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LOI PACTE : Les 7 propositions de l’AASGO adressées à Stéphane Richard

La Loi PACTE, votée définitivement le 22 mai, renforce les dispositifs de participation et d’épargne salariale au sein des entreprises. Chez Orange, elle entraîne automatiquement et à brève échéance plusieurs conséquences pour la gouvernance du FCPE Orange Actions. Conforme à son rôle de défense des intérêts des actionnaires salariés et anciens salariés, l’AASGO s’en est ouverte dans un courrier adressé le 12 juin à Stéphane Richard.

 

Des sièges au conseil de surveillance du FCPE Orange Actions ne peuvent plus être attribués de plein droit aux Organisations Syndicales

4 sièges sont aujourd’hui désignés par les organisations syndicales représentatives. La Loi PACTE met fin à cette possibilité historique. Les nouvelles dispositions doivent être appliquées au plus tard le 1er janvier 2021. L’AASGO propose de profiter de cette révision obligatoire du règlement pour procéder à une remise à plat de la gouvernance du fonds.

 

Ce que l’AASGO propose :

 

1 – Sur la règle électorale : un scrutin à la proportionnelle

L’élection devra dorénavant porter sur la totalité des sièges de représentant des porteurs de parts.

L’ASSGO propose que la liste arrivée en tête dispose d’un tiers de ces sièges, les deux autres tiers étant répartis en fonction des résultats obtenus par chaque liste dans le cadre du scrutin à la proportionnelle avec répartition des restes suivant la méthode de la plus forte moyenne. Cette règle permettrait à la liste arrivée en tête de disposer d’une majorité stable.

Le nombre des sièges de représentants des porteurs de parts serait ramené à 9, dont 3 affectés à la liste arrivée en tête lors de l’élection.

 

2 – Sur la durée du mandat : 4 ans

Le règlement du fonds ne précise pas actuellement la durée du mandat des membres élus. Cette lacune se comprenait à une époque où le conseil de surveillance ne comportait que des membres désignés par les organisations syndicales représentatives ainsi que par l’entreprise.

Avec l’élection, la durée du mandat devient un principe de base de la gouvernance démocratique du fonds et l’AASGO propose une durée de 4 ans.

Ainsi, chaque nouveau conseil de surveillance serait à même de voter la résolution portant sur le choix de l’Administrateur Actionnaire Salarié siégeant au Conseil d’Administration de Orange.

 

3 – Sur les attributions des missions et pouvoirs décisionnels des représentants de l’entreprise

Les représentants de l’entreprise participent aujourd’hui déjà aux travaux du conseil de surveillance. L’AASGO souhaite que cette implication soit pérennisée, avec voix délibérative. Notamment sur les questions relatives au fonctionnement du fonds, à sa gestion, ou en cas de changement de société de gestion.

Par contre, conformément à la loi PACTE, les représentants de l’entreprise ne pourront plus voter sur les projets de résolution soumis à l’assemblée générale des actionnaires. Seuls les représentants élus des porteurs de parts seront habilité à voter sur ces résolutions.

 

4 – Sur le calendrier électoral : 2020

Le mandat actuel des membres élus expirera en mars / avril 2020.

Le règlement du fonds devra avoir été modifié avant le 1er janvier 2021.

 

En résumé, l’AASGO a proposé à Orange d’engager dès à présent la révision du règlement du FCPE :

  • pour qu’une élection ait lieu en 2020 ou fin 2019 ;
  • pour que cette élection porte sur tous les sièges des représentants des porteurs de parts ;
  • pour qu’une prime de majorité soit attribuée à la liste arrivée en tête
  • pour que le mandat des élus soit de 4 ans.

 

Trois autres questions…

 

5 – Inclure les retraités porteurs de parts du FCPE Orange Actions dans le corps électoral

L’accord d’entreprise signé en 2018, devra être révisé. L’une de ses dispositions tend à exclure les retraités, même porteurs de parts du FCPE Orange Actions, du processus de désignation de l’administrateur représentant les actionnaires salariés.

Une disposition en contradiction flagrante avec les dispositions de l’article L.225-102 du code de commerce et celles de l’article 13.3 des statuts d’Orange qui y renvoient.

L’AASGO et tout retraité porteur des parts pourraient engager des actions devant les tribunaux, en référé, pour faire suspendre le processus tant qu’il ne respecterait pas les obligations légales.

 

6 – Inclure les actions gratuites dans les calculs autour de l’actionnariat salarié

La loi PACTE (article 164) permet aux sociétés d’inclure les actions gratuites détenues au nominatif par leurs salariés – et dont l’attribution a été autorisée par une assemblée générale des actionnaires tenue avant le 7 août 2015 – dans le calcul de la part de l’actionnariat salarié dans le capital de l’entreprise, ainsi que pour la participation à la désignation de l’administrateur représentant les salariés actionnaires.

Orange doit en tenir compte (distributions d’actions gratuites en 2007).

 

7 – Inclure l’AASGO dans la mission sur la Raison d’Etre de l’entreprise

En conformité avec la loi PACTE (article 176), Orange a engagé une mission de réflexion sur sa raison d’être, les objectifs sociaux et environnementaux que la société se donne pour mission de poursuivre.

L’actionnariat salarié qui existe depuis près de 22 ans dans l’entreprise, est au cœur des enjeux sociaux. L’AASGO, impliquée depuis sa création en 1996 dans ce développement, souhaite être associée aux travaux sur cette mission.

 

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L’actionnariat salarié et l’épargne salariale dans la loi PACTE : les avancées obtenues par la FAS

Les propositions de la FAS dans le cadre du projet de loi PACTE

Rappelons que l’AASGO est adhérente de la FAS – fédération française des associations d’actionnaires salariés –  et contribue à ses travaux dans le cadre de ses commissions et enquêtes….

