Arrivée de Free dans le mobile

Exclusif :

Henri Tcheng, Vice-Président de BearingPoint France et responsable européen du Secteur Télécoms et Médias répond aux questions de l’AFTAS L’Arcep devrait bientôt rendre son avis sur l’éligibilité de Free à la 4ème licence de téléphonie mobile. Comment voyez-vous l’arrivée de ce nouveau concurrent pour Orange ? 

Je pense que l’arrivée d’un quatrième opérateur sur la téléphonie mobile ne va pas changer grand-chose en 2010. Et de toute façon, je pense qu’à terme, il n’y aura que trois acteurs sur le marché car il n’y a pas de place pour un nouvel opérateur de réseau. Le marché français est mature, les clients sont engagés vis-à vis de leurs opérateurs et sont plutôt satisfaits de la qualité de services.  Par ailleurs, même si Free a des  offres très attractives, ils vont arriver tardivement sur le marché avec un réseau essentiellement 2G alors que leurs concurrents auront déjà largement déployé la 3G. 

Néanmoins Free va pouvoir capitaliser sur ses abonnés ADSL ?

Ils vont essayer, mais les clients qui sont abonnés à Free ont déjà tous un téléphone mobile. Par ailleurs, ils véhiculent encore une image d’opérateur pour les «Geek » et non tellement pour le grand public. Enfin, ils sont en difficulté sur l’ADSL en partie à cause de leur service client. La conquête de parts de marché est de plus en plus délicate d’autant qu’ils doivent surtout se développer dans les zones dégroupées car leur offre à 29,90 euros n’est pas suffisamment rentable dans les zones non dégroupées. Néanmoins, s’il y a consolidation, Free se vendra cher.

Que pensez-vous de la stratégie de Virgin Mobile qui a lancé des offres de voix très agressives ? Est-ce comme on l’a dit une opération menée en sous-main par Orange pour contrer Free ?

Il est vrai qu’avec ses nouvelles offres, Virgin Mobile occupe le terrain pour capter les clients qui seraient tentés par Free. Je vois aussi Virgin comme un allié d’Orange incontournable mais difficilement contrôlable. Plus il a du succès, plus il ramène du trafic sur  le réseau d’Orange mais s’il a vraiment trop de succès, il y a un risque de cannibalisation pour l’opérateur historique. 

FemtoCell chez SFR, Ideo chez Bouygues Télécom,… les opérateurs tentent d’innover tant dans leurs technologies que dans leurs offres. L’heure de la convergence est-elle enfin arrivée ?

Je ne pense pas que le moment de la convergence purement technologique soit arrivé. Aujourd’hui, c’est le cross selling et le multi-équipement qui fonctionne plutôt que la convergence. Le but, est d’essayer de vendre la box aux clients qui possèdent déjà un mobile et inversement. En revanche, les vrais services de convergence technologique ont beaucoup de mal à se développer car ils sont compliqués à mettre en œuvre. Le seul avantage du FemtoCell à ce jour, c’est de permettre la « joignabilité in-door ». L’avenir et la valeur à court terme sont plutôt au multi-équipement.

Dans ce cadre, comment se positionne France Telecom/Orange ?

C’est un acteur de poids qui se développe bien en Europe et qui participe à la consolidation du secteur. Par ailleurs, en France ils ont encore près de 50% de parts de marché sur le mobile et sur l’ADSL. Leur axe de développement passe par le cross-selling comme leurs concurrents. Dans le contexte actuel, l’Autorité de régulation devrait les autoriser à le faire. Ils ont les moyens d’affronter la concurrence mais il leur faut trouver un bon équilibre avec Virgin Mobile et les autres partenaires, et ils doivent réfléchir à des offres « quadruple Play »  attractives.

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