Marc Maouche, Président

Edito de Marc Maouche, président de l’AASGO – Avril 2016

Il faut que rien ne change pour que tout soit changé…

Ce qui se passe dans le paysage français des télécommunications incite à inverser la phrase célèbre de Giuseppe Tomasi di Lampedusa dans le Guépard.

La tentative de restructuration du secteur a échoué car sans doute la recherche d’une solution franco-française était compliquée, avec des risques d’exécution trop élevés du fait de la multiplicité des acteurs et de l’incertitude sur les décisions du régulateur de la concurrence.

Mais le secteur reste déstabilisé : aucun problème n’est résolu, les 4 acteurs ne pouvant pas tous faire face aux énormes investissements à réaliser pour la généralisation du très haut débit fixe et mobile. Bouygues Télécom est dans une impasse, car sinon pourquoi sa maison mère aurait-elle essayé de vendre pour devenir en échange un actionnaire important d’Orange, n°1 du secteur en France et acteur international solide ?

La concurrence par les prix peut-elle repartir sans devenir suicidaire pour ceux qui auront à la fois un besoin vital d’accroître leur part de marché dans le fixe ou dans le mobile, mais aussi comme impératif de dégager une marge permettant les investissements nécessaires sans s’endetter dangereusement, voire trop coûteusement quand le niveau de leur dette est déjà très élevé (ce qui est le cas pour SFR/Numéricable) ?

Dans ce contexte Orange résiste bien, comme l’ont montré les résultats solides du 1er trimestre 2016. Le dépassement du million d’abonnés à la fibre optique tant en France qu’en Espagne est la preuve de la confiance de la clientèle. Pour autant on doit constater que la croissance vient surtout des nouveaux marchés (Afrique et Moyen Orient) ainsi que des services de pointe –preuve que les investissements d’avenir payent. La marge s’est par contre légèrement détériorée en France, tout comme l’ARPU,  notamment pour les services mobiles.

Tout cela montre que la situation ne pourra pas durablement rester inchangée.

Si la consolidation du marché n’est pas réalisable entre les acteurs français, ne sera-t-elle pas alors forcément internationale ? Paradoxalement cela serait peut-être plus simple du point de vue de la concurrence…

Les investisseurs continueront à suivre de près le marché français et ses acteurs. On sait qu’ils aiment peu l’incertitude. Les résultats de l’ORP chez Orange pourraient montrer que l’attachement à l’entreprise ne peut pas compenser totalement une visibilité médiocre sur l’avenir de ce qui est encore le principal marché d’Orange.

De nouveaux épisodes interviendront fatalement pour ce marché…peut-être rapidement.

 

 

Marc Maouche, Président

Edito de Marc Maouche, président de l’AASGO – Mars 2016

Cher(e) adhérent(e),

L’AASGO se réjouit des bons résultats d’Orange pour 2015. La dynamique enclenchée est vertueuse et particulièrement encourageante pour 2016.

Ces résultats sont le fruit des efforts de tous les collaborateurs du Groupe. L’AASGO a toujours milité pour un partage des bénéfices, notamment en associant les salariés du Groupe au capital de l’entreprise.

C’est pourquoi l’Opération d’émission d’actions Réservée au Personnel (ORP) dont  la souscription démarre le 9 mars répond à une revendication de  longue date de l’AASGO, d’autant plus qu’elle s’inscrit dans un programme pluri-annuel qui vise à ce que les salariés puissent, à moyen terme, contrôler 10% du capital d’Orange.

La décision de souscrire, ou non, à cette offre reste un choix individuel et l’AASGO s’est toujours interdit d’influencer ses adhérents dans un sens ou dans un autre.

 

Marc Maouche, président de l’AASGO

Marc Maouche, Président

Edito de Marc Maouche, président de l’AASGO – février 2016

A l’occasion de la VIF du 28 janvier, Stéphane Richard a confirmé le plan Orange Ambition.

Ceci est en cohérence avec son annonce faite devant l’assemblée générale de l’AASGO en novembre dernier et les travaux de concertation que nous avons menés avec la direction générale du groupe. Le dossier a obtenu l’accord du conseil d’administration d’Orange le 21 octobre dernier et est actuellement en cours d’examen par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF).

L’offre porte sur 11,5 millions de titres et concerne environ 192 000 personnes éligibles.

Pour la France, l’offre sera accessible aux salariés ayant plus de 3 mois d’ancienneté et aux retraités ayant conservé des avoirs dans le PEG (Plan Epargne Groupe). Pour l’international, l’offre sera accessible dans environ 30 pays avec les mêmes conditions d’ancienneté.

Cette opération arrivera en mars au moment du choix de placement de la participation pour les salariés France, ouvrant ainsi la possibilité d’investir tout ou partie de sa participation en actions Orange en bénéficiant d’une décote et d’un abondement voire d’une garantie. La souscription est prévue du 9 au 24 mars.