Sachant que la loi PACTE ne contiendrait pas de mesures relatives à la fiscalité du patrimoine, la FAS a agi auprès du gouvernement, puis des députés et des sénateurs pour :

  • Favoriser le développement de l’actionnariat salarié
  • Renforcer la protection des intérêts des actionnaires et notamment des actionnaires salariés
  • Renforcer la participation tant directe qu’indirecte des actionnaires salariés à la gouvernance des entreprises
  • Mieux former et conseiller les épargnants salariés.

 

Favoriser le développement de l’actionnariat salarié

La FAS avait suscité deux des mesures du projet de loi :

  • L’extension aux opérations de cession hors marché de l’obligation pour l’Etat de proposer une tranche de 10% des actions cédées aux salariés et anciens salariés éligibles, dès lors qu’il détient plus de 10% du capital (hors très petites participations) ;
  • Un forfait social ramené à 10% (au lieu de 20%) pour l’abondement de l’entreprise en cas d’acquisition de titres de l’entreprise ou d’une société de son groupe ; c’est la première fois que le taux du forfait social dépendra de la nature du placement et, en l’occurrence, de la prise de risque, ce que la FAS défend constamment dans ses propositions.

 

Renforcer la protection des intérêts des actionnaires et notamment des actionnaires salariés

La FAS a obtenu par amendement parlementaire une mesure de protection des actionnaires salariés dans le cadre des sociétés par actions simplifiées (SAS) : l’interdiction de leur imposer par les statuts des obligations de cession forcée de leurs titres, d’agrément pour leur cession, ou encore d’inaliénabilité pendant 10 ans (clauses que la loi rend normalement possible dans le cadre des SAS).

Dans ce domaine, la FAS a par contre échoué dans ses propositions de deux mesures :

  • Un vote à la majorité des 2/3 pour autoriser en assemblée générale extraordinaire la cession de plus de 50 % des actifs d’une société (cas d’Alstom), ce qui est imposé en cas de scission ;
  • Des restrictions à l’abaissement de 95% à 90% du seuil du capital détenu pour imposer aux actionnaires minoritaires (qui peuvent être des actionnaires salariés) la cession forcée de leurs actions cotées (procédure de retrait obligatoire), ce qui peut permettre des manœuvres spoliatrices, sous réserve du contrôle que pourra exercer l’AMF.

 

Renforcer la participation tant directe qu’indirecte des actionnaires salariés à la gouvernance des entreprises

La FAS a obtenu 3 avancées législatives consécutivement à ses propositions :

  • La suppression pour certaines sociétés de s’exonérer de la présence d’un administrateur actionnaire salarié dès lors qu’elles avaient, avant 2013, au moins un administrateur salarié (cas notamment de la Société Générale et de BNP Paribas) *;
  • L’obligation pour les sociétés non cotées d’avoir un administrateur actionnaire salarié dès lors qu’elles sont tenues d’avoir au moins un administrateur salarié et que les actionnaires salariés détiennent au moins 3% du capital *;
  • La possibilité pour les sociétés de prévoir dans leur statuts que les actions gratuites détenues au nominatif, dont l’attribution a été autorisée avant la loi Macron du 6 août 2015, entreront dans le périmètre de leur actionnariat salarié pris en compte pour la désignation d’un administrateur actionnaire salarié (ce qui est légalement obligatoire dans le cas d’actions gratuites dont l’attribution a été autorisée après la publication de la loi Macron).

*Afin d’éviter aux sociétés concernées de devoir organiser une assemblée générale extraordinaire en 2019, la modification des statuts devra intervenir lors de l’assemblée générale tenue en 2020, pour une application effective en 2021.

De plus la FAS, consécutivement à son intervention suite à un amendement en première lecture à l’Assemblée nationale, faisant interdiction aux représentants de l’entreprise dans les conseils de surveillance des FCPE d’actionnariat salarié de prendre part au vote sur les résolutions présentées à l’Assemblée générale, a en définitive obtenu une refonte de la gouvernance des conseils de surveillance de ces FCPE d’actionnariat salarié. A partir du 1er janvier 2021, tous les représentants des porteurs de parts devront être élus par ces porteurs de parts sur la base d’une voix pour chaque part détenue. Eux seuls pourront voter sur les projets de résolutions en Assemblée générale (sauf naturellement lorsque le règlement du fonds prévoit le vote par les porteurs de parts eux-mêmes).

 

Mieux former et conseiller les épargnants salariés.

Un amendement parlementaire adopté dispose que le règlement d’un PEE devra prévoir « les modalités d’une aide à la décision pour les bénéficiaires ». Ceci est une revendication majeure de la FAS. Pour autant, il est regrettable que faute de précisions, rien ne garantira l’objectivité et l’absence de conflits d’intérêts lors de ce conseil qui, pour des raisons économiques, pourra être automatisé.

 

Autres mesures importantes de la loi PACTE pour l’actionnariat  salarié et l’épargne salariale

