un décaissement de 3,179 Mds€ (déjà financés par emprunts hybrides) et l’offre de retrait obligatoire en cours devrait donner lieu à un décaissement supplémentaire de 0,176Mds€. Enfin l’achat de 9% du capital de Meditel au Maroc a été finalisé cet été.

4-2) Le cash flow

Le cash flow opérationnel (EBITDA- CAPEX) est de 2,637 Mds€, en chute par rapport aux 1ers semestres 2014 (3,14Mds€) et 2013 (3,96Mds€). Ceci est la conséquence de la baisse de l’EBITDA et de la hausse des CAPEX. Il y a trois ans l’objectif de cash flow organique était de 8 Mds€! Sur l’exercice en cours, il devrait être autour de 6 Mds€…

Le Groupe prévoit un dividende de 0,60 € par action pour l’exercice en cours, avec un acompte de 0,20 € payé le 9 décembre prochain.

4-3) La dette

La dette nette au 30/06/2015 est de 26,4 Mds€, en légère augmentation par rapport au 31/12/2014. Elle est en baisse de 4,1 Mds€ d’euros par rapport au 31/12/2013. La baisse de la dette s’explique aux 3/4 par la levée « d’emprunts hybrides » à hauteur de 2,7Mds€ en 2014 assimilés à des fonds propres et par la vente de l’actif dominicain pour 0,8Mds € net. Ces emprunts représentent un coût important pour le Groupe puisqu’ils sont rémunérés à un taux supérieur à 5% l’an. La maturité de la dette est supérieure à 9 ans.

 

5) Un point sur le marché français des Télécommunications

2014 a vu une certaine consolidation du marché français des Télécommunications avec le rachat de SFR puis de Virgin par Numéricable pour constituer le deuxième opérateur français.

Le tableau ci-après représente les résultats respectifs pour le 1er semestre 2015 des 4 opérateurs.

Chiffres en millions d’euros et de clients.

Bouygues FREE Numéricable/Sfr Orange France
CA Global 2156 2159 5522 9485
CA Fixe et HT débit 477 1285 (1) 5441
CA Mobiles 1679 880 (1) 4044
EBITDA 323 725 1985 3197
Marge EBITDA 15% 33,6% 35,94 33,7%
Clients mobiles 11,43 10,925 21,89 27,5
Clients Ht Débit 2,6 5,991 6,4 10,49
Effectifs 8817 7795 16500 67648
CAPEX 384 613 809 1400

(1) résultats publiés par marché et non par produit.

Les 4 opérateurs ont affiché un CA au 2ème trimestre 2015 en croissance ou pratiquement stabilisé.

Tous à l’exception notable d’Orange ont augmenté leur marge d’EBITDA.

Bouygues Telecom apparait fragilisé par ses marges opérationnelles très faibles qui le conduisent à limiter ses investissements ; il génère des pertes et une trésorerie négative, conséquence de ses offres très compétitives sur le haut débit mais maintient des objectifs commerciaux ambitieux avec la conquête de 1 million de clients sur chacun des marchés fixe et mobile d’ici à 2020.

FREE poursuit sa croissance dans le mobile, marché sur lequel il perd de l’argent, et dans des proportions bien plus faibles qu’en 2014, sur le fixe Haut Débit, marché sur lequel il génère des marges très confortables. Les coûts de personnel de FREE (110 millions d’euros sur le semestre) sont extrêmement bas. FREE, qui est maintenant le 3ème opérateur français, vise 25% des marchés fixe et mobile à long terme. Il doit toutefois faire face à de lourds investissements sur son réseau mobile pour améliorer la qualité fournie et à la sortie du contrat d’itinérance avec Orange en cours de discussions avec l’ARCEP. Par ailleurs sur le fixe, il capte moins d’un tiers des nouveaux clients haut débit et n’est guère présent sur la fibre.

Numéricable/SFR souffre de la restructuration en cours au sein de la nouvelle entité, ses résultats commerciaux et la qualité de ses réseaux sont médiocres, mais sa rentabilité a été rétablie en quelques mois, ce qui lui permet de maintenir un fort niveau d’investissement et de préparer la diminution de son endettement net de plus de 12Mds€ -soit 3 fois l’EBITDA annuel- tout en rassurant les investisseurs. Ce nouvel opérateur a l’ambition de devenir le numéro 1 français grâce à son avance dans le très haut débit et à son implantation déjà conséquente sur le marché entreprises.