Marc Maouche, président de l’AASGO

Marc Maouche, Président

Edito de Marc Maouche, président de l’AASGO – Janvier 2016

En ce début d’année, j’adresse à tous les adhérents de l’AASGO mes vœux les plus chaleureux. Pour Orange, notre entreprise, ce sont des vœux de réussite que je formule face aux changements qui se profilent dès les premiers jours de 2016. Et pas seulement parce que l’année s’annonce pleine de risques et d’incertitudes, sécuritaires, économiques, sociales.

Mais aussi parce que notre entreprise a l’impératif de s’adapter aux changements de l’environnement dans lequel elle baigne et,  pour faire partie des « gagnants », d’être un acteur dynamique de ces changements. L’annonce de la création prochaine d’Orange Banque, en partenariat avec Groupama, est une bonne nouvelle dont l’AASGO se réjouit pleinement : nous affirmons notre présence sur l’immense marché des services financiers qui ne sera plus désormais le monopole des banques et des assurances, mais où se profilent des concurrents « multivalents » redoutables comme Google ou Amazon, mais aussi des start-up comme celles apparues avec le crowdfunding. Nous arrivons avec des armes pour réussir : nos plus de 250 millions de clients dans le monde, nos outils au service de la mobilité et du contact permanent.

Mais ce début d’année est aussi marqué par des interrogations, avec les informations – et les inévitables  rumeurs – sur un possible rapprochement avec Bouygues Télécom. L’heure n’est ni à la jubilation précipitée, voire irréfléchie, affichée par certains, ni à l’angoisse face aux risques inhérents à tout rapprochement de sociétés aux passés et aux cultures différents. Nous ne commenterons pas, s’il se produisait, un échange d’actions entre Bouygues et l’Etat : céder ou échanger ses actions est un droit fondamental de tout actionnaire dès lors qu’il n’a pris librement aucun engagement de conservation. En revanche, actionnaires et salariés, nous ne pourrions qu’être très vigilants en cas de rapprochement capitalistique entre Orange et Bouygues Télécom.

La préservation de nos intérêts amènerait l’AASGO à poser des questions essentielles à ceux qui dirigent Orange :

  • On sait qu’en cas de diminution du nombre des opérateurs sur un marché télécom, les régulateurs –notamment à Bruxelles, exigent l’ouverture des réseaux à des opérateurs nouveaux, avec des conditions favorisant leur développement ; à quoi Orange devrait-il s’attendre en termes d’ouverture de ses réseaux, voire en obligations de cession d’actifs ou de fréquences?
  • Quelles seraient les conséquences sur l’emploi chez Orange ?
  • Comment serait financée l’acquisition si ce n’est pas une fusion? En cas de création d’actions nouvelles en rémunération des apports, les activités acquises seraient-elles immédiatement créatrices de valeur pour les actionnaires d’Orange du fait de leur marge dégagée ?
  • La cession éventuelle du réseau de Bouygues se ferait-elle à des conditions de prix normales, de sorte à préserver les intérêts des actionnaires d’Orange –quitte à mettre ce réseau aux enchères internationales ?
  • Le financement de l’opération serait-il compatible avec la possibilité de financer d’autres acquisitions sur les marchés en développement ou portant sur sociétés permettant à Orange de développer des services innovants et rapidement profitables ?

On le voit, les enjeux seraient majeurs pour l’avenir de l’entreprise et nous  demandons qu’en cas de participation d’Orange à la consolidation du secteur, au plan national ou international, les intérêts des salariés et des actionnaires d’Orange, et par conséquent  des actionnaires salariés, soient pris en compte en toute première priorité.

Marc Maouche, Président

EDITO PAR MARC MAOUCHE, PRÉSIDENT DE L’AASGO

Une ordonnance du 20 août 2014 avait très discrètement supprimé l’obligation faite à l’Etat par la loi du 6 août 1986 sur les privatisations, de proposer une tranche de 10% aux salariés et anciens salariés lorsqu’il cédait des actions sur le marché.

La FAS, Fédération française des associations d’actionnaires salariés et anciens salariés, dont l’AASGO est membre, est intervenue avec la plus grande vigueur auprès du gouvernement et des parlementaires pour obtenir le rétablissement de cette obligation. Elle a obtenu finalement satisfaction avec l’article 192 de la loi du 6 août 2015, dite « Loi Macron ».
L’obligation pour l’Etat de proposer aux salariés et anciens salariés 10% des actions mises sur le marché est intégralement rétablie avec exactement les mêmes bénéficiaires potentiels, salariés et anciens salariés.