  • Le relèvement du plafond de la décote lors des offres réservées aux salariés et anciens salariés, porté de 20% à 30% (et porté de 30% à 40% en cas d’indisponibilité d’au moins 10 ans) ;
  • La possibilité pour l’entreprise d’effectuer un versement unilatéral, d’un montant uniforme pour tous ses salariés, pour l’acquisition d’actions de l’entreprise ou d’une société de son groupe (à l’image de ce qui existe pour le PERCO). Les actions seront dans ce cas indisponibles pendant 5 ans au moins. Le plafond de ce versement sera fixé par décret et ce versement suivra les règles fiscales et sociales applicables à l’abondement. Ce versement unilatéral pourra constituer une des contreparties pour les salariés à l’attribution d’actions gratuites aux mandataires sociaux.
  • L’intéressement pourra être calculé en prenant en compte un objectif pluriannuel lié aux résultats et aux performances de l’entreprise. S’ajoutent diverses mesures techniques pour éviter des non versements liés aux plafonds individuels et pour prendre en compte des changements affectant l’entreprise (fusion, scission…).
  • Des accords d’intéressement de branche seront négociés, adaptés aux entreprises de moins de 50 salariés, et pouvant inclure des objectifs de RSE dans le calcul.
  • Une entreprise pourra, pour l’affectation de la RSP et à défaut d’une demande de versement par le salarié, prévoir la seule affectation à un compte courant bloqué rémunéré à un taux fixe pendant 8 ans, qu’elle devra consacrer à des investissements.
  • Les plafonds individuels sont portés respectivement à ¾ et à 3 fois le montant du plafond annuel de la sécurité sociale pour l’intéressement et la participation (montant pris en compte pour la répartition de la RSP).
  • Les dispositions permettant sous certaines conditions aux conjoints d’un chef d’entreprise de bénéficier d’un dispositif d’épargne salariale sont étendues au partenaire pacsé.
  • La possibilité d’utiliser des sommes indisponibles d’un PEE pour lever des options est étendue à des parts de l’entreprise (SARL, SCOP…).
  • Un droit à la formation économique, financière et juridique d’une durée minimale de 3 jours pour les représentants des porteurs de parts dans les conseils de surveillance des FCPE (et les administrateurs de SICAV d’actionnariat salarié).
  • Un relevé annuel de situation de l’épargne de chaque bénéficiaire du PEE et des opérations réalisées, ainsi qu’un plafonnement par décret des frais supportés par les anciens salariés.
  • Une modification du calcul du plafond d’attribution d’actions gratuites excluant les actions non définitivement acquises et celles pour lesquelles il n’y a plus d’obligation de conservation.
  • La possibilité pour un actionnaire (ou plusieurs actionnaires) de faire profiter les salariés de 10% de la plus-value de cession de ses actions dans la limite de 30% du plafond annuel de la sécurité sociale pour chaque salarié ; l’actionnaire doit avoir passé un contrat d’une durée d’au moins 5 ans avec la société qui s’engage à céder les sommes correspondantes qu’elle aura reçues aux salariés dans les 90 jours, sous forme d’un investissement dans le PEE en titres de l’entreprise ; la fraction de la plus-value ainsi rétrocédée aux salariés bénéficie d’une exonération de l’impôt sur le revenu ou des droits de mutation dès lors que les actions avaient été détenues 3 ans pendant la durée du contrat; les contributions sociales s’appliquent comme pour un abondement au moment du placement dans le PEE.
  • L’interdiction pour les représentants de l’entreprise dans les conseils de surveillance de FCPE de prendre part au vote (mais non aux délibérations) sur les résolutions présentées à l’assemblée générale. Cette mesure issue d’un amendement parlementaire est motivée par le conflit d’intérêt dans lequel se trouvent les représentants de ceux qui ont proposé les résolutions (voir supra la réforme de la désignation des représentants des porteurs de parts).
  • La possibilité pour l’Etat de participer aux frais supportés par l’entreprise en cas de cession de ses propres actions et de prendre en charge un rabais de 20% en cas de cession de la majorité des actions au secteur privé (« privatisation »), ce qui pourrait être déterminant pour la réussite de l’opération concernant l’actionnariat salarié.

La loi PACTE ne comportera pas de réforme significative du PERCO. Toutefois, dans le cadre d’une réforme globale de l’épargne retraite, l’épargne pourra être transférée d’un mécanisme à un autre. Des amendements ont visé à interdire un tel transfert de l’épargne constituée dans un PERCO tant que le salarié n’a pas quitté l’entreprise ; ils ont été rejetés. Par ailleurs l’Assemblée Nationale a finalement rejeté la création d’un nouveau cas de déblocage exceptionnel des avoirs dans le PERCO, pour financer des aménagements de la résidence principale en cas de dépendance du salarié ou de son conjoint.

 

Rappel  important

Le gouvernement souhaitant appliquer dès le 1er janvier 2019 les réductions et exonérations de forfait social, les mesures correspondantes ont été finalement introduites par amendement gouvernemental dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2019.

En conséquence, à partir de 2019:

  • l’intéressement versé dans les PME (moins de 250 salariés) est exonéré de forfait social, tout comme la participation dans les entreprises de moins de 50 salariés.
  • l’abondement de l’entreprise en cas d’acquisition par les salariés de ses titres ou des titres d’une société de son groupe bénéficie d’un taux de 10% pour l’application du forfait social (au lieu de 20% jusqu’en 2018).

A noter également :

L’abaissement de 12 à 8 du nombre d’administrateurs (hors administrateurs salariés et administrateurs actionnaires salariés) entrainant la présence d’un deuxième administrateur salarié dans les sociétés concernées en raison de leurs effectifs.

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L’actionnariat salarié et l’épargne salariale dans la loi PACTE

Cette mise à jour du 17/05/2019, est due à Philippe Bernheim, et communiqué par notre partenaire la FAS.

 

 

Les propositions de la FAS dans le cadre du projet de loi PACTE

Sachant que la loi PACTE ne contiendrait pas de mesures relatives à la fiscalité du patrimoine, la FAS a agi auprès du gouvernement, puis des députés et des sénateurs pour :

  • Favoriser le développement de l’actionnariat salarié
  • Renforcer la protection des intérêts des actionnaires et notamment des actionnaires salariés
  • Renforcer la participation tant directe qu’indirecte des actionnaires salariés à la gouvernance des entreprises
  • Mieux former et conseiller les épargnants salariés.