Le CA et l’EBITDA d’Orange sont ceux de l’entité France et ne peuvent être comparés avec les chiffres globaux des 3 autres opérateurs. Pour Orange il faudrait ajouter une part des CA et EBITDA de l’entité Entreprises, ce qui conduirait à une marge d’EBITDA bien plus faible que celle affichée (sans doute inférieure à 30%)…

 

6) Perspectives 2015

Les résultats commerciaux du Groupe Orange pour le 1er semestre 2015 sont prometteurs avec un arrêt de la baisse des CA de la plupart de ses entités européennes au cours du 2ème trimestre 2015, bien que la croissance économique dans la zone euro ait ralenti sinon stoppé au cours de cette période.

Mais il est difficile de prévoir des « lendemains qui chantent » si l’on tient compte de l’environnement géopolitique mondial ou seulement de l’environnement socio-économique français, des dettes de l’Etat et des Collectivités territoriales qui ne cessent de s’alourdir avec leur cortège d’expédients faciles de taxes et impôts nouveaux ou augmentés. La vente de licences complémentaires en France entre dans ce cadre et devrait générer 3Mds € de dépenses pour les 4 opérateurs en fin d’année qui auront la disponibilité de ces fréquences au mieux dans 3 ans !

Le Groupe n’a pas maintenu ses efforts de baisse des coûts commencés en 2013. Sans doute son organisation de l’entité France ne le permet-elle pas. Il dégrade donc ses marges opérationnelles, sa capacité de désendettement et de croissance externe. Ses investissements conséquents ne génèrent toujours pas de valeur.

Il s’est exposé à de très lourdes sanctions pour ses pratiques commerciales sur certains secteurs d’activités en France et à l’International, qui pourraient atteindre des centaines de millions d’euros.

Il fait face partout à une concurrence très forte et d’autant plus forte (Europe) que les marchés ne sont plus en croissance. En France il devra faire face dès les prochains mois au nouvel opérateur Numéricable /SFR qui termine sa nouvelle organisation et qui a annoncé ses ambitions.

Le second semestre 2015 reste sur le plan macro-économique incertain .Pour Orange, il annoncera un changement important : celui de la consolidation des nouvelles filiales Meditel et Jazztel qui devraient augmenter le CA d’environ 1,5Mds € annuels et l’EBITDA de 0,4Mds €. Peut être aussi le CA en France et en Europe affichera t-il une légère progression si la dynamique commerciale est maintenue. Il devrait en fin d’année bénéficier de la vente de la filiale anglaise EE (4,6 Mds € de cash potentiel) si les autorités de la concurrence autorisent la cession…mais devra payer les licences complémentaires d’utilisation de fréquence 4G en France -sans doute entre 0,6 et 1 Mds€.

Le Groupe Orange a confirmé ses objectifs 2015 de marge d’EBITDA retraité 11,9/12,1 Mds€ hors nouvelles filiales, et une dette nette d’environ EBITDAx2 à moyen terme. Elle est de EBITDA x2,5 au 30/06/2015.

Le Groupe poursuit sa politique de croissance externe mesurée en discutant avec l’opérateur indien Bharti d’un rachat de ses filiales d’AIRTEL en Afrique, qui représentent un CA d’environ 600 millions d’euros et 9 millions de clients.

En Europe la consolidation du marché des Télécommunications dans divers pays poursuit son cours, mais la Commission européenne vient de refuser cette consolidation au Danemark au prétexte qu’il faut 4 opérateurs mobiles par pays! Cette seule décision a conduit en 24 heures à la perte de plus d’une dizaine de milliards d’euros de valeur de capitalisation des opérateurs!

Les gouvernements (français notamment) ne se montrent guère favorables à de telles restructurations car les opérateurs paient très cher les licences d’utilisation des fréquences et leur trésorerie abondante (pour l’instant) incite les Etats à y puiser en alourdissant taxes et impôts.

Le cours de l’action qui a commencé l’année sur une bonne dynamique a reflué après l’annonce des résultats de l’exercice 2014. Depuis il évolue autour de son niveau du 31/12/2014 et la plupart des analystes le situe entre 13 et 16 euros pour une valeur théorique[1] du Groupe Orange d’environ 65 Mds €, soit 5,5 à 6 fois l’EBITDA. L’environnement d’ensemble « juridico-socio- économique » du Groupe Orange ne conduit pas à un optimisme démesuré sur le cours de l’action.

 

[1] Capitalisation boursière + dette