Dorénavant une ORP à l’initiative de l’entreprise sera-t-elle ou non plus avantageuse qu’une offre liée à une cession d’actions par l’Etat ? En raison du faible intérêt présent du public pour les placements en actions, l’Etat ne prend plus le risque d’opérations sur le marché. Pour les salariés et anciens salariés, peu importe en fait que l’initiative de l’opération vienne de l’Etat ou de l’entreprise. Ce qui en revanche n’est pas neutre pour les actionnaires salariés ou non, c’est, en cas d’ORP à l’initiative de l’entreprise, le fait que l’entreprise cède des actions qu’elle avait précédemment rachetées (comme lors de Cap’Orange) ou fasse souscrire à une augmentation de capital. Celle-ci est dilutive, c’est-à-dire que des dividendes seront à servir à un plus grand nombre d’actions. Cela se justifie si l’entreprise a besoin de capitaux supplémentaires, dans le cas contraire cela est peu judicieux.

L’AASGO restera donc vigilante sur les éventuelles opérations annoncées et vous donne rendez-vous pour son AG le 3 novembre, en présence de Stéphane Richard.

Marc Maouche, Président

Edito par Marc Maouche, président de l’AASGO

Orange, la voie vers le retour de la croissance est ouverte. C’est le moment d’y associer les salariés.

Orange vient de publier ses résultats du premier semestre 2015.

Ces résultats semblent montrer un retour vers la croissance des activités du Groupe, plus particulièrement au second semestre. Les trois pays qui constituent le cœur de la stratégie du Groupe en Europe est fortement implantés (France, Espagne, Pologne) affichent de bons résultats commerciaux, notamment dans la téléphonie mobile.

La stratégie de développement internationale, plus particulièrement en Afrique, continue de porter ses fruits et on peut espérer qu’elle se trouvera confortée par les projets d’acquisition annoncés récemment.

Ces résultats récompensent l’efficacité des efforts de chacun dans l’ensemble des entités du groupe à la fois sur la maitrise des coûts mais aussi sur le développement commercial, les investissements d’avenir, notamment dans le très haut débit, et l’innovation.

Avec un résultat net semestriel en nette hausse, le plan Essentiels 2020 commence sous de bons auspices.

L’AASGO se félicite de ces résultats et rappelle la nécessité d’ouvrir les discussions pour préparer la prochaine offre d’achat d’actions réservée au personnel de l’ensemble du groupe. L’AASGO rappelle son objectif que le Groupe mette en place une Offre de titres Réservée au Personnel (ORP) annuelle, à l’occasion du versement de la participation, comme l’opération Cap’Orange qui en 2014 avait rencontré un vif succès, afin de permettre à chacun de participer au développement de l’actionnariat salarié.

 

En attendant, bonnes vacances à tous et à bientôt !

PS. Nous vous attendons nombreux à notre Assemblée Générale, fixée le mardi 3 novembre après-midi, en présence de Stéphane Richard.

 

Marc Maouche, Président

Edito par Marc Maouche, président de l’AASGO

« Tout n’est pas à vendre »

Telle a été la réponse de Martin Bouygues à la proposition de SFR Numéricable de racheter Bouygues Télécom pour 10 milliards d’euros.

On se réjouira de cette réponse cinglante à celui qui pensait qu’en offrant un bon prix pour l’un de ses concurrents, il pourrait devenir le premier opérateur français, tout en s’endettant à outrance pour profiter de taux d’intérêt encore faibles, en se disant qu’ensuite il pourrait à son tour revendre pour un bon prix des réseaux et des fréquences dont Free a besoin, pressurer ses fournisseurs et son personnel, se débarrasser de salariés que les pouvoirs publics inciteraient fortement Orange à reprendre pour éviter de nouveaux chômeurs (au passage SFR Numéricable ferait des économies tandis que qu’Orange verrait ses charges salariales augmenter…). Quant à l’Etat, avec un opérateur mobile de moins, il n’avait qu’à revoir à la baisse ses espérances de recettes lors de la prochaine vente de fréquences.

Pour autant le problème économique du marché français reste entier. On voit bien qu’avec  4 opérateurs le gâteau est bien petit. Pour accroître sa part, chacun, Free d’abord, Bouygues Télécom maintenant, cherche à mordre sur la part des voisins. La bataille par les prix se traduit par l’écrasement des marges si bien qu’on voit mal comment tous ces opérateurs seront en mesure de financer les lourds investissements que nécessite le développement des réseaux mobiles et à très hauts débits à l’échelle de tout le territoire.

Une consolidation est donc inéluctable pour éviter qu’une concurrence profitable à court terme au consommateur, ne conduise rapidement à des morts chez les opérateurs, les clients n’ayant sans doute alors rien de bon à trouver sur le champ de bataille.

Si la consolidation au plan national s’avère trop compliquée, la solution ne serait-elle pas transnationale ?  Après tout, avec une centaine d’opérateurs en Europe, le problème n’est-il pas à ce niveau ?