 

  1. Favoriser le développement de l’actionnariat salarié

La FAS avait suscité deux des mesures du projet de loi :

  • L’extension aux opérations de cession hors marché de l’obligation pour l’Etat de proposer une tranche de 10% des actions cédées aux salariés et anciens salariés éligibles, dès lors qu’il détient plus de 10% du capital (hors très petites participations) ;
  • Un forfait social ramené à 10% (au lieu de 20%) pour l’abondement de l’entreprise en cas d’acquisition de titres de l’entreprise ou d’une société de son groupe ; c’est la première fois que le taux du forfait social dépendra de la nature du placement et, en l’occurrence, de la prise de risque, ce que la FAS défend constamment dans ses propositions.

 

  1. Renforcer la protection des intérêts des actionnaires et notamment des actionnaires salariés

La FAS a obtenu par amendement parlementaire une mesure de protection des actionnaires salariés dans le cadre des sociétés par actions simplifiées (SAS) : l’interdiction de leur imposer par les statuts des obligations de cession forcée de leurs titres, d’agrément pour leur cession, ou encore d’inaliénabilité pendant 10 ans (clauses que la loi rend normalement possible dans le cadre des SAS).

Dans ce domaine, la FAS a par contre échoué dans ses propositions de deux mesures :

  • Un vote à la majorité des 2/3 pour autoriser en assemblée générale extraordinaire la cession de plus de 50 % des actifs d’une société (cas d’Alstom), ce qui est imposé en cas de scission ;
  • Des restrictions à l’abaissement de 95% à 90% du seuil du capital détenu pour imposer aux actionnaires minoritaires (qui peuvent être des actionnaires salariés) la cession forcée de leurs actions cotées (procédure de retrait obligatoire), ce qui peut permettre des manœuvres spoliatrices, sous réserve du contrôle que pourra exercer l’AMF.

 

  1. Renforcer la participation tant directe qu’indirecte des actionnaires salariés à la gouvernance des entreprises

La FAS a obtenu 3 avancées législatives consécutivement à ses propositions :

  • La suppression pour certaines sociétés de s’exonérer de la présence d’un administrateur actionnaire salarié dès lors qu’elles avaient, avant 2013, au moins un administrateur salarié (cas notamment de la Société Générale et de BNP Paribas) *;
  • L’obligation pour les sociétés non cotées d’avoir un administrateur actionnaire salarié dès lors qu’elles sont tenues d’avoir au moins un administrateur salarié et que les actionnaires salariés détiennent au moins 3% du capital *;
  • La possibilité pour les sociétés de prévoir dans leur statuts que les actions gratuites détenues au nominatif, dont l’attribution a été autorisée avant la loi Macron du 6 août 2015, entreront dans le périmètre de leur actionnariat salarié pris en compte pour la désignation d’un administrateur actionnaire salarié (ce qui est légalement obligatoire dans le cas d’actions gratuites dont l’attribution a été autorisée après la publication de la loi Macron).

*Afin d’éviter aux sociétés concernées de devoir organiser une assemblée générale extraordinaire en 2019, la modification des statuts devra intervenir lors de l’assemblée générale tenue en 2020, pour une application effective en 2021.

 

De plus la FAS, consécutivement à son intervention suite à un amendement en première lecture à l’Assemblée nationale, faisant interdiction aux représentants de l’entreprise dans les conseils de surveillance des FCPE d’actionnariat salarié de prendre part au vote sur les résolutions présentées à l’Assemblée générale, a en définitive obtenu une refonte de la gouvernance des conseils de surveillance de ces FCPE d’actionnariat salarié. A partir du 1er janvier 2021, tous les représentants des porteurs de parts devront être élus par ces porteurs de parts sur la base d’une voix pour chaque part détenue. Eux seuls pourront voter sur les projets de résolutions en Assemblée générale (sauf naturellement lorsque le règlement du fonds prévoit le vote par les porteurs de parts eux-mêmes).

 

  1. Mieux former et conseiller les épargnants salariés.

Un amendement parlementaire adopté dispose que le règlement d’un PEE devra prévoir « les modalités d’une aide à la décision pour les bénéficiaires ». Ceci est une revendication majeure de la FAS. Pour autant, il est regrettable que faute de précisions, rien ne garantira l’objectivité et l’absence de conflits d’intérêts lors de ce conseil qui, pour des raisons économiques, pourra être automatisé.

Autres mesures importantes de la loi PACTE pour l’actionnariat  salarié et l’épargne salariale

  • Le relèvement du plafond de la décote lors des offres réservées aux salariés et anciens salariés, porté de 20% à 30% (et porté de 30% à 40% en cas d’indisponibilité d’au moins 10 ans) ;
  • La possibilité pour l’entreprise d’effectuer un versement unilatéral, d’un montant uniforme pour tous ses salariés, pour l’acquisition d’actions de l’entreprise ou d’une société de son groupe (à l’image de ce qui existe pour le PERCO). Les actions seront dans ce cas indisponibles pendant 5 ans au moins. Le plafond de ce versement sera fixé par décret et ce versement suivra les règles fiscales et sociales applicables à l’abondement. Ce versement unilatéral pourra constituer une des contreparties pour les salariés à l’attribution d’actions gratuites aux mandataires sociaux.
  • L’intéressement pourra être calculé en prenant en compte un objectif pluriannuel lié aux résultats et aux performances de l’entreprise. S’ajoutent diverses mesures techniques pour éviter des non versements liés aux plafonds individuels et pour prendre en compte des changements affectant l’entreprise (fusion, scission…).
  • Des accords d’intéressement de branche seront négociés, adaptés aux entreprises de moins de 50 salariés, et pouvant inclure des objectifs de RSE dans le calcul.
  • Une entreprise pourra, pour l’affectation de la RSP et à défaut d’une demande de versement par le salarié, prévoir la seule affectation à un compte courant bloqué rémunéré à un taux fixe pendant 8 ans, qu’elle devra consacrer à des investissements.
  • Les plafonds individuels sont portés respectivement à ¾ et à 3 fois le montant du plafond annuel de la sécurité sociale pour l’intéressement et la participation (montant pris en compte pour la répartition de la RSP).
  • Les dispositions permettant sous certaines conditions aux conjoints d’un chef d’entreprise de bénéficier d’un dispositif d’épargne salariale sont étendues au partenaire pacsé.
  • La possibilité d’utiliser des sommes indisponibles d’un PEE pour lever des options est étendue à des parts de l’entreprise (SARL, SCOP…).
  • Un droit à la formation économique, financière et juridique d’une durée minimale de 3 jours pour les représentants des porteurs de parts dans les conseils de surveillance des FCPE (et les administrateurs de SICAV d’actionnariat salarié).
  • Un relevé annuel de situation de l’épargne de chaque bénéficiaire du PEE et des opérations réalisées, ainsi qu’un plafonnement par décret des frais supportés par les anciens salariés.
  • Une modification du calcul du plafond d’attribution d’actions gratuites excluant les actions non définitivement acquises et celles pour lesquelles il n’y a plus d’obligation de conservation.
  • La possibilité pour un actionnaire (ou plusieurs actionnaires) de faire profiter les salariés de 10% de la plus-value de cession de ses actions dans la limite de 30% du plafond annuel de la sécurité sociale pour chaque salarié ; l’actionnaire doit avoir passé un contrat d’une durée d’au moins 5 ans avec la société qui s’engage à céder les sommes correspondantes qu’elle aura reçues aux salariés dans les 90 jours, sous forme d’un investissement dans le PEE en titres de l’entreprise ; la fraction de la plus-value ainsi rétrocédée aux salariés bénéficie d’une exonération de l’impôt sur le revenu ou des droits de mutation dès lors que les actions avaient été détenues 3 ans pendant la durée du contrat; les contributions sociales s’appliquent comme pour un abondement au moment du placement dans le PEE.
  • L’interdiction pour les représentants de l’entreprise dans les conseils de surveillance de FCPE de prendre part au vote (mais non aux délibérations) sur les résolutions présentées à l’assemblée générale. Cette mesure issue d’un amendement parlementaire est motivée par le conflit d’intérêt dans lequel se trouvent les représentants de ceux qui ont proposé les résolutions (voir supra la réforme de la désignation des représentants des porteurs de parts).
  • La possibilité pour l’Etat de participer aux frais supportés par l’entreprise en cas de cession de ses propres actions et de prendre en charge un rabais de 20% en cas de cession de la majorité des actions au secteur privé (« privatisation »), ce qui pourrait être déterminant pour la réussite de l’opération concernant l’actionnariat salarié.

 

La loi PACTE ne comportera pas de réforme significative du PERCO. Toutefois, dans le cadre d’une réforme globale de l’épargne retraite, l’épargne pourra être transférée d’un mécanisme à un autre. Des amendements ont visé à interdire un tel transfert de l’épargne constituée dans un PERCO tant que le salarié n’a pas quitté l’entreprise ; ils ont été rejetés. Par ailleurs l’Assemblée Nationale a finalement rejeté la création d’un nouveau cas de déblocage exceptionnel des avoirs dans le PERCO, pour financer des aménagements de la résidence principale en cas de dépendance du salarié ou de son conjoint.

Rappel  important

Le gouvernement souhaitant appliquer dès le 1er janvier 2019 les réductions et exonérations de forfait social, les mesures correspondantes ont été finalement introduites par amendement gouvernemental dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2019.

En conséquence, à partir de 2019:

  • l’intéressement versé dans les PME (moins de 250 salariés) est exonéré de forfait social, tout comme la participation dans les entreprises de moins de 50 salariés.
  • l’abondement de l’entreprise en cas d’acquisition par les salariés de ses titres ou des titres d’une société de son groupe bénéficie d’un taux de 10% pour l’application du forfait social (au lieu de 20% jusqu’en 2018).

A noter également :

L’abaissement de 12 à 8 du nombre d’administrateurs (hors administrateurs salariés et administrateurs actionnaires salariés) entrainant la présence d’un deuxième administrateur salarié dans les sociétés concernées en raison de leurs effectifs.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Loi Pacte : dernières lignes droites avant adoption. De nombreuses propositions pour l’actionnariat salarié de la FAS, dont l’AASGO est un membre actif.

logofasPoint d’étape de la FAS sur le projet de loi PACTE

Epargne salariale et actionnariat salarié

25 mars 2019

Point d’étape de la FAS sur le projet de loi PACTE – 25 mars 2019

Remarque préliminaire
Le projet de loi pour la croissance et la transformation des entreprises (PACTE) a été adopté en deuxième lecture par l’Assemblée Nationale après passage au Sénat. Le texte reviendra une dernière fois au Sénat le 9 avril 2019 avant une adoption finale par l’Assemblée Nationale et la promulgation par le Président de la République – sans doute après un examen par le Conseil constitutionnel de certaines de ses très nombreuses dispositions. Cependant, il est peu probable qu’au cours de la phase finale du processus parlementaire, il y ait des modifications substantielles par rapport à la version adoptée en 2ème lecture par l’Assemblée Nationale – qui inclut plusieurs dispositions issues de propositions de la FAS.

Les propositions de la FAS dans le cadre du projet de loi PACTE

Dès 2017, la FAS a affiché l’objectif d’atteindre en moyenne 10% d’actionnariat salarié dans les entreprises françaises à l’horizon 2030, objectif repris et soutenu par le Ministre l‘Economie et des Finances Bruno Le Maire venu présider la cérémonie de remise du Grand Prix FAS en décembre 2017.

 

Dès lors, la FAS s’est très activement engagée, tout au long de l’année 2018, dans les discussions sur le projet de loi PACTE, et a agi auprès du gouvernement, puis des députés et des sénateurs pour :

  • - Favoriser le développement de l’actionnariat salarié – Renforcer la participation tant directe qu’indirecte des actionnaires salariés à la gouvernance des entreprises et à la gouvernance des FCPE d’actionnariat salarié
  • - Mieux former et conseiller les épargnants salariés
  • - Renforcer la protection des intérêts des actionnaires et notamment des actionnaires salariés

 

1. Favoriser le développement de l’actionnariat salarié

La FAS a suscité 2 des mesures du projet de loi :
– Un forfait social ramené à 10% (au lieu de 20%) pour l’abondement de l’entreprise en cas d’acquisition de titres de l’entreprise ou d’une société de son groupe ; c’est la première fois que le taux du forfait social dépendra de la nature du placement et, en l’occurrence, de la prise de risque, ce que la FAS défend constamment dans ses propositions ;
– L’extension aux opérations de cession hors marché de l’obligation pour l’Etat de proposer une tranche de 10% des actions cédées aux salariés et anciens salariés éligibles, dès lors qu’il détient plus de 10% du capital (hors très petites participations).

2. Renforcer la participation tant directe qu’indirecte des actionnaires salariés à la gouvernance des entreprises et à la gouvernance des FCPE d’actionnariat salarié
La FAS a obtenu 4 avancées législatives consécutivement à ses propositions :
– L’obligation pour les sociétés non cotées d’avoir un administrateur actionnaire salarié dès lors qu’elles sont tenues d’avoir au moins un administrateur salarié et que les actionnaires salariés détiennent au moins 3% du capital *;
– La suppression pour certaines sociétés de s’exonérer de la présence d’un administrateur actionnaire salarié dès lors qu’elles avaient, avant 2013, au moins un administrateur salarié (cas notamment de la Société Générale et de BNP Paribas) * ;
– Possibilité pour les sociétés de prévoir dans leurs statuts que les actions gratuites détenues au nominatif, dont l’attribution a été autorisée avant la loi Macron du 6 août 2015, entreront dans le périmètre de leur actionnariat salarié pris en compte pour la désignation d’un administrateur actionnaire salarié (ce qui est légalement obligatoire dans le cas d’actions gratuites dont l’attribution a été autorisée après la publication de la loi Macron) ;
– Concernant la gouvernance des FCPE d’actionnariat salarié, suite à l’adoption en 1ère lecture à l’Assemblée nationale d’un amendement faisant interdiction aux représentants de l’entreprise dans les conseils de surveillance des FCPE d’actionnariat salarié de prendre part au vote sur les résolutions présentées à l’Assemblée générale, la FAS a en définitive obtenu une refonte de la gouvernance des conseils de surveillance de ces FCPE d’actionnariat salarié. A partir du 1er janvier 2021, tous les représentants des porteurs de parts devront être élus par ces porteurs de parts sur la base d’une voix pour chaque part détenue. Eux seuls pourront voter sur les projets de résolutions en Assemblée générale (sauf naturellement lorsque le règlement du fonds prévoit le vote par les porteurs de parts eux-mêmes).

*Afin d’éviter aux sociétés concernées de devoir organiser une assemblée générale extraordinaire en 2019, la modification des statuts devra intervenir lors de l’assemblée générale tenue en 2020, pour une application effective en 2021.

3. Mieux former et conseiller les épargnants salariés
Un amendement parlementaire adopté dispose que le règlement d’un PEE devra prévoir « les modalités d’une aide à la décision pour les bénéficiaires ». Ceci est une revendication majeure de la FAS visant à mieux conseiller les salariés lors de leurs placements et pour la gestion de leurs avoirs.
Pour autant, il est regrettable que faute de précisions dans le texte de loi, rien ne garantira l’objectivité et l’absence de conflits d’intérêts lors de ce conseil qui, pour des raisons économiques, pourra être automatisé.

 

4. Renforcer la protection des intérêts des actionnaires et notamment des actionnaires salariés
La FAS a obtenu par amendement parlementaire une mesure de protection des actionnaires salariés dans le cadre des sociétés par actions simplifiées (SAS) : l’interdiction de leur imposer par les statuts des obligations de cession forcée de leurs titres, d’agrément pour leur cession, ou encore d’inaliénabilité pendant 10 ans (clauses que la loi rend normalement possible dans le cadre des SAS).
Dans ce domaine, la FAS a par contre échoué dans ses propositions de 2 mesures :
– Un vote à la majorité des 2/3 pour autoriser en assemblée générale extraordinaire la cession de plus de 50 % des actifs d’une société (cas d’Alstom), ce qui est imposé en cas de scission ;
– Des restrictions à l’abaissement de 95% à 90% du seuil du capital détenu pour imposer aux actionnaires minoritaires (qui peuvent être des actionnaires salariés) la cession forcée de leurs actions cotées (procédure de retrait obligatoire), ce qui peut permettre des manœuvres spoliatrices, sous réserve du contrôle que pourra exercer l’AMF.

 

Autres mesures importantes de la loi PACTE
– Le relèvement du plafond de la décote lors des offres réservées aux salariés et anciens salariés, porté de 20% à 30% (et de 30% à 40% en cas d’indisponibilité d’au moins 10 ans).

- La possibilité pour l’entreprise d’effectuer un versement unilatéral pour l’acquisition de titres de l’entreprise, d’un montant uniforme pour tous ses salariés (à l’image de ce qui existe pour le PERCO). Les actions seront dans ce cas indisponibles pendant 5 ans au moins. Le plafond de ce versement sera fixé par décret et ce versement suivra les règles fiscales et sociales applicables à l’abondement. Suite à une suggestion de la FAS, ce versement unilatéral pourra désormais constituer une des contreparties pour les salariés à l’attribution d’actions gratuites aux mandataires sociaux, telles que prévues à l’article L.225-197-6 du Code de commerce.

- La possibilité pour un actionnaire (ou plusieurs actionnaires) de faire profiter les salariés de 10% de la plus-value de cession de ses actions dans la limite de 30% du plafond annuel de la sécurité sociale pour chaque salarié ; l’actionnaire doit avoir passé un contrat d’une durée d’au moins 5 ans avec la société qui s’engage à céder les sommes correspondantes qu’elle aura reçues aux salariés dans les 90 jours, sous forme d’un investissement dans le PEE en titres de l’entreprise ; la fraction de la plus-value ainsi rétrocédée aux salariés bénéficie d’une exonération de l’impôt sur le revenu ou des droits de mutation dès lors que les actions avaient été détenues 3 ans pendant la durée du contrat; les contributions sociales s’appliquent comme pour un abondement au moment du placement dans le PEE.

  • - L’intéressement versé dans les PME de moins de 250 salariés sera exonéré de forfait social, tout comme la réserve spéciale de participation (RSP) dans les entreprises de moins de 50 salariés. Ces mesures, ainsi que la baisse du forfait social ramené à 10% pour l’abondement de l’entreprise dans les fonds d’actionnariat salarié, sont applicables depuis le 1er janvier 2019, le gouvernement ayant décidé d’introduire ces exonérations et réductions dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2019.
  • - L’intéressement pourra être calculé en prenant en compte un objectif pluriannuel lié aux résultats et aux performances de l’entreprise. S’ajoutent diverses mesures techniques pour éviter des non versements liés aux plafonds individuels et pour prendre en compte des changements affectant l’entreprise (fusion, scission…).
  • - Des accords d’intéressement de branche seront négociés, adaptés aux entreprises de moins de 50 salariés, et pouvant inclure des objectifs de RSE dans le calcul.
  • - Une entreprise pourra, pour l’affectation de la RSP et à défaut d’une demande de versement par le salarié, prévoir la seule affectation à un compte courant bloqué rémunéré à un taux fixe pendant 8 ans, qu’elle devra consacrer à des investissements.
  • - Les plafonds individuels sont portés respectivement à ¾ et à 3 fois le montant du plafond annuel de la sécurité sociale pour l’intéressement et la participation (montant pris en compte pour la répartition de la RSP).
  • - Le franchissement momentané à la hausse des seuils d’effectifs dans l’entreprise n’entraînera pas la suppression immédiate des avantages obtenus dans le cadre de cette loi, en particulier ceux liés au forfait social.
  • - L’accès à l’actionnariat salarié sera simplifié et élargi dans les sociétés par actions simplifiées (SAS) avec suppression des limitations liées à certains seuils.
  • - Les dispositions permettant sous certaines conditions aux conjoints d’un chef d’entreprise de bénéficier d’un dispositif d’épargne salariale sont étendues au partenaire pacsé.
  • - La possibilité d’utiliser des sommes indisponibles d’un PEE pour lever des options est étendue à des parts de l’entreprise (SARL, SCOP…).
  • - Un relevé annuel de situation de l’épargne de chaque bénéficiaire du PEE et des opérations réalisées, ainsi qu’un plafonnement par décret des frais de gestion (PEE, PERCO) facturés aux anciens salariés.
  • - Une modification du calcul du plafond d’attribution d’actions gratuites excluant les actions non définitivement acquises et celles pour lesquelles il n’y a plus d’obligation de conservation.
  • - La possibilité pour l’Etat de participer aux frais supportés par l’entreprise en cas de cession de ses propres actions et de prendre en charge un rabais de 20% en cas de cession de la majorité des actions au secteur privé (« privatisation »), ce qui pourrait être déterminant pour la réussite de l’opération concernant l’actionnariat salarié.
  • - Un droit à la formation économique, financière et juridique d’une durée minimale de 3 jours pour les représentants des porteurs de parts dans les conseils de surveillance des FCPE (et les administrateurs de SICAV d’actionnariat salarié).
  • - L’interdiction pour les représentants de l’entreprise dans les conseils de surveillance de FCPE de prendre part au vote (mais non aux délibérations) sur les résolutions présentées à l’assemblée générale. Cette mesure issue d’un amendement parlementaire est motivée par le conflit d’intérêt dans lequel se trouvent les représentants de ceux qui ont proposé les résolutions (voir supra la réforme de la désignation des représentants des porteurs de parts).
  • - Abaissement de 12 à 8 du nombre d’administrateurs (hors administrateurs salariés et administrateurs actionnaires salariés) entrainant la présence d’un deuxième administrateur salarié dans les sociétés concernées en raison de leurs effectifs.

La loi PACTE ne comportera pas de réforme significative du PERCO. Toutefois, dans le cadre d’une réforme globale de l’épargne retraite, l’épargne pourra être transférée d’un mécanisme d’épargne retraite individuel ou collectif à un autre. Certains amendements ont été rejetés, tels que l’amendement visant à interdire le transfert de l’épargne constituée dans un PERCO vers un autre mécanisme tant que le salarié n’a pas quitté l’entreprise, ou l’amendement visant à créer un nouveau cas de déblocage exceptionnel des avoirs dans le PERCO, pour financer des aménagements de la résidence principale en cas de dépendance du salarié ou de son conjoint. Enfin, la proposition de la FAS d’introduire dans le PERCO un fonds d’actionnariat salarié multi-entreprises (visant à diversifier le risque pour le salarié) n’a pas été retenue.
En conclusion, les mesures prises dans le cadre du projet de loi PACTE pour développer l’épargne salariale et l’actionnariat des salariés, y compris sur les aspects de gouvernance, représentent des avancées significatives saluées par la FAS. Toutefois, il faudra aller plus loin encore pour viser l’atteinte de l’objectif de 10% d’actionnariat salarié dans les entreprises françaises.
Nos propositions en ce sens visent en priorité à favoriser l’actionnariat de long terme, dont l’actionnariat salarié. Nos propositions sont d’abord fiscales pour encourager la détention très longue des actions gratuites, pour pérenniser la détention des actions lors des successions et donations en contrepartie d’un engagement de conservation de 10 ou 15 ans. Elles incluent aussi la proposition d’un fonds d’actionnariat salarié multi-entreprises dans le PERCO, l’élargissement de l’actionnariat salarié à des non-salariés travaillant durablement pour l’entreprise, ainsi que des mesures allant plus loin que la loi PACTE dans son état actuel pour favoriser fiscalement la transmission des actions aux salariés.

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Entretien avec Luc Marino, Administrateur au sein du Conseil d’Administration d’Orange

L’AASGO est représenté au sein du conseil d’administration d’Orange. Luc Marino, adhérent AASGO de longue date, siège au titre des représentants des actionnaires salariés depuis l’an dernier. Ce début d’année est l’occasion de lever le voile sur la fonction d’administrateur…

 

Luc, pouvez-vous vous présenter ?

Depuis mai 2018, je suis l’Administrateur qui siège au sein du Conseil d’Administration d’Orange qui compte 15 membres, en tant que représentant des actionnaires salariés. J’ai été élu à l’Assemblée générale du 4 mai 2018 d’Orange lors de la plénière qui s’est déroulée à la Mutualité.

Je suis par ailleurs membre de l’AASGO depuis de nombreuses années.

J’ai été président du conseil de surveillance du fonds Orange Action avant qu’il ne soit regroupé dans un seul et unique fond d’actionnariat salarié, le FCPE Orange Actions en 2016. Marc Maouche à la même époque était président du fonds Cap Orange.

Je poursuis mes activités au sein d’Orange, je suis responsable des process pour les réseaux internationaux à Blagnac.

 

En quoi consiste votre contribution d’administrateur ?

Nous avons eu 6 conseils d’administration depuis mai 2018, 2 autres en 2019 avant la présentation des résultats d’Orange au marché financier, le 21 février.

Je me suis préparé à assumer ces fonctions.

D’abord avec un parcours de formations ciblées : un approfondissement personnalisé m’a été apporté par le service juridique interne à notre groupe Orange, pour l’analyse les indicateurs financiers, puis j’ai suivi un cycle à l’IFA, l’institut de référence en matière de formation des administrateurs.

Ensuite, au quotidien, en préparant chaque conseil d’administration. Les dossiers à l’ordre du jour sont envoyés 2 jours avant par le secrétariat de général. Ce sont des dossiers d’actualité, confidentiels, sur lesquels je ne peux évidemment pas m’exprimer ni ici ni ailleurs. Je me documente beaucoup, avec des revues de presse sur les télécoms, la concurrence, la banque, la télésurveillance, l’Afrique, puisque Orange élargit ses métiers.

Notre PDG sait mettre les participants à l’aise, les débats sont courtois, ils se déroulent dans une ambiance de respect de la prise de parole.

C’est une très belle expérience.

 

Quelle est votre ligne de conduite en tant qu’administrateur ?

Il faut travailler ses dossiers pour avoir de la hauteur de vue et rendre des avis.

En tant qu’administrateur, on nous demande d’agir dans l’intérêt social de l’entreprise, de ses actionnaires et de ses salariés. On peut toujours discuter sur le sujet du partage de la valeur, mais il ne s’agit pas d’intervenir dans un sens revendicatif, au sens syndical du terme.

Je fais entendre aussi le leitmotiv de l’AASGO, en faveur de l’augmentation de la part des actionnaires salariés. Un actionnariat stable, défensif en cas de désengagement de l’Etat.

 

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Colloque du 25ème anniversaire de la FAS

à l’occasion du Grand Prix FAS 2018 de l’Actionnariat Salarié

« L’apport de la loi PACTE pour le développement de l’épargne salariale et de l’actionnariat salarié »

 

 

15h00 – 15h05 Introduction, Loïc DESMOUCEAUX, Président de la FAS Colloque animé par Juliette FAVRE, Directrice du Grand Prix FAS

  • 15h05 – 15h45 Table ronde 1 : Le point de vue du législateur
    M. Roland LESCURE, Rapporteur général de la commission spéciale de l’Assemblée nationale sur le projet de loi PACTE, Député des Français établis hors de France (LaREM)
    M. Michel CANEVET, Rapporteur de la commission spéciale du Sénat sur le projet de loi PACTE, Sénateur du Finistère (Union Centriste)
    MME Natalia POUZYREFF, Députée des Yvelines (LaREM)
    M. Philippe BERNHEIM, Vice-Président du Conseil scientifique et ancien secrétaire général de la FAS

 

  • 15h45 – 16h25 Table ronde 2 : Le point de vue des entreprises et des salariés
    M. Frédéric MATHIEU, Directeur des Ressources Humaines, ESSILOR INTERNATIONAL
    M. Loïc DEGRAS, Responsable des Relations Actionnaires Individuels et Salariés, ENGIE
    MME Anne LEMERCIER, Avocate Associée, CLIFFORD CHANCE LLP
    M. Sylvain MASIERO, Président de l’Association des Actionnaires Salariés de THALES
    M. Christophe LATOUCHE, Vice-président de la FAS, Administrateur représentant les actionnaires salariés de PIERRE FABRE S.A.

 

  • 16h25 – 17h00 Table ronde 3 : Les acteurs du déploiement
    M. Xavier COLLOT, Directeur de l’Epargne Salariale et Retraite, AMUNDI ESR
    M. François MOREAU, Président de LHH-ALTEDIA
    M. Jérôme DEDEYAN, Président d’ERES
    M. Jean-Philippe DEBAS, Président d’EQUALIS CAPITAL

 

  • 17h00 – 18h00 Cérémonie de Remise des GRANDS PRIX FAS en présence de Madame Agnès PANNIER-RUNACHER, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances

 

Lieu : Auditorium Amundi  91 boulevard Pasteur  75015 Paris

S’inscrire : https://admin.eventdrive.com/public/events/4042/website/registrationforms/